A CONTRESENS



21 - EN VACANCES

 

 

Vacances ! Mot magique, gorgé de soleil, de bronzage presque intégral, de balades en soirées longues et délicieuses. A l'oreille du potache, ce mot sonne merveilleusement : plus de devoirs, grasses matinées, liberté apparemment totale ; pour les actifs, cette période permet de goûter le repos, le changement de rythme, le départ vers d'autres horizons ; pour tous, c'est un moment privilégié pour se retrouver en famille ou entre amis.

 

Et pourtant, pour beaucoup, quand le temps de vacances devient vacance, quand tout semble en sommeil, l’été est redouté. Que d’individus appréhendent cette saison ! Par exemple, ces pauvres députés. Déjà fatigués par une campagne électorale qui n’en a que trop duré, ils aspirent au calme, à la décompression, à la détente. Eh bien non, les élus (les battus fort abattus, retrouveront-ils la voie de la sérénité ?) doivent siéger au Palais Bourbon, avaler des dossiers techniques, préparer des interventions, voter des lois, poser des questions au gouvernement, honorer de leur présence les manifestations estivales de leur circonscription, et, surtout, avoir l’œil sur leurs attachés parlementaires pour vérifier qu’ils travaillent effectivement sans se la couler douce aux frais de la princesse.

 

Pourtant, ce ne sont pas les députés les plus à plaindre, après tout, n’ont-ils pas choisi cette vie, en toute connaissance de cause ? Alors qui ? Qui craint ces mois de juillet et d’août ? Qui ? Mais vous chères et chers internautes qui nous faites l’amitié de nous suivre sur ce site !. Pendant deux mois, vous n’entendrez plus le « Murmure » agréable : terminée la « lettre bi-hebdomadaire à Mireille » de Léon, finis « les étonnements de Catherine » livrés tout frais, pour « A contresens », rideaux baissés.  Mais, Dieu merci, les commentaires hebdomadaires de l’Évangile et les poèmes de Kristo survivront.

 

Si l’absence de vos rubriques favorites vous engendrait une frustration trop forte et si celle-ci devait se traduire et se manifester par l’envoi massif de pétitions exigeant le retour immédiat de ces billets, peut-être envisagerions-nous un effort.

Gérard

1er juillet 2017


20 - LA NUIT

 

 

Récurrentes, inexpliquées, entre 17 h et 22 h, selon les saisons, les chutes sont multiples : journée, soir et nuit en sont les victimes. Qui s’en soucie ?

 

Le jour, qui se lève à l’aurore, parfois même devance l’aube, burine tout le temps, dardant à qui mieux mieux ses rayons, chevauchant les nuages, gravissant le zénith pour redescendre peu à peu jusqu’à l’ouest ; on comprend, qu’après une telle journée de labeur, qu’il tombe de fatigue.

 

Mais le soir (qui vraisemblablement entraîne la nuit) pourquoi chute-t-il dès son arrivée alors que son collègue le matin se lève frais et dispos, se manifeste sur son meilleur jour, et se profile  radieux à l’horizon ? Le soir ne naît sans doute pas dans son meilleur jour, c’est un prématuré, seulement enveloppé de brumes, vacillant sur ses lueurs sombres, ne pouvant se chauffer, il prend la fièvre et dès que le soleil a disparu, tombe de tout son long sur la terre. Comme il est très lié avec la nuit (nous n’en dirons pas plus en respect de sa vie privée) il l’entraîne dans sa chute.

 

Et la nuit tombe. Malgré les découvertes scientifiques, en dépit des conquêtes spatiales, nonobstant les progrès médicaux, personne à ce jour, n’a été capable de relever la nuit : trop lourde, trop insaisissable, à vrai dire trop invisible. Faut dire que la nuit regarde tout autour d’elle et certains, malheureusement, n’arrivent pas à fermer l’œil de la nuit qui devenue blanche, dans la tête des noctambules, déverse des idées noires.

Gérard

15 juin 2017


19 - VISION

 

-Tu as changé de lunettes ?

Qui veut voir loin, doit ménager sa monture.

 

- Pourtant, à première vue, tu n’as pas de problème... de vue

Je désire voir autrement, poser un regard neuf, bénéficier d’une vue perçante.

 

- En quelque sorte, tu veux regarder le monde d’un autre œil.

Que veux-tu, mes anciennes lunettes en avaient trop vu : elles étaient traumatisées.

 

- Qu’a-t-elle donc de particulier, cette nouvelle paire de lunettes ?

Elle se compose de plusieurs verres ainsi j’ai une supervision.

 

- C’est-à-dire ?

Une vision à long terme : je vois plus loin que le bout de mon nez.

 

- Je m’en doute, mais encore ?

Je t’explique : dans une voiture, il y a des rétroviseurs qui permettent de suivre ce qui se passe derrière soi, mes nouveaux verres font « préviseurs » et me permettent de voir devant moi.

 

- Tu te fiches de  moi ….

Verres pré-viseurs : ils permettent de pré-voir et d’élaborer des pré-visions.

 

- En somme, tu vois l’avenir. Dis donc, tu ne pourrais pas me donner le tirage du prochain loto ?

Non. Je vois le futur mais je n’en connais pas la date ; ce que je distingue c’est peut-être demain, dans 10 ans ou dans un siècle. Le marchand m’a dit que ces verres n’étaient pas encore très au point, qu’il y avait un phénomène d’aberration.

 

- Tu vois l’avenir mais le passé ?

Là, j’ai ce qu’il faut : des verres permettant une « re-vision ».

 

- Que vois-tu avec eux ?

