L'INTELLIGENCE DES ÉCRITURES

 

 

La Première Lettre aux Corinthiens (7))



Résumé des séquences précédentes

(aux archives)

 

1e séquence :

INTRODUCTION : L'HISTOIRE DE PAUL ET DE CORINTHE, UNE HISTOIRE D'AMOUR


2e séquence :

a - L'adresse et la salutation (1, 1-9)
b -
Introduction. La division est un scandale. - 1, 10-17
c -
 Le plan paradoxal de Dieu : le discours de la Croix ( 1, 18-25)

3e séquence :

Folie de la croix et Sagesse de Dieu (1, 26 à 3, 4)
Les prédicateurs édifient l'Église (3, 5 à 4, 21)

4e séquence :

Du passé faisons table rase (5, 1 à 6, 20)

5e séquence :

Vie sexuelle - mariage - célibat (7, 1-24)

6e séquence :

Chapitres  7, 25 à 10


7 - Problèmes concernant l'assemblée chrétienne

A - Le chapitre 11

1 - L'homme et la femme devant le Seigneur ( 11, 2-16)

Voilà un texte difficile et important. Paul enseigne (11, 2). Pour poser un principe général : notre "tête" ne nous appartient pas. L'homme a le Christ pour chef, la femme a son mari et le Christ à travers lui. C'est un schéma d'apparence verticale, de type hiérarchique. Aux versets 11-12, Paul lui substitue un schéma de type triangulaire, avec le Christ au sommet : dans le Seigneur, la femme n'est pas sans l'homme et l'homme sans la femme. Il y a entre l'homme et la femme entière égalité et réciprocité (v. 12), comme en Galates 3, 27-28.

Mais la partie difficile, c'est 11, 3-12. D'abord, les trois éléments de l'argument biblique (v.7-9) tiré de Genèse 1, 26 ("Dieu créa l'homme à son image") - 2, 21 (la femme tirée de la côte d'Adam) - 2, 18 ("Je vais lui faire une aide"). Ici, Paul est hyper-fondamentaliste, et anti-féministe. Mais il y a le contraire aux versets 11-12. Alors ?
Il y a le verset 10, dont la traduction est difficile. Littéralement : "La femme doit porter sur la tête son "exousia". Mot que la TOB traduit par "dépendance", Osty par "sujétion". Les traducteurs plus récents donnent au mot "exousia" son sens original, qui est "autorité", et traduisent : "La femme doit porter sur la tête (une marque de) son autorité à cause des anges". Ce qui voudrait dire que lorsqu'elle prie ou lorsqu'elle prophétise, la femme doit être couverte par sa chevelure. Le mot "voile" n'est pas dans le texte et chaque fois qu'il y a le mot "couvert" ou "découverte", la traduction "voilée" ou "dévoilée" est une interprétation, alors qu'en 11, 14, il est bien question de cheveux longs et non de voile. Il semble donc bien ici que Paul oppose à la lecture de l'Ancien Testament celle, plus libérale, qu'il faut faire en Christ. La femme,dans l'Église, peut prier à haute voix et prophétiser. Elle a, tout comme l'homme, une autorité en Christ et est pleinement participante de la célébration. Elle peut donc prendre la parole.

2 - Le Repas du Seigneur et l'Amour mutuel (11, 17-34)

* Un repas du Seigneur sans communion (v. 17-22)

On sait déjà qu'il y a des divisions entre les groupes qui prennent leurs repas dans des maisons séparées et se réclament de Paul, Pierre, Apollos. Voici un nouveau clivage : les hommes libres mangent dans le triclinium (la salle à manger), les autres dans l'atrium (l'entrée). Double séparation dont Paul ne prend pas son parti. Ce qui devrait être signe d'assemblée, d'Église, est signe de division et donc fait du mal. Pas besoin de commentaires supplémentaires : le texte est assez clair par lui-même. Paul va simplement conseiller de séparer les deux repas (repas ordinaire et repas eucharistique).

