LES ETONNEMENTS DE CATHERINE
(de septembre 2011 à juillet 2012)

 

Lundi 9 juillet 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous

 

Il y a plus de 8 siècles, Bernard de Fontaine, devenu par la suite Saint Bernard de Clervaux,  écrivait ceci au Pape Eugène III :

«  Tes occupations,

je ne te demande pas de les rompre,

mais simplement de les interrompre…

Puisque tous les autres profitent de toi,

profite donc toi aussi de toi-même.

 

Rappelle-toi donc,

je ne dis pas toujours,

je ne dis pas souvent,

mais au moins de temps en temps ,

que tu te dois aussi à toi-même.

Est-ce vraiment trop te demander ? »

 

Non, ce n’est pas trop demander. Il faut savoir suspendre ses occupations même les plus importantes comme l’écriture de cette page sur Murmure.

 

S’interrompre ne veut pas dire « ne plus rien faire ». Au programme de mon été figure un stage d’écriture de 3 jours. Je vais en effet me former à l’écriture de fragments autobiographiques. Je fais ça pour moi, mais pour VOUS aussi, pour mieux savoir écrire… et mieux  vous dire Ce qui m’anime.

 

L’été, les congés, c’est une période propice à l'amusement aussi.  On peut jouer d’ailleurs avec les mots et les textes. C’est ce que je me suis amusée à faire avec ma page de Murmure et Wordle. Vous connaissez wordle ? C’est un outil très simple, sur internet, qui permet de créer un nuage de mots à partir d’un texte que vous avez rédigé.

Allez-voir ce que donnent les «  Etonnements de Catherine » sous forme de « nuage » à cette adresse :

http://www.wordle.net/show/wrdl/5488951/Murmure_1

C’est étonnant…

A vous tous, je souhaite de passer un bel été, reposant et ressourçant.

Amicalement comme toujours

Catherine

 

 

Vendredi 22 juin 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Les colombes de ThéoFOR ont pris leur envol, samedi dernier, au dessus du Foyer St Anne à Montferrand-le-Château.

 

Symbolisant l’Esprit de Dieu, elles ont été libérées de leur panier à l’issue de la journée de formation consacrée à l’Esprit Saint et se sont envolées pour rejoindre « le monde ». Dans les faits, ce sont les théoforiens tout chargés d'Esprit Saint qui ont été envoyés sur leur chemin respectif pour évangéliser, à la manière du diacre Philippe sur la route de Gaza. Les colombes, elles, sont rentrées au colombier.

 

J’aime bien cette journée sur l’Esprit saint, car en général, c’est une journée animée, où ça bouge et  où il se passe des choses inattendues. Ça n’a pas manqué, cette année aussi. J’étais chargée, avec une autre animatrice, de l’animation des temps de prière du matin et du soir. Ce n’est pas ma tasse de thé, mais je me prête à l’exercice une fois par an, comme il se doit lorsqu’on est animateur à Théofor et qu’on se prétend « acteur pastoral ». Avec Béatrice, nous avions soigneusement préparé nos deux temps de prière : choix des chants, des lectures, aménagement de la salle. Il nous manquait juste un geste. Pas facile à imaginer  lorsqu’on est 88 participants coincés dans une salle. Nous avions renoncé.

 

3 jours avant notre rencontre, nous avons reçu un mail du prêtre responsable nous annonçant qu’Eric viendrait avec ses pigeons et qu’on pouvait donc prévoir un envol  d’oiseaux pendant le temps de prière du soir, ce serait notre « geste ».  Parfait, ça tombait bien.  Dans le « ses », j’ai vu 3 ou 4 oiseaux. Je me suis dit qu’on les libérerait par une porte-fenêtre de la salle, je n’ai pas approfondi la question.

 

Le jour « J » est arrivé. Et, là, pendant le temps de repas, Eric m’a annoncé que les pigeons étaient  prêts, dans leur cage, et au nombre de 97 !

?!?!

 

J’ai vite compris que l’envol ne pourrait pas se faire depuis la salle, qu’il fallait prévoir une nouvelle organisation,  se mettre dehors, dans un espace dégagé, suffisamment grand pour accueillir les 88 participants et les 97 oiseaux. La pelouse ferait l’affaire mais où mettre les gens, les oiseaux, les « officiants »… sur quoi installer les cages (volumineuses) ? Heureusement, entre temps, j’avais fait la connaissance de Martin. Un jeune homme charmant, ingénieur « méthode » dans une grande entreprise industrielle de la région qui fabrique des turbines. Nous avions été ensemble pendant le temps de carrefour et nous avions déjeuné côte à côte. Il était l’homme de la situation. J’ai interrompu la dégustation de son dessert et lui ai soumis tous mes problèmes. Quelques minutes lui ont suffi pour appréhender l’espace et décider où et sur quoi poser les cages (au milieu de la pelouse sur des tréteaux),  comment positionner les participants (en demi-cercle délimité au sol à l’aide du tuyau d’arrosage, contre le mur du bâtiment pour que le son se réverbère –je n’aurai jamais pensé à ça- car vu le temps imparti, il nous était impossible d’installer une sono dehors). Comme Martin est aussi lecteur et chanteur, il s’est proposé pour faire une lecture et pour entonner ce chant que je connaissais mal et qui me turlupinait.

 

J’aurais bien tenu un pigeon dans mes mains et j’avais l’idée de demander aux participants d’en faire autant. Mais le colombophile m’a expliqué que ce geste s’apprenait (effectivement, j’avais appris enfant à saisir poules et poussins…) et que cet apprentissage était trop long, surtout avec 88 personnes.  Soit…

 

Bref, tout s’est à  peu près bien déroulé à part l’envol des feuilles de chant en raison du vent, la chaleur dont certains participants ont paraît-il souffert (mais s’il avait plu, je ne sais pas ce qu’on aurait fait…), et le bruit de fond des pigeons en cage (comme une radio) qui a perturbé les « officiants », mais pas les participants…

 

Le colombophile m’avait expliqué que l’envol des oiseaux serait très bref. Seulement, l’esprit de Dieu est imprévisible. Il a pris son temps pour sortir des cages. L’envol s’est fait en plusieurs vagues, et il a même fallu pousser certains oiseaux pour qu’ils se décident à partir. Ce qui a fait durer le plaisir. Les oiseaux devaient s’éloigner rapidement. Or, ils ont entrepris plusieurs vols successifs au-dessus du parc, comme des salutations. Nous avons pu ainsi contempler longuement le vol des colombes. Ce n’est qu’au bout de plusieurs minutes, qu’elles ont disparu définitivement.

 

J’en conclus que l’Esprit de Dieu fait ce qu’il veut… et a parfois besoin d’être un peu poussé (par nous) pour déployer son œuvre…

Etonnant non ?

 

Amicalement comme toujours

Catherine

 

 

Mercredi 13 juin 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous

 

J'ai passé la journée à la maison, en compagnie de mon fils qui bachote en prévision des épreuves du Bac programmées la semaine prochaine.

« Bachoter » signifie d'après le dictionnaire de la langue française de l'Internaute.com : « préparer hâtivement et intensément un examen dans l'unique but de le réussir et non pour apprendre un savoir ». Activité assez idiote au demeurant, mais incontournable à la veille d'un tel examen...

Mon fils ronchonne car cette activité l'ennuie. Il s'y soumet néanmoins et parle de ce travail comme d'une véritable épreuve.

Pour ce faire, il a « sa » méthode: il révise avec les manuels scolaires qu'il « stabilote » à longueur de page avec un surligneur fluo. Il fait quelques exercices avec les annales et consulte de temps en temps des mémentos remplis de formules et de définitions. Il rédige quelques fiches bristol. Mais il n'ouvre aucun cours ! Il ne relit aucune note prise en cours pendant l'année. C'est ce dernier point qui m'effraie un peu (beaucoup en fait...).

Lors de l'une de ses (trop fréquentes) pauses, j'ai évoqué mon inquiétude avec lui. Alors il m'a expliqué qu'il préférait utiliser les manuels « qui sont très bien faits », qu'il aurait pu faire toute sa scolarité par le CNED (donc à distance), que de plus en plus d'élèves étaient scolarisés à domicile et suivaient un enseignement à distance dans les pays anglo-saxons, que cela lui aurait convenu, qu'il n'aimait pas écouter les profs « faire cours », qu'il aurait aimé étudier à son rythme, et qu'il apprenait mieux isolé que dans un groupe classe....

 

?!?!

 

Au cas où j'en aurais douté, j'ai eu la confirmation que mon fils faisait bien partie de cette génération appelée « Y » (à cause du cordon en Y du baladeur), encore nommée « Petite Poucette » par Michel Serres, celle qui bavarde et s'agite pendant les cours quand le prof parle, et qui a en permanence en main un Smartphone qui le relie aux réseaux sociaux et à de multiples sources d'information : GPS, Wikipédia, Google, Voilà traducteur etc... Celle qui n'aime pas les cours quand ils ressemblent à des « écrits parlés » (que l'on retrouve sur internet, y compris sur les sites académiques). L'académicien, qui est lui-même enseignant, explique très bien ce phénomène, signe parmi d'autres selon lui d'une mutation dans la transmission du savoir.

 

 A ce propos, je vous recommande vivement  la lecture du dernier ouvrage intitulé justement « Petite poucette » de Michel Serres, c'est instructif. « Petite poucette » est le nom que le philosophe donne à la jeune génération (collégiens, lycéens et étudiants) en référence à l'usage intensif et expert du pouce pour l'écriture de message électronique. Ce livre permet de mieux comprendre nos jeunes, ce qui leur arrive et la mutation qu'ils vivent au plan social, culturel et  humain avec l’émergence des nouvelles technologies de la communication. Le texte est court et accessible. Et surtout, et c'est essentiel, il exprime un grand respect et beaucoup d’amour pour la jeunesse. C'est étonnant et ça fait un bien considérable. Quelque part ça rassure, car vivre avec un mutant, c'est pas simple tous les jours...

 

Pour vous donner une idée du contenu de « Petite Poucette », vous pouvez lire le discours de Michel Serres publié sur internet à cette adresse:

http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_divers/serres_2011.html

 

En attendant, j'espère que mon petit poucet à moi aura son bac...

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

Dimanche 3 juin 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous et bonne fête à toutes les mamans.

 

Je suis triste car mon amie Francine est morte.

 

Francine était la sœur d'une cousine (par alliance) morte elle aussi prématurément il y a tout juste 20 ans. Les deux sœurs étaient pour moi des « aînées dans la vie ». J'aimais observer comment elles s'y prenaient avec l'existence : avec leur travail, leur conjoint, leurs enfants devenus par la suite des ados, leur famille, leur vie quotidienne...

 

J'ai appris la maladie de Francine en croisant son mari dans une rue de Besançon le vendredi saint.  Elle est décédée la veille de la Pentecôte. Je n'ai pas pu la revoir entre temps car elle refusait les visites. Elle est morte en 5 mois de la maladie de Charcot, une maladie épouvantable qui  laisse le malade totalement paralysé mais totalement conscient, une maladie qui ne devrait pas exister. La médecine est impuissante face à ce mal. Elle ne peut que ralentir la maladie dans certains cas (pas celui de mon amie) et soulager le malade (en partie).

 

Mercredi dernier, je me suis donc rendue aux obsèques de Francine. Son mari m'avait prévenu, il n'y aurait qu'une cérémonie civile d'une demi-heure. Je me suis demandée à quoi allait ressembler  cette célébration car je n'avais jamais assisté à des obsèques non religieuses (ce qui étonne mon entourage car il paraît que c'est très courant...) . J'ai été agréablement surprise. Finalement ce n'était pas très différent d'une célébration religieuse. Nous étions au crématorium « St Claude », dans une sorte de chapelle comportant des vitraux et deux rangées de bancs. Nous avons écouté alternativement des lectures et des chants. Une chorale a chanté un chant en latin, donc certainement un chant religieux (je me demande s'il n'était pas dédié à Marie, le comble pour une défunte d'origine protestante ...). Pas de lecture biblique mais un texte sur l'amour maternel et une méditation sur le désert (s'il y a un lieu où l'on rencontre Dieu, c'est bien là et je me demande ce que mon amie allait chercher lors de ses randonnées dans les déserts africains...). Des temps de méditation donc et de recueillement se sont succédés; on s'est alternativement levés et assis,  et l'Adieu s'est fait de manière traditionnelle par une procession devant le cercueil. Certes, il manquait l'évocation de Jésus-Christ (ce qui n'est  pas rien...) qui aurait fait de cette célébration une célébration chrétienne et les temps de prière, mais des temps de silence suffisamment longs laissaient aux participants la possibilité d'une prière individuelle, ce qui m'a convenu personnellement.