Si je regarde devant moi, je vois des hommes à cheval avec des épées, d’autres individus vêtus de peaux de bêtes essayant de frotter des pierres pour allumer un feu, des femmes au lavoir, etc. Là encore, je n’ai pas les repères, donc tout se mêle comme si le passé était comprimé dans un seul jour et dans mon champ de vision.

 

- Ces nouvelles lunettes sont-elle chères ?.

Oui, elles me coûtent les yeux de la tête moi qui pensais les avoir à l’œil.

 

- Pourquoi les verres sont-ils légèrement teintés ?

Pour voir la vie en rose.

 

- En fait, tu ne vois rien. L’avenir comme le passé te sont indéchiffrables et le présent t’apparaît d’une couleur artificielle.

Tu as raison, désormais pour bien voir, j’ôterai mes lunettes.

 

Gérard


18 - LE QU’EN -DIRA -T- « ON »

 

Quel est le point commun entre Hamon, Mélenchon, Macron, Fillon ? Tous les quatre ont leur nom se terminant par « On »
 

Pas étonnant qu’ils aient eu en ligne de mire l’élection et qu’ils aient concouru pour la sélection en recherchant le renom, la considération, l’adulation, jusqu’à la vénération. Ce quarteron allant au charbon, criant à plein poumon du haut des balcons leur jargon, haranguant avec passion leurs bataillons sur tous les tons, développant des considérations sur l’éducation même avec des mots abscons, égrenant des propositions pour sauver la situation, prônant l’union du sabre et du goupillon… bref, ils se croyaient déjà au Panthéon. Allant jusqu’à retourner leur veston, ne négligeant nul piston, n’hésitant pas à traiter leurs adversaires de bouffons voire d’histrions, creusant leur sillon profond tout en combinaisons scabreuses, les yeux dans les prédications des sondages, croyant tenir le bon filon, chacun s’imaginant faire un carton, ils s’engageaient à travailler avec obstination, comme des lions, promettant la guérison de toute lamentation.

Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il été élu ? Son mouvement « En Marche » reprend ses initiales. Pourquoi les autres n’en ont-ils pas fait autant ? Ce qui aurait donné : pour Benoît HAMON  « Bel Horizon », « Futur Fabuleux » pour  François FILLON, quant à Jean-Luc MELENCHON je l’aurais bien vu à la tête de « J’accélère Le Mouvement ».

Gérard

15 mai 2017

17 - La télé déchaînée

 

 Avec les campagnes électorales, la télé se déchaîne. Les programmes des candidats s’enchaînent à toute vitesse et il devient impossible de regarder une chaîne sans que les autres ne s’emparent d’une exclusivité pour l’exhiber séance tenante devant un public enchaîné à l’écran dans des espaces cathodiques bien clôturés par des ondes hertziennes.

 

Les candidats  travaillent à la chaîne, l’œil rivé aux écrans des sondages.

Devant les caméras, quel est leur objectif ?

            Détailler  leur programme ? Non, l’important c’est la petite phrase !

            Argumenter contre l’adversaire ? Non, la petite phrase !

            Situer la place de France dans le monde ? Non, la petite phrase !

            Promettre des lendemains heureux ? Non, la petite phrase !

          Alerter sur les dangers du réchauffement climatique ? Non, la petite phrase, vous dis-je !

 

La petite phrase qui en dit plus long qu’elle ne dit.

La petite phrase qui grandira sous les manchettes des journaux

La petite phrase qui monte, qui monte, qui monte sur les réseaux sociaux

La petite phrase qui provoquera une réaction en chaîne et mettra le feu aux poudres

 

Devant tant de chaînes « radio-actives », le téléspectateur ne peut plus rompre la chaîne qui est devenue sa véritable chaîne alimentaire. Il n’est pas heureux car là où il y a de la « chaîne il n’y a pas de plaisir ». Qui le délivrera de ses chaînes ?

Gérard

1er mai 2017


16 - ORAISON FUNÈBRE... POUR LA MORT.

 

 

- Salut, Cher ami. Je voudrais que tu me promettes de faire un discours lors de mon enterrement.
 

- Diable ! Que me demandes-tu  là ? D’accord, mais à condition que ce soit réciproque.
 

- Je ne plaisante pas. Fais-moi plaisir, je voudrais tellement que tu fasses mon oraison funèbre.
 

- Tu m’as l’air en parfaite santé, je ne comprends pas pourquoi ta fin te préoccupe.
 

- Comme on dit chez les esquimaux, c’est à froid qu’il faut envisager l’avenir. Je tiens à ce que tu interviennes lors de la cérémonie : tu parles tellement bien.

 

- Tu parles ! Premièrement, ma vie sera peut-être plus courte que la tienne car tu es en train de me faire mourir de rire. Deuxièmement - certes je peux causer - pour dire quoi ? Que tu es le plus beau,  le plus grand, le plus généreux, bref, le meilleur des hommes que la terre ait porté...
 

- Tu diras ce que tu voudras mais je veux des paroles vraies.
 

- Tu ne sais pas quand tu partiras mais au moins dis-moi où tu comptes aller.
 

- C’est évident, au ciel…
 

- C’est vague, lequel ? J’en connais au moins sept.
 

- Tu ne crois donc pas à la résurrection ?
 

- C’est quoi pour toi ?

 

- Ben... je ne sais pas exactement : on est auprès de Dieu parfaitement heureux pour l’éternité.
 

- Oui, mais l’éternité c’est long surtout vers la fin… Je plaisante bien sûr car le temps n’aura plus cours. Je reviens à ton enterrement, pourquoi tiens-tu tellement à ce que je prenne la parole ? A priori, tu n’entendras rien et tu ne pourras même pas protester si je dis des bêtises ; tu as envie que les personnes présentes gardent une bonne opinion de toi ?
 

