COMMENTAIRES DES LECTURES
POUR LA CELEBRATION DU MARIAGE.

1 - Genèse 2, 18-24

 Vous avez entendu cette parole de la deuxième page de la Bible : " Il n'est pas bon que l'homme soit seul ", dit Dieu au début du monde Relisons donc ce beau texte de la Genèse. Il ne faudrait pas considérer ce texte biblique vieux de 25 siècles comme un monument archéologique. Pas plus, d'ailleurs, que comme un récit à prendre à la lettre. Ce texte "poétique", comme une fable, nous dit l'aujourd'hui de votre amour à tous deux. Il dit votre rencontre. J'y lis le début de votre propre histoire d'amour, comme de toute histoire d'amour. Et d'abord, Dieu dit : "Il n'est pas bon que Sylvain soit seul". Je vais lui donner une compagne, semblable et différente, Isabelle. Donc, contrairement à ce qu'on croit souvent, la sexualité humaine est un don de Dieu. C'est lui qui nous a créés sexués, donc attirés l'un par l'autre. La sexualité humaine est quelque chose de bon, de naturel. Et l'amour d'un homme et d'une femme est un don de Dieu. Le désir qui porte l'homme et la femme l'un vers l'autre exprime la reconnaissance de l'autre comme différent ; et en même temps, il exprime la volonté de ne plus faire qu'un.

Continuons la lecture. Après avoir pensé qu'il n'est pas bon que Sylvain soit seul, Dieu ajoute : "Je vais lui trouver quelqu'un à qui parler." Il envoie à l'homme une profonde "extase" (c'est le sens exact du mot hébreu utilisé par la Bible) et la femme naît de cette extase. Oui, un véritable amour ne se cherche pas. Il est une grâce inattendue, un cadeau de Dieu. On croit souvent que l'amour est le fruit du hasard, ou d'une "bonne fortune". En réalité, pour le croyant, l'amour d'un homme et d'une femme est le plus beau cadeau que Dieu vous ait fait. Et en même temps, ce cadeau qui vous est fait - un compagnon, une compagne - marque une limite à votre désir. Le désir sans limite conduit à l'asservissement d'un sexe par l'autre. Le désir est freiné par la rencontre de la personne de l'autre. Celui qu'on aime, celle qu'on désire n'est pas un objet, c'est quelqu'un qui a sa propre autonomie, sa propre personnalité, et il n'est pas question de l'asservir.

Mais pour cela, il faut des arrachements. "L'homme quittera son père et sa mère." Encore une loi de la nature humaine, qui est plus qu'un constat. Nous avons tous connu, hélas, des couples qui ont sombré, simplement parce que l'homme ou la femme n'avaient pas su prendre leurs distances vis-à-vis de leur famille.

Certes le mot " Amour " est ambigu. Il dit aussi bien prendre, posséder, que donner, se donner. A vous de regarder vers celui qui est l'Amour ; un amour qui donne et qui pardonne ; un amour qui va jusqu'à donner sa vie. Alors, vous aussi, vous serez, dans ce monde dur, les témoins de l'Amour.

2 : Cantique des Cantiques

 Vous avez choisi comme première lecture, pour ce jour de fête, un poème chargé d'érotisme, une page du " Cantique des Cantiques ". C'est un des livres de la Bible. Depuis longtemps, les spécialistes se sont demandés pourquoi les anciens avaient inséré ce petit livre érotique, qui contient certains des plus belles chansons d'amour de toute la littérature universelle, dans la Bible, le livre qui, pour les croyants, est Parole de Dieu. La réponse est simple : c'est que l'amour humain, dans toutes ses composantes, dit Dieu. On chante " Dieu est Amour ". On ne croit pas si bien dire. Et je vous citerais quantité de pages de la Bible où Dieu se présente comme un amoureux, un mari, un amant, un père, une mère... Bref, pour un croyant, toutes les images qui expriment l'amour humain nous disent qui est Dieu. Je lisais récemment la réflexion d'un philosophe qui écrit : " Alors que toutes les religions avaient toujours présenté la divinité sous des images de la toute-puissance, de la force et de la grandeur ; alors qu'elles nous disaient un Dieu créateur qui ne se souciait plus de sa création, la Bible est le seul livre sacré qui nous dit un Dieu-Amour. "

Certes le mot " Amour " est ambigu. Il dit aussi bien prendre, posséder, que donner, se donner. A vous de regarder vers celui qui est l'Amour ; un amour qui donne et qui pardonne ; un amour qui va jusqu'à donner sa vie. Alors, vous aussi, vous serez, dans ce monde dur, les témoins de l'Amour.