 

Mais ce qui m'a le plus étonnée, ce n'est pas le rituel. C'est le grand sourire avec lequel le plus jeune fils (25ans) de mon amie nous a accueillis, mon mari et moi. Le sourire de sa maman ! Lumineux et désarmant, étonnant dans pareilles circonstances mais oh combien réconfortant. Devant la ressemblance, j'ai failli fondre en larme mais je me suis maîtrisée pour accueillir ce sourire comme il devait l'être : un cadeau.

 

Mon amie avait beaucoup d'humour, était toujours gaie et de bonne humeur. Elle pouvait s'amuser de tout (enfin presque tout...). Dans les circonstances les plus difficiles, elle savait plaisanter, prendre la distance nécessaire (et salutaire) avec la situation. Un tel sens de l'humour est une grâce.

 

C'est ce que je garderai d'elle.

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

 

 

 

Dimanche 20 mai 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Notre jeune prêtre n'a pas hésité jeudi, jour de l'Ascension, à faire une petite mise au point avec ses paroissiens avant de démarrer la célébration. Il nous a demandé dans quelle église de l’Unité pastorale il se rendait le plus souvent pour célébrer la messe. Etonnante question non ? Ceci pour nous faire constater que la commune où nous nous trouvions, Byans-sur-Doubs pour ne pas la nommer, se trouvait en 3ème position après Quingey et Arc-et-Senans (si j'ai bien compris...), donc se trouvait en « bonne » place. Il a également rappelé que chaque semaine, il y avait un office dans ce village, chez les « pauvres parmi les pauvres » a-t-il précisé, autrement dit à la maison de retraite qui accueille des personnes du 4ème âge, office auquel tout le monde était invité. J'imagine que notre prêtre a dû ressentir le besoin de faire cette petite mise au point suite à des plaintes de certains paroissiens qui doivent trouver qu'il ne se rend pas assez souvent à Byans-sur-Doubs...

 

Pour moi, peu importe le lieu de la messe, de toute façon il faut que je prenne ma voiture (le vélo, ce serait encore mieux pour la planète et ma santé, mais j'avoue ne pas avoir le courage) car il n'y a jamais de messe dans mon village pour la bonne et simple raison qu'il n'y a jamais eu d'église. Peut-être une chapelle dans le passé mais je n'en suis pas sûre.

 

Les paroissiens de Byans-sur-Doubs ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont d'avoir régulièrement des célébrations dans leur église. Un édifice « modeste » mais fort agréable extérieurement et intérieurement. Extérieurement, il présente un joli clocher coloré et une rampe d’accès fraîchement repeinte et intérieurement, il est très lumineux et a été restauré récemment. Ma belle-maman, présente à mes côtés ce jour de l'Ascension, a longuement admiré le vitrail contemporain situé juste derrière l'autel. De plus, l'église est toujours bien chauffée et le mobilier est récent. Ce que ma belle-mère a également apprécié.

 

Elle a d'autant plus apprécié ces conditions agréables qu'elles sont à l'opposé de ce qu'elle connaît dans l'église Sainte Thérèse, pourtant récente (1934) de Villers-lès-Nancy où elle avait l'habitude de se rendre. En effet, l'église, construite en bêton armé pourtant, s'écroule par endroit au point qu'il a fallu la fermer. Elle a été menacée de fermeture définitive et même de démolition mais heureusement, grâce à l'intervention d'un collectif qui a pu regrouper les fonds nécessaires elle pourra être restaurée mais quand ? Et sera-t-elle mieux chauffée ? Il y a peu de chance, vu le coût de ce type d'aménagement. Ma belle-maman risque d'avoir longtemps encore les pieds glacés pendant les célébrations...(ce qui n'arrive pas à ma connaissance dans les églises de mon UP pourtant située dans une région au climat rude en hiver, au moins autant qu'en Lorraine...).

 

Comme son Eglise de quartier est fermée donc, ma belle-mère (79 ans) est obligée elle aussi de sortir sa voiture du garage tous les dimanches matins (une manœuvre au centimètre près car sa porte de garage est étroite) pour se rendre à la messe de 7 heures ( !) à la maison de retraite de l’ancien séminaire de l’Asnée de Villers-lès-Nancy, où elle rejoint une poignée de prêtres âgées et de religieuses. Elle dit apprécier le recueillement et l’intimité de cette messe matinale dans ce cadre très religieux mais elle a hâte que son église de quartier rouvre enfin ses portes… pour la proximité du service et l’animation du quartier.

 

Comme je la comprends.

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

 

 

Samedi 12 mai 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

On se marie moins et quand on se marie, on ne « passe » plus systématiquement à l'église. A ce propos, j'ai fait mes petites statistiques personnelles. En 20 ans (c'est à dire la durée de mon propre mariage), je suis allée à 10 célébrations, 5 dans la famille et 5 dans la sphère amicale. Sur les 10 mariages, seuls 6 ont eu lieu à l'église. Parmi les 10 couples, 8 sont toujours mariés et deux sont divorcés (c'est beaucoup mieux qu'au plan national...).

 

10 célébrations en 20 ans, c'est vraiment peu. Or, j'aime bien assister aux mariages. Aussi, quand Brigitte et Denis, un couple d'amis, nous ont invités au mariage de leur fille, nous n'avons pas hésité un instant, mon mari et moi, à nous y rendre. En réponse à l'invitation déjà, mais aussi pour le plaisir d'assister à un mariage et de réentendre certains fondamentaux sur ce sacrement. Une piqûre de rappel, de temps en tant, ne fait pas de mal surtout au bout de 20 ans... Nous savions aussi que la célébration à l'église préparée par une famille très croyante et présidée par un prêtre théologien ami serait ressourçante. Nous n'avons pas été déçu.

 

Par le cadre déjà : une église moderne, sobre et lumineuse (ce qui me convient bien) d'un quartier bisontin.

Par les chants : entraînants et actuels, ceux que l'on chantait à l'Ecole des ministères, à ThéoFor aujourd'hui et dans certaines paroisses.

Par la  participation active et le recueillement de l'assemblée présente ce jour là pour accompagner le jeune couple et ses proches.

Par la fraîcheur de la décoration florale, de la feuille de chant, des mots d'accueil et de remerciement.

Et par l'homélie du célébrant qui après avoir commenté les lectures et rappelé quelques fondamentaux du mariage a détaillé le contenu du pack « sacrement du mariage » et a révélé la présence, dans le pack, de 3 remèdes dont j'ignorais l'existence et qui m'ont particulièrement étonnée.

 

Oui, parce que  le prêtre nous a expliqué que le sacrement du mariage comportait 3 « médicaments » qui permettent de durer dans le mariage. Il s'agit du Dialogas, du Fantaisyl et du Pardamol.

Le Diologas est d'usage courant et peut être consommé quotidiennement. Une prise excessive est sans conséquence pour le couple. Comme son nom l'indique, il favorise la communication entre les époux, communication sans laquelle il est impossible de faire des projets et de vivre en famille.

Le Fantaisyl, lui, peut être utile pour lutter contre la routine ou la monotonie. Il peut être intéressant aussi en temps de crise pour renforcer la créativité du couple s'il doit faire face à des épreuves de la vie : difficultés professionnelles, choix éducatifs ou encore « hypertension » familiale...

Reste le Pardamol, un incontournable. A petite dose, il permet de lutter contre les petites mesquineries de la vie quotidienne. Il peut être pris à dose importante en cas de coup dur dans la vie du couple, lorsque l'un ou l'autre commet une erreur qui blesse le partenaire et met en danger le mariage. Mais attention à l'accoutumance...

 

Dialogas, Fantaisyl et Pardamol : 3 remèdes indispensables pour durer dans le mariage, à avoir toujours dans sa trousse à pharmacie conjugale et familiale, je confirme...

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine.

 

 

Mardi 24 avril 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

L’attitude de Bernard m’a drôlement étonnée. Il a été dans l’opposition toute la journée. Il s’est opposé à tout : à moi, au groupe, au programme, au mouvement d’Eglise auquel il appartenait et  qui organisait la journée de formation à l’écoute active que j’étais chargée d’animer. Absolument à tout.

 

Vu le thème de la formation, je m’attendais à des formes de résistance.  J’étais prête d’ailleurs à les accueillir. Mais je n’imaginais pas une telle intensité, un « bloc » si fort. Heureusement nous étions entre adultes expérimentés, et notre expérience associée à une bonne dose d’humour nous a permis de faire face. Et de bien avancer dans nos travaux malgré cette force d’opposition. Ceci dit, je suis sortie un peu perplexe et surtout lessivée.

 

J’ai donc fait une relecture de cette journée pour tenter de comprendre. Je me suis alors rendue compte que tout s’était joué dans le premier quart d’heure  qui a suivi le temps spirituel. Bernard a commencé par négocier les horaires qui avaient été fixés par les organisateurs.  Il souhaitait partir plus tôt. Nous avons eu tort d’accepter.  Ensuite, il y a eu le « Tour de table des Merveilles » autrement dit des participants.  Si beaucoup de participants se sont étonnés puis amusés du choix de ce terme, Bernard lui, n’appréciait pas. Il ne riait, ni ne souriait, au contraire. Et quand est venu son tour, il a eu ces mots terribles pour se présenter dont je n’ai pas perçu tout de suite la portée (autrement dit, je ne l’ai pas assez écouté, un comble…) : il a expliqué qu’il était un jeune retraité et qu’il faisait maintenant partie de l’histoire. Et qu’il revendiquait  de faire partie de l’histoire, du passé donc. Et qu’il ne voulait pas être ailleurs, qu’il  n’envisageait pas l’avenir.  Des paroles terribles je trouve.

 

Seulement ce  n’est qu’à la lumière de ce qui s’est passé pendant la journée que j’ai compris ce qu’il avait voulu dire.  Quelque chose comme « je suis mort ». A quel niveau  précisément (professionnellement, affectivement, spirituellement…), je l’ignore mais suffisamment pour « crier » toute une journée.

 

« La susceptibilité est un cri d’amour » expliquait Tim Guénard lors de ses conférences. Cette parole de l’apôtre de la résilience m’a habitée toute la journée et m’a aidée à me retenir de prononcer des paroles trop fortes à l’encontre de Bernard qui m’énervait (et pas que moi…) et qui aurait eu pour conséquence de le disqualifier…

L’évangile aussi nous a aidés. Alors que Bernard évoquait une situation où il avait rejeté une demande d’intégration dans son équipe locale car elle émanait d’une personne qui avait licencié des employés, il a fallu rappeler que l’évangile exige que l’on aime son prochain, ennemi compris. Pas dans le but d'apprécier la personne ou de l’approuver mais pour lui donner  un peu plus de « vie » (cf la rencontre entre Jésus et Zachée une fois de plus). Bernard m’a dit qu’il y réfléchirait. C’est un début…

Il y a des situations où l’écoute de l’autre est un défi, une bagarre. La rencontre avec Bernard fut un vrai combat. Entre chrétiens heureusement.

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

Mardi 17 avril 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous

 

Saviez-vous que le pont de Millau allait ressusciter ?