- Je peux te le confier : oui c’est un peu cela
 

- Prends bien conscience qu’un discours, si élogieux soit-il, ne va pas les faire changer d’avis : si les gens pensent au fond d’eux-mêmes que tu es un salaud, aucune parole ne pourra les convaincre du contraire. Peu importe leur jugement… peut-être, désires-tu être rassuré car tu n’as pas totalement confiance en toi ?
 

- Tu me connais bien. Je voudrais que tu soulignes que je suis différent de l’individu qu’ils côtoient et qu’ils ne connaissent pas vraiment.
 

- Dieu sonde les reins et les cœurs, il sait qui tu es ; c’est un juge impartial (tu n’as donc pas besoin d’avocat) mais c’est aussi un père qui t’aime et qui est prêt à faire une croix sur toutes tes fredaines et turpitudes.

 

- Oui tu as raison. Mais tu comprends, c’est pour ma famille ; si quelqu’un prononce des mots bien sentis, ça leur fera plaisir.
 

- Qu’en sais-tu ? Laisse ta famille tranquille et libre d’organiser comme elle le souhaite tes funérailles. L’important, ce n’est pas de réussir son enterrement, c’est de réussir sa vie. Tu a peur de ne pas être aimé ? C’est peut-être parce que tu ne t’aimes pas assez. Es-tu capable de te dire, en te regardant dans la glace : « L’être merveilleux que je suis » ?
 

- L’être que je suis est cabossé : je ne suis pas un type marrant, je me plains souvent, je me mets parfois en colère sans raison etc. De plus, j’ai de gros problèmes...
 

- Tu as des soucis et des tracas comme tout le monde, l’important c’est de ne pas te laisser submerger, de garder la boussole vers l’au-delà. Dieu te soutient par l’intermédiaire des autres, c’est l’amour de toi-même puis des personnes que tu rencontres qui te permettra de surnager. L’amour c’est l’antidote de la mort. Comment veux-tu habiter dans l’au-delà si tu n’aimes pas profondément ta vie terrestre ?
 

-  Oui, tu me convaincs que le plus important c’est de vivre pleinement chaque moment pour pouvoir déjà goûter un peu le bonheur éternel. Alors, c’est à la mort qu’il faut adresser une oraison funèbre car elle va mourir de sa belle mort. Tu exprimeras alors un hymne à la beauté de la vie.
 

- Que voilà de belles paroles ! Quand une mère donne naissance à son enfant, on ne fait pas une oraison funèbre sur son placenta et pourtant il a été indispensable lors de la gestation. Le fruit, c’est la continuité de la fleur même si elle meurt. La mort terrestre, c’est la vie qui débouche sur l’inimaginable, l’incomparable, l’inexprimable. Médite cette parole de Jésus: « Je suis la résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra »

Gérard

15 avril 2017



15 - Quelques ÉLUCUBRATIONS

 

Vous arrive-t-il de recevoir des lettres anonymes ? Si oui, qu’en faites-vous ? Personnellement, après avoir bien vérifié qu’elles ne portent pas de signature, je les renvoie à l’expéditeur après avoir rayé mon nom sur l’enveloppe, ainsi celui-ci sera très déconfit de recevoir une lettre anonyme ; il expérimentera: « qui sème le vent, récolte la tempête ». On finit toujours par connaître l’auteur d’une lettre anonyme car un jour quelqu’un vous interpelle : « Avez-vous bien reçu ma lettre anonyme ? » Et pour berner votre interlocuteur, répondez : « Non, mais la prochaine fois, envoyez-la en recommandé »

 
Par contre, si, lors d’un voyage vous avez oublié votre carte d’identité chez un ami, en aucun cas, ne lui demandez de vous la renvoyer en recommandé surtout si vous êtes habituellement absent de votre domicile. Vous devriez alors vous rendre à la poste et l’employé vous demandera votre carte d’identité pour avoir le droit de vous remettre la lettre. Afin de prouver votre identité, vous lui réclamerez la lettre que vous avez reçue, lui précisant que la carte d’identité est à l’intérieur et il refusera de vous la donner tant qu’il n’aura pas vu cette pièce….

 
Pour les portables, fini les liasses papiers expliquant son fonctionnement, désormais le mode d’emploi est accessible depuis l’appareil : il suffit de trouver l’icône adéquate et de saisir la rubrique demandée. C’est particulièrement pratique quand vous ne savez pas comment prendre en main votre portable...

 
Un nouveau sondage d’opinion révélé en exclusivité : 40 % (40,35 % exactement) des personnes s’apprêtant à voter pour X (pendant la campagne électorale la réserve est de mise) refusent de dire pour qui elles vont voter. Dans ce même sondage, 63,84 % des personnes interrogées estiment qu’il y a trop d’étrangers dans le monde.

Gérard
1er avril 2017

 

14 - TRAIN DE L’HISTOIRE

Pas facile de prendre le train en marche surtout quand il s’agit du train de l’histoire et on n’y rentre pas de plain-pied. Mais Dieu merci, le wagon est équipé d’un marche pied ce qui facilite la mise en train.

Au sifflet du chef de guerre, ce train de l’histoire a repéré la géographie du Nord et de l’Est de la France, régions qui furent ensanglantées par la folie des hommes et la volonté de pouvoir des puissants :  il est passé par Bouvines en 1214 où l’Auguste Philippe a pris des terres à Jean sans Terre, Crécy en 1346 qui frappe les trois coups de la guerre de cent ans, Azincourt en 1415 défaite de la fleur de la chevalerie française, revenu par Rocroy en 1643 où s’illustra le Grand Condé, Valmy en 1792 victoire de l’épopée révolutionnaire, puis 1914 le début de la  grande guerre, Verdun en 1916. Autant de lieux où le train après avoir été dérouté, a déraillé pour avoir roulé à un train d’enfer. Combien ont emprunté ce train et furent éjectés du voyage sans que personne ne crie gare et sans même que leurs noms ne figurent sur les monuments des cimetières des villages !