3 : Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 12

 Avant que vous n'échangiez officiellement vos consentements devant l'Eglise, c'est-à-dire nous tous ici rassemblés, je voudrais relever dans les textes de la Bible que vous avez choisis, quelques phrases qui nous permettront de faire le point et de comprendre toute la grandeur du mariage. En effet, souvent, dans notre mentalité technicienne, on a tendance à réduire le sens des réalités que nous vivons ; à nous demander seulement " comment ça fonctionne " ou " à quoi ça sert. "

Il nous faut dépasser ces regards réducteurs et envisager la réalité de votre vie de couple sous le regard de la foi chrétienne. Et d'abord, une première parole me fait réagir : l'amour est le plus grand des dons de Dieu, dit saint Paul. Le savez vous ? Vous avez reçu, à l'occasion de votre mariage, un grand nombre de cadeaux. Vous vous estimez comblés. Vous n'avez peut-être pas pensé que le plus beau de tous les cadeaux, c'est celui que Dieu vous fait : la grâce de vous être rencontrés, de vous aimer, de ne plus faire qu'une seule chair. N'oubliez pas de lui dire souvent merci. Il est bon en effet de rappeler que l'amour humain, votre amour, n'est pas d'abord quelque chose qui fonctionne bien, une mécanique dont on peut mesurer l'utilité, mais qu'il est un don de Dieu, donc, quelque chose de sacré. Et donc qu'il serait le dernier des derniers, celui qui chercherait à détruire votre amour, que ce soit l'un de vous deux ou d'autres.

Oui, mais... ! L'expérience montre que ce n'a jamais été facile, un amour dans la longue durée de l'existence. C'est pourquoi saint Paul, après avoir écrit que " nous portons ce trésor dans des vases fragiles ", ajoute : aimer, ce n'est pas ce qu'on croit. Et parmi les dons de Dieu, il faut choisir ce qu'il y a de meilleur. " J'aurais beau, nous dit-il, distribuer ma fortune à ceux qui ont faim, j'aurais même beau me faire brûler vif, cela ne veut pas dire que je sais aimer. " Alors, qu'est-ce que c'est qu'aimer?

C'est assez complexe, et chacun risque de simplifier, donc, de réduire toute la richesse de l'expérience amoureuse. Pour beaucoup de nous contemporains, hélas, elle n'est que l'assouvissement d'un désir, la recherche d'un plaisir. Il y a ça, c'est vrai, et c'est une part importante de l'expérience amoureuse. Mais ce n'est qu'une part de cette expérience. Saint Paul va plus loin quand il décrit l'amour, quand il invite à choisir ce qu'il y a de meilleur parmi les dons de Dieu. Je cite : " Celui qui aime est patient, il sait rendre service ; il n'est pas jaloux, ni vantard, ni orgueilleux ; il ne cherche pas d'abord son intérêt, il ne s'emporte pas, il n'est pas rancunier ; il dit la vérité, il fait confiance, il espère toujours. "

L'amour au quotidien, dans la longue durée de l'existence, à travers jours de joie et jours de peine, c'est cela, une série de petites choses, de petits gestes, sans cesse renouvelés. C'est ce qui lui permet d'exister et de grandir. Ce ne sont pas de grandes déclarations ni de grandes actions : c'est, dans la rencontre quotidienne et toujours neuve de l'autre, trouver son bonheur à faire le bonheur de l'autre. Nous le savons bien : tout amour risque sans cesse de s'abîmer, de s'affadir, de mourir, si l'on n'y prend garde. Les textes de la Bible que nous avons lus aujourd'hui nous indiquent une recette - l'unique recette - pour que " l'amour ne passe jamais " : confiance,; vérité, service. Alors que beaucoup ne cherchent qu'à réussir dans la vie ( grâce à l'argent, à la volonté de puissance, et au besoin en écrasant les autres), vous êtes invités à réussir votre vie en cultivant un véritable amour. Chacun de ceux qui sont ici formule des vux de bonheur pour vous. L'Eglise, elle, va plus loin : elle vous indique l'unique chemin du bonheur.