Ce n’est pas moi qui le dis mais le Père Gilles Brocard du Service diocésain de formation.  Tous les ans, il va un peu plus loin quand il parle de la résurrection aux théoforiens.  Il a commencé par annoncer que les vaches ressusciteraient,  et maintenant c’est le viaduc de Millau. Ce genre d’annonce produit son petit effet sur une assemblée et en étonne plus d’un. Il y a ceux qui ouvrent de grands yeux, ceux qui rient et ceux qui pleurent aussi…

 

A l’appui de cette intuition, qui est devenue une conviction profonde, le Père Brocard cite cet extrait de la Constitution « l'Église dans le monde de ce temps » N°39  paragraphe 3 du Concile Vatican II : « Ces valeurs de dignité, de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père un royaume éternel et universel : royaume de vérité et de vie, royaume de sainteté  et de grâce, royaume de justice, d’amour et de paix ».

 

En écoutant Gilles lire cet extrait du Concile, je me suis dit que vraiment ces beaux textes du Concile méritaient d’être mieux diffusés et surtout étudiés par les chrétiens, même si certains disent qu'ils sont trop compliqués. Il faut croire que j’ai été entendue… A peine de retour chez moi, le téléphone sonnait. C’était l’un des membres de l’équipe de coordination de ma paroisse qui m’interpellait car « un petit groupe de chrétiens  du secteur cherchait un animateur pour animer un  groupe de réflexion sur  Vatican II ». 

Passé l’effet de surprise, je lui ai proposé de travailler à partir du LIVRET INTERDIOCESAIN  intitulé « le Concile Vatican II, une boussole pour notre temps » qui remporte un vif succès depuis qu’il est paru.  Je crois savoir que 10 000 exemplaires ont été écoulés, au plan régional mais aussi au plan national et que rien que notre Diocèse compte aujourd’hui 60 groupes se retrouvant autour de ce document. 

 

Le principe de ce livret, conçu par les 3 diocèses de Franche-Comté, est celui de l’auto-formation en équipe locale de 6 à 10 personnes. Le document donne, sous forme de fiches pratiques,  une méthode et des ressources pour étudier les textes du Concile. Ce livret est composé de 11 chapitres comportant  des extraits de textes, des questions pour approfondir la réflexion et des annexes pour prolonger l'étude.

 

Je me réjouis à l'idée d'animer ce groupe et de découvrir moi-même les textes du Concile. J’ai le temps de me préparer car les réunions ne démarreront qu'en septembre prochain.  D’ici là, pendant les vacances et au gré de mes pérégrinations, j’aurais peut-être  l’occasion de contempler le viaduc de Millau et, comme Gilles aime le faire, de le photographier.

Vous aussi, vous pouvez animer un groupe sur les textes de Vatican II (le livret est disponible au service de formation du diocèse de Besançon, de Saint-Claude ou de Belfort- Montbéliard).

 

Amicalement comme toujours

 

Catherine

 

Dimanche 1er avril 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

En rentrant du marché, vendredi après-midi, j'ai croisé Charly sur le pont Denfert-Rochereau.

 

Je lui ai demandé des nouvelles de son épouse qui est aussi une amie. Vaguement inquiète, car je savais qu'elle devait subir des examens médicaux suite à la fracture d'une vertèbre. Et là, sur le pont au dessus du Doubs, Charly m'a annoncé que Francine était atteinte de la maladie de Charcot. Qu'elle commençait à se paralyser et qu'elle était hospitalisée au CHU.

 

Cette nouvelle m'a profondément attristée et à la veille de la semaine sainte, elle a eu une résonance particulière. En une fraction de seconde, je me suis représentée cette amie, toujours battante, hyperactive et joyeuse, clouée sur un lit, complètement paralysée. Finis les projets humanitaires de cette toute jeune retraitée qui devait prochainement partir en Afrique. Fini le chant choral et les concerts où elle ne manquait jamais de m’inviter. Finis les ouvrages en patchwork pour les œuvres protestantes. Finies les randonnées au bord de la Loue. Elle n’aura profité que quelques mois de la guérison d’un cancer du sein... J'ai pensé à ses deux nièces (qui sont aussi mes cousines), deux jeunes femmes maintenant et qui adolescentes ont perdu leur mère (la jeune sœur de Francine) d'un cancer du sein. Maintenant c'est leur tante qui va mourir précocement, d'une maladie épouvantable.

 

Charly m'a précisé que Francine ne souhaitait aucune visite à l'hôpital. Je comprends mais j’aurais voulu….  « Ecris-lui, je lui lirai ton message » m’a crié Charly alors qu’il montait précipitamment  dans le bus qui le conduirait jusqu’à l’hôpital où il allait donner à manger à son épouse (car elle n’arrive déjà plus à manger seule…).

 

Alors longuement, face à la page blanche de l'ordinateur, j'ai cherché les mots. J'ai cherché ce « langage de l'amour » dont parlait ce matin le Père Philippe Cochinaux dans son homélie de la messe télévisée des Rameaux, homélie durant laquelle il a raconté une histoire étonnante:

 

« Sentant sa mort venir, un roi convoqua ses trois fils et leur dit : « Je donnerai mon royaume à celui qui sera capable de remplir la grotte se trouvant au fond du parc. Pour ce faire, je donne à chacun une pièce d'or ». Le fils aîné qui était grand et fort, acheta du bois et le coupa. Mais hélas, il ne remplit qu'une moitié de la grotte. Le deuxième acheta des plumes mais la grotte ne fut remplie qu’au trois-quarts. Le troisième avait quant à lui un grand cœur. En chemin vers le magasin, avec sa pièce d'or, il acheta de la nourriture pour les uns, des vêtements pour les autres et il offrit encore mille et une autres choses à toutes ces personnes de qui il se faisait proche. Arrivé au magasin, il ne lui resta qu'une toute petite piécette avec laquelle il acheta une bougie. Il revint vers la grotte, alluma la bougie et la lumière de la flamme emplit toute la pièce. C'est lui, grâce à l'élan de son cœur, qui hérita du royaume. »

 

« Cette histoire n'est qu'un conte, a ajouté le Père Cochinaux,  que j’ajoute au grand récit de la Passion du Christ. Mais justement, nous aussi, aujourd'hui, nous contemplons une grotte, celle où Dieu le Fils a été déposé. Par sa mort, il nous appelle à embraser le monde par des actes d'amour, des gestes d'amitié, des paroles de tendresse et des regards de douceur ».

 

Pour Francine, il faut que je trouve les mots porteurs de tout ça à la fois, l'amitié, la douceur, la tendresse et le réconfort.

 

Je vous souhaite à tous, une belle semaine sainte.

 

Catherine

 

 

Jeudi 22 mars 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous

 

Faut-il baisser son froc ?

lorsque dans nos activités pastorales, nous rencontrons des personnes éloignées de l’Eglise, peu ou pas pratiquantes ?

Je m’excuse pour ce langage inhabituel et surtout grossier, mais c’est en ces termes étonnants que j’ai été interpellée lors de la réunion des animateurs de préparation au mariage de mon Doyenné.

 

C’est le document présentant le temps spirituel préparé par mon équipe et destiné à l’animation des futures rencontres avec les fiancés, qui a mis le feu aux poudres. Sur ce document figuraient : le matériel à prévoir, la description du type de « climat » à susciter, le texte de la Prière des Epoux de Sœur Emmanuelle,  la méthode pour prier (temps de silence suivi d’une lecture à deux voix puis d'un temps méditatif) et cette consigne conçue pour inviter les couples, y compris les plus éloignés, à s’associer au temps de prière : nous vous invitons à un temps méditatif où chacun participe selon sa sensibilité. Nous allons débuter par un temps de silence puis nous lirons la Prière des époux de sœur Emmanuelle.

 

Or, notre temps spi n’a pas été bien accueilli par certains animateurs.  Il a été jugé comme étant insuffisamment  chrétien , pour plusieurs raisons: absence du signe de croix (c’était moi l’auteur du document ce qui explique, en partie, l’absence de ce geste), absence du Notre Père, et pour finir , les termes de la prière (de Sœur Emmanuelle, qui a dû se retourner dans sa tombe) ont été perçus comme pas assez explicitement chrétiens ! En faisant ces choix, on baisserait notre froc devant les  non croyants ou non pratiquants…

 

Le participant qui nous a critiqué avec le plus de virulence veut que l’on soit plus démonstratif, que l’on prie le Notre Père, peu importe si les couples n’ont pas de pratique de la prière ou qu’ils ne savent pas prier. S’en est suivi toute une discussion (houleuse mais fort intéressante au demeurant) sur le comment accueillir les couples éloignés de l’Eglise (nombreux d’après les animateurs expérimentés) et sur le comment manifester notre foi. De vraies questions !

 

Pour moi, il n’y a pas de doute : sans pour autant s'affadir, il faut bien, à un certain moment,  s’abaisser. Ce n'est pas le pantalon qu'il faut baisser, mais nous-mêmes.  Pour la bonne et simple raison que, en tant que chrétien justement, nous sommes censés imiter le Christ. Or, il me semble que l’abaissement était l’une de ses postures. Il s’est bien abaissé à aller loger chez Zachée, un collecteur d’impôt (une sorte de collaborateur, voleur de surcroît, quelqu’un de méprisé), à discuter avec une femme (la Samaritaine) appartenant à un groupe religieux hostile au sien et dont la situation maritale (le concubinage) était mal vue, et à guérir le serviteur d’un centurion (autrement dit d’un soldat ennemi).   Il n’est pas dit qu’il leur a récité des prières. Mais qu’il s’est invité chez eux, qu’il s’est entretenu avec eux ou qu’il les a guéris.

Ensuite, au plan purement « pédagogique », on ne dispose que de deux soirées et d' une brève rencontre conviviale pour préparer les couples au mariage. Or, je pense qu’on ne doit pas « surcharger » les gens. On doit déjà aborder avec eux, la conjugalité, la parentalité, l’indissolubilité du mariage, la fidélité, la dimension sacramentelle, on ne peut pas en plus dérouler toute une instruction religieuse.

 

« Il faut prendre les gens là où ils en sont »  sous entendu de leur cheminement de foi, disait le Père Paul Mougin dans ce même lieu de réunion, il y a quelques années. Idée que je partageais déjà et que je me suis empressée de répéter à tout va.

C’est à nous de faire l’effort d’aller vers les autres, de nous adapter et d’écouter aussi ce qu’ils ont à dire à l’Eglise, ce qui ne veut pas dire tout approuver.

Enfin, c’est juste mon avis…

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

PS : La Prière des Epoux de Sœur Emmanuelle…

 

S

eigneur, nous te confions notre amour

pour qu'il ne meure jamais.

Fais que sa source soit en Toi

pour que chacun de nous cherche à aimer plus qu'à être aimé, à donner plus qu'à recevoir.

Fais que les jours de joie ne nous enlisent pas

dans l'indifférence au reste du monde.

Fais que les jours de peine ne nous désemparent pas mais cimentent notre amour.

Seigneur, Toi qui es la vie,

donne-nous de ne jamais refuser la vie qui voudra naître de notre amour.

Seigneur, Toi qui es la Vérité, 

donne-nous de ne jamais refuser la vérité mais de rester transparents l'un à l'autre.

Seigneur, Toi qui es le Chemin

donne-nous de ne jamais nous alourdir la marche mais d'avancer la main dans la main.

Amen

Sœur Emmanuelle

 

oOo 

Mardi 13 mars 2012

Amis de Murmure, bonjour à tous

Dans quelques jours, je serai devenue une amapienne.

Je vais en effet adhérer à une AMAP. A la création de laquelle il a fallu participer car elle n’existait pas au préalable…

Une AMAP ?

C’est une Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne.

L’idée est simple : il s’agit de mettre en relation directe des producteurs et des consommateurs. Dans le cas de l’AMAP Loue à laquelle je vais adhérer, il s’agit de la vente directe de légumes bio produits par deux jeunes maraîchers travaillant dans un secteur géographique tout proche. L’engagement mutuel est d’une durée de 1 an, renouvelable. Les maraîchers s’engagent à fournir des produits de qualité et diversifiés, respectueux des saisons et  du rythme naturel de production. Et les consommateurs s’engagent à acheter régulièrement la production, à un prix correct permettant aux maraîchers de vivre décemment.

