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LES ETONNEMENTS DE CATHERINE

 

Catherine, protestante d'origine, s'est mariée avec un catholique. 
Depuis, elle est membre active de sa paroisse catholique.
Elle nous fait part, souvent, de ses étonnements.

(Vous trouverez aux archives les chroniques précédentes)


Dimanche 18 juin 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est ! Bébé est baptisé. Celui qui mange les fleurs du jardin et les croquettes pour chien.

Bébé s’est très bien comporté pendant toute la célébration. Il s’est montré coopératif, joueur parfois (mais sans exagération) et surtout joyeux. Etonné aussi de se retrouver dans ce lieu inhabituel pour lui (une belle église lumineuse) entouré tout à coup de tous ses proches venus parfois de loin, parents, sœur aînée, grands-parents, arrière grands-parents, et des deux jeunes oncle et tante (mon fils et ma fille) devenus par la même occasion parrain et marraine de bébé (ce dont ils sont très fiers).

Le prêtre qui officiait et qui était en fait le vicaire général du diocèse (qui remplaçait le curé de la paroisse) a rondement mené son affaire, à savoir les trois baptêmes programmés ce dimanche (dont celui de bébé) et a fait preuve de beaucoup de pédagogie. Il a tout d’abord demandé à l’assemblée de s’impliquer dans la célébration en expliquant qu’il n’était pas là pour faire un one man show. Il a fait répéter les chants, plusieurs fois s’il le fallait, et a expliqué tout le rituel du baptême. De même, il a introduit chaque prière par un mot explicatif. Il a employé l’humour, un humour à la limite de l’agacement quand il a souligné le fait que certains parents n’avaient pas respecté le rituel du vêtement blanc pour leur enfant.

J’ai souri quand bébé et sa tribu se sont présentés pour le baptême, car ils étaient tous habillés en blanc, bébé bien-sûr mais aussi sa sœur, ses parents, son parrain et sa marraine. Ça compensait les oublis des autres…En fait, il faisait tellement chaud que les messieurs avaient tombé la veste, or ils portaient une chemise blanche, assortie à la robe de la marraine qui avait choisi cette couleur en raison de la chaleur et des circonstances. Le vicaire a dû se demander qui était le baptisé dans la troupe lorsque cette famille en blanc s’est avancée devant l’autel où trônait une sorte de chaudron en cuivre (un objet un peu étonnant car on aurait dit une bassine pour faire les confitures).

Bébé qui adore l’eau a apprécié que son parrain le penche au-dessus de la « bassine » et que le prêtre (qu’il a longuement dévisagé) lui mette de l’eau sur la tête. Il s’est réjoui de ce geste qui l’a rafraichi…

Je craignais que les jeunes ne soient un peu choqués par certaines remontrances du vicaire et par son ton parfois « parental ». Mais pas du tout. Soit ils ne l’ont pas remarqué, soit ils ont apprécié, comme mon fils, qui a trouvé les remarques justifiées et la manière dont le vicaire a parlé « très bien ».

Comme quoi, les recadrages ne perturbent pas la jeune génération…

Bon début d’été à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

tr

Vendredi 9 juin 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est !

Les résultats de mes examens (de licence de théologie) sont publiés. Et en ce domaine, on a toujours des surprises. Des bonnes, voire très bonnes et des moins bonnes.

Pas de « grand écart » comme en première année, où j’ai réussi à avoir, dans la même discipline (les sciences bibliques) un 2/20 et 20/20 (le record de la promo en matière d’écart de notation…). Mais des surprises. Une mauvaise note (que je ne connais pas) à l’oral d’Ancien Testament qui plombe ma moyenne de sciences bibliques en la ramenant à 13,5 (ce qui reste honorable tout de même). Des coups d’éclat en histoire par contre : un 18 en histoire des religions qui traitait de l’Islam. Et surtout un beau 17 en histoire du christianisme moderne : une dissertation de 4h (alors que je n’ai plus du tout l’habitude de ce type d’écrit…) qui portait sur la pensée éthique d’Albert Schweitzer, un sujet que j’ai particulièrement apprécié car Schweitzer m’a aidée à comprendre un peu qui était Jésus-Christ : sûrement pas un théoricien, mais quelqu’un qui voulait transformer le monde avec les « outils » de sa culture, de sa religion et de son époque ; ce que tentera aussi de faire Schweitzer avec les outils de son temps à lui et son principe du Respect de la vie (qui m’a passionnée). Heureusement que par ailleurs je fais régulièrement des exercices d’écriture, comme celui de vous écrire par exemple, ça entretient la pratique, parce que composer pendant 4h, ce n’est pas rien…

En herméneutique scripturaire (science de l’interprétation biblique), j’ai eu une bonne note aussi car je me suis sentie à l’aise avec ce devoir qui consistait à comparer 4 traductions différentes (en français) d’un même passage biblique en hébreu. C’est étonnant comme exercice. Vous pouvez le faire chez vous très facilement. Vous prenez un passage biblique, dans lequel il y a un petit enjeu théologique (ou un grand), et vous comparez plusieurs traductions. Vous serez surpris.

Pour l’animation de la journée interdisciplinaire sur le thème de « la Bible et moi », j’ai eu aussi une bonne note. Heureusement que j’avais l’expérience de Théofor (la formation pour les acteurs pastoraux dans mon diocèse) et du service de formation diocésain, cela m’a bien aidé….

Seules les TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) n’ont pas bien marché. J’ai loupé le C2i, le certificat informatique, d’un demi-point (c’est un peu rageant mais sans conséquence).

Ceci dit, ce ne sont pas ces résultats qui me préoccupent. Ce sont ceux que vont obtenir prochainement mes enfants qui m’importent, car tous les deux sont en phase d’orientation et se jouent prochainement leur parcours dans le supérieur (qui est comme on le sait, sélectif) et en partie au moins, leur avenir…

Les notes que l’on obtient à 20 ans peuvent avoir un impact considérable…

Amicalement comme toujours.

Catherine


ca

Mardi 30 mai 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je n’oublie pas Murmure. J’ai juste été absorbée par bébé la semaine passée, bébé que j’ai gardé pendant que ses parents étaient auprès de sa sœur aînée hospitalisée brutalement.