* "Ce que j'ai reçu du Seigneur" (v. 23-26)

Heureusement, il y a eu ces divisions entre Corinthiens ! C'est grâce à elles que nous avons le plus ancien récit de l'institution de l'Eucharistie, et que nous pouvons repérer l'évolution de la liturgie eucharistique entre les années 30 et 55. En effet, en 55, les deux actions sur le pain et le vin, avec les paroles correspondantes, sont bloquées à la fin d'un repas alimentaire, alors qu'à la Cène, Jésus s'était conformé à l'usage juif, l'action et les paroles sur le pain étant situées au début du repas, l'action et les paroles sur le vin, à la fin du repas. Paul va aller plus loin, en prohibant l'union du repas alimentaire et du repas du Seigneur. Pourquoi ? Pour obtenir, grâce à un moyen radical, une participation digne au repas eucharistique. Cette règle n'a pas été ressentie partout comme obligatoire. Au IIe siècle on a encore des témoignages de repas alimentaires suivant ou précédant la Cène.

v. 26 - "Jusqu'à ce qu'il vienne". C'est l'enseignement de Paul sur l'eucharistie. On ignore comment elle se célébrait dans le détail au temps de Paul. En particulier quand il écrit que les chrétiens "proclamaient la mort du Seigneur". On hésite entre deux possibilités : est-ce que c'était une formule qu'on prononçait après la consécration (comme notre anamnèse), ou est-ce qu'il s'agit de la signification de l'acte. Il reste que le texte est clair : il met l'eucharistie en rapport étroit avec la mort du Christ. C'est normal, puisque c'est le texte même des paroles du Christ, "Mon corps est pour vous", "Nouvelle alliance en mon sang". Allusion au Calvaire, la Cène ne renouvelle pas la mort du Christ, elle la proclame. Ce sont les sauvés qui célèbrent leur Sauveur. Mais ce n'est pas fini. On est en chemin... jusqu'à ce qu'il vienne. Dans un même acte, les chrétiens considèrent et proclament l'objet essentiel de leur foi : passé (la croix), présent (annonce du Seigneur vivant) et futur (il reviendra nous prendre). Paul ne fournit pas d'explication touchant le "comment" d'une opération qui fait qu'en mangeant le pain et en buvant la coupe, le fidèle entre en communion avec le corps et le sang du Christ. Mais si le "comment" n'est pas dit, le fait lui-même est exprimé au v. 27. C'st ainsi que se construit (ou se détruit) la communauté. Les lésions infligées à la charité sont les plus graves. Dans ce cas, écrit Paul, "vous avez beau vous réunir, ce que vous faites, ce n'est pas manger le repas du Seigneur" (v. 20)

v. 27-29. Que signifie "indignement" et "ne pas discerner le corps du Seigneur" ? Ces deux termes peuvent s'appliquer à celui qui est ivre (v. 21). Mais ils ont une implication encore plus forte. Celui qui ne prend pas conscience de la signification du pain et de la coupe ne mesure pas l'engagement envers le Christ et envers les autres que représente sa participation personnelle au repas du Seigneur. De ce fait, il se rejette dans l'autre temps, ancien, passé. Le croyant doit se laisser éduquer, corriger par le Christ (v. 31). C'est à ce prix qu'il devient attentif à l'autre. Une fois réunis pour manger, il s'agit de s'attendre et de s'accueillir (v. 33)

v. 30-34. Une mauvaise communion a-t-elle des effets néfastes ? Et à l'inverse, une communion complète éliminerait-elle chez le communiant la maladie et même la mort ? Non. Une bonne communion permet simplement d'affronter autrement les effets de la maladie et de la mort.

B - Chapitres 12 - 14 - Les signes de l'Esprit

Voici d'autres problèmes concernant l'assemblée chrétienne : les charismes. Les Grecs cherchaient à se mettre en condition pour recevoir directement l'esprit divin. Rappelez-vous : les oracles, la pythie, les inspirations provoquées par des excitations collectives. Les chrétiens de Corinthe ont la même tendance. Paul va effectuer une énergique mise au point au sujet (v. 1) de ces expériences d'inspiration (C'est ainsi qu'il faut traduire, et non pas "don de l'Esprit"). Deux mots, donc : au v. 1 : inspiration - et au v. 4 : dons (grâces), en grec Karis, d'où charismes. Or, si nous consultons une concordance, nous remarquerons que seul Paul  emploie ces mots dans tout le Nouveau Testament. Et particulièrement dans la Première Lettre aux Corinthiens, où ils sont utilisés massivement pour la première fois. Ces expressions sont donc liées à la communauté de Corinthe. Bien sûr les premiers chrétiens croyaient que l'Esprit de Dieu leur était donné par le baptême. Mais, pour les Corinthiens, le mot Esprit va être utilisé en un sens plus particulier, grâce à des manifestations souvent spectaculaires, dont Paul est amené à se méfier. Certes, les dons particuliers existent, mais Paul veut mettre un peu d'ordre dans l'affaire. L'essentiel, c'est la confession de foi : Jésus Seigneur, reliant inséparablement Esprit de Dieu et Christ (v. 4-6). Il s'agit en effet de remédier aux risques de  contamination de la vie chrétienne par les comportements religieux issus du paganisme : exaltation quelque peu délirante dans certaines réunions religieuses. D'où les critères que Paul met en fondement de tout : l'utilité commune, l'édification de la communauté et par-dessus tout l'amour.

