Grand Charmont

 

1 - le Pays de Montbéliard.  

En l'an 1100, le comté de Montbéliard est un petit territoire de quelques dizaines de kilomètres de rayon autour d'un château. Les comtes de Montbéliard font partie des familles de la petite noblesse franc-comtoise ou bourguignonne, selon les alliances matrimoniales, jusqu'à ce que la comtesse Henriette, en 1397, se fiance avec le duc de Wurtemberg Eberhard. Et c'est ainsi que, de 1407 à la Révolution, le Pays de Montbéliard est rattaché au duché de Wurtemberg. Et c'est ainsi qu'en 1535, à la suite de son prince, le Pays devient entièrement protestant. La région deviendra, dès le XVIe siècle, un refuge pour les protestants français, et au XVIIe siècle, une terre d'asile pour les anabaptistes (actuellement Mennonites) expulsés de Suisse.

En 1793, le "Pays" est annexé par la France et en 1814, au traité de Paris, il est incorporé au département du Doubs. Le XIXe siècle verra naître plusieurs entreprises industrielles, avec les familles Japy et Peugeot. L'expansion économique et démographique, grâce notamment à Peugeot, se fera tout au long des deux derniers siècles, mais particulièrement au XXe siècle, et surtout dans les années 50. Le "Pays de Montbéliard" est le berceau des automobiles Peugeot. L'usine de Sochaux accueillera jusqu'à 40 000 ouvriers, avant de revenir à des proportions plus humaines (actuellement moins de 20 000) Le District Urbain du Pays de Montbéliard, créé le 1er juillet 1959, est l'un des plus anciens de France. La région se caractérise par une mono-industrie, comprenant tous les métiers de l'automobile. Sur le plan religieux, les apports successifs de population, d'abord français venant des régions voisines, puis immigrés venant surtout du Maghreb et de Turquie, feront que le protestantisme est aujourd'hui très minoritaire, mais conserve une influence certaine, culturelle et religieuse.

Photo Dominique Delfino

 2 - La ville de Grand-Charmont.

Au point de départ, c'est un tout petit village, appelé Charmont-des-Bois, situé à l'écart des routes principales de la région. Il est blotti au sud d'une vaste forêt qui s'étend jusqu'aux portes de Belfort, au creux d'une petite cuvette et quand il s'agrandira, de nouveaux quartiers s'établiront aux flancs Nord et Sud de cette cuvette. 

Grand Charmont est resté longtemps un village peu peuplé. Jusqu'en 1700, il n'atteignait pas 100 habitants. Une lente progression : 215 habitants à la Révolution, 600 au début du XXe siècle, 850 à la fin de la 2e guerre mondiale. C'est alors que tout va s'accélérer : la population a déjà doublé en 1954, puis triplé en 1956. En 1962, nous sommes 5600 Charmontais, et 9200 en 1971. C'est que trois quartiers périphériques sont venus encercler le vieux village : Cités Peugeot, Giboulon et Fougères. Grand Charmont, pour une partie, est devenu une "cité-dortoir". Puis, à partir de 1973, contrecoup de la crise industrielle d'une part, et de la restructuration des usines Peugeot d'autre part, le nombre des habitants diminue : au recensement qui a eu lieu en mars 1999, il n'y a plus que 5097 habitants.

Photo Guy Fournier

3 - La paroisse saint François d'Assise.

 Au commencement, il n'y avait rien. Avant la Réforme, Grand Charmont était rattaché à la paroisse de Montbéliard, mais il n'y avait pas d'église. La première famille catholique est arrivée vers 1895. C'est au début du XXe siècle que se constitue la paroisse de Vieux-Charmont, dont le curé dessert les villages environnants, dont Grand Charmont. En 1955 seulement se bâtit une "chapelle de secours" sous le vocable de Notre-Dame du Bon Accueil. Les premiers prêtres responsables de Grand Charmont seront nommés "vicaires" de Vieux Charmont. Ils habiteront pendant dix ans dans les blocs. La communauté catholique compte, à ce moment-là, environ 450 familles. C'est à partir de 1960, avec la construction du grand ensemble des Fougères, que la population catholique va brusquement s'agrandir, nécessitant la construction d'un deuxième lieu de culte, plus vaste, aux Fougères. La "Paroisse saint François d'Assise", qui rassemble tous les chrétiens de Grand Charmont, a été créée officiellement en novembre 1964. On comptait 900 familles catholiques en 1961, 1600 familles en 1970. Puis, avec la crise industrielle, on va assister à un recul notable : 1475 familles catholiques en 1991, et moins de 1000 actuellement. De même, on comptait 900 enfants catéchisés en 1968, et seulement...110 en 2000. Ceci étant dû, notamment, au vieillissement de la population.