Heureusement, roulent d’autres trains que ce train de mort : outre le train-train quotidien, circule avantageusement le train de vie.

Gérard
15 mars 2017


13 - LA VACHE ET LE TRAIN

 

 

Cet éleveur était perplexe. Pourtant, il avait tout lieu d’être satisfait ; satisfait était même un bien faible mot : enthousiaste, euphorique, exalté, seraient plus appropriés ! Sa vache, Gardelalina venait de remporter le concours général agricole de la race Montbéliarde qui se déroulait au salon international de l’agriculture. Elle avait des atouts morphologiques stupéfiants à faire pâlir d’envie Zeus lui-même, s’amourachant d’Io. Gardelalina pèse 890 kg, produit quelques 10 300 kg de lait en 305 jours. Pourtant, depuis son retour triomphal de Paris, Gardelalina montrait des signes de nervosité, mangeait peu et donnait un lait moins crémeux et moins abondant.
 

Perplexe, fut aussi le vétérinaire ; après un examen approfondi, il ne décela aucun symptôme explicatif de ce comportement singulier et inhabituel. L’éleveur changea son alimentation, rien ni fit. Il s’alarma davantage quand les voisines d’étables de Gardelalina, Histoire et Rubitaire présentèrent les mêmes signes d’abattement. Cette fois-ci, on fit des prélèvements sanguins, des analyses bactériologiques du bâtiment, tout se révéla négatif.

 

Ne sachant plus à quel saint se vouer, le fermier se mit en quête d’un psytaurus, c’est-à-dire un spécialiste du comportement des bovins, un homme qui comprend leur langage. Le psytaurus déballa tout son attirail et resta seul à seul avec Gardelalina. Ce qu’elle lui révéla, lui fit diagnostiquer le syndrome du « teuf-teuf ».

Que lui raconta donc cette vache ? En voici à peu près la traduction : «Au salon de l’agriculture, je me trouvais aux côtés de Linette et de Pastourelle ; tout en ruminant nous devisions, échangeant nos impressions sur notre alimentation, nos étables, nos éleveurs, et puis, tout à coup, une autre vache qui écoutait la conversation s’enhardit et parla du train. Ah, le train ! Le mot était lancé. Je remarquai que toutes mes voisines voyaient chaque jour passer les trains, une d’entre elles, ajouta même : «des trains, il en passe au moins 50 par jour, c’est le train-train quotidien, je ne les regarde même plus». Ne plus regarder les trains… Gardelalina en était quadruplement estomaquée, elle qui n’avait jamais eu l’occasion de voir le moindre tacot. Pastourelle annonça que chez elle, le train passait au moment de la sonnerie de l’Angélus et elle ajouta : « Cela crée une ambiance particulière car c’est le moment dévot » meuh… meuh s’esclaffèrent-elles, en imitant la vache qui rit. D’autres, comme Linette était venue en train. Gardelalina sentit monter en elle frustration et rancœur, le salon lui devint déplaisant : prix de meilleure mamelle et être réduite à regarder passer le train des officiels et des politiques, quelle déchéance !

 

A son retour, elle rumina son désarroi et déprima. Elle raconta sa mésaventure à Histoire et Rubitaire qui transmirent l’information à toute l’étable ; la révolte gronda, une génisse, sur le point de vêler, particulièrement agressive, résuma bien la situation : « Si rien n’est mis en œuvre pour nous montrer des trains, je sens que je vais devenir vache » ; d’autres voulaient cesser de s’alimenter pour maigrir jusqu’à devenir peau de vache. Bref, il fallait réagir.

 

L’éleveur n’eut d’autres solutions que de prendre sa bétaillère et d’emmener son cheptel à 25 km de là dans une pâture qui longeait la voie ferrée. Les animaux ayant vu passer les trains rentrèrent apaisés et la vie reprit de plus belle. Tout rentrait donc dans l’ordre.

Heureusement, l’éleveur avait eu auparavant la présence d’esprit de contacter les responsables syndicaux de la SNCF afin de s’assurer qu’il n’y avait pas de grève ce jour-là.

 

Gérard

12 - Eau bouillante

 

 

L’eau est-elle plus bouillante en été ou en hiver ? C’est une question qui a taraudé depuis toujours des scientifiques qui se sont brûlés les ailes à vouloir résoudre cette énigme. A l’heure actuelle, ce redoutable mystère n’est pas encore éclairci; voici rapidement résumées les avancées de la sciences en la matière. Trois théories se dégagent :

 

L’hiver est la saison où le chauffage central est allumé donc l’eau chaude circule, sans compter les infusions, les grogs voire les bouillottes. Lutter contre le froid  dans son corps et dans sa maison requière donc l’utilisation massive d’eau bouillante. L’eau bouillante est mise à contribution maintes fois par jour et comme elle est d’une nature bouillante, elle s’énerve, ce qui la fait bouillir encore, puis de plus en plus fort.

Donc, en hiver, l’eau est plus bouillante qu’en été.