I - Le chapitre 12

A - versets. 4-11.

On a ici une opposition entre deux notions : la multiplicité des dons et l'unicité de l'Esprit. (v.4)
Diversité des dons : Paul énumère 9 dons : sagesse - science - foi - guérison - miracles - prophétie - discernement des esprits - parler en langues - interprétation.
Certains de ces dons se ressemblent comme deux gouttes d'eau : sagesse et science - guérisons et miracles. Pourtant Paul les dissocie. On verra pourquoi. Mais d'abord il nous faut comprendre un peu mieux ces dons qui aujourd'hui nous semblent bizarres.

* Des dons situés.

1 - En relisant le texte, on rencontre des mots déjà rencontrés dans cette lettre : sagesse - science - connaissance. La sagesse, dans les premiers chapitres, est opposée à "folie de la croix" ; mais aussi elle est ensuite christianisée en "sagesse mystérieuse et révélée". La connaissance est attribuée aux Corinthiens capables de manger des viandes immolées aux idoles sans en être souillés. Elle les rend supérieurs, les introduit dans les secrets divins (ch. 8). Dans les deux cas, l'atmosphère est religieuse. La sagesse et la science ouvrent sur des connaissances mystiques. C'est bien dans le goût de l'époque, dans toutes les cités gréco-romaines : philosophes teintées de mysticisme, religions à mystère, qui contestent le paganisme officiel. Toutes proposent la révélation des secrets divins. On retrouve cela aujourd'hui dans les sectes, dans la gnose de Princeton, dans le New-Age. Cela peut nous paraître bizarre !

2 - Les dons de guérisons et de faire des miracles. C'est aussi dans l'esprit de l'époque (de toutes les époques ?). Paul vit dans un monde où tous les hommes pensent que la maladie est provoquée par des puissances maléfiques (esprits, démons). Toute guérison est un miracle. Tout médecin, un guérisseur qui détient son pouvoir des puissances célestes. Paul pense de même. Il attribue les dons de miracles et de guérison à l'Esprit de Dieu.

3 - Donc nous voici en face d'une conception du monde qui nous est plus ou moins étrangère. Et pourtant nous croyons aussi qu'aujourd'hui l'Esprit est à l'oeuvre pour ce qui est le plus épanouissant pour les hommes de notre temps. il faut savoir reconnaître les signes de l'activité de l'Esprit.

* Une diversité stratégique.

Paul, on l'a vu, énumère des dons quasi-semblables. Est-ce que ce n'est pas par stratégie ?  En effet, dans la finale du ch. 12, et surtout dans le ch. 14, on s'apercevra que l'intérêt se concentre presque exclusivement sur un seul de ces dons, le don des langues. Pas pour l'exalter, mais pour essayer d'en réduire les effets. En multipliant le nombre des dons, en se référant au même Esprit, Paul prépare le terrain : le don des langues n'est pas le seul, ni le meilleur. Mais qu'est-ce que c'est que ce charisme particulier ?

1 - L'engouement des Corinthiens. Des gens, lors d'assemblées chrétiennes, prononcent des paroles incompréhensibles pour les autres, u même des sons inarticulés qui ressemblent à des langues barbares (14, 11) : véritable folie pour les non-initiés (14, 23). Il s'agit de manifestations extatiques où l'activité de l'Esprit se traduit chez les croyants en délire mystique. Manifestations très recherchées à Corinthe, puisque Paul est obligé d'en réglementer l'usage. Certes, on sait que des phénomènes similaires ont pu se produire ailleurs. Par exemple à la Pentecôte, ou à Césarée chez Corneille. Mais à Corinthe ces phénomènes sont courants. Comment cela se fait ? A l'époque beaucoup de religions païennes en vogue promettent à leurs fidèles le don de l'esprit. Ce don se manifeste en ivresse ou en délire religieux. On sait, par exemple, qu'à l'époque, le mot "glossa" (don des langues) est un terme technique pour désigner un langage archaïque, utilisé dans le culte, parfois même un langage incompréhensible comme celui de la pythie de Delphes. Les Corinthiens, en privilégiant le don des langues, traduisent leur foi : ils accèdent ainsi à la voie supérieure qui, déjà, les transporte dans le ciel.