En clair, chaque vendredi soir, j’irai chercher au village mon panier de légumes au tarif de 10 euros. C’est plus cher qu’au supermarché, j’en suis consciente mais je vais manger des légumes frais, de saison et je l’espère, ayant bon goût.  Et certainement des variétés nouvelles (ou anciennes…) car l’un des deux maraîchers, le plus jeune, aime l’innovation.

Ces légumes, je ne vais pas les manger seule. Avant de signer cet engagement, j’ai pris soin de réunir le conseil de famille, afin que la décision soit collégiale. Mon mari mais surtout mes deux ados se sont engagés à consommer eux aussi  ces légumes, sans rechigner et en faisant preuve de patience vis-à-vis de la cuisinière qui devra apprendre au préalable à cuisiner des variétés inhabituelles (pour elle) comme les fèves, haricots borlotto, betteraves, blettes et potimarrons…

En résumé, l’idée est donc de promouvoir une agriculture de proximité, à dimension humaine, produisant de manière écologique tout en restant viable au plan économique. J’ai trouvé l’idée bonne, respectueuse de l'environnement et des hommes, aussi je me suis lancée dans le projet. 

Mon ami Louis, un chrétien très pratiquant et engagé, chercheur au CNRS  et père de 3 jeunes enfants, pense lui qu’il est urgent de réduire les circuits de distribution pour préserver l'environnement. Alors lui aussi va adhérer à l’AMAP.

Ma collègue Anne qui est comptable, chrétienne aussi,  et avec qui je m'entends très bien, m'a qualifiée de « bobo » quand je lui ai parlé de mon projet. J'ai été surprise (et pas très contente...). Elle ne comprend pas pourquoi je ne fais pas mon jardin moi-même alors que j'habite à la campagne. Or j'ai un potager. Mais il est bien trop petit pour nourrir 4 personnes toute une année,,,et je ne suis pas maraîchère, car c'est un métier que de faire pousser des légumes 9 mois par an en Franche Comté. Ça, j'en suis incapable.

Bon, et vous, le système du panier, vous trouvez que c'est « bobo » autrement dit un effet de mode ou que c'est le début d'un changement de comportement (de consommation) ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

Mercredi 7 mars 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Jamais je n'aurais ouvert ce livre si Jean, un fidèle lecteur de Murmure, ne m'en avait vivement recommandé la lecture. D'abord parce qu'il traite de la guerre, un sujet qui ne m'attire pas du tout. Ensuite parce que le titre, Un Franciscain chez les SS, surprenant il faut le reconnaître, m'aurait rebutée (à cause du « chez les SS »). Mais Jean m'a parlé avec tellement d'enthousiasme de ce livre-témoignage de Géréon Goldmann , que je me suis laissée convaincre. Et je ne l'ai pas regretté car à mon tour, j'ai été emballée.

 

Par le témoignage tout d'abord, qui se lit comme un roman d'aventures. Le livre comprend 318 pages, et à chaque page il se passe quelque chose. C'est dire... Ensuite par l'histoire extra-ordinaire de Géréon Goldmann, un jeune franciscain, d'abord SS puis soldat de la Wehrmacht, qui parle 7 langues, qui a participé à l'attentat contre Hitler et a été condamné à mort plusieurs fois. Qui a fait la guerre, sans jamais tirer sur quiconque, car il était infirmier, mais qui a pris tous les risques possibles et imaginables pour sauver des hommes, physiquement, ,moralement et spirituellement.

(Géréon n'a en fait jamais fait usage de son arme, sauf pour menacer des ecclésiastiques italiens qui refusaient de lui donner les hosties consacrées qu'il réclamait pour les soldats du front. Car il n'avait de cesse d'apporter la communion à ses blessés, et ce quelque soit le camp auxquels ils appartenaient...).

 

Ce qui m'a frappée, c'est que durant toute la durée de la guerre, autrement dit de la traversée de l'enfer, Géréon ne lâche pas la main de Dieu. Dans les pires moments, comme dans les temps paisibles de repos, il se met en Sa présence et c'est comme si l'Esprit lui inspirait ses paroles et ses actes. C'est peut-être ce compagnonnage qui le rend capable d'aimer ses ennemis, les adversaires désignés mais également ceux de son propre camp qui lui veulent du mal. Sans les approuver, encore moins avoir des sentiments pour eux, Géréon savait donner « de la vie » à ses ennemis. C'est l’Évangile en actes...

 

Autre chose encore qui m'a étonnée : la pugnacité de Géréon à mener à bien son projet personnel.  Alors que tout l'en empêche (les combats,  l'interruption des études, l'éloignement de sa communauté) Géréon veut devenir prêtre. Pour pouvoir rendre service à ses compagnons d'infortune, soldats, prisonniers, blessés, mourants, dans un premier temps, puis pour un jour partir au Japon comme missionnaire. Envers et contre tout, il y parviendra. Il sera ordonné prêtre en Algérie, sur ordre du Pape, par un Évêque français, alors qu'il était prisonnier allemand et connu comme étant un ancien SS, et alors qu'il n'avait pas achevé ses études ecclésiastiques. Un vrai miracle. Soutenu par toute une communauté de priants. Car autre fait étonnant, Géréon témoigne de comment il a été accompagné dans son projet par la prière de tout un réseau de personnes dans le monde. Il croit en la puissance d'action de la prière et toute sa vie en est le témoignage.

 

Cette histoire hors du commun mérite d'être mieux connue, c'est pourquoi je vous en parle...

 

Mais écoutons pour finir ce que dit le Père Goldmann à la 318ème page de son livre : « Je suis aujourd'hui un vieil homme malade. Mais ma conviction demeure plus ferme que jamais : tous les événements de nos vies sont sous la Providence bienveillante et souvent incompréhensible d'un Amour éternel. Joie et souffrance, succès et échec, maladies et infortunes de toutes sortes, tout concourt au bien, et même à ce qu'il y a de meilleur en nous, pourvu que nous gardions en nous l'assurance que Dieu nous voit, qu'il nous entend et qu'il nous aime, pourvu que nous nous tournions vers Lui. La prière et la sainte Eucharistie : voilà le pont qui nous relie à Lui. »

 

Une toute dernière précision qui me tient à cœur : ce Père franciscain aimait beaucoup les protestants. Pour toutes sortes de raisons...

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

Un Franciscain chez les SS

Géréon GOLMANN

Éditions de l'Emmanuel, 2008

 

 

 

 

 

Mercredi 22 février 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

« Sailly-Achâtel », cela faisait des années que je n'avais pas entendu parler de ce village. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'ai vu apparaître ce nom sur une page du site internet de Marc Thomas. Je n'imaginais pas un instant,  que ce formateur en compétences relationnelles qui sillonne toute la France,  puisse habiter ce minuscule village mosellan, situé à la limite de la Meurthe-et-Moselle, loin de tout...Je connais bien Sailly-Achâtel car, regroupement  pédagogique oblige, c'est dans l'école de ce village que j'ai fait mon cours préparatoire...

 

En octobre 2007, j’ai suivi une formation animée par Marc Thomas qui portait sur la médiation interculturelle (autrement dit la gestion de conflit). Passionnante. Sans qu’elle ne soit explicite, j’avais perçu à l’époque, une dimension chrétienne dans le propos du formateur. Or, en préparant à mon tour une formation à l’écoute active pour les accompagnateurs des équipes locales CMR (chrétiens en milieu rural), je me suis rendue sur le site de Marc Thomas (http://competences-relationnelles.com) et là, j’ai découvert qu’il réalisait des formations pour le SEDIFOP autrement dit le Service de Formation du diocèse de la Réunion (http://www.sedifop.com), on est vraiment très loin de Sailly-Achatel…

 

Marc Thomas est quelqu’un d’intéressant car il ne se contente pas de prodiguer des conseils ou des théories, il les met en pratique, dans sa vie quotidienne.

Voici ce qu’il raconte dans l’éditorial de sa dernière newsletter intitulé « opportunité du conflit ».

«  Sur un parking de supermarché, à St Denis de la Réunion,  je repère une place ombragée, un peu étroite car le 4X4 voisin a empiété sur la place que je convoite. Je me gare, ma voiture ne gêne pas le conducteur du 4X4, mais son regard est menaçant…

Lui : « Vous ne pouvez-pas vous garer ailleurs »

Moi : « C’est la seule place à l’ombre, et je ne gêne pas l’ouverture de vos portes »

Lui : «  Mais la place est trop petite pour vous garer »

Moi : « Pas trop petite, mais étroite car votre véhicule est garé sur deux places de stationnement »

Lui (peau noire d’un cafre réunionnais) : « Vous n’êtes pas chez vous ici ! »

 

Lentement, je sors de ma voiture, je m’approche de lui…

Moi (blond aux yeux bleus métro-z’oreille !) : « pour moi, tous les êtres humains sont chez eux sur cette terre. Si vous arriviez dans ma région d’origine, je vous dirais : Bienvenue, vous êtes chez vous ».

 

Lui (surpris) : « Et vous êtes d’où ? »

Moi : « De Lorraine »

Lui : « Et moi, je suis de Vendée…j’y repars ce soir. »

Moi (surpris à mon tour !) : « Ah bon, et où en Vendée ? »

Lui : «  à… (Je ne nomme pas la ville ici par discrétion)

Moi : « Vous êtes là-bas depuis longtemps ? »

Lui : « ça fait 10 ans que je travaille là-bas… »

 

Moi : «  J’imagine qu’en Vendée, vous vous êtes senti discriminé parfois…Certains ont dû vous faire comprendre que vous n’étiez pas chez vous là-bas… »

Lui : « Oui, ça c’est vrai ! »

Moi : « Tout homme est chez lui, n’importe où sur la terre. A condition qu’il n’arrive pas en conquérant ! »

 

Lui : « Mais vous faites quoi ici ? »

Moi : « Je suis venu travailler avec des réunionnais sur les relations humaines et la gestion des conflits. »

Lui (grand sourire) : « Moi aussi j’ai fait une formation à la gestion des conflits pour le boulot car je suis passé chef d’équipe. »

Moi : « Alors vous et moi, nous savons que c’est en se parlant qu’on règle les conflits »

Lui : « C’est vrai ! Mais ce n’est pas toujours facile »

 

Moi : « Allez, bon retour en Vendée ! Saluez les vendéens pour moi : c’est le pays où j’allais en vacances quand j’étais petit ! »

Lui et moi, nous serrons la main avec un grand sourire ! » 

Marc THOMAS

 

Belle leçon,  non ?

« Le commencement de l’amour du prochain consiste à apprendre à écouter » disait le Pasteur Dietrich Bonhoffer.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

Dimanche 12 février 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous

 

Je rentre du Centre diocésain où j'ai passé la journée avec les pré-catéchumènes. Une fois par an, j'ai la joie de retrouver ce groupe pour une journée d'initiation à la lecture de la Bible que j'anime avec Dominique, un futur diacre.  Cette fois-ci, les catéchumènes étaient moins nombreux que les autres années aussi je vais pouvoir vous dire un mot sur chacun d'eux.

Il y avait Thomas, un jeune homme dont le papa, tout d'abord catholique, s'est converti au mormonisme. Thomas, lui, n'est pas baptisé et il se tourne actuellement vers le catholicisme. Il fera son entrée dans l’Eglise le 11 mars prochain.

Il y avait Maïté, une toute jeune femme timide et discrète qui s'est intéressée à la Bible en Manga que j'avais eu l'idée d'emporter dans ma sacoche.

Il y avait une autre jeune femme, Viviane, originaire de Cuba et qui pratique la lutte. Elle est venue avec la nouvelle édition de la TOB version grand format, et un minuscule dictionnaire français-espagnol.  Elle m’a demandé si elle pouvait lire la Bible en espagnol de sa maman qui est témoin de Jéhovah. Elle aussi est repartie avec les Actes des apôtres en français version Manga et m'a demandé comment elle pourrait se procurer les autres BD de la même collection…

Il y avait Delphine, âgée d'une trentaine d'année, qui arrive tout droit de la région parisienne et qui est DRH dans un grand magasin. Elle découvre la vie provinciale et l’Eglise.