Bébé (17 mois) est adorable, et très remuant. Et surtout imprévisible. Bébé se déplace très vite car il ne marche pas mais court. Et, le plus redoutable est qu’il porte tout ce qu’il trouve à sa bouche : cailloux, bijoux, terre, herbes, croquettes pour chien, fleurs du jardin, médicaments, sans parler de l’eau du bain qui est bue à grandes lampées…

Pendant que je courais après bébé, mon fils, lui, faisait de la culture hors sol. De l’aquaponie, pour être précise. C’est sa nouvelle passion. J’avoue avoir mis un peu de temps à comprendre le principe tellement il s’éloigne de la représentation que j’ai de la plante qui a besoin de terre pour pousser.

L’aquaponie consiste en effet à cultiver des plantes simplement avec de l’eau, de l’eau enrichie en matière organique générée par des poissons qui vivent dans l’eau de culture. Vous me suivez ?

En clair, vous prenez un bassin, vous y mettez des poissons, puis à proximité du bassin, vous installez un dispositif avec des graviers par exemple ou des billes d’argile où seront semées les graines. L’eau des poissons est pompée pour arroser les plants qui se nourrissent des déjections des poissons ( !). Et l’eau des poissons est filtrée par les graviers et les racines. Bon, il y a toute une histoire de bactéries aussi, et d’azote, mais là, j’ai décroché… En résumé, c’est un système qui combine l’élevage de poissons et la culture de plantes à base d’eau enrichie.

Et le plus étonnant, c’est que ça marche. Les salades et les tomates poussent très bien et très vite (même hors saision). Il faut juste veiller à la stabilité de l’écosystème car un déséquilibre peut nuire aux plantes et surtout aux poissons et s’il n’y a plus suffisamment de déjections, les plantes ne sont plus nourries…

Plus de désherbage, m’a expliqué mon fils alors que j’arrachais rageusement les pissenlits du jardin, mais pas de carottes non plus… car cette culture ne convient pas aux légumes à racine. Dommage, car j’aime bien les carottes (mon fils aussi).

Son expérimentation a lieu dans les serres d’une grande ville, mais j’ai bien vu qu’il arpentait mon jardin à la recherche d’un endroit où il pourrait installer son dispositif d’aquaponie.

Avec deux autres étudiants en économie, il a étudié la viabilité d’une entreprise de culture maraîchère basée sur ce principe. Conclusion (inattendue) : c’est économiquement viable et même rentable. Leur « coach » les a d’ailleurs encouragés à créer leur entreprise. J’ai senti que mon fils se questionnait. Mais il hésite à se lancer car les économistes n’ont pas suffisamment intégré le risque biologique dans leur « business plan » selon mon fils. On ne sait jamais ce qui peut se passer avec le vivant, m’a-t-il expliqué, « c’est fragile, on ne maîtrise pas tout… ».

Une dernière précision : l’aquaponie existait déjà dans l’Antiquité…

Etonnant non ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

ca

Mardi 16 mai 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’ai eu la chance, à Strasbourg, de rencontrer Marion Muller-Colard. Ou, plutôt de l’écouter lors de la communication qu’elle a donnée à l’occasion de la Journée interdisciplinaire organisée par la faculté de théologie sur le thème « La Bible et moi ». Marion est une ancienne élève de la faculté où elle a fait une thèse sur Job. Après ses études, elle a exercé les fonctions d’aumônière en milieu hospitalier. Aujourd’hui, elle ne veut surtout pas que l’on dise qu’elle est théologienne (car elle ne fait plus de recherche en théologie), mais simplement écrivaine car elle vit de sa plume. Elle fréquente de ce fait les milieux littéraires, et côtoie des auteurs comme Emmanuel Carrère (D’autres vies que la mienne, Le Royaume…un auteur qui se dit agnostique mais qui est très inspiré) ou Alexis Jenni (l’Art français de la guerre, prix Goncourt 2011). Elle anime aussi une émission biblique sur France 2 le dimanche matin où elle met en œuvre une approche singulière : elle rassemble, dans un bel endroit et autour d’un texte biblique, un petit groupe de personnes, certaines n’ayant aucune connaissance religieuse, qu’elle fait ensuite échanger sur leur compréhension du texte. La lecture est associée à d’autres activités qui souvent mobilisent les sens. S’il est question de pain par exemple dans le texte biblique, alors les invités fabriqueront et dégusteront du pain pendant l’émission…

Marion nous a confié en débutant son intervention qu’elle avait le trac, ce qui m’a étonnée car elle a l’habitude des caméras de télévision et des interventions en public. Ceci dit, elle est avant tout auteure, donc habituée à une activité solitaire. Elle écrit des romans, des essais de spiritualité, et des livres pour la jeunesse. L’Autre Dieu (que je vous recommande) est l’un de ses succès. Elle y dévoile sa compréhension de Dieu tout en évoquant ses rencontres, ses épreuves personnelles et ses études sur Job (et la survenue du malheur). Car si Marion se défend d’une approche intellectuelle et rationnelle de la bible au privilège d’une approche intuitive, elle n’en n’a pas moins longuement étudié la bible. Certes, elle préfère aujourd’hui créer des œuvres littéraires et vérifier son intuition que la lecture de la bible doit se faire avant tout en entrant par la narration, de manière intuitive (la Bible, elle-même étant principalement un récit plus qu’un écrit de réflexion). Elle pense que c’est ce qui convient au lecteur actuel.

Mais ce qui m’a le plus étonnée, c’est ce qu’elle nous a dit à propos de l’Esprit saint. Alors que notre professeur de théologie se désole que le rayon de la bibliothèque consacré à la pneumatologie se vide, elle nous a expliqué que cela ne lui posait aucun problème de parler de l’Esprit dans les milieux littéraires qu’elle fréquentait, que le mot « esprit » ne gênait personne. « Je peux dire Esprit » sans problème, nous a-t-elle expliqué, ça ne trouble personne.

C’est très étonnant non ? Et c’est plutôt une bonne nouvelle, je trouve.

Et, vous, vous osez parler de l’Esprit dans les milieux que vous fréquentez ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

ds

Dimanche 30 avril 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est, ma valise est prête. Demain, je prends le bus (un bus « Macron ») en milieu d’après-midi pour me rendre à Strasbourg, pour la modique somme de 17 euros. Le trajet sera plus long qu’en TGV mais ce n’est pas grave puisque j’ai encore beaucoup de révisions à faire.