 

Pas du tout, c’est en été, répondent d’autres scientifiques. La température ambiante est plus élevée qu’en hiver donc l’eau doit faire un effort supplémentaire pour atteindre les 100 degrés nécessaires à son ébullition, c’est le principe du transfert de chaleur par convection. En effet, - et en caricaturant - l’eau partant de la température environnante, mettons 25 degrés doit monter jusqu’à 100 degrés si bien qu’elle se trouve à 125 degrés au moment du bouillonnement. Elle est donc manifestement plus bouillante en été qu’en hiver.

 

Peut-être la vérité sortira-t-elle non pas du puits geyser mais de la bouche des chimistes. N’oublions pas, disent-ils, que l’eau en bouillant s’imprègne de dioxyde de soufre.

Comme chacun sait, le dioxyde de soufre accélère la formation de gouttes de vapeur dès lors que la température de l’eau devient supérieure à To selon la loi de Tchaplyguine, spécialiste des écoulements gazeux. Or, en été, To atteint son maximum comme l’a démontré Joukovsky, ce qui augmente le bouillonnement de l’eau. On pourrait donc en conclure provisoirement que l’eau est plus bouillante en été.

Par contre, en hiver, To est à son minimum suivant la thèse d’Alexandre Oboukhov dans ses études de la turbulence atmosphérique, ce qui devrait ralentir la hausse de température mais quand To baisse, une réaction chimique entraîne la formation de permanganate de sodium comme l’a fort bien démontré Alexei Abrikosov, ce qui précipite la formation de vapeur d’eau. Logiquement c’est donc en hiver que l’eau est plus bouillante.

Donc, force est de conclure que pour les chimistes, ces deux phénomènes se contrecarrent exactement, ils en déduisent que l’eau est aussi bouillante en hiver qu’en été.

Aujourd’hui, la communauté scientifique  est partagée entre ces trois théories. Nous attendons donc avec impatience une expérience qui mettra tout le monde d’accord.

 

Gérard

15 février 2017


11 - CUEILLI A FROID


Je suis en froid avec la météo : elle promet du soleil et c’est le givre et la neige qui rappliquent. Quand les médias nous demandent de nous couvrir pour éviter que l’hiver ne nous prenne en grippe, le cœur, cherchant la chaleur, active la circulation en battant le rappel de chaque artère et comme il est en veine, il garde son sang froid.


Le vent glacial souffle sans discontinuité, il frappe aux vitres givrées, se glisse sous les portes et dès qu’une fenêtre est entrouverte, vite, il entre dans la pièce, apportant le grand frisson, il fait de la cuisine sa salle de séjour qui devient ainsi une chambre froide : pas étonnant si l’on sert un buffet froid. L’âtre réchauffe un peu la maisonnée, le bois crépite, il fait feu de tout bois : tout à son boulot, ne manquant pas de charme, il ne se pose même pas la question d’être ou de ne pas hêtre....


Les bords de la rivière sont gelés, les canards s’installent au milieu, là où ils peuvent encore plonger dans l’eau pour se nourrir ; malgré la température négative, ils n’ont ni la chair de poule ni froid aux yeux, car un canard, fut-il enchaîné, est capable de jeter un froid.


Gérard
1er février 2017


10 - VŒUX DE VILLE


Quelle ne fut pas stupéfaction en regardant les panneaux d’informations municipales : « La ville vous présente ses meilleurs vœux »

La ville, qui est-ce ? Question difficile : la ville c’est à la fois les rives du Doubs, la porte St Pierre, le musée, les églises, les gymnases, les magasins, les entreprises, les distilleries d’absinthe, le théâtre, les rues, le marché, la gare, les maisons de quartier, les passants et bien sûr le maire et son équipe. Mais la ville ce ne sont pas seulement des monuments, des hommes et des femmes,... la ville c’est plus que cela, c’est une âme.

Qui dois-je remercier ? Qui, le premier, a ouvert le vœu, donné le vœu vert ? Qui a dit : « Vœux à volonté » ?

J’ai immédiatement pensé au coq du clocher, il a une certaine hauteur de vue et chez lui rien ne cloche. « Est-ce vous qui avez demandé à toute la ville de faire des vœux ?»

- « Non ! Mes vœux, je ne les présente pas au Nouvel An, ils seraient glacés et l’on dirait que je suis en froid avec tout le monde, j’attends le printemps pour faire mes vœux... de Pâques, en somme, ce ne sont pas des vœux pieux mais des vœux un peu vieux ».

J’ai pensé ensuite, que les sapins de Noël illuminant la grande place, avaient fait vœux de tout bois, et que pour souhaiter une bonne année, ils étaient tout vœu tout flamme. « Non ! Nous ne sommes pas les porte-paroles de la ville. Regardez plutôt la fumée, il n’y a pas de fumée sans vœux. »

Alors c’est sans doute le vent qui s’est chargé de cette mission. Pour en avoir le cœur net, je suis monté au Larmont, montagne qui domine l’agglomération. J’ai senti un air qui s’élevait de la cité, c’était à ne pas en douter une bise ; oui, la ville me faisait la bise en me souhaitant une excellente année, alors, j’ai ouvert les bras et je l’ai embrassée du regard.

Gérard
15 janvier 2017


9 - VŒUX 2017



Le Diable (Ça Va) Texte inspiré de la chanson de Jacques BREL


Le diable a convoqué tous ses associés à une Assemblée Générale. Après avoir entendu les rapports d’activités et financiers, le diable, rouge de satisfaction, a chaudement félicité les diablotins pour leurs réussites dans leur mission sur la terre, a exalté leur discrétion, leur ténacité et leur efficacité. Il a conclu avec enthousiasme.