Et puis il y avait Cid, un homme d’âge mûr, qui a sorti quatre petits livrets de son sac, de quatre couleurs différentes. C'était les évangiles en langue berbère (l'une des 2500 langues dans laquelle la Bible est traduite). Cid, lui, m'a demandé à brûle-pourpoint ce qu'était un Apôtre. Alors on a tous cherché dans nos Bibles le glossaire pour y lire la définition du mot « Apôtre ».

A côté de lui il y avait Sophie qui venait de Fougerolles (donc de très loin) et qui est arrivée la première, en avance, et qui nous a chaleureusement embrassés en partant. Elle est « nounou », c'est ainsi qu'elle désigne  son travail pour lequel elle fait chaque jour un long trajet en voiture.

Près d'elle il y avait Suzi qui venait de Vesoul, une dame dynamique, équipée elle aussi avec la dernière édition de la TOB que sa paroisse venait de lui offrir, à l’occasion de son entrée en Eglise. Une édition petit format mais de luxe,  avec pages dorées et couverture en cuir, un beau cadeau dont elle est fière.  Elle était toujours la première à trouver les références bibliques que je donnais à chercher.

Et puis il y avait Rose, qui venait aussi de Haute-Saône et qui, à midi, a mangé un sandwich fait avec du pain tout noir parce que comportant de l'encre de seiche qui, d'après Rose est très bon pour la santé (mais n'a pas très bon au goût).

 

Voilà, Thomas, Maïté, Viviane, Delphine, Cid, Sophie, Suzi et Rose sont l'Eglise de demain.

 

Ah, et puis il y avait Arlette, fidèle lectrice de Murmure et accompagnatrice de Viviane, qui m’a demandé comment j’avais fait pour passer du protestantisme au catholicisme et à qui j’ai dû expliquer que je n’étais passée nulle part…Et qu’ être protestante, c’est d’abord être chrétienne. Et qu’en tant que chrétienne, j’avais suffisamment de choses à partager avec les catéchumènes catholiques pour animer toute une journée d’instruction religieuse (catholique, parce que je respecte le contexte dans lequel j’agis et la religion des participants).

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

Mercredi  1er février 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous

 

Christian Salenson est venu nous parler hier soir, longuement et avec passion, de ce que l’expérience de Tibhirine et la pensée de Christian de Chergé peuvent nous enseigner aujourd’hui.
 

Je vous ai déjà parlé de lui par le passé, lors de la sortie d’un de ses livres intitulé « Christian de Chergé, une théologie de l’espérance », ouvrage toujours d’actualité.

Christian s’exprime avec un fort accent du midi. Normal, il a été prêtre à Nîmes puis supérieur du séminaire d’Avignon pendant plusieurs années et aujourd’hui, il est directeur de l’ISTR (L'Institut de sciences et de théologie des religions) de Marseille. Il  consacre une grande partie de son temps à étudier les écrits et la vie de Christian de Chergé (et de ses frères trappistes).

 

Il a tout d’abord resitué les évènements de Tibhirine comme un « signe des temps » dans le prolongement de Vatican II. Le rayonnement prodigieux du monastère est dû selon lui à l’estime qu’avaient les religieux pour leurs « frères » musulmans (c’est ainsi que les moines nommaient les musulmans, terroristes compris). « Frères » au sens propre du terme, c'est-à-dire ayant le même Père qu’eux…

 

Puis durant  la conférence, Christian Salenson a repris les points clés de la pensée théologique de De Chergé pour mettre en lumière  les « déplacements » que ce dernier nous aide à faire dans la compréhension de l’Islam, du Christ, de la mission ou encore de la prière.

 

Quelques bribes : si, en tant que chrétien, on reste « figé » sur la figure de Jésus, le dialogue avec les musulmans (ou autres religions) est impossible. Mais si on se tourne vers le Christ, alors une rencontre est envisageable…

Ou encore à propos de la mission : la mission ne consiste pas à « apporter » quelque chose de Dieu à l’autre mais elle est à envisager sous l’angle de la Visitation, en référence au texte de l’Evangile, lorsque les deux cousines (Marie et Elisabeth) se rencontrent et que les deux enfants (la part divine de chacune) se reconnaissent et tressaillent.

A propos de la prière : nous devrions nous considérer comme des « priants parmi les priants » (c’est la « devise » de Tibhirine) et oser associer les autres priants (non chrétiens) lors de nos temps de prière, ce que fait Christian Salenson chaque matin.

 

Je m’arrête là car il m’est impossible de restituer ici le propos du conférencier tellement il était dense aussi je vous invite à vous rendre sur le site du Diocèse où, d’ici quelques jours , la conférence sera mise ne ligne.

 

Ce qui m’a étonné maintenant : l’absence de nos prêtres à cette soirée si importante dans un contexte de plus en plus inter-religieux, alors que la salle de conférence du centre Diocésain était pleine (de laïcs) malgré une météo pas très favorable aux déplacements. Exceptés le prêtre responsable du service de formation et celui chargé des relations avec l’Islam, il n’y avait pas (ou alors très peu) de prêtre. Certes, notre Evêque était là, mais tout de même, l’absence des prêtres est surprenante, d’autant plus que Christian Salenson avait demandé à leur parler.

Il y a quelque chose qui m’échappe…

 

A bientôt

Catherine

 

 

Mercredi 25 janvier 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Il y a, parfois, des bonnes nouvelles dans le domaine financier. Je pense à celle-ci en particulier (elle date du mois d'août 2011 mais elle n'est arrivée jusqu'à moi que récemment...): le taux d'intérêt du livret AGIR du Crédit coopératif a augmenté et est passé de 2,65% brut par an à 2,95%. Ce qui engendre  plus de rémunération pour l'épargnant et plus de don pour l'association bénéficiaire.

 

Vous connaissez le principe de ce livret ?

 

Il s'agit d'un  produit  d'épargne solidaire. Le livret AGIR permet à un particulier d'épargner sans risque et sans limite de dépôt. Le capital est garanti et bénéficie d'une rémunération équivalente à celle du livret A jusqu'à 15300 euros. Et il permet, c'est là que c'est intéressant,  de reverser automatiquement la moitié de ses intérêts à une association caritative. De plus, l'argent placé sert, car c'est la vocation du Crédit coopératif, à financer des associations, des coopératives, et des organismes d'intérêt général.

 

Le principe m'a séduite et comme le début d'année est propice au lancement de nouveaux projets, j'ai décidé de modifier mes habitudes et de réorienter mon épargne vers ce type de placement.

Le souci, étonnamment, a été celui du choix de l'association bénéficiaire. Ce n’est pas facile de choisir parmi 21 associations toutes aussi vertueuses et intéressantes les unes que les autres. Que privilégier: l'éducation, l'emploi, le logement, les droits de l'homme, la santé, l'écologie ?  Action contre la faim, le CCFD, France Nature Environnement, SOS village d'enfant, Handicap international, Solidarités Nouvelles face au chômage...?

 

Je pensais orienter mon choix vers Habitat et Humanisme car c'est par leur intermédiaire que j'ai découvert l'épargne solidaire. Mais une partie de l'argent que je vais placer provient d'un petit héritage d'une parente protestante qui avait pour habitude de faire des dons à des œuvres protestantes. Or, j'ai souhaité m'inscrire dans la continuité de ce qu’elle faisait. Du coup j'ai ciblé, parmi les associations proposées, celles qui avaient un lien avec le protestantisme, ce qui a considérablement réduit le choix puisque je n'en ai identifié que deux: le CAPS (Centre d'Action Sociale Protestante) et la CIMADE (service œcuménique d'entraide et de solidarité active  avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile).

 

C'est à ce moment que mon fils (18 ans) est entré en jeu. Il s'est intéressé à mon « problème », et m'a donné son avis sur le projet des différentes associations (il a un avis sur tout). Pour lui, l'emploi n'est pas une priorité (il est encore au lycée et n'a pas idée apparemment des difficultés du marché du travail...). Il aurait voulu donner pour des projets de développement des « pays pauvres » (projets auxquels ils souhaitent participer un jour, ce que j'ai découvert à l'occasion...) mais quand je lui ai parlé des 40 propositions de la CIMADE pour la mise en œuvre d'une politique d'hospitalité, il s'est exclamé «l'hospitalité,  c'est ça ! C'est une priorité ! On doit accueillir et traiter les étrangers autrement dans notre pays ! ». Il n'a pas tort, je trouve....

 

Il faut être à l'écoute des jeunes (parce qu’ils sont l’avenir et ont l’intuition de ce qui sera important), donc, le don ira à la CIMADE,  catégorie de ceux « qui agissent pour la défense des Droits de l'homme et une société plus juste » selon la brochure de la Banque.

 

Et vous, êtes-vous  un épargnant solidaire ?

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

oOo

 

Mercredi 18 janvier 2012,

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

En rentrant du Mont de Cessey où j'ai l'habitude d'aller marcher, j'ai retiré le courrier de ma boîte aux lettres et là, surprise: au milieu des factures et des pubs, j'ai trouvé une carte de Noël copte ! Elle  était datée du samedi 7 janvier 2012,  jour de la fête de Noël selon le calendrier oriental.

 

Sur la carte, j'ai d’abord découvert cette belle reproduction de La Fuite en Egypte où Jésus et ses parents ont reçu l'hospitalité:

 

 

Sous l’image figurait un « commandement » de Saint Clément d'Alexandrie qui dit ceci: Après Dieu, considère tout homme comme Dieu...et puis un vœu formulé ainsi: Qu'un élan d'hospitalité à cet Autre différent poursuive son envol en cet An 2012...

 

Tout un programme ! Je ne sais pas si l'année 2012 suffira...

 

A l'intérieur de la carte, nouvelle surprise (moins grande car j'étais sur une piste...) : la bouille souriante d'Axel, l'ami prêtre dont je vous ai déjà parlé, celui qui fait les Exposés d'art au Musée de Besançon (et que mon diocèse laisse partir un peu trop souvent en Afrique). On le voit vêtu de blanc, entouré de jeunes égyptiens habillés de blanc aussi, tout aussi souriants, une croix autour du cou. Parmi eux, se trouvent de jeunes handicapés mentaux.

 

La carte émane en fait de l'Association Espérance en Orient que préside Axel et qui a pour vocation l'accueil, l'hébergement et l'insertion de personnes handicapées mentales dont les foyers de vie se trouvent à Alexandrie et au Caire. Foyers où tout égyptien peut être accueilli quelle que soient ses origines ou sa religion (copte ou musulmane)...

En tout cas, rien, ni dans le message ni dans les photos de cette carte de Noël, ne transparaît des tensions qui existent entre chrétiens et musulmans en Egypte et que le journal La Croix évoque sur son site (et qui sont certainement bien réelles...). A ce propos, je vous recommande d'aller visionner le reportage photo de Bruno Ansellme intitulé « Noël copte au Caire avec les habitants du quartier Mokattam » qui est remarquable (http://www.la-croix.com à la rubrique « religion »).

 

Souhaitons que ces foyers pour handicapés mentaux servent de « modèle » d'hospitalité entre égyptiens de religion différente…

 

Je prie aussi pour que mon ami Axel ait reçu en Egypte, ce don si précieux, trop souvent refusé par les temps qui courent, qu'est l'hospitalité...

 

A bientôt

 

Catherine

 

oOo

 

Dimanche 8 janvier 2012

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Je vous souhaite à tous, une très belle et heureuse année.

 

Que 2012 soit lumineuse pour chacun d'entre vous. Comme le sont les tout nouveaux vitraux, signés Erni, du temple réformé de Martigny, en Suisse, dans le canton du Valais

 

 

 

Les vitraux ont été offerts par Léonard Gianadda, le créateur de la célèbre fondation artistique suisse du même nom.