En effet, je me rends à Strasbourg pour 4 jours d’examens dans le cadre de mes études de théologie. Au programme cette année : de la bureautique( !) pour commencer car je dois, c’est obligatoire, me présenter à l’épreuve du C2i (un certificat informatique). L’épreuve va durer une demi-journée ( !). J’aurai 4 exercices à faire, un en traitement de texte, un avec un tableur (là, j’ai fait une impasse), un diaporama et une recherche internet. Puis je devrai répondre à un QCM (questionnaire à choix multiple) portant sur l’environnement informatique, multimédia et numérique. Ensuite on passe aux choses sérieuses : un oral en histoire des religions pour commencer, qui cette année porte sur l’Islam. Ce cours m’a bien plu et il me semble que j’ai compris beaucoup de choses à propos des fondements de l’Islam en revanche, j’ai un peu de mal à mémoriser les mots arabes.

Dans la foulée, j’aurai un oral d’Ancien Testament, que je redoute, tellement le sujet est vaste et le professeur exigeant. Puis, viendra (le même jour que les deux oraux !), LA dissertation du semestre en histoire du christianisme moderne dont le sujet cette année porte sur la pensée d’Albert SCHWEITZER. J’ai adoré ce cours car comme j’ai bien compris (je pense) la démarche éthique d’Albert SCHWEITZER, j’ai du coup mieux compris celle de son modèle qui était Jésus-Christ. Là, j’ai appris énormément, mais il va falloir rassembler assez d’éléments pour composer pendant 4 heures tout de même…

Enfin, la semaine s’achèvera sur une table ronde interdisciplinaire (qui va durer toute une journée) sur le thème « La Bible et moi », réunissant professeurs et étudiants. J’aurai une prise de parole publique à préparer en parallèle de mes révisions et des épreuves…ça va être chaud.

A cette occasion, je vais avoir la chance de rencontrer Marion Muller-Colard, l’animatrice de Mag-bible, l’une des émissions de Présence protestante sur France2 les dimanches matins car elle vient animer la table ronde. Or, j’aime beaucoup l’approche de la bible (très simple tout en restant sérieuse) que la théologienne (et auteur de livres pour adolescents) promeut.

Je vous reparlerai de cette table ronde.

Bonne semaine électorale.

Amicalement comme toujours.

Catherine

ju

Vendredi 21 avril 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’espère que vous allez bien par ces belles journées de printemps magnifiquement ensoleillées (bien qu’un peu fraîches ces jours derniers) et que vous allez bien voter ce dimanche.

En ce qui me concerne, je reçois toujours des messages plus extravagants les uns que les autres de la part de mon fils.

Le dernier en date, reçu sous forme de MMS se présentait ainsi :

« Sleon une édtue de l’Uvinertisé de Cmabrigde, l’odrre des ltteers dans un mtos n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soenit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dans un dsérordt toatel, vuos puoevz tujoruos lrie snas porlblème.

C’est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot. »

?!?!

Passé l’effet de surprise, et une fois l’exercice de lecture accompli avec finalement assez de facilité, j’ai pu vérifier une nouvelle fois que la méthode dite « globale » d’apprentissage de la lecture n’était pas aussi idiote que certains l’ont affirmé. La preuve en est avec ce genre d’exercice où le lecteur parvient très bien a retrouvé le sens du mot sans recourir au déchiffrage des syllabes. Il faut croire que le déchiffrage des syllabes n’est pas l’unique outil de lecture. L’autre outil majeur est la MLT, la mémoire dite à « long terme », celle qui encode les informations pour de longues années, pour ne pas dire définitivement. C’est elle qui donne tous le sens aux informations qui nous arrivent via la mémoire sensorielle (la vue dans le cas présent) qui elle fonctionne sur du très court terme. Car les informations envoyées par nos systèmes sensoriels sont systématiquement comparées aux informations stockées dans la MLT (c’est mon fils qui m’a expliqué tout ça), or la MLT stocke plutôt la forme des mots que leur découpage syllabique.

J’ai constaté que mon logiciel de traitement de texte avait lui aussi une bonne MLT car il a reconnu tous les mots déformés (tout comme mon propre cerveau) et m’a proposé l’orthographe exacte. Il n’a commis aucune erreur.

En revanche la dactylographie de ce bref paragraphe avec ses mots déformés a été laborieuse. Je ne sais pas à quel type de mémoire obéissent les doigts, mais c’est encore une autre forme de stockage.

Et vous, vous avez réussi à lire le message ?

Bon week-end électoral.

Aimlcament cmome tujoruos.

Catherine

pi

Lundi 10 avril 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Coup de téléphone de mon fils en fin d’après-midi : tu veux un faisan ?

?!?! Pourquoi, tu as tué un faisan avec ta voiture ? (une mère imagine toujours le pire).

- Mais, non, j’te parle d’un faisan vivant, un faisan à mettre dans le jardin !

- Un faisan dans le jardin ?!?! Ecoute, j’ai déjà deux tortues (celles de ma fille), deux poissons (ceux de mon fils) en pension, plus deux chats (dont une chatte qui attend des petits), non mais qu’est-ce que je vais faire d’un faisan ? Bon, et puis on peut savoir d’où il vient ? Et toi, t’es où ?

- Je suis à l’étang (alors que je l’imaginais sur les bancs de sa faculté en train d’étudier), oui, c’est relâche depuis la fin des Entrepreneuriales (ça, je vous en parlerai dans un prochain billet, ça vaut le coup aussi), je suis en train de pêcher et ça fait une heure que le faisan est là au bord de l’eau, il est tout près de moi, il discute (je me suis demandé un instant si mon fils n’avait pas bu, ou fumé), écoute, je mets le téléphone près de sa tête…

?!?! Bon, la conversation avec un faisan est assez limitée, mais effectivement, le volatile poussait des espèces de petits cris…

- Je lui ai donné du maïs, mais il n’en veut pas.

- Donc, il ne meurt pas de faim. Mais qu’est-ce qu’un faisan fait aussi près de toi ?