Ça va
Les réfugiés sont refoulés
Et les nations ferment leurs portes. ça va

Aux frontières, des barbelés,
Les grandes âmes sont bien mortes.
ça va

Partout des bombes incendiaires
Éclatent en gerbes de sang,
Ravagent les pays en guerre

Et massacrent les innocents.
La haine s’incruste et persiste

Attisée par les terroristes. ça va


Les hommes plongent dans le vice

Et portent aux nues les bouffons. ça va
Plus de vertu, plus de justice,

Tout est trafic, tout est piston. ça va

Les pauvres gens sont la risée

Des puissants sans cœur ni raison.

Les enfants sont embrigadés

Pour devenir chair à canon.

L’argent tue même l’amitié

Engendrant un monde d’acier ça va



Le réchauffement climatique

Fera de la terre un enfer. ça va
Les cyclones sont sympathiques

Ils passent et tout devient désert. ça va

La banquise se liquéfie

Les eaux envahissent les terres,

Les migrants cherchant un abri

Seront jetés au fond des mers.

Les humains malades de peur

S’entretueront plein de fureur.

Ça va, ça va, ça va, ça va



Et à la fin de son discours, le diable a recueilli de l’assistance une standing ovation.

Consultant son I_Phone diabolique spécialement programmé pour lire l’avenir en particulier l’année 2017, le diable rosit, verdit, jaunit et pâlit. D’une voix blanche, après avoir imposé silence, il s’écria :


Ça ne va plus

Tout a changé, la vie bourgeonne

Plus de fumée, plus de carbone. ça ne va plus

Ils prennent en main leur destin,

Ainsi chacun mange à sa faim. ça ne va plus

Les barrières sont abolies.

En tout lieu, l’amour resplendit.

Les handicapés sont premiers.

Le ciel descend le protéger

Mais qu’a-t-il fait, l’homme, au Bon Dieu ?

Je m’en vais, je vous dis adieu !


Ça ne va plus, Rien ne va plus, Tout est foutu



Gérard
1er janvier 2017



8 - Libérez les portes condamnées


Pourquoi tant de portes condamnées ? Fermées, elles bloquent tout passage, et – force est de le reconnaître - elles restent murées dans le silence de l'indifférence générale.
Bien sûr, un jour, elles sont sorties de leurs gonds et l'on a redouté qu'elles ne se transforment en dangereuses « porte-à-faux » alors par décision le plus souvent arbitraire, ou à l'issue d'un procès sommaire, généralement à huis-clos, le juge d'application des pênes les a bouclées à double tour.

Et combien d'autres portes condamnées ! D'abord celles des cœurs qui sont barricadés dans leur tour d'ivoire afin de ne rien y voir….refusant l'entrée au visiteur, l'empêchant d'apporter le miel de sa présence. Ces portillons inaccessibles assèchent l'âme qui se recroqueville et s'enracine sur elle-même. Et que dire et comment réagir, sinon rougir de honte devant ces portes de la cité, closes par la volonté de leurs habitants voulant cultiver l'entre-soi, refusant d'accueillir l'étranger.

C'est alors qu'une lumière d'abord très vacillante, un rai presque invisible puis peu à peu marqué s'est dessiné sous les portes. Cette clarté semblait dire : « Moi, je ne te condamne pas. Tu es victime de la dureté des hommes, tu as peur et tu tires les verrous. » Alors, les barrières se sont peu à peu déverrouillées, les clés ont tourné, on a entendu très distinctement les paumelles coulisser.
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Portes qui condamnez l'espérance : portes des idées noires, portes de la méchanceté, portes de la rancune, portes de la malveillance, portes de l'égoïsme, portes de l'acrimonie, portes des enfers… ouvrez-vous toutes grandes, c'est Noël.


Gérard

15 décembre 2016



7 - Un accident évité de justesse.



Lundi à 15 h 46 exactement, un camion lourdement chargé de grumes et roulant à la limite de la vitesse autorisée franchissait le pont très étroit qui enjambe à la fois une voie de chemin de fer et la rivière.
A 15 h 47 très précisément, un camion-citerne rempli de fuel se présenta sur le pont mais dans le sens inverse du parcours du camion de grumes.
Comme chaque jour, à 15 h 48, le train de voyageurs passa exactement sous le pont
Lundi encore, à 16 h 51, Madame R poussant dans un landau son bébé de 3 mois, longeait le pont, pour se rendre chez sa mère habitant de l'autre côté de la rivière.
Dimanche dernier, toujours à 15 h 46 toujours sous le même pont, un bateau de touristes glissait sur l'eau faisant découvrir à des estivants la belle ville érigée autour de la rivière.

On frémit d'épouvante en pensant aux conséquences terribles, dramatiques et catastrophiques qui auraient pu se produire si le chauffeur du camion-citerne n'avait pas été arrêté par des travaux sur la voie, si le train avait eu 2 minutes d'avance, si l'excursion touristique avait été reportée au lendemain et si Madame R n'avait pas bavardé 5 minutes avec sa voisine et surtout si le soleil d'automne rasant avait aveuglé les deux chauffeurs. Nous aurions assisté à un choc terrible entraînant l'explosion du fuel, la rupture des attaches du camion libérant les grumes qui se seraient écrasées sur le train puis auraient rebondi sur les malheureux vacanciers du bateau… bref, l'horreur absolue !

Heureusement, rien de tout cela s'est produit : bébé, maman, voyageurs, touristes, chauffeurs sont sains et saufs et continuent leur vie, insouciants comme si rien ne s'était passé.

Gérard

1er décembre 2016


6 - LE POLITIQUE ET LES PRIMAIRES


A la manière de la fable : « Le Renard et les Raisins »


Certain Politique Gascon, d’autres disent Normand

Convoitant la place de Président de la République,

Faisant don de sa personne à la France généreusement,

Se lance alors dans l’arène publique

Parcourant l’hexagone et occupant les médias.