A propos de cette fondation, j’ai appris (via www.protestinfo.ch) qu’il s’y passait des choses étonnantes : des célébrations œcuméniques se déroulent en effet au musée même de Martigny. L’idée de départ est d’exploiter le lien entre art et spiritualité. Les officiants (un catholique et un protestant) créent une atmosphère de prière et font résonner spirituellement des œuvres d’art, par la musique et la Parole. Pour cela, chaque officiant choisit des images qu'il projette sur grand écran et commente pour l'assemblée. Une formule plusieurs fois renouvelée car le public est nombreux et demandeur…

 

En France, un tel évènement est impensable. Quoique, il y a des exceptions à la règle. Lors d’une visite au Musée des Beaux-arts de Besançon animée par le Père Axel Isabey et destinée à des enfants de la catéchèse, celui-ci n’a pas hésité à franchir le pas et à proposer au groupe un court temps de prière devant un tableau de Jules-Alexis Muenier représentant justement, une leçon de catéchisme. Oui, parce que dans notre Diocèse, nous avons la chance d’avoir ce prêtre passionné d’art qui propose des « Exposés d’art », au Musée (ou délocalisé dans d’autres lieux).

Toujours adaptés au public, toujours très inspirés et en lien direct avec la Bible, les exposés du Père Axel aident à entrer dans la compréhension du message évangélique et rencontrent toujours un vif succès.

 

Je pense que ce prêtre pourrait tout à fait diriger des « célébr-art-tions » œcuméniques dans notre diocèse, comme en font les suisses dans le Valais. Même si au Musée, ce ne serait guère envisageable, cela pourrait se réaliser dans un autre lieu…

Il suffirait que l’Eglise locale lui en fasse la demande…à son retour d’Egypte par exemple.

 

Pour le moment, et dans la perspective toute proche de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, j’ai pensé que ce qui se passait au Musée de Martigny en Suisse était une bonne nouvelle à partager.

 

Vous ne croyez pas ?

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

oOo

 

Jeudi 22 décembre 2011

 

Amis de Murmure, Bonjour à tous,

 

Plus que quelques heures à attendre et Noël sera là.

Qui accueillera l'Enfant Jésus ? Et comment surtout ?

Est-ce que ce sera possible, au moment de la réunion de famille, au milieu de ceux qui ont la foi et surtout de ceux qui ne l'ont pas ou plus et qui seront les plus nombreux ?

L'incarnation de Dieu est-elle possible dans « l'ordinaire » des festivités ?

« Oui », répondrait sûrement la pasteure Francine Carillo dont je viens de retrouver, par hasard,  un  étonnant petit poème de circonstance:

 

Incarnation

 

un bonheur

de pain frais

au petit matin

 

une tombée

de lumière

dans la théière

des jours

 

Dieu par terre

pour que lève

l'ordinaire

 

Francine CARILLO, Le Plus que Vivant

 

 

 

 

 

 

Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël et que ce temps de fêtes soit aussi et surtout, une occasion de vivre la bénédiction de Dieu.

 

Amicalement comme toujours,

 

Catherine

 

oOo

 

Mardi 13 décembre 2011

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

En Eglise, il y a les « temps forts » programmés, genre Dimanche Autrement. Il y a aussi les « moments forts », informels,  initiés par un groupe de chrétiens. La réunion-formation de samedi soir en fut un.

 

Il a d'abord fallu un miracle. C'est Claire qui l'a accompli en parvenant à réunir 10 couples,  tous actifs, ayant charge de famille (parfois nombreuse) plus 2 prêtres, un même samedi soir de 17h à 22h30, le tout dans un délai de 2 mois. Pour ça, elle a fait un Doodle, envoyé quelques dizaines de mails, organisé le repas et recruté 2 baby sitters (2 copains de 18 ans qui se sont lancés, avec brio, dans la confection de crêpes au nutella et le change de couches culottes).

 

L'objectif de cette rencontre: former 7 couples animateurs de préparation au mariage pour notre doyenné.

Pour ce faire, nous avons fait appel à Brigitte et Denis, un couple expérimenté qui, pour l'occasion s'est transformé en couple-formateur. Ils ont en effet accepté de nous faire découvrir leur méthode, peaufinée au cours de longues années de préparation au mariage, et de partager leur expérience. Pour l'occasion, ils se sont faits assister par deux autres couples, Alex et Cathy,  Gilles et Babeth.

 

Ils ont choisi une pédagogie active. Ils nous ont fait vivre (en accéléré...) un temps de préparation au mariage comme si nous étions fiancés. Situation un peu décalée pour des couples mariés parfois depuis longtemps (20 ans en ce qui me concerne). Nous avons donc vécu les 4 étapes du parcours: prise de contact- présentation, séquence conjugalité, séquence engagement civil et religieux, séquence spirituelle. C'était vivant ! Rires, émotions, réflexions, échanges se succédaient. Leurs « outils » ? Ceux de la formation des adultes: brainstorming, photolangage, études de cas, jeux de rôle, travaux en sous-groupe, débat, lecture d'images. Temps de prière aussi et de silence.

 

Les trois couples-formateurs étaient rayonnants et convaincants. Ils ont partagé leurs convictions et leur mot d'ordre qui tient en une phrase: « on veut que votre mariage dure », mot d'ordre qu'il est bon de ré-entendre même (ou surtout...) au bout de 20 ans de mariage. La durée est  le cœur de leur préoccupations et selon eux, l'Eglise a quelque chose à apporter au couple pour l'aider à s'inscrire dans le temps. Concrètement: une expérience à partager (des témoignages par exemple), un accompagnement (qui peut être fait par des équipes spécialisées si besoin), des conseils, une entraide. Et ça commence par une sensibilisation à la conjugalité au moment de la préparation au mariage.

 

Leur programme m'a enthousiasmée ainsi que leurs techniques d'animation. J'y ajouterais bien une séquence sur la parentalité, qui me paraît être complémentaire à la conjugalité pour un couple qui s'engage dans le mariage.  Mais nous laissera-t-on le temps ?

 

Je me suis sentie très bien durant toute la soirée. J'ai revisité les fondamentaux du mariage, je me suis amusée, j'ai rencontré d'autres chrétiens. Je me suis sentie très libre.

 

J'ai oublié de préciser: ces couples animateurs pratiquent et cherchent à diffuser « l'art de la rencontre ».  Je veux dire « en Eglise », comme le Christ l'a lui-même pratiqué il y a bien longtemps.

 

Avis aux amateurs: Brigitte et Denis, du service de formation du Diocèse de Besançon, propose ce module de formation à toutes les unités pastorales et accompagnent la création des nouvelles équipes de préparation au mariage.

 

Bon temps de l'Avent à tous.

 

Amicalement comme toujours

 

Catherine

Samedi 3 décembre 2011

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Il FAUT que je vous parle du film que j'ai vu ce matin au centre diocésain: Au nom du père, de tous, du ciel, de Marie-Violaine Brincard.

 

Le titre, à lui tout seul, est déjà tout un programme...

 

La projection était organisée par mon ami Axel qui est prêtre (de lui, je vous parlerai aussi, mais une autre fois). Pour l'occasion, il avait invité la réalisatrice du film. Une jeune femme qui est, comme son film, d'exception. Grâce à l'exposé qu'elle nous a fait, en préambule, sur le Rwanda, j'ai enfin compris ce qui s'est passé en 1994 lors du génocide. Oui, parce que le film traite de ce terrible sujet...

 

Elle a redressé certaines idées reçues sur les événements de 1994 comme le fait que le génocide aurait été d'origine ethnique. Or pas du tout, les deux « communautés » (hutu et tutsi) ne se sont pas entretuées; ce sont les tutsi qui se faisaient massacrer par les hutu pour des raisons politiques, ces derniers étant eux même « victimes » d'une terrible propagande et de manipulations. Je vous avoue que j'ai hésité à aller voir ce film à cause du sujet justement. Rien que le nom « Rwanda » avec tout ce qu'il évoque des terribles massacres me fait peur...Mais j'ai fait confiance à Axel, et je n'ai pas regretté.

 

Point de politique dans ce film, ni d'histoire, ni de sociologie des génocides, mais des témoignages. Tout « simple » mais oh combien parlant. Des témoignages de Justes. C'est à dire de hutus qui, au péril de leur vie et pendant toute la durée des évènements soit 100 jours (et pas seulement 1 jour...) ont dit « non » aux consignes d'extermination du régime en place, et qui ont caché, nourri et aidé à fuir des tutsi.

Ils sont berger, éleveur, mère de famille, délinquant, pêcheur. Ils ont en commun d'avoir fait le même choix: vaincre la peur, s'opposer au pouvoir malveillant, risquer leur vie et sauver la vie de leur prochain. C'est vite dit, ça tient en une phrase. Mais il faut oser le faire et c'est ce qu'ils racontent, au péril de leur vie à nouveau, car ils sont toujours menacés aujourd'hui.... On entend pourquoi et comment ils ont agit. Pour l'auditeur, c'est une leçon d'Espérance, en l'humanité, et en Dieu...

Vraiment, en ce temps de l'Avent, je vous recommande de vous procurer ce film (12 euros sur http://www.docnet.fr où on peut voir un extrait) qui parle de la vie et de la mort, du bien et du mal, de Dieu, de l'homme,  de la liberté de choix, avec une grande délicatesse (dans le propos et la mise en scène).

 

J'avoue avoir été captivée par les personnages du film, car Augustin, Marguerite, Joseph, Joséphine et Léonard sont hauts en couleur et attachants, et c'est ce qui retient l'attention du spectateur, mais on ne reste pas pour autant insensible à l'esthétique du film qui sert intelligemment la parole des témoins: interview de face, zooms sur le cadre de vie (rudimentaire, dépouillé...), plan large sur l'environnement: les cultures, le bétail, la végétation (luxuriante) et le lac. C'est très beau.

 

Et puis, il FAUT VOIR la scène finale du baptême, quand Augustin, qui est analphabète mais non moins théologien (il croit fermement en un Dieu-Homme) entre dans l'eau du lac (qui lui a permis de sauver beaucoup d'enfants à l'aide de sa pirogue) et où il se baptise lui-même (pour la 2nd ou 3ème fois...) au nom du père, de tous, du ciel. Il a expliqué à la réalisatrice qu'il s'administrait lui-même le baptême car les pasteurs avaient trop de sang sur les mains...

 

Comme l'a fait le Père Axel dans son invitation, je vous souhaite à vous aussi, une belle et fervente marche vers la Crèche de Bethléem.

 

En ce sens, ce film peut être aidant.

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

oOo

 

Samedi 19 novembre 2011

 

Amis de Murmure, bonjour à tous

 

Ils étaient 90 en 2005, 120 en 2008 et aujourd'hui ils sont 167. Je parle des théoforiens, autrement dit, des participants à la formation ThéoFOR.
 

Les habitués de Murmure savent de quoi il s'agit car j'évoque souvent ce sujet. Pour les non initiés: théoFOR (« théo » comme Dieu et « FOR » comme formation à la responsabilité) est une formation organisée par les diocèses de Besançon et de Belfort destinée aux laïcs en situation de responsabilité dans l'Église. Elle dure 3 années à raison de 5 journées par an auxquelles s'ajoutent des temps de relecture en sous-groupes locaux. La première année est théologique, la seconde, ecclésiologique et la dernière, pratique.

Les théoforiens de la promo 2011 étaient donc 167 samedi dernier, venant des deux diocèses de Besançon et de Belfort, pour démarrer leur stage. Et pour, comme leur à annoncé le Père Gilles Brocard, le responsable de cette formation, « préparer l'Église de demain ». Autant dire que le chantier est vaste...et passionnant. Et qu'il vaut mieux être nombreux ! Dans cette perspective, le nombre toujours croissant de participants est plutôt encourageant. Contrairement à certaines idées reçues,  les chrétiens s'intéressent à leur Église et à son fonctionnement et sont prêts à s'y investir, et pour ce faire, ils se donnent des moyens.

 

En ce qui me concerne, je fais partie de l'équipe d'animation de cette formation et assure les fonctions d'animatrice. C'est à dire que j'anime les temps de carrefours qui font suite aux interventions magistrales. Ce rôle me permet donc d'observer de près le déroulement ainsi que les réactions des participants.