- C’est sûrement un faisan d’élevage, comme ceux que les chasseurs lâchent au moment de la chasse… Admettons, mais tu imagines l’attraper comment ? Ben, avec un filet. Un filet ? Oui, j’ai un filet dans la voiture. Un filet de pêche ? Oui. Mais tu pêches au filet maintenant ? Non, j’ te parle d’une épuisette. Parce que tu vas attraper le faisan avec une épuisette à poisson ?!?! Ben oui, parce que je crains qu’il ne se fasse manger par les renards. Mais tu sais bien qu’il y a des renards autour de la maison aussi, ils passent même au bas du jardin, et ils ont dévoré les deux poules de la voisine dernièrement. Oui, c’est pour ça qu’il faudrait rentrer le faisan tous les soirs…

?!?! Non, mais attends, si ton faisan a survécu, malgré la présence des renards, c’est qu’il a trouvé un endroit pour se mettre à l’abri, une branche d’arbre sur laquelle se percher. Les renards ne grimpent pas aux arbres à ma connaissance !

- Bon, ok c’est vrai que le faisan était déjà là la semaine dernière, il se débrouille tout seul apparemment…

J’ai donc eu le dernier mot, mais juste. Mon fils m’a envoyé une photo de l’animal par sms pour m’attendrir. C’est vrai qu’il était beau.

Ce matin, j’ai croisé Sophie, ma voisine. Elle m’a interpellée : A. m’a appelée hier soir, il voulait pourtant me donner un faisan pour que je le mette dans mon poulailler. Mais mon poulailler est trop petit. Pour un faisan, il faut une volière…

L’espace naturel, c’est encore mieux non ?

Je n’aime pas les oiseaux en cage. Et vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine


im


Lundi 3 avril 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’ai, dans mon entourage, un jeune couple étonnant.

Il a une trentaine d’années et deux petits garçons. C’est elle qui fait bouillir la marmite. Pendant ce temps, c'est lui qui bâtit de ses mains la maison familiale. Une maison étonnante elle aussi, à l’image du jeune couple, et tout à fait dans l’air du temps puisque totalement écologique, c'est-à-dire respectueuse de l’environnement et de la santé de ses habitants.

La maison est en effet construite avec des matériaux naturels ou recyclés, les moins toxiques possibles et produits à proximité.

Les «murs » sont en paille, de la vraie paille comme celle que je voyais en bottes dans les champs lorsque j’étais enfant. Elle est isolée avec des matériaux de récupération. Du chanvre a été ajouté aussi à la paille, celui-ci devant avoir des vertus (que je ne connais pas). Le tout est recouvert, en guise d'enduit, de  barbotine, un mélange à base d'eau et de terre argileuse tirée directement du terrain où est implantée la maison. Les joints qui isolent le plafond et le mur-paille, sont en toile de jute (!). Le sol de la maison, lui, est isolé avec de la laine et du crin de cheval tirés de vieux matelas recyclés (!). L'ensemble est protégé par une grille anti-rongeur (c'est plus prudent vu la nature des matériaux...). Le bardage extérieur est quant à lui tout en bois.

Le plafond tout en bois, lui aussi, est enduit d'huile de lin, tout comme le plancher, dont les trous sont bouchés à la cire d'abeille. Le chauffe-eau est isolé avec de la laine de verre récupérée. Les lavabos aussi sont de la récup, améliorée et adaptée. Tout comme les robinets (certains tout du moins). Et comme une des grandes baies vitrées qui arrive directement de chez Emmaüs.

Le jeune couple a replanté le marronnier, les topinambours, fraisiers, oseille, lilas et aromates, de son ancienne location, et a réimplanté le poulailler ! Ah, et un assortiment de graines a été rapporté également de leur ancien jardin: mélilot, luzerne, vesce, trèfle, sainfoin, lupin, sarrasin, chanvre (encore !), lotier et minette (une sorte de luzerne il me semble), pour améliorer le sol, agrémenter la vue et nourrir les p'tites bêtes.

Sans oublier l'ânesse (vermifugée tous les 3 mois avec un ail entier), qui a été installée, dans sa propre cabane, construite tout en matériaux de récupération, bien-sûr.

Le jeune couple est très entouré, une main d'œuvre importante (famille, amis) vient lui prêter main forte. Dieu merci, car la tâche est rude.

Il faut être scout pour se lancer dans un tel projet...

Bonne semaine à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine


im


Jeudi 23 mars 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Un nouvel attentat a eu lieu à Londres. Je pense que vous êtes au courant, car il est à peu près impossible d’échapper à l’information diffusée et rediffusée sur tous les médias. C’est un nouveau drame, forcément… A ce propos, j’ai une histoire drôle, assez étonnante à vous livrer. C’est totalement décalé, j’en suis consciente, mais de temps en temps, un peu d’humour fait du bien.

J’ai découvert cette histoire drôle dans le livre d’un certain Jackie Berroyer, un scénariste, acteur et auteur français qui fait paraître des chroniques dans la revue musicale suisse Vibration, lesquelles ont été rassemblées dans un ouvrage paru récemment et intitulé : parlons peu, parlons de moi- ne dites à personne que j’en parle à tout le monde (le ton est donné). Or, j’ai eu l’occasion de lire un extrait de ce livre paru au Dilettante. Et là, j’ai découvert que les palestiniens pratiquaient un humour très particulier, une arme peut-être contre la peur des attentats ?

Voici ce qu’il en est (c’est gore comme disent les jeunes, je vous préviens…). « Il n’y a pas que les suisses qui ont leurs suisses allemands. Les palestiniens ont leurs belges. Pour eux, ce sont les gens de Hébron. A Ramallah, j’y étais récemment, un gars me racontait le genre d’histoires qui circulent (….) : Un type d’Hébron veut mourir, il est déprimé, il a envie de suicide, on le met en contact avec le Hamas, qu’il se rende utile au moins. Ces gens lui donnent une ceinture d’explosifs et un casque pour communiquer. Il se promène en Israël, il dit dans son micro : « ça y est, je vois trois juifs, j’y vais ? » « Non attends, trouves-en plus. » « Là, maintenant il y en a dix. » « Non pas encore. » « Et maintenant des centaines ! » « Vas-y ! » Et notre homme de sortir son poignard et de s’ouvrir le ventre…Elle n’est pas extraordinaire, mais l’humour ! L’humour comme recours. »

C’est déroutant mais probablement efficace…Humour du désespoir ? Sûrement.