Mais faute de suffrages, le deuxième tour des primaires ne put atteindre.

« Au diable la politique, dit-il, c’est bon pour des goujats »

Fit-il pas mieux que de se plaindre.


Gérard

15 novembre 2016


5 - EMBROUILLAMINI

Une brebis de bénitier

Une grenouille galeuse


Un dur de pédalo

Un capitaine à cuire


Un bouc aux lèvres

Un sourire émissaire


Un train sous la Manche

Un tunnel d’enfer


Un assassin de chagrin

Une peau en herbe


Une fille de lit

Une descente de joie


Un cheval caché

Un vice de retour


Un chagrin de la Volga

Un batelier d’amour


Un programme boiteux

Un canard électoral


Une paire de bottes

Un cireur de baffes


Un sapin de guerre

Une hache de Noël


Une histoire de primes

Un chasseur à dormir debout


Un instinct de mauvaise vie

Une femme de conservation


Un parachute fiscal

Un paradis doré


Un chien de café

Un garçon de faïence


Un homme d’assaut

Un char de paille


Un démon de la farce

Un dindon de midi


Un plateau d’espoir

Un regain de fromage


Une agence de fond

Une course matrimoniale


Une quête de langage

Un abus de sens


Une bouche bleue

Une peur d’égout


Une chevauchée d’amour

Une nuit fantastique.


Un calumet de Pâques

Un œuf de la paix


Une entreprise de sainteté

Une odeur de démolition


Un sondage gastrique

Un embarras d’opinion


Un militaire enchanté

Un manège de carrière


Un coucher clandestin

Un abattoir de soleil


Une cuisse de méduse

Un radeau de Jupiter


Une assemblée en peine

Une âme statutaire.


Gérard

1er novembre 2016




 


4 - LES JOURS BAISSENT… PAS DE PANIQUE !


Vous l'avez sans doute remarqué : depuis juillet les jours diminuent et la nuit arrive plus tôt.

Très surpris et m'inquiétant de ce phénomène, je me suis rendu au CNRS où j’ai rencontré le directeur, Monsieur Henri HENCORT, afin qu’il m’éclaire sur les causes et les conséquences de cette étrange anomalie.

- En l’état actuel de nos connaissances, nous sommes incapables d’expliquer cette singularité ; peut-être les pluies de juin, anormalement abondantes, ont-elles détrempé la couche d’élasticité diurne ce qui lui occasionne une moindre sensibilité aux rayons gamma du soleil. Mais puisque les nuits s’allongent, nous pouvons appliquer le principe des vases communicants et l’on retombe bien sur la base d’une journée de 24 heures.

- Mais le fait s’est-il déjà produit ?

- Oui, nos statistiques sont formelles, ce n’est pas la première fois que l’on observe une régression de la durée d’ensoleillement ; donc pour l’instant, il n’y a pas lieu de s’affoler.

- Peut-on espérer un retour rapide à la situation normale ?

- Nous étudions attentivement cette bizarrerie et nos simulations permettent d’affirmer que le raccourcissement des jours se poursuivra, s’accentuera même jusqu’à la fin de l’année. Mais d’ores et déjà, nous avons pris des dispositions afin que, les fêtes passées, la luminosité reprenne vigueur et augmente régulièrement.


- N’y a-t-il pas d’autres alternatives que celles d’attendre passivement et de subir ces inconvénients sans broncher ?

- Bien sûr, nous pourrions importer des jours longs de l’hémisphère Sud mais cela coûterait très cher. Sans compter les discussions qui ne manqueraient pas de surgir pour savoir qui doit payer : les fortunés argumenteraient que chacun y trouvant une même quantité de soleil supplémentaire, exigeraient une répartition égalitaire de la dépense, d’autres rétorqueraient que n’ayant rien demandé, refuseraient de verser le moindre kopeck.


- Donc cette hypothèse est à exclure ?

- Évidemment ; il y a pourtant une autre solution, très simple. De la même manière que l'on avance et retarde les horloges deux fois par an (et nous le ferons prochainement) il faudrait retarder sa montre de 2 heures en se couchant, ainsi au saut du lit, le soleil brillerait et nous saluerions avec entrain cette belle journée qui s’annonce. A midi, nous remettrions nos pendules non seulement à l’heure normale mais en les avançant encore de 2 heures, et, de la sorte, nous pourrions bénéficier de longues soirées ensoleillées qui ont fait nos délices en juin.


Monsieur Henri HENCORT ajouta : « Vous voyez, c’est enfantin, inutile d’aller chercher midi à quatorze heures ».


Gérard
15 octobre 2016


3 - CARTE BLEUE


- Bonjour Monsieur le banquier, vous êtes le spécialiste des cartes bancaires, je vous informe que ma carte, toute récente, qui vient de votre banque, la banque HAL, ne veut rien savoir : dans un distributeur ou chez un commerçant, elle affiche l'inscription  : « carte muette ».

- « Donnez-moi votre carte, j'ai les moyens de la faire parler ».

- Qu'allez-vous faire ?

- Je vais m'occuper de sa puce !

- Attention à ne pas la brutaliser

- Rassurez-vous, à la banque Hal, nous restons dans le droit chemin. Nous avons une machine ultra perfectionnée qui secoue les puces. Mais, zut alors !…. manifestement, il y a un problème. Écoutez votre carte, j'ai l'impression d'entendre un bruit comme celui d'une ponte d’œufs, une ponte très lente d'ailleurs.

- Effectivement, je le perçois comme vous. Mais, vous m'avez mis la puce à l'oreille…je me souviens que tout de suite après avoir retiré la carte, je suis allé faire un tour aux puces et je cherche s'il n'y a pas un rapport, si j'ose dire….