2 - Paul ne s'attaque pas à l'existence du don des langues. Il ne conteste pas son origine divine. Lui-même parle en langues (14, 18). Ce qu'il va critiquer , c'est la prééminence qu'a pris ce don des langues dans la communauté de Corinthe. Il veut remettre de l'ordre dans les assemblées chrétiennes (14, 26-40). Mais ce souci disciplinaire n'explique pas tout. Il veut également transformer l'individualisme dans lequel baignent les Corinthiens en courant après les dons les meilleurs. Au début du chapitre 14, il oppose les dons qui construisent la communauté au don des langues qui construit seulement son bénéficiaire. Il nous indique le renversement qu'il veut opérer. Pour lui les charismes sont des moyens au service de la communauté qui est corps du Christ (12, 12-27). Ainsi il va établir une hiérarchie des dons qui prend le contre-pied de l'échelle de valeurs mise en place à Corinthe (12, 28-31)

B -  Un seul Esprit.

Relisons tout ce passage (12, 4-11) pour bien remarquer l'insistance avec laquelle Paul parle d'un seul Esprit. Pourquoi ?

1 - Ce n'est pas n'importe quel  Esprit. Aux versets 4-6, vous avez un schéma identique : même Esprit, même Seigneur, même Dieu. Donc il y a équivalence entre Esprit, Seigneur, Dieu. Paul souligne ainsi l'originalité de l'Esprit pour les Chrétiens : l'Esprit, c'est l'Esprit de Dieu, de Jésus Christ. Ce n'est pas n'importe quel Esprit. Les Corinthiens avaient tendance à comprendre le terme esprit d'une façon assez vague. Beaucoup de religions promettaient alors le don de l'Esprit divin. La notion était dans l'air. Paul rappelle alors qu'il s'agit de l'Esprit de Jésus Christ, qui nous est donné par le baptême, pour que nous ne fassions plus qu'un seul corps, le corps du Christ. Cela nous concerne encore aujourd'hui. il nous faut vérifier ce que nous mettons sous le mot Esprit. Il fait de nous le corps du Christ. Il se vérifie dans l'amour mutuel, il nous fait participer à la vie du Ressuscité.

2 - Un seul Esprit. C'est en opposition aux Corinthiens qui pensaient qu'il y avait plusieurs formes d'Esprit... ou même plusieurs Esprits. , ce qui les amenait à classer les chrétiens selon les dons qu'ils recevaient. D'où les stupidités que Paul dénonce dans la comparaison du corps. Les chrétiens dépourvus de tels charismes supposaient qu'ils n'étaient plus dignes d'appartenir à la communauté (v. 16-17). Et ceux qui avaient reçu des dons supérieurs se passaient de ceux qui en étaient frustrés (v. 21-26). Donc ils avaient tendance à mettre en valeur ceux qui avaient reçu des charismes supérieurs et à mépriser ceux qui en étaient dépourvus. Voilà la hiérarchie qu'ils créent. Paul réagit : tous les charismes viennent du même Esprit. Ils sont donc tous valables. Puis il établit une hiérarchie. Pas celle qui étaient en honneur à Corinthe (v. 28-30). Cela ne lui suffit pas. il renverse tout et indique une voie supérieure, la voie de l'Amour. (12, 31 à 13, 13)

II - Le chapitre 13.

L'Amour est supérieur à tout. Mais pas dans ce qu'il a de spectaculaire. Dans ce qu'il a de discret, de quotidien.

v. 1-3. Les plus hautes performances, (la connaissance des langues et des mystères terrestres et célestes, les sacrifices, le fanatisme), sans amour, tout est sans valeur. Le lien avec l'Esprit est seul garant d'un amour authentique. Sous le mot "amour", il faut entendre l'amour fraternel. L'amour de Dieu n'est pas directement visé, bien qu'implicite.

v. 2. Il transporte les montagnes. Allusion à Marc 11, 23.

v. 3. "pour être brûlé". Ou variante : "pour en tirer orgueil." Certains traduisent : "Même si je me livrais comme esclave (pour donner aux pauvres le produit de cette vente), si c'est pour en tirer orgueil et sans amour, etc.

