Bénie entre toutes

Heureuse, celle qui a cru !

 

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Elisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : " Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse, celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. "

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 39-45

QUATRIEME DIMANCHE DE L'AVENT (C)

oOo

On se calme !

A quelques jours de Noël, essayons de profiter de ces minutes de recueillement et de paix pour nous sortir de l'agitation ambiante. Pour ne pas nous laisser trop gagner par le stress des derniers préparatifs de la fête. La Parole que Dieu nous adresse en ce jour va, je l'espère, nous permettre de prendre le recul nécessaire pour que Noël demeure, dans nos esprits et dans nos curs, une fête chrétienne. La fête de l'accueil de Dieu dans nos vies et dans la vie de notre monde.

Finis, les sacrifices !

La Lettre aux Hébreux est une leçon de catéchisme pour une jeune communauté chrétienne de la fin du Ier siècle. Elle présente Jésus comme celui qui vient " supprimer les anciens sacrifices " de la religion juive (et de toutes les religions) et les remplacer par l'offrande qu'il fait à Dieu, une fois pour toutes, de sa propre personne. " Tu ne voulais ni sacrifices ni offrandes, mais tu m'as fait un corps. Alors, j'ai dit : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté ".

Sacrifices, sanglants ou non, sacrifices d'enfants, d'adultes ou d'animaux, ce fut longtemps l'essentiel des rites des religions dites " primitives ". L'exemple type, c'est le bouc émissaire. Le philosophe René Girard a bien montré comment une société, quelle qu'elle soit, a besoin, pour refaire son unité menacée par des conflits internes, de se choisir un bouc émissaire qu'on va offrir en sacrifice. Hélas, ces rites ne sont pas si " primitifs " que cela ! Pensez à Hitler et à ce qu'on appelle justement l'Holocauste. Les Juifs deviennent, pour lui, le danger de la " nation allemande ". Il faut donc les éliminer. Eh bien, le Christ, justement, par sa mort sur la croix, vient détruire radicalement cette conception des sacrifices. " Ma vie, nul ne la prend, mais c'est moi qui la donne ". Désormais, il n'y aura plus, en chrétienté, qu'une seule démarche, copiée sur cette de Jésus. Elle consiste à dire à Dieu : " Me voici. Je veux faire ta volonté ".

La volonté de Dieu ?

Encore faut-il bien s'entendre sur ce qu'est la volonté de Dieu. On commence seulement à sortir d'une mentalité où, sous ce vocable, on a mis quantité de bêtises. Qu'il arrive n'importe quelle catastrophe, il y aura peut-être encore quelqu'un pour dire : " Il faut se résigner : c'est la volonté de Dieu ! " Et l'expression du Notre Père : " Que ta volonté soit faite " peut recouvrir l'idée d'une totale résignation, d'une soumission à un Dieu cruel, qui n'en fait qu'à sa tête, parce qu'il est le Tout-Puissant, distribuant à son gré malheurs et punitions aux pauvres humains que nous sommes. On a même vu les Eglises prêcher la soumission aux pouvoirs, légitimes ou non, au nom de la " volonté de Dieu ". Heureusement, il y a la parole de Jésus - et toutes ses attitudes durant sa courte vie humaine - : " La volonté de mon Père, c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour ". La volonté de Dieu, c'est donc la vie et la réussite de l'homme : " Qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en plénitude ", dit encore l'Ecriture.

Notre bonheur.

Voilà qui change tout : un Dieu qui veut notre bonheur. La volonté de Dieu répond aux aspirations les plus universelles de l'homme. Mais c'est à l'homme de trouver comment vivre davantage. Marie nous indique un chemin dans cette quête de la vie en abondance. C'est tout simplement la foi. La foi qui nous fait croire à l'amour de Dieu malgré les évidences immédiates. A l'ange qui vient la trouver, elle commence par dire : " Je ne connais point d'homme ", et pourtant, elle va accepter d'être mère. Bethléem est un tout petit village, mais c'est là que vient le Messie. Israël est un tout petit pays, mais c'est lui qui est choisi, et non pas Rome ou Athènes, pour porter au monde entier la foi au Dieu unique. Ne pas se fier aux apparences ! Les pauvres ont l'air pauvre et pourtant, dans la foi, " le Royaume est à eux ". Et même ceux qui pleurent sont déclarés heureux, parce que l'amour de Dieu est sur eux.

La gracieuse bonté de Dieu.

" Réjouis-toi, car le Seigneur est en toi ". C'est cette assurance que nous donne la foi qui nous permet d'aller de l'avant, de " nous mettre en route rapidement " vers nos frères. Assurance que malgré tous les aléas de l'existence, et parce que " le Seigneur est avec nous ", nous pouvons marcher avec pleine assurance tout au long de notre existence. " Dieu s'est fait homme pour que l'homme soit un dieu ", disent les Pères de l'Eglise.

Ce qu'Adam et Eve n'avaient pas voulu croire aux premiers jours de l'humanité, ce qu'il est tellement difficile de croire encore aujourd'hui, pour une grande partie de nos contemporains, la venue du Christ à Bethléem l'annonce. " Elle est apparue à nos yeux la gracieuse bonté de Dieu à notre égard " (Lettre de saint Paul à Tite). Apprenons à vivre, comme Marie, avec la parfaite assurance que donne la foi.

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