J’espère qu’on n’en arrivera jamais à raconter ce genre d’histoire sur nos amis belges, car cette histoire est révélatrice d’une forme de banalisation du terrorisme. Ceci dit, je me demande parfois comment nos réactions d’occidentaux face aux attaques terroristes sont perçues, par les habitants de certains pays comme Israël ou la Palestine par exemple où les attentats constituent une menace quotidienne depuis des années. Je me demande aussi comment ils font pour vivre avec ce risque permanent. Je pense que nous avons des choses à apprendre de ces gens-là…

Qu’en dites-vous ?

Amicalement, comme toujours.

Catherine

cp
Mardi 14 mars 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Mais au fait, peut-être pouvez-vous m’aider ?

Pour mon exégèse de « Samuel à Silo », c'est-à-dire de 1 Samuel 2, 18-21, je dois faire une recherche sur la réception du texte dans la littérature, la peinture, la musique, enfin dans les arts en général. J’ai déjà eu l’occasion de faire ce type de recherche lors de mon premier semestre d’étude pour l’exégèse de Genèse 22 (le sacrifice d’Isaac). Alors là, je ne savais plus où donner de la tête tellement les « réceptions » surtout dans la peinture, étaient foisonnantes. Pour « Samuel à Silo » autrement dit Samuel enfant avec ses parents Elkana et Hanna et le prêtre Eli qui l’instruit, c’est un peu l’inverse : je ne trouve quasiment rien.

Samuel à Silo, c’est l’histoire que je vous racontais dans mon précédent billet. Le futur prophète Samuel (celui qui désignera les deux premiers rois d’Israël, Saül puis David) est encore un enfant lorsqu’il arrive au sanctuaire de Silo. Sa mère Hanna a décidé de le consacrer à Dieu en contrepartie de la grâce que Celui-ci lui a accordée de pouvoir enfanter un fils alors qu’elle était stérile. L’enfant grandit auprès du prêtre et juge (donc chef de guerre) Eli et de ses fils Hofni et Pinhas, deux vauriens d’après le texte biblique, qui ne connaissent plus Dieu  (comme quoi, l’environnement éducatif ne détermine pas tout dans le devenir d’un enfant). L’enfant sert Dieu. A distance, sa mère Hanna prend soin de lui. Chaque année, elle lui confectionne un petit manteau qu’elle lui « monte » à Silo, à l’occasion du sacrifice annuel. L’enfant porte ce vêtement par-dessus un éphod de lin. En fait, dès son plus jeune âge, le jeune garçon est vêtu comme un prêtre ou un juge. Tout un programme…

Donc je cherche maintenant des traces de la réception de cet épisode de l’enfance de Samuel dans les arts, aujourd’hui et dans le passé bien-sûr. Au milieu de mes recherches infructueuses, j’ai tout de même eu une bonne surprise : la redécouverte du tableau intitulé « Samuel enfant » par le peintre britannique Joshua Reynolds (1723-1792), qui se trouve au musée Fabre de Montpelier. Mon oncle et ma tante « de Metz » avaient une reproduction de cette toile dans leur appartement et enfant, je contemplais ce tableau qui représentait un très jeune enfant agenouillé, vêtu d’une simple chemise (le peintre ne devait pas avoir lu la péricope que j’étudie), en train de prier. J’ignorais qu’il s’agissait du Samuel de la Bible (mais s’agit-il bien de lui ?). Je me demandais toujours si l’enfant qui priait était une fille ou un garçon. Les rondeurs et la chevelure m’avaient fait pencher pour la fille, mais le doute subsistait (aujourd’hui encore d’ailleurs). En tout cas, j’étais loin d’imaginer un futur prophète ou chef de guerre…

Bon et vous, connaissiez-vous cet épisode biblique ?

Amicalement comme toujours.

Catherine


sd

Mardi 28 février 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ranna. Quand le professeur d’ancien testament a prononcé ce nom, Ranna, je me suis demandé de quel personnage biblique il parlait. J’avais beau chercher, je ne voyais pas. Quand elle (le professeur est une femme) a évoqué le livre de Samuel, je ne voyais toujours pas. Et pour finir, j’ai eu un peu de mal à croire que celle qu’on nomme Anne, la mère de Samuel, s’appelle en réalité Ranna.

C’est comme si le fait de réattribuer à Anne son véritable prénom, lui redonnait du même coup son vrai visage. Celui d’une israélite vivant en Samarie il y a 3000 ans. Une femme qui vit un drame, celui d’être stérile. Ne pas avoir d’enfant alors qu’on le désire est toujours un drame, aujourd’hui encore. Mais pour Ranna, il y a double peine : à celle de ne pas avoir d’enfant s’ajoute celle ne n’être rien au plan social. Une femme dans le contexte de cette époque qui n’est pas mère, n’est rien. Sans parler de la peur qui devait être la sienne d’être un jour sans ressource si son époux était appelé à disparaître.

Ranna, de ce fait, est inconsolable. Pourtant Elkana, son époux, l’aime. Il la préfère à sa seconde épouse Péninna qui lui a donné des enfants, elle (et qui se moque accessoirement de Ranna), et il le lui dit. Mais cela ne suffit pas. Ranna ne se résigne pas à cette situation d’épouse sans enfant. Alors Ranna implore Dieu incessamment. Elle insiste. Chaque année, lors du pèlerinage annuel à Silo, elle se rend au sanctuaire pour prier Dieu. Au point d’agacer le prêtre Eli qui la rabroue car elle articule en priant et il croit qu’elle est saoule. Un jour, Ranna fait un deal, comme on dit aujourd’hui, avec Dieu : s’Il lui donne un fils (parce que pour être vraiment une femme reconnue, il vaut mieux avoir un fils), alors elle donnera l’enfant au sanctuaire de Silo (donc à Dieu).

Et ça marche. Ranna se retrouve enceinte après son retour de Silo. Et elle tient sa promesse. Elle confie son fils au prêtre Eli de Silo et à sa famille (pas toujours très recommandable). Elle attend tout de même que l’enfant soit sevré. Puis, chaque année, elle confectionne un nouveau petit manteau pour son garçon, qu’elle monte au sanctuaire à l’occasion du pèlerinage annuel et qu’elle remet à son fils, qui lui grandit auprès du prêtre Eli et sert Dieu. C’est comme si chaque année, par la confection de ce vêtement qu’elle monte au lieu du sacrifice, elle renouvelait le sacrifice qu’elle a fait de donner son fils unique au Seigneur.

Là, c’est Eli qui intervient. Il bénit le couple. Et leur promet de la part de Dieu une descendance nombreuse. Ce que Ranna et Elkana auront puisque naîtront de leur union trois autres fils et deux filles. Ranna est comblée.

Mais le plus étonnant n’est pas là. Il est dans le fait que cette femme prend la parole et surtout que sa parole sera retenue dans le texte biblique. C’est rare d’entendre une voix de femme dans l’Ancien Testament. C’est donc précieux. Et quelle voix. Car Ranna, comblée à la naissance de son premier fils va exulter de joie et confesser Dieu : « Nul n'est saint comme l'Eternel, car il n'y en a point d'autre que toi ; et il n'y a pas de rocher comme notre Dieu ». S’en suit une longue profession de foi (c’est le fameux Cantique d’Anne) qui sera recyclée par les auteurs du Nouveau Testament (c’est le Cantique de Marie). C’est dire si la voix de Ranna a raisonné longtemps.

Bon, maintenant il faut que je fasse l’exégèse de tout ce récit, c’est mon devoir du semestre. Et ça c’est une autre histoire.

Amicalement comme toujours.

Catherine


mo

Lundi 13 février 2017
Amis de Murmure, bonjour à tous.
J’ai appris que l’expérience de la maladie pouvait déboucher sur un diplôme. J'ai trouvé l'idée vraiment innovante et intéressante. C'est pourquoi j'ai eu envie de vous en parler.
Le constat de départ est le suivant : le fait est que lorsqu'on est atteint d'une maladie grave, chronique et/ou invalidante (cancer, VIH, diabète, maladies rénales ou cardio-vasculaires, polyarthrite rhumatoïde...), on acquiert une expérience, et des savoirs propres au vécu et statut de patient. Or, de plus en plus, le savoir expérientiel du patient intéresse tant le monde médical que le monde universitaire. Dans le même esprit, les instances de décision du monde de la santé convoquent de plus en plus de patients « experts » à qui elles accordent leur confiance.
 C'est cette idée qui est à l'origine de la création (en 2009, c'est déjà ancien mais encore peu connu) par le professeur Catherine Tourette-Turgis, d'une Université des patients. Cette université, logée à la Faculté de médecine Pierre et Marie Curie à Paris, est un dispositif pédagogique qui consiste à inclure dans plusieurs formations diplômantes universitaires du champ de la santé, des personnes vivant avec une maladie chronique. L'idée étant de faire connaître et reconnaître le savoir expérientiel des patients, acquis au cours de leur maladie et de leurs parcours de soin.
L'université des patients ne s'est pas contentée de créer un dispositif pédagogique novateur, elle a créé de nouveaux diplômes. Le DU (diplôme universitaire) Éducation thérapeutique est l'une des formations emblématiques de l’Institut, mais d'autres sont en voie de création comme le DU Accompagnement du parcours patient en cancérologie ou un DU Démocratie en santé. Ce dernier diplôme en particulier intéresse les patients qui souhaitent devenir représentant des usagers dans les instances de santé. Il permet de mettre en œuvre, une fois installé dans ces instances de décisions, une ingénierie dite de participation active. Une professionnalisation dans cette voie est parfois observée pour certains patients qui intègrent, pour y travailler (et plus pour y être seulement soignés) les centres hospitaliers.
Les bénéfices de ce dispositif de formation sont décrits comme étant majeurs tant au plan individuel (y compris au niveau de l'amélioration de l'état de santé des patients), qu'au niveau collectif (meilleure collaboration patients-soignants, usagers-établissements de soin).
L'idée de cette Université des patients est plutôt une bonne nouvelle je trouve, non ? Qu'en pensez-vous ?
Amicalement comme toujours.
Catherine

me

Mercredi 1er février 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Aujourd'hui, c'est vous qui allez être surpris si je vous annonce que je lis le Coran. Je le lis dans le cadre d'un cours d'histoire des religions traitant de l'Islam.

En lisant le Coran, des surprises, j’en ai. Je n’imaginais pas retrouver les personnages bibliques presque à chaque page, or ils sont très présents, que ce soit Adam ou les patriarches comme Abraham, ou les prophètes, sans parler de Jésus et de Marie. Ce qui est troublant, c’est de retrouver ces figures bibliques que l’on connaît bien (Moïse par exemple) avec une toute autre fonction, celle de prophète de l’Islam. Et sans référence aucune aux textes bibliques dont ils sont pourtant tous issus. C’est comme si les personnages bibliques avaient subi un « recyclage ».

J'ai été interpellée, en découvrant le nom que porte la seconde sourate (je n'en suis qu'au tout début du Coran) qui s'intitule « la génisse ». J'ai grandi à la campagne, et je sais identifier cet animal à son allure (plus svelte que celle de la vache), et à son comportement (plus joueur que celui des bêtes adultes). Cette sourate (la plus longue du Coran) a été intitulée ainsi parce que, entre autres choses, il est question au verset 63 d'une génisse que Moïse ordonne aux israélites d'immoler (épisode à ne pas confondre avec celui du Veau d'or également réécrit dans le Coran 20, 85-98).

Voici ce qui est dit au verset 63 : Moïse dit un jour à son peuple: Dieu vous ordonne d'immoler une génisse : les Israélites s'écrièrent: Nous prendras-tu en dérision? Que Dieu me préserve, dit-il, d'être au nombre des insensés. Prie ton Seigneur répondirent les Israélites, de nous expliquer clairement quelle doit être cette génisse. Dieu veut, dit-il qu'elle soit ni vieille ni jeune, mais d'un âge moyen. Faites donc ce qui vous est ordonné. Ce que feront effectivement les Israélites quelques versets plus loin, Dieu ayant précisé, par l'intermédiaire de Moïse, que la génisse ne devait pas être fatiguée par le travail de labourage ou de l'arrosement des champs, que le mâle ne devait pas l'avoir approché, et qu'elle ne devait avoir aucune tache.

Avouez que ce récit est surprenant. Rien que par le fait que « les Israélites » soient mentionnés à plusieurs reprises dans le récit, comme à de nombreuses autres reprises dans le Coran d'ailleurs. J'ignorais que le Coran s'appuyait ainsi sur les textes des autres religions, judaïsme et christianisme, et réinterprétait les traditions.

Je ne lirai pas tout le Coran (je n'ai pas lu toute la bible d'ailleurs) mais je suis heureuse de découvrir ce texte. J'en aurai à l'avenir une représentation beaucoup plus précise à défaut d'être totalement « juste », car pour cela, il faudrait apprendre la langue arabe. Ça, je n'aurai jamais le courage de le faire. En revanche, j'ai des collègues étudiants qui se lancent dans cet apprentissage. C'est très à la mode et très courageux !

Amicalement comme toujours.

Catherine

pieu

Dimanche 22 janvier 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Dimanche dernier, alors que les communautés chrétiennes célébraient la 103ème journée des migrants, j'ai eu
l’occasion de voir sur Arte un reportage étonnant, qui relatait la rencontre entre une styliste allemande et des
dentellières turques immigrées à Berlin.

D'un côté, la styliste Ann-kathrin Carstensen. Elle raconte que très jeune, alors qu'elle faisait ses études, elle a eu une sorte de révélation après avoir créé une chaussette au crochet. Elle a eu le sentiment que cette activité pouvait être un jour son entreprise personnelle. Et elle l'est devenue effectivement, puisque la styliste a fondé sa propre entreprise de haute-couture (de haut-crochet devrait-on dire) à Neukölln, un quartier de Berlin. Rita in Palma (c'est le nom de l'atelier fondé par Ann-Kathrin) confectionne aujourd'hui des cols haute-couture, des gants de luxe, des chaussettes ( !), des bijoux, de la lingerie, exclusivement fabriqués au crochet.

De l'autre côté, un groupe de femmes turques. Elles sont toutes musulmanes, voilées (élégamment), et sont immigrées à Berlin. Elles disent parler peu ou mal l'allemand, ce qui les tient (en partie) à l'écart de la société allemande, comme le port du voile probablement. Ces femmes détiennent un savoir-faire artisanal ; elles pratiquent le crochet avec une pointe extrêmement fine qui leur permet de fabriquer des ouvrages d'une grande finesse. Ce savoir-faire transmis de génération en génération n'intéresse plus leurs filles expliquent-elles. En revanche, il a fortement intéressé Ann-Kathrin, qui malgré les obstacles de la langue et de la culture, a su apprivoiser ce groupe de femmes et les a embauchées dans son atelier de haute-couture. Les banquiers proposaient à la styliste d'acheter des machines pour la confection ; Ann-Kathrin a préféré faire travailler les femmes turques. Aujourd'hui, elle valorise leur savoir-faire, non seulement en exposant et en vendant leurs réalisations, mais en les présentant au grand public, lors des expositions, en train de crocheter.

Le reportage aussi les montre au travail. C'est étonnant de voir ces femmes voilées confectionner des dessous chics ou des articles de mode luxueux. Mais elles l'expliquent très bien : elles aiment les beaux accessoires et la belle lingerie même si elles restent très pudiques lorsqu'elles sont en dehors de chez elles.

Ce qui m'a ému personnellement, c'est de voir la styliste allemande et les femmes turques créer ensemble de nouveaux modèles, dont une robe magnifique destinée à une exposition (on les voit la confectionner pendant le reportage).

Ces femmes en témoignent dans le documentaire, leur rencontre et leur collaboration reposent sur la confiance mutuelle qui s'est établie entre elles (allemande et turques) qui partagent la même passion du crochet d'art et qui aiment ce qui est beau.

Vraiment, l'entreprise d'Ann-Kathrin est un bel exemple d'amitié et de coopération avec des migrants. A ce niveau là, je crois que nos amis allemands ont une longueur d'avance sur nous.

Vous ne croyez-pas ?

Le reportage est sur You Tube. Tapez : Carte blanche à Meret Becker Square Arte (durée : 26 minutes).

Amicalement comme toujours.

Catherine

gel

Jeudi 12 janvier 2017

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je ne serai pas très bavarde cette semaine et mon billet sera bref.

Je manque de temps en raison des révisions que je dois faire en vue des examens de demain soir (du grec ancien, 140 versets à traduire avec analyse de toutes les formes verbales) et de samedi matin (4h d’exégèse d’un passage, en grec toujours, de l’évangile de Marc, cette épreuve est le clou du semestre).

De plus j’ai l’humeur chagrine, je suis dans la peine car hier après-midi avaient lieu les obsèques de mon amie disparue prématurément suite à un cancer qui a eu raison d’elle en 90 jours alors qu’elle était en bonne santé jusqu’à présent. Or, je ne veux pas vous polluer avec mes états d’âme.

Mais je ne veux pas non plus laisser cette page vide. Alors, pour que vous trouviez un peu de distraction et que vous puissiez vous changer les idées (ce que vous cherchez je pense en lisant cette page habituellement), je vous communique un lien internet qui vous permettra d’accéder à une vidéo, très courte je vous rassure, et étonnante. Vous y verrez Marie-Charlotte MORIN, une étudiante en biologie de l’Université de Strasbourg, présenter sa thèse (soit un travail de 3 années) en 180 secondes (soit 3 minutes). C’est intéressant, impertinent et plein d’humour. Vous verrez comment un petit ver (caenorhabditis elegans) peut être porteur d’espoir en matière de guérison des maladies neurologiques qui nous guettent tous : Parkinson, Alzheimer et compagnie.

Je vous laisse découvrir par vous-même.

https://www.youtube.com/watch?v=p01rPKWqI6A

Amicalement comme toujours.

Catherine


ne

Mercredi 4 janvier 2017

Amis de Murmure, bonjour et bonne année à tous.

Les vacances de Noël sont finies et voici que la neige apparaît. Enfant, je n’aurais guère apprécié ce mauvais tour de la météo. Bon, elle arrive tout de même un mercredi, une chance. S’il en tombe suffisamment d’ici l’après-midi, les jeunes du village pourront « aller à la luge » comme disaient mes enfants, à la combe qui se trouve au bout du chemin qui mène à ma maison, un lieu idéal pour cette activité car suffisamment spacieux et surtout pentu !

La neige a du bon pour moi aussi. Elle me maintient devant ma cheminée à étudier. Je ne serai pas tentée de me rendre au jardin, de me promener ou encore de prendre la voiture pour aller faire des courses. Ça tombe plutôt bien car je suis en période de révisions pour les examens qui approchent à grands pas. Au programme de cette fin de semestre : de l’histoire, celle du christianisme aux premiers siècles (Ier au VIème siècle). Une période passionnante pleine de rebondissements, une période troublante aussi (il s’en est fallu de peu que nous ayons un tout autre credo…), et qui, passée la période apostolique, est faite d’une succession de crises : monarchique, arienne, nestorienne, monophysite ! La grande question (de la Grande Eglise qui émerge) est de savoir qui est le Christ. Un homme ? Dieu ? N’est-il que l’un ou que l’autre ou encore les deux ? Est-il de la même nature ou substance que Dieu ? A-t-il été créé par Dieu ? Ou lui est-il consubstantiel ? Faut-il parler de « substance » ou de « personne » (il fallait trouver des mots pour qualifier le Christ, quel travail !) ? Et Marie dans tout ça, qui est-elle ? Peut-on la déclarer « mère de Dieu » ou « mère du Christ » ? Et le Saint Esprit, quelle est sa place dans cette dynamique ?

Orient et Occident se divisent, les empereurs interviennent (il n’y a pas de séparation de l’Eglise et de l’Etat à cette époque), imposent leur décision, puis changent d’avis, il en va de l’unité de l’empire. Considérations politiques et doctrinales s’entremêlent. Les conciles s’enchaînent, les évêques souvent rivaux, se « déposent » et s’excluent les uns les autres, s’envoient mutuellement en exil, se font arrêter, se réconcilient… vraiment, c’est une période de la vie de l’Eglise étonnante. Deux sensibilités religieuses et deux portraits du Christ s’affrontent : le Christ alexandrin (de la ville d’Alexandrie, très influente dans l’Antiquité), c’est le Christ de gloire des icônes byzantines, puissance de Dieu parmi les hommes, et le Christ antiochien (de la ville d’Antioche), humain, homme à côté du Verbe ayant une existence humaine consistante, c’est le Christ « homme parfait ».

Je me suis demandée un moment, si j’avais vécu au Vème siècle, si j’aurais été plutôt alexandrine ou antiochienne… Les débats actuels dans l’Eglise (être pour ou contre le dialogue interreligieux avec l’Islam par exemple) paraissent fades (même s’ils remettent en cause eux aussi le dernier concile !) à côté des questions doctrinales et théologiques de cette époque. Et surtout, on ne risque plus sa vie à y participer, ou d’être arrêté, ou encore martyrisé pour des questions de foi religieuse comme les premiers chrétiens. Enfin, dans mon pays…ce n’est pas vrai partout en Orient ou en Afrique.

Bon, et pour vous, le Christ est plutôt « Dieu visible et proche » ou plutôt « l’Homme parfait » ?

Bon début d’année à tous et à toutes.

Amicalement comme toujours.

Catherine

fot

Mardi 19 décembre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est, Noël approche.

Les 4 bougies de la couronne de l’avent étaient toutes allumées sur l’autel du temple dimanche. La pasteure a lu (sans raccrocher) la longue généalogie de Jésus qui se trouve au chapitre 1 de l’Evangile de Matthieu. Trois fois 14 générations avant qu’on en arrive à Jésus : la génération des patriarches, puis celles des rois (pas toujours justes) et de leurs compagnes (pas toujours vertueuses), et enfin des inconnus jusqu’à Joseph. Concernant la dernière lignée, la pasteure nous a fait remarquer qu’il manquait un échelon, il n’y a effectivement que 13 générations de mentionnées (et non 14). Pour la pasteure il n’y a pas de doute, ce manque n’est pas dû à un oubli ou une erreur de l’auteur de l’Evangile de Matthieu, il a une signification : la génération manquante est en fait la nôtre aujourd’hui  dans laquelle le Christ advient. Tout un programme…

A la maison, où le sapin est en place (mais pas encore décoré), ça sentait Noël dimanche après-midi, au sens propre du terme, car ma vieille maman (93 ans !) est venue confectionner les traditionnels biscuits de Noël. Les plaques à pâtisserie sont sorties du four en continu tout l’après-midi jusque tard dans la soirée, et toute la maison sentait le biscuit sablé au citron. L’odeur de Noël...

Pendant ce temps, j’ai procédé à mes commandes : des huîtres, qui viendront de Noirmoutier (j’ai fait une infidélité aux producteurs de Marennes Oléron), et qui ont été élevées sur place (et non pas importées d’une autre région), par de jeunes producteurs qui viennent de reprendre une entreprise familiale. J’ai toujours une pensée pour tous les ostréiculteurs qui vont travailler dans l’eau de mer (froide) ou dans des cabanes à huîtres (humides) pendant de longues heures pour détroquer, trier, emballer et expédier à temps les coquillages que nous engloutirons ensuite en quelques secondes (après nous être donnés un peu de mal pour les ouvrir tout de même)…

La dinde de cette année, elle, sera bronzée  (une appellation étonnante pour une volaille). Elle aura couru sa vie durant dans les prés de Haute-Saône et aura mangé les bestioles et végétaux qu’elle aura trouvé elle-même en grattant la terre (plus quelques céréales concassées soigneusement choisies). Elle sera farcie, selon la recette de ma grand-mère paysanne, avec son foie et son gésier.

Le vin mousseux quant à lui sera catalan. Le Cava, ce vin sec mais doux et fruité (offert par les cousins espagnols) marquera le début des festivités.

Dans quelques heures, les 4 générations de notre famille seront réunies pour fêter Noël : l’arrière grand-mère, le bébé de 1 an, sa sœur ado, ses parents et leur chien, les étudiants et leur fiancé, et nous. Sans idéaliser ces temps de retrouvailles familiales, je fais le vœu qu’elles soient chaleureuses et que chacun puisse sentir la joie de Noël en lui.

Joyeux Noël à vous tous.

Catherine

ok



Lundi 12 décembre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est. J’ai mis un point final à mon devoir d’Ancien Testament et l’ai adressé au professeur hier soir. Depuis, je me sens beaucoup plus légère.

Comme sujet d’exégèse, et parmi les propositions du professeur, j’ai choisi le sacrifice d’Isaac (Genèse 22). Ce n’était pas le plus facile, mais celui qui m’intéressait le plus. Le récit en lui-même, archi connu, n’