Ce qui m'a frappée cette année, c'est l'étonnante diversité des théoforiens. Le public est composé d'hommes et de femmes bien-sûr, comme à chaque fois, plutôt jeunes par rapport à l'âge moyen des assemblées dominicales (ce qui rassure sur l'avenir de l'Église...), c'est à dire beaucoup de 30-50 ans. Tous appelés par leur paroisse ou leur mouvement. Il y a aussi des personnes originaires d'Afrique, une protestante (au moins une...), des personnes de professions très diverses: enseignants (beaucoup cette année), sage-femme, mais aussi mère au foyer.   Il y a des couples ultra pratiquants avec 5 enfants en bas âge et des mamans-catéchistes dont le conjoint ne va jamais à la messe, elles, quand elles peuvent et les enfants rarement et en rechignant. Il y a trois membres de la communauté des gens du voyage. Il y a des personnes érudites et deux qui sont en situation d'illettrisme. Les théoforiens sont donc d'origine très diverse, mais tous ont déjà une, deux, voire plus, missions dans l'Eglise. En fait, en arrivant, ils ont déjà l'expérience de l'exercice d'une responsabilité dans l'Eglise. C'est peut-être ce qui explique une certaine maturité dans la foi dont certains témoignent dès la première journée.

 

Au delà de la diversité du public, autre chose m'a frappée encore: l'audace des participants. Lors des sessions précédentes, il fallait plusieurs journées pour que les théoforiens s'autorisent à prendre la parole pour débattre librement d'un sujet. Cette année, dès le premier jour, ils ont habité l'espace de parole et ont débattu. D'un tas de choses comme: comment concilier foi chrétienne et engagements professionnels dans une société privée ou une institution laïque, ou comment prendre des risques en manifestant publiquement sa foi, ou encore comment revaloriser la religion chrétienne dans une société sécularisée et attirée par les rites d'autres religions etc... Personnellement, de les écouter débattre ainsi dès le premier jour m'a profondément réjouie car je sens que la parole entre membres de l'Eglise est aujourd'hui plus libre (enfin au sein de ThéoFOR en tout cas...).

 

Diversité (sociale, culturelle, ethnique mais aussi confessionnelle) de ses membres responsables, maturité dans la foi et audace caractériseront donc l'Eglise de demain. Enfin, c'est ce que je crois après ma première journée à Théofor.

 

C'est plutôt une bonne nouvelle, non ?

 

Amicalement, comme toujours.

 

Catherine

 

oOo

 

Vendredi 4 novembre 2011

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

 

Deux petits pas sur le sable mouillé et la vie de toute une famille bascule dans la tragédie. Ainsi pourrait-on résumer en une phrase le livre-témoignage d’Anne-Dauphine JULLIAND.

 

Il a suffit d’un détail, un pied en éventail, une démarche particulière pour qu’Anne-Dauphine sente que Thaïs,  sa petite fille alors âgée de deux ans, avait quelque chose de grave. Elle en a eu l’intuition, puis les médecins l’ont confirmé par un diagnostic sans appel : l'enfant est atteinte d'une terrible maladie qui s’appelle la « leucodystrophie métachromatique ». Une maladie génétique dégénérative qui entraîne la mort à très court terme.

 

Deux petits pas sur le sable mouillé est un témoignage extra-ordinaire qui se lit comme un reportage. Il raconte la vie de Thaïs et de son entourage (parents,  grand frère de 4 ans, petite sœur qui vient au monde atteinte de la même maladie ( !), nounou sénégalaise…) depuis l’annonce de la maladie jusqu’à son  décès. C’est la maman qui tient la plume, avec beaucoup de pudeur, de sincérité et une étonnante tranquillité. Elle raconte les combats, le quotidien rythmé par les soins et toute l’inventivité dont elle et ses proches ont fait preuve pour ajouter plus de vie aux jours décomptés de Thaïs.  C’est très émouvant,  paradoxalement très vivant même si l’issue est fatale, et jamais morbide ou voyeuriste.

 

La foi et l’Espérance chrétienne affleurent à chaque chapitre mais très discrètement. Anne-Dauphine exprime sa foi (qui la soutiendra dans l'épreuve) avec beaucoup de délicatesse, en respectant la sensibilité de son lecteur. Cette délicatesse, ainsi que l’authenticité du témoignage empreint d’une grande force vitale expliquent à mon avis le succès du livre. Oui, parce que l’ouvrage tiré confidentiellement à 5000 exemplaires en mars dernier a déjà, contre toute attente, été réimprimé à 20 reprises ( !) pour atteindre les 100 000 exemplaires ce mois-ci et ce principalement grâce au bouche à oreille des lecteurs. Thaïs et sa maman réussissent ce prodige de rejoindre ainsi 100 000 lecteurs et de leur insuffler un peu de leur élan vital. Ce n’est pas rien !

 

Bref, à vous aussi je recommande ce livre « coup de cœur » qui fait étonnamment du bien.

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

Deux petits pas sur le sable mouillé

Anne-Dauphine JULLIAND

Éditions Les Arènes (17 euros) ou  www.deuxpetitspas.com

 

oOo

 

Vendredi  21 octobre 2011

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Ce n’est pas un étonnement que je vais partager avec vous cette semaine mais des étonnements, divers et variés, tristes ou désopilants.
 

Mon ami le Père Robert Engonin est mort brutalement mercredi soir. Je vous ai parlé de lui à la rentrée  dans un billet intitulé « les trois prêtres ». Cet homme était « diminué » selon l’expression en usage, depuis longtemps. Cela faisait des années qu’il était handicapé (il n’avait qu’un bras valide) et il était souvent gravement malade. Il cumulait les handicaps physiques (aux bras, yeux, jambes) mais il avait gardé toute sa tête et sa vitalité. Aussi, je le croyais immortel. Aussi quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre jeudi par  l’intermédiaire d’un autre ami prêtre, Gilles, son « départ ». Mais étonnamment, le ton de mon ami, au téléphone, était presque joyeux lorsqu'il m'a annoncé le décès de Robert.. Que Robert soit maintenant au Ciel auprès de Dieu, était une bonne nouvelle. Ce que je crois aussi.
 

Mercredi toujours,  j’attendais avec mon fils, dans la voiture, que les kebabs que nous avions commandés soient prêts quand celui-ci s’est mis tout à coup à me parler du pape. J’ignorais que le pape faisait partie de ses préoccupations. Mon fils (18 ans) a une amie qui est partie en voyage en Espagne, pour voir le Pape. Mon fils trouve que c’est bien d’aller en Espagne (il cherche actuellement comment voyager) mais il  ne comprend pas comment on peut aller « voir le Pape », avec ses « dorures » ( ? ), sa crosse, et son discours contre le préservatif et donc contre les jeunes ( ?). La voiture blindée, ça passe, mais la grande robe, les cardinaux avec leur robe aussi, non.  Alors je me suis retrouvée tout à coup, moi la protestante, à prendre la défense du pape avec un discours du genre : « il ne faut pas se contenter d’écouter ce que disent les médias, surtout lorsqu’il est question de religion, le Pape parle de bien d’autres choses que du préservatif, il porte une robe certes mais comme le Dalaï Lama (moins sobre il est vrai) qui est très populaire etc. » discours à vocation éducative mais légèrement hypocrite, car moi aussi je trouve notre Pape très « conservateur » dans ses décisions et sa manière d'apparaître, ce qui n’empêche pas d’avoir des idées parfois lumineuses… 

 Le débat s’est élargi ensuite aux prêtres en général que mon fils considère comme, je le cite, des êtres intelligents  (je lui ai glissé que le Pape était prêtre avant d’être pape…) et on en est venu, je ne sais comment, aux prêtres exorcistes. Mon fils voulait savoir s’il y avait des prêtres exorcistes (oui) et surtout si le mal (le malin…) existait. Là, je me suis gardée de répondre !  Par contre, quand je lui ai dit que le prêtre exorciste du diocèse donnait des conférences grand public, mon fils m’a dit vouloir y assister. Je l’imagine déjà  un soir, à une conférence du centre diocésain…incroyable !
 

A propos du pape, il aurait dit dans l’un de ses discours en Allemagne que «  l'Église n’était pas une entreprise ».  Je partage ce point de vue bien-sûr et à la fois… J’ai reçu dernièrement deux appels à cotiser au denier de l'Église, un du Diocèse de Besançon et un du diocèse du Jura ( ! ) et  j'ai appris  par la même occasion que j'avais « la chance » d’être dans l’un des cinq diocèses français qui n’était pas en déficit. Ceci dit, je sais par ailleurs que les salariés laïcs de mon diocèse qui partent en retraite ne sont souvent pas remplacés, un peu comme dans la fonction publique actuellement.  Dans un autre ordre d’idée, j’ai appris récemment (avec stupéfaction) qu’un ami prêtre venait d’être démis de ses fonctions, avait en quelque sorte perdu son emploi et était « limogé ». Un entretien suffit dans l'Église pour mettre en œuvre ce type de « procédure ». 

 

Certes, je suis bien d’accord avec le Pape, l'Église n’est pas une entreprise car elle ne produit rien et ne vend rien. Mais elle a des préoccupations et des fonctionnements  assez semblables, je trouve, à ceux que l’on rencontre dans les entreprises ou administrations: déficits à gérer, problème de management, non renouvellement de contrat de travail etc….

 

Moi, je crois que l'Église devrait inventer autre chose, d’autres manières de « gouverner » que ce que l’on rencontre dans les entreprises justement. C’est d’ailleurs ce à quoi appelle le Pape en souhaitant un renouvellement spirituel dans l'Église. Mais pour lui, c’est l’organisationnel qui doit suivre et passer après le spirituel. Inutile de le « réformer » si j'ose dire pour le moment, pour qu'il se cale sur les organisations de la société civile. Le problème c'est que c'est déjà le cas...

Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours
 

Catherine
 

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Lundi 10 octobre 2011

 

Amis de Murmure, bonjour à tous

 

Je rentre de l’ADLM, autrement dit de la Planète Scout, et j’ai un peu du mal d’atterrir. Je comprends maintenant la réaction de ma fille lorsqu’elle me dit que « chez les scouts », elle oublie tout… Je comprends aussi pourquoi, lorsqu’elle rentre d’un week-end, elle se précipite à la salle de bain, fait couler l’eau chaude abondamment, se met en pyjama à 19h et se couche tôt. J’ai fait la même chose hier soir. Ce matin, c’est mon environnement qui me paraît étrange : mon bureau, le travail que j’ai à faire, ce que me disent les collègues…  en plus j’ai des courbatures.

ADLM signifie « Anniversaire De La Marguerite », la Marguerite étant la mascotte des scouts francs-comtois. Ce week-end, 850 jeunes se sont réunis au Château de Cirey-lès-Belvaux en Haute-Saône pour fêter l’évènement. Ce n’était pas triste, inutile de le préciser, même carrément délirant par moment, malgré la pluie et les 8° affichés au thermomètre le matin.

Les parents étaient conviés à ce WE territorial, alors j’ai accepté l’invitation, par curiosité, pour voir. J’ai entraîné mon mari dans l’aventure. Et on s’est retrouvé samedi à midi dans la « basse cour » du château, au village « des canards » où nous avons planté notre tente, sous la pluie. En fin d’après-midi, mon mari était devenu le « canard boiteux » du village des parents : il s’était fait un claquage musculaire au mollet lors du grand jeu en courant sur la « pelouse » mouillée du parc… Ce qui n’a pas empêché notre équipe de remporter le grand jeu !

On a mangé scout, autrement dit souvent et copieusement, des repas consistants. On a peu dormi, les scouts se couchant tard et se levant tôt, mais profondément parce qu’épuisés…

On a joué (le scout est joueur…) et réfléchi aussi entre parents pour voir comment on pouvait développer ou tout du moins soutenir le mouvement. En 20 ans, le mouvement a perdu beaucoup de jeunes puisqu’il est passé de 7000 à 1000 jeunes dans la région, mais depuis les toutes dernières années, on observe une recrudescence des adhésions, ce qui est une bonne nouvelle !