4 - Première lettre de saint Jean .

"Aimer est un voyage". Je pensais à cette phrase du poète chilien Pablo Neruda, en écoutant la lettre de saint jean où, par trois fois, il nous invite à marcher : "marcher dans la vérité", "marcher selon les commandements", marcher dans l'amour". Aimer est un voyage. Voyage déjà bien commencé pour vous, depuis votre première rencontre. Voyage qui se continuera demain, pour de longues années, nous le souhaitons. Mais aujourd'hui, nous faisons une halte sur la route, pour regarder le passé, scruter l'avenir, avant de célébrer, avec vos familles et vos amis, l'Amour dont vous êtes signes et qui a un nom, un visage, une histoire : Jésus Christ.

Au commencement, Dieu créa votre amour. Il ne serait pas sérieux de goûter le beau poème de la création (Genèse 1, 26-31) dont nous écoutions la lecture il y a quelques instants en n'y voyant qu'un aspect archéologique. Ce texte est d'aujourd'hui. Il est actuel. Dieu dit aujourd'hui : "Faisons l'homme à notre image", et il le crée, homme et femme, masculin et féminin, Jacques et Marlène. Il crée un couple, votre couple, avec une mission bien précise : continuer, dans votre amour, la transfiguration du monde. Voilà ce que vous croyez : votre amour, c'est l'amour originel, paradisiaque, donné dans sa splendeur comme un trésor sans prix.

Mais, pour reprendre le mot de saint Paul, "nous portons ce trésor dans des vases d'argile... dans des vases fragiles." Ce beau cadeau de Dieu, votre amour tout neuf, qu'allez-vous en faire ? J'ai pour habitude de dire que dans les premiers chapitres de la Bible, il y a toute notre histoire, personnelle et collective. Création, paradis terrestre et péché, reconnaissance et méconnaissance de Dieu, communion des êtres et division, guerre et paix, harmonie du monde et monde cassé. Dieu dit à l'homme après sa faute : "Où es-tu ?" , comme l'homme et la femme ne cessent de se dire l'un à l'autre : "Où es-tu ?" au coeur d'une histoire où l'attrait et le rejet s'entremêlent.

J'hésite à employer le mot "amour". C'est un mot piégé. Il peut recouvrir des réalités tellement différentes. Beaucoup de langues ont deux mots pour dire "aimer". Les Grecs avaient trois mots : éros, philia, agapè. Trois réalités, trois expressions de l'amour qui sont en chacun de nous. Au plus profond de nous-mêmes, l'Eros. Disons, l'attirance sexuelle. Les Grecs en avaient fait un dieu. Chacun de nous porte en lui l'aimantation d'un éros sans visage. Non pas instinct mauvais, comme le pensaient la plupart des Pères de l'Eglise. Mais non pas non plus pulsion aveugle et fatale, comme voudraient nous le faire croire certains penseurs contemporains. La pulsion érotique est en chacun de nous. Tout le problème est de l'aider à se dépasser, pour éviter l'enlisement de la promiscuité et de l'usure. Nos contemporains se ruent sur les "arts d'aimer". Et certes, si l'amour est un langage, il faut bien apprendre à parler. Mais si l'on n'a rien à se dire, à quoi sert ce langage ? Il ne reste qu'une technique, des mécanismes bien agencés. Combien de fois n'avons-nous pas rencontré des couples où l'amour humain semblait tari, où l'homme et la femme étaient rejetés dans leur solitude respective :

"Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie
"Sa vie est un étrange et douloureux divorce
"Il n'y a pas d'amour heureux"
, chante Aragon.

Comment vaincre cette solitude ? Comment dépasser cette fatalité ? Comment faire mentir le poète, en montrant au monde le visage d'un amour heureux, réussi en plénitude ? Je disais tout-à-l'heure que chacun porte en lui l'aimantation d'un Eros sans visage. Dieu merci, chacun de nous porte également en lui la révélation chrétienne de la personne et l'irrassasiable nostalgie de la communion. Si l'amour n'était que pulsion sexuelle, que de tristesse, que de désastres dans la vie des couples. Dieu merci, il est aussi rencontre, reconnaissance de l'autre, non pas comme objet, mais comme personne. Car le Christ a posé définitivement la transcendance de la personne. L'homme et la femme sont tous deux des personnes bien plus qu'égales : absolues. Pour un chrétien, la sexualité se dépasse et s'accomplit dans la communion des personnes. Elle devient, entre un homme et une femme, langage de l'immense, langage du silence.

