LES ETONNEMENTS DE CATHERINE

 

Catherine, protestante d'origine, s'est mariée avec un catholique.
Depuis, elle est membre active de sa paroisse catholique
et de l'équipe diocésaine de la Formation Permanente.
Elle nous fait part, souvent, de ses étonnements.

(Vous trouverez aux archives les chroniques précédentes)

Samedi 28 août 2010

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Heureuse de vous retrouver sur cette page de Murmure après ce long break estival. Un break bien rempli cet été. Beaucoup de kilomètres parcourus au travers de la France : Bordeaux, la Corse, Paris, Oléron, la Lorraine, pour les vacances et pour des évènements familiaux (anniversaires, mariage…). Beaucoup de péripéties aussi : une voiture neuve vandalisée devant le pont St Bénezet d’Avignon, la même voiture « attaquée » en Corse par une espèce de cochon sauvage qui nous a dérobé notre pique-nique, un ferry italien en retard de 3 heures et j’en passe.

 

Alors justement, en attendant le départ du fameux ferry italien, je me suis plongée dans un ouvrage étonnant, il s’agit des Confessions d’un Cardinal d’Olivier Le Gendre. Moi, qui ne me suis jamais confessée (je veux dire à la manière catholique, auprès d’un prêtre pour recevoir le sacrement du pardon…), je me suis délectée des confessions du cardinal. Confessions qui n’en sont pas en fait. Le titre du livre a été choisi par l’éditeur dans une intention purement commerciale. Il s’agit plus exactement d’un livre d’entretien entre un cardinal retraité qui ne donne pas son nom (dommage) et un journaliste essayiste, spécialiste du Vatican, Olivier Le Gendre. Le Cardinal livre ses analyses (maillées de révélations sur le fonctionnement du Vatican, d’anecdotes, de références historiques) et son diagnostic sur l’état actuel de l’Eglise. C’est décapant et lucide. 

La pensée du Cardinal peut se résumer (très grossièrement) en idée principale : l’Eglise catholique telle qu’on la connaît avec son organisation, ses rites, son fonctionnement actuel, est en train de mourir. Refuser de le voir, c’est être dans le déni. La pire des attitudes selon le Cardinal car la réalité s’impose toujours, un jour ou l’autre… Dire cela n’est en rien pessimiste. La disparition de l’Eglise-t-elle-qu’on-la-connaît n’implique pas la mort de l’Eglise (avec un grand E) encore moins celle de l’Evangile ! Or, c’est ce dernier qui passionne aujourd’hui le Cardinal qui a consacré toute sa vie à la première (ce qu’il ne regrette nullement). C’est Lui qu’il cherche à re-susciter dans sa vie (et dans le monde), maintenant qu’il est âgé et à la retraite. Il s’est mis à son service en rejoignant les mouroirs, hôpitaux et écoles spécialisées d’Asie du Sud-Est. C’est ce qu’il appelle « le principe de Poo », du nom d’un jeune malade du VIH qu’il a assisté durant son agonie, et qui aurait dû être le titre des confessions.

 

Le principe de Poo ? En gros, c’est celui de l’Evangile : servir d’abord le plus pauvre parmi les pauvres. Comme Jésus-Christ l’a fait. Avant toute chose, avant d’enseigner et d’organiser et quelque soit la pauvreté : financière, morale… Et surtout sans faire de « bruit » mais en manifestant simplement la tendresse de Dieu. C’est la mise en œuvre de ce principe qui, selon le Cardinal toujours, sauvera l’Eglise et répondra vraiment aux attentes des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Et non un retour aux pratiques anciennes. C’est un point de vue ! Et c’est un peu le mien.

 

En période de rentrée, je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage. C’est revigorant. Et ça donne confiance en l’avenir de l’Eglise et de l’Evangile. C’est important, non ?

 

Bonne rentrée à vous et à bientôt.

 

Catherine

 

 

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