v. 4-7. Vous avez ici quinze affirmations sur l'amour. Il faut traduire par "celui qui aime est..." : l'amour, c'est quelque chose de concret.

v. 8-12. L'Amour est "immortel". Tout passe, pas l'amour. Au v. 12 : nous avons actuellement une connaissance confuse de Dieu par "le miroir" des choses crées. A cette connaissance succédera la connaissance directe (face-à-face). Paul rejoint Platon et le mythe de la caverne. Au v. 13 : des réalités passeront, prophéties, langues, connaissance... Restent les trois vertus théologales. Et surtout l'amour. Seul il ouvre un avenir véritable, car il n'est pas atteint par la mort. Il appartient aussi bien au présent qu'à l'avenir. Il est la voie par excellence qui inspire la vie quotidienne du croyant.

III - Le chapitre 14. Se méfier du spectaculaire.

v. 1 : Prophétie. Très rarement prédire l'avenir. Presque toujours, il s'agit de parler au nom de Dieu sous l'inspiration de l'Esprit. Le prophète est homme ou femme. Il révèle le dessein divin, il exhorte, encourage, édifie. Il découvre les secrets des coeurs.

v. 2-5. Un grand principe : 5 mots en langage clair valent mieux que 10 000 en langues. Celui qui parle en langues s'adresse à Dieu, alors que le prophète parle aux hommes Le "parler en langues", s'adressant à Dieu, est un langage codé pour les hommes. Il n'édifie pas. Il a besoin d'être interprété. Le don de prophétie lui est supérieur parce qu'il est fait pour l'édification de la communauté.

v. 6-12. Seul ce qui est intelligible édifie la communauté. Au v. 11, "barbare" : c'est celui qui ne comprenait pas le grec.

v. 13-19. Conséquences pratiques : bien distinguer entre esprit et Esprit, et également entre esprit et intelligence. L'esprit, c'est l'esprit de l'homme, siège des manifestations incommunicables du don des langues. Opposé à l'intelligence qui seule permet la communication avec les autres. Mais l'esprit (humain) est animé par l'Esprit (de Dieu). Le paragraphe est caractérisé par cette antithèse esprit-intelligence, d'où la conclusion (v. 19) : plutôt 5 paroles intelligibles que 10000 mots en langues.

v. 20-25. Faire preuve de clairvoyance et de bon sens. Au v.20, une exhortation : "pour le mal, soyez comme des petits enfants" (qui n'ont pas encore la possibilité de connaître le mal) Voir Marc 10, 14. Au v. 21, un citation d'Isaïe, drôlement tirée par les cheveux. Au v. 22 : la citation précédente permet à Paul d'en tirer deux exemples contraires. Dans une assemblée parlant en langues, c'est un signe pour les incroyants, alors que la prophétie, c'est un signe pour les croyants. Viennent ensuite deux illustrations : les non-croyants penseront qu'ils sont fous, les membres d'une assemblée parlant en langues ; par contre, si dans l'assemblée on prophétise, les non-croyants se convertiront. Seule la prophétie édifie.

v. 26-33a. Mettre de l'ordre dans le culte et dans l'Église. Au v. 26 : tout, cantiques, enseignement, révélation, parler en langues, interprétation, doit se faire en vue de l'édification. Aux v. 27-28 : deux ou trois au plus peuvent parler en langues, à condition qu'il y ait quelqu'un pour interpréter, sinon, qu'ils se taisent. Au v. 29 : les prophètes, de même : deux ou trois, et que les autres discernent, jugent. Au v. 30 : en cas de révélation, celui qui est en train de parler doit s'arrêter. Un seul parle à la fois, les autres doivent apprendre à se taire. Aux v. 31-32 : si vous ne parlez pas aujourd'hui, vous parlerez la prochaine fois. il faut savoir vous dominer. Au v. 33 : Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix.

v. 33b-35.  Parler en langues et silence des femmes. C'est un texte difficile. En tout cas, en contradiction avec 11, 5. Mais comparez les versets 28 et 34. Il semble bien qu'il s'agit uniquement du "parler en langues" (19 fois dans ce chapitre 14). Parler en langues est limité pour les hommes, et plus strictement interdit aux femmes mariées si le mari ne peut pas interpréter (?)

v. 36-40. En conclusion ; si les Corinthiens sont inspirés, ils reconnaîtront que Paul parle vraiment au nom du Seigneur.

(à suivre, le 10 janvier)

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