- Votre carte est neuve et donc la puce est, comme qui dirait, pucelle. J'imagine que les puces mâles ont fait un saut de puce jusqu'à elle et pas seulement pour lui chercher des poux dans le système.

- Vous supposez que….

- Ce n'est pas une supposition, c'est une réalité. Eh, oui, votre puce n'est plus celle que vous croyez….Elle pond, pond, pond et ne répond plus de rien. Je vais stériliser la carte et ainsi elle pourra fonctionner. Voilà je la teste, elle est prête à parler à votre compte en disant : « A moi, compte, deux mots et des sous ! ».

- Je ne lui en demande pas tant. Mais comment expliquez-vous ce phénomène ?

- Normalement, nous ne prenons que des puces savantes mais manifestement, à la banque HAL, nous l'avons mal dressée.


Gérard
1er octobre




2 - VACANCES DIVINES


- Grand St Pierre, tu es tout agité, qu'as-tu donc ?

- Archange, toi qui es son secrétaire, je voudrais voir Dieu, c'est urgent.

- Dieu, n'est pas ici, il est parti en vacances.

- Quoi ? Parti ?


- Il travaille sans s'arrêter depuis une éternité. Il a bien le droit de se reposer.

- Où est-il allé ?


- Mystère et top secret.

- Je croyais qu'il était partout.


- C'est une vue de l'Esprit.

- Tu peux alors lui envoyer un message ?


- Impossible. Il ne veut être dérangé sous aucun prétexte. Pourquoi tiens-tu tellement à le voir ?

- C'est que….


- Quoi ? Pierre, dépêche-toi, Dieu m'a laissé une montagne de dossiers à traiter.

- Il est parti avec la clé du paradis….


- Hein ! Explique-toi

- Il passait par là lorsque quelqu'un a frappé à la porte. Comme je m'endormais, Dieu, dans sa grande bonté, m'a dit : « Tu peux dormir, j'ouvrirai ». Quand je me suis réveillé, l'élu avait bien été enregistré, la porte était fermée mais la clé n'était plus sur la serrure comme à son habitude.


- Enfin, quelle idée de t'endormir, vraiment la chair est encore faible ! Tu ne peux plus ouvrir ? La porte du paradis est donc condamnée ?

- C'est bien cela ! Et ça n'arrête pas de cogner. Il y a une longue fille d'attente : j'ai regardé par le judas. Tous ces braves gens ne sont pas en sécurité à l'extérieur. Tu vois ce que je veux dire : Satan rôde cherchant qui dévorer.


- Tu es vraiment inconscient. Tu as reçu les clés du royaume et souviens-toi ce que Jésus t'a dit à ce moment là : « Tout ce que tu fermeras sur dans les cieux sera fermé sur la terre » (j'interprète) donc par ta faute, la terre est aussi verrouillée, la grâce divine ne peut plus y pénétrer. C'est une catastrophe, tu te rends compte de ta bêtise, pire que le reniement !

- Peut-être Dieu a-t-il un double dans son bureau ? Ou alors, le Fils et l'Esprit ont sûrement un passe ?


- Pas de double, à ma connaissance. Le Fils comme l'Esprit se moquent des clés, ils franchissent et s'affranchissent des portes fermées. Mais, Dieu partant avec la clé, cela ne lui ressemble pas ; il l'a certainement accrochée quelque part. As-tu bien regardé ?

- Viens ! Tu te rendras à l'évidence, cette clé n'est plus dans ma loge.


- On va allumer un cierge ainsi on verra clair dans tous les sens du terme.

- Ho ! Regarde par terre, il y a quelque chose qui brille.


- La voici ! Dieu a mis la clé sous la porte.

Gérard
15 septembre 2016

 

1 - C'est parti !


A vos marques ! Prêts ! Partez !

Non, ce ne sont pas les Olympiades de « Murmure » qui démarrent ce 1er septembre, c'est le marathon des rédacteurs qui se poursuivra jusqu'au 30 juin. Nous ne cherchons pas de médailles, nous n'envisageons pas non plus, de monter quatre à quatre les trois marches du podium. Nous voulons seulement nous élancer à toutes jambes pour exposer des idées, alimenter des réflexions, voire étaler des extravagances, autant de sujets qui passionneront - espérons-le - les internautes. Durant cette course d'obstacles de longue haleine, nous devrons sauter par dessus les haies du découragement, franchir les rivières du doute, sortir des sentiers éprouvants de la page blanche, économiser le souffle des envolées sans lendemain, rechercher le grand air de l'inspiration, accepter les blessures quand nous nous frotterons aux ronces des désirs jamais réalisés.

Bien sûr, nous garnirons notre giberne de sujets attrayants, d'expressions percutantes, sans oublier la ponctuation si difficile à maîtriser car capricieuse, nous éviterons les traquenards, les guets-apens, les chausse-trappes orthographiques, nous protégerons les verbes de la routine, plus insidieuse que la rouille, nous ne manquerons pas de fourbir des adjectifs rutilants et, nous arroserons copieusement, abondamment, généreusement, l'aridité de certains propos par des adverbes bien choisis.


Amie lectrice, ami lecteur, toi qui nous fais l'honneur de visiter ce site pour savourer ces textes parfois banals mais toujours pétris de la sueur du vouloir bien-faire, que ces billets te trouvent satisfait(e), souriant(e) et même émerveillé(e). Ainsi, « Murmure » loin du tapage médiatique sera cette petite musique différente qui t'emmènera vers les harmonies angéliques.


Gérard

1er septembre 2016