En les voyant fonctionner, j’ai pensé qu’ils avaient un avenir, pour deux raisons essentielles : ils fonctionnent en réseau, c’est leur force d’ailleurs,  or le réseau est devenu le modèle actuel d’organisation des groupes humains. Ils sont donc plus que jamais à la page à ce niveau. Et ensuite, parce que le mouvement répond à un besoin toujours actuel des familles (mais peut-être pas assez connu et mis en avant), celui de soutien au niveau éducatif. Quelle famille n’a pas besoin de « souffler » dans sa tâche éducative en se faisant relayer par un mouvement éducatif ? Le souci chez les scouts, comme dans d’autres activités ecclésiales ou comme dans toutes les associations d’ailleurs, est qu’ils manquent cruellement d’encadrants et qu’ils sollicitent les parents, qui auraient bien besoin de repos et de ne pas s’engager encore dans de multiples activités sous peine d’épuisement…

En fait, les scouts manquent surtout de chefs. Autrement dit d’animateurs pour encadrer les groupes d’enfants. Surtout en Franche-Comté où les jeunes quittent souvent la région pour leurs études.

Donc, avis aux amateurs….

Ce qui m’a étonné maintenant : c’est la joie qui règne au sein de cette grande famille. Le scout est toujours joyeux, même quand il a froid, qu’il est contrarié ou qu’il n’a pas le moral.

Cette joie se traduit dans des attitudes, qu’ont bien perçues les secouristes de la Croix rouge présents sur le site et qui m’ont dit être surpris par « ces gens qui se disent tous bonjour en se souriant, quand ils ne s’embrassent pas ou se serrent dans les bras », ce qu’ils n’ont pas l’habitude de voir lors des grands rassemblements où ils se rendent (concert, foire etc.…).

 

Or, cette joie est communicative et elle donne beaucoup d’énergie pour affronter le quotidien, celui que l’on retrouve au retour du week-end…

 

Il faudra que j’aille en week-end scout plus souvent, ça vaut tous les programmes de remise en forme.

 

A vous aussi, je recommande de répondre « oui » à une invitation des scouts.

 

Amicalement comme toujours

 

Catherine

 

oOo

 

Samedi 25 septembre 2011

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

Sympathique réunion à laquelle j'ai participé hier soir à la paroisse: celle des animateurs de la préparation au mariage. Huit couples et un prêtre étaient réunis pour « monter » un CPM (centre de préparation au mariage) de doyenné. C'est un couple d'amis qui nous a entraînés, mon mari et moi, dans ce projet. C'est la première fois que je fais une activité en Eglise avec mon conjoint et je m'en réjouis. D'autant plus que c'est lui qui a répondu « oui » à l'appel. Pour une fois, je suis le mouvement... De même au sein du groupe d'animateurs. N'ayant aucune expérience de la préparation au mariage, ni jamais trop poussé la  réflexion, je l'avoue volontiers, sur ce sacrement (qui n'en est pas un chez les protestants...), je me laisse porter et j'écoute ce que les autres disent.

 

Une parole du prêtre m'a interpellée au cours de la soirée. A propos de la demande de mariage, il a expliqué qu'elle était devenue une « demande de confirmation de vie commune ». En effet, les couples qui se marient ont tous vécus ensemble, parfois de longues années, ont un, voire plusieurs enfants, mais veulent aux yeux de l'entourage (parfois de leurs propres enfants, c'est le cas d'un couple d'amis) confirmer leur engagement. La démarche est très différente de celle des générations passées qui se mariaient pour pouvoir entamer une vie commune.

 

C'est différent, mais ça n'en a pas moins du sens. « Confirmer » signifie « rendre certain », ou encore « garantir, assurer ». C'est un acte volontaire où l'on s'engage personnellement après un temps d’apprentissage ou de « mise à l'épreuve ». Ce n'est pas idiot pour un « contrat » qui doit durer 50 ans en moyenne et qui est l'un des plus exigeants qui soit...

 

Sans jugement aucun,  le prêtre nous a ensuite brossé le portrait type du couple qui demande le mariage: c'est un couple qui a très peu de contact avec l'Eglise, peu d'expérience (voire aucune) des célébrations, pas de vocabulaire religieux, pas ou rarement de relation à Dieu et qui en plus a peur, peur qu'on lui pose des questions de catéchisme. En l'écoutant, me sont revenues en mémoire les paroles du Père Paul MOUGIN, un des prédécesseurs de notre prêtre, qui à l'évocation de ce type de constat, s'exclamait : « c'est une chance ! ». Une chance qu'il faut saisir pour annoncer Jésus-Christ à des gens qui n'en ont pas entendu parler ou si peu. Au moins, disait-il, ils ne l'ont pas défiguré...Et il ajoutait toujours, c'était l’un de ses principes: « il faut prendre les gens là où ils en sont... » Et non là où on voudrait qu'ils soient... Paul était un « accueillant ».

 

Que la préparation au mariage soit « une chance » à saisir pour annoncer Jésus-Christ et créer du lien avec l’Eglise, je le crois, mais c'est sûrement un défi pour les futurs animateurs de CPM que nous sommes...

 

Vous ne croyez pas ?

 

Fraternellement.

 

Catherine

 

oOo

Dimanche, 11 septembre 2011

Amis de Murmure, bonjour à tous,

Ils sont partis tous les trois. Je parle des trois prêtres de mon unité pastorale. Dimanche dernier avait lieu la dernière célébration avant leur départ. Pour un tel « évènement », l'Assemblée des grands jours était réunie dans l'immense église de Liesle (dans le Doubs).

Oui, parce que nous avions « la chance » d'avoir trois prêtres ! Dont deux jeunes, Sylvain, 35 ans et Laurent, 45 ans et un plus ancien, Robert, âgé de 70 ans.

Robert part en retraite, en raison de son âge et de son état de santé qui s'est brutalement dégradé il y a deux ans et l'a laissé lourdement handicapé (physiquement, mais pas intellectuellement...).

Laurent et Sylvain vont au devant de nouvelles paroisses et/ou missions dans le cadre de leurs nouvelles nominations.

Ils seront remplacés, heureusement, par Pierre, un jeune prêtre de 39 ans, un « enfant du pays ». Il est jeune mais il sera seul pour reprendre toutes les missions dévolues à ses prédécesseurs...

La messe, concélébrée par les trois prêtres, fut simple, chaleureuse et émouvante. Remerciements, évocations des temps forts et évènements passés, remises des cadeaux, discours, clôturèrent la célébration.

Personnellement, c'est le départ de Robert qui m'a le plus émue. Le départ de Sylvain et de Laurent m'attriste mais correspond plus à un simple « au revoir ». Ils sont jeunes, ne sont « mutés » qu'à quelques dizaines de kilomètres, on se reverra, c'est évident comme au travail, lorsque des collègues quittent un service et sont nommés dans un établissement voisin...Robert, en revanche, s'il reste toujours prêtre bien sûr, n'exercera plus en tant que tel dans une paroisse. En plus, il est affaibli, se déplace en fauteuil roulant et est presque aveugle. Mais il garde toute sa tête et surtout, « le contact ». Il n'avait de cesse, assis dans son fauteuil roulant, durant toute la célébration, de scruter l'assemblée avec les quelques dixièmes qui lui restent à un œil. Pour tenter de reconnaître un visage et entrer en relation. Ce qui n'a pas manqué de se produire. Une petite fille de trois ans est allée spontanément au devant de lui à la fin de la messe; il lui a tendu son unique main valide qu'elle a serrée dans la sienne... Magnifique échange entre ce prêtre âgé et handicapé mais exerçant toujours son ministère, et un tout jeune enfant Voilà pour ce qui m'a émue.

Ce qui m'a étonnée maintenant. C'est les propos que ce prêtre a tenus à l'issue de la célébration. Il a eu l'audace d’évoquer ses regrets. Ceux de ne pas avoir été plus sollicité en dehors du service dominical et des sacrements. Il aurait aimé (alors qu’il était encore valide…) être plus au service de l'approfondissement de la foi et de la catéchèse. Certes, ce prêtre ne résidait pas sur place (mais à une vingtaine de kilomètres), mais avouez que cet « aveu » est tout de même surprenant à l'heure où la paroisse se plaint du manque de catéchistes, d’animateurs de liturgie ou biblique…

J'en ai conclu que ce prêtre s'était senti sous-employé, un comble en période de « manque de prêtres » !

En l'écoutant, j'ai repensé à un autre ami prêtre, âgé et retraité également mais en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels, mobile (car possédant toujours une voiture) et apprécié des jeunes comme des anciens, se plaindre de ne jamais être appelé pour célébrer le dimanche dans les églises de sa paroisse ou de son doyenné, alors qu'on manque cruellement de prêtres pour les célébrations dominicales.

Je me demande parfois à quoi pense mon Eglise ! Ou, dit autrement, comment elle gère ses « ressources humaines »…

C'est comme ça par chez vous aussi ?

Amicalement comme toujours,

Catherine

oOo

 

Lundi 5 septembre 2011

 

Amis de Murmure, bonjour à tous,

 

C'est la rentrée !

 

Des classes, au travail, en l'Eglise, dans les « assos » et bien-sûr, sur Murmure. Les activités vont s'intensifier très rapidement. En prévision de cette « montée en charge », j'ai demandé à Dieu dans ma prière, comme Salomon, de  donner à son serviteur un cœur attentif, intelligent et sage pour gouverner et discerner le bien et le mal (relisez,1Roi 3, 5.7-12). C'est la demande de circonstance à adresser à Dieu en cette période de l'année, enfin, je crois... Même si on n'a pas de pays à diriger, il y a tellement d'autres choses à « gouverner », à commencer par soi-même, sa maisonnée, ses activités, ses engagements...

 

Pour débuter cette nouvelle année scolaire, j'avais envie de partager avec vous une trouvaille que j'ai faite cet été, en feuilletant le programme de rentrée du Théâtre musical de Besançon. Il s'agit d'un texte de Jean-Luc Lagarce (un auteur contemporain de théâtre) un édito que l'auteur a écrit pour le programme du théâtre Granit de Belfort en 1991.

 

Ce texte a retenu mon attention pour deux raisons: pour son humeur « décapante » qui a rejoint la mienne en cette période de reprise d'activités, et pour ses accents évangéliques. Loin de moi l'idée de vouloir « récupérer » ce texte (et son auteur) qui n'a rien de religieux, mais j'y ai retrouvé un certain esprit évangélique fait d'exhortations, de dissidence, de « contre-pieds » . Et c'est ce qui m'a étonnée.

 

Mais écoutons ce qu'écrivait Jean-Luc Lagarce, il y a 20 ans...

 

« Se faire de nouvelles promesses. Se promettre de ne plus recommencer. Aller son chemin. Ne pas écouter les conseillers attentifs, les conseillers plein de sollicitude. Se méfier de toutes les certitudes.

Continuer à avoir peur, être inquiet, ne jamais être sûr de rien. S'inquiéter du respect et se garder de la fausse insolence. Haïr la parodie. Se souvenir. Ne jamais oublier de tricher.

Dire la vérité et ne plus s'en vanter. Abandonner les voies rapides et suivre les traces incertaines.

Parfois aussi, de temps à autre, s'arrêter, ne plus rien faire et ne pas même affirmer que ce fût pour réfléchir.

Prendre son temps.

Ricaner dans les moments inopportuns. Sourire avec douceur.

Ne pas être, jamais, efficace, renoncer.

Lutter contre les médiocres. Résister. Eviter toujours ces mots-là, ces choses qu'on ne comprend jamais, le « consensus », « la conjoncture », « les synergies », on a beau avoir fait des études, ces mots-là, on ne les comprend pas, alors, on les laisse.

Ne pas craindre l'affrontement. Chercher la bagarre, oui, « des fois », et même juste pour rire. S'en moquer.

Garder en réserve, toujours, au milieu des défaites, la légère et nécessaire ironie de la victoire.

Inversement aussi, j'allais dire. »

 

Bonne rentrée à vous tous.

 

Catherine