C'est ainsi que nous vous accueillons, c'est ainsi que nous vous espérons : témoins de l'amour, témoins de Dieu. C'est exigeant. Pour cela, il est nécessaire que votre amour s'accomplisse et se dépasse dans un commun service. Un couple se condamne s'il se replie sur lui-même. Il n'a d'autre choix que la destruction mutuelle ou la création ensemble, dans un grand mouvement de service de la vie. Il ne peut pas ne pas être fécond, que cette fécondité soit de servir et de lutter ensemble, d'accuillir ensemble le prochain, ou de mettre au monde des enfants. Pas seulement de procréer, mais de mettre au monde. Si peu de couples mettent vraiment leurs enfants au monde. Combien se referment sur eux et les dévorent de leur moite adoration, jusqu'à ce que ces enfants, avec une impitoyable brutalité, s'accouchent eux-mêmes de cette stérile matrice familiale. Voilà le message des Béatitudes. Oui, le bonheur est possible, à condition que votre couple soit ouvert, généreux, pauvre, humble, serviteur.

Il y a dans un roman de Soljenitsyne un admirable portrait d'un couple arrivé presque au bout du chemin, pour qui aimer fut un long voyage. Les Kadmine sont tous deux médecins. Ils ont été séparés pendant dix ans de Goulag, puis exilés ensemble dans une bourgade d'Asie centrale. Leur amour mutuel est sorti plus grand de l'épreuve. Il les rend disponibles à tous. Ils rayonnent la confiance et la paix. "Il y avait entre eux, écrit l'auteur, cette heureuse ressemblance extérieure et intérieur qui fait d'un couple plus qu'un mari et une femme. Un de leurs amis leur écrivait : "Qu'elle est rare aujourd'hui, cette attention pleine de sympathie et de constance à l'égard des autres." Et l'auteur de conclure : "Les malades bénéficiaient de leur communion d'âme. Le log amour avait fait d'un homme et d'une femme des êtres de bénédiction."

Aujourd'hui, vous célébrez votre jeune amour. Demain, le voyage reprend. Un long voyage. Nous tous que l'affection et l'amitié ont rassemblé dans cette église, pour être témoins de votre démarche, nous prions pour qu'un long amour fasse de vous deux "des êtres de bénédiction."

5 - Dire "Oui" : le mot de l'Amour.

Vous allez vous marier, c'est-à-dire que vous allez publiquement, devant l'Eglise, c'est-à-dire devant nous tous qui sommes ici présents, vous engager mutuellement à vivre toute votre existence dans l'amour. Ce que vous vous êtes dit un jour en secret ("Nous nous aimons, nous voulons vivre ensemble"), vous allez le proclamer devant nous. Vous allez engager toute votre existence sur une parole. Oui, mais... !

Peut-on engager aujourd'hui toute son existence sur un mot, un OUI ? De multiples difficultés peuvent nous en faire douter.

D'abord, c'est un fait, il y a aujourd'hui dévaluation de la parole. Une dévaluation qui, d'ailleurs, est la conséquence d'une inflation. Nous sommes en effet noyés sous un flot de paroles. depuis le grand matin jusqu'à l'heure du sommeil. Radio, TV, informations, commentaires, publicité, chansons, propagande, gloses, prévisions et bavardages, tout cela, c'est notre lot quotidien. Il parait qu'il y a beaucoup de jeunes qui ne peuvent pas faire leur travail scolaire sans ce fond sonore. C'est la preuve qu'on n'y fait plus attention, que ça coule sur nous sans nous atteindre, que c'est, à proprement parler, in-signifiant. Ajoutez à cela que, de nos jours, la parole est dévaluée par rapport à l'image. On est beaucoup plus sensible à ce qu'on voit qu'à ce qu'on entend. Les spécialistes estiment que l'adulte ne retient que 13% de ce qu'il entend, contre 70% de ce qu'il voit.

D'ailleurs, qu'est-ce qu'une parole ? Du vent. De l'air qui sort de mes poumons, fait vibrer mes cordes vocales, est amplifié par ce merveilleux haut-parleur qu'est ma bouche. Du vent ! Les anciens déjà disaient : "Les paroles s'envolent, les écrits restent". En affaires, on ne se contente pas de paroles ni de promesses. Il faut des écrits, et des écrits certifiés.

Enfin, je suis surpris du peu de cas qu'on fait aujourd'hui de la parole donnée. Combien prennent un rendez-vous, promettent de venir et s'excusent (ou ne s'excusent pas) au dernier moment. Parole donnée, parole tenue, c'est, hélas, de plus en plus rare. C'est que nous sommes entrés dans l'ère du "prêt à jeter". On jette tout, depuis les rasoirs jusqu'aux automobiles. On ne construit plus les objets pour qu'ils durent, comme autrefois, toute une vie. On les construit pour une donnée limitée. Et on passe pour rétrograde si on ne change pas régulièrement d'auto, de vêtements, de chaîne hifi. Nos contemporains n'envisagent plus la longue durée. Il leur est difficile de faire des projets pour toute une longue vie.

Dernière remarque négative : peut-on se fier à la parole de l'autre. La Bible disait déjà : "Tout homme est menteur". Qu'est-ce qui me permettra de faire confiance à l'autre ?

Vous allez pourtant engager toute votre existence sur ce OUI que vous allez dire et dont nous serons témoins. Est-ce possible ? Oui, je le crois. Et voici pourquoi.

Premièrement, c'est une question d'honneur. Et si l'un de vous deux manquait à sa parole, n'importe lequel d'entre nous, témoin aujourd'hui de votre engagement, pourrait lui dire : "Tu m'as menti. Tu m'as trompé. Tu l'as trompé." J'en ai connu, des couples qui, au milieu des pires tentations d'abandonner l'autre, de tout lâcher, de partir, se sont raccrochés à cela : "J'ai donné ma parole, je n'ai pas le droit de revenir là-dessus. Ce serait me déconsidérer aux yeux de mon conjoint, de ma famille, de mes amis et même à mes propres yeux." C'est une question d'honneur et de respect de soi.

C'est aussi une question de confiance. Ce que je vous dis là, je l'expliquais un jour à une jeune fille qui se préparait au mariage. Elle m'a répondu : "Je ne peux pas croire à une simple parole ; ou plutôt, si j'y crois, il faut qu'il y ait des actes, des gestes, qui prouvent que cette parole est vraie." C'est juste. Mais il faudrait préciser. Il y a eu des actes, des gestes, qui manifestaient que l'amour était vrai. Mais demain ? Qu'on le veuille ou non, c'est toujours le saut dans l'inconnu. Celui, celle qui me dit aujourd'hui "Je t'aime", qui sera-t-il, qui sera-t-elle demain ? Que fera-t-il, que fera-t-elle ? Dans tout mariage, comme dans tout choix humain, il y a un risque, un saut dans l'inconnu. C'est pourquoi je vous dis que c'est une question de confiance. Faire confiance à l'autre, aujourd'hui et demain, sur la foi d'une parole entendue, d'un petit mot : "Je t'aime". Autrefois, les jeunes mariés qui échangeaient leur consentement se disaient : "Je te donne ma foi", c'est-à-dire : "je te fais totalement confiance." Aujourd'hui et demain, quoi qu'il arrive, je croirai en toi !

Enfin, cette parole que vous vous donnez, ce n'est pas n'importe quelle parole, c'est le mot de l'amour, c'est OUI. Et vous ne vous la donnez pas seulement aujourd'hui. Vous vous l'êtes donnée, cette parole, des centaines de fois, tous les jours de votre existence. Cette parole d'amour, vous aurez à vous la donner encore, je l'espère, des milliers de fois. C'est une parole qui vous fera ressembler au Christ, qui fera de vous une image de Dieu.

Images du Christ : il a fallu qu'il se batte contre la tentation de se passer de Dieu, avant de pouvoir dire et redire "Oui, Père" et ainsi faire la volonté de Dieu.
Images de Dieu. C'est un Père de l'Eglise qui a écrit : "Notre Dieu est un Dieu-Oui." Un Dieu qui dit oui à sa création, qui dit oui à l'humanité, qu dit oui à un avenir de bonheur, à une réussite totale de ce monde.

Je vous souhaite de vivre le grand amour, dans un don total de vous-même à l'autre.

  

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