Par contre, les chiffres de la population "pratiquante" restent relativement stables. Il y avait 450 personnes en moyenne aux offices du dimanche entre 1960 et 1975, 320 entre 1980 et 1990, et actuellement environ 250. 

Jusqu'en 1974, il y a eu 3 prêtres qui, ensemble, étaient au service de la paroisse. De 74 à 85, ils n'étaient plus que deux, puis un seul de 1985 à 1996. De 1996 à 2001, l'abbé Paillot, qui était curé de la paroisse depuis 1960, était "prêtre accompagnateur" de l'EAP (Equipe d'Animation Paroissiale) nommée par l'évêque. Il n'habitait plus à Grand Charmont et n'y venait que pour les offices et quelques réunions indispensables. Tout un réseau de chrétiens assure efficacement les services essentiels de la pastorale : de l'accueil permanent à la catéchèse, de la préparation aux baptêmes et aux mariages à l'accueil des familles dans le deuil, de la préparation de la liturgie aux équipes "entretien, propreté et beauté" de nos lieux de culte... Beaucoup de bénévoles y travaillent, avec quelle générosité ! C'est une paroisse vivante, qui ne demande qu'à rajeunir... à condition de voir arriver de nouveaux habitants à Grand Charmont. Le 9 avril 2001, un nouveau redécoupage des paroisses de tout le diocèse intervient. Suite à ce redécoupage, Grand Charmont fait désormais partie de l'ensemble paroissial Béthoncourt-Grand Charmont, l'un des 37 ensemble paroissiaux du diocèse Belfort-Montbéliard. Et en juin 2001, l'abbé Claude Munnier est nommé curé de cet ensemble paroissial. Pour tous renseignements concernant la vie paroissiale, téléphoner à la permanence, au 03 81 94 30 89.

 

4 - L'église saint François d'Assise.

C'est l'œuvre d'un architecte suisse de Fribourg, Pierre Dumas (qui est également l'auteur des églises de Belfort-Sainte Thérèse, Béthoncourt et Suarce, dans notre diocèse). Elle est bâtie sur deux niveaux (ce qui est facilité par la pente du terrain). Au niveau supérieur, on trouve l'église de 550 places. Au niveau inférieur, une grande salle polyvalente et cinq salles permettant diverses activités (surtout catéchèse et réunions). La "première pierre" (en fait, une brouette de béton) a été posée le 18 février 1964. Les travaux ont été menés rapidement la première année : dès octobre, on utilisait quelques salles de catéchisme au sous-sol, et à Noël, on célébrait la Nativité dans la grande salle polyvalente. Puis les travaux ont pris du retard pendant l'hiver 64-65. Simplement à cause d'une panne de l'ordinateur IBM qui devait faire le calcul du voile de béton qui sert de couverture : un employé avait coupé l'air conditionné de la salle où se trouvait cet ordinateur à Lausanne (que de progrès depuis!) Il fallut attendre le 3 avril 1966 pour qu'on puisse célébrer (le dimanche des Rameaux) dans l'église. Et c'est seulement le 26 février 1967 que l'archevêque de Besançon, Monseigneur Lallier, est venu bénir la nouvelle église.

Si extérieurement notre église n'a pas grande allure (les gens disent parfois : "ça ne ressemble pas à une église"), par contre l'intérieur est très accueillant. Il favorise la recherche d'une assemblée très conviviale, si bien que les gens de passage sont enchantés de l'ambiance fraternelle qui y règne. Ce qui est dû, en grande partie (mais pas uniquement) à la disposition intérieure de l'église.  

  

 L'église saint François d'Assise de Grand Charmont (25 200)
terminée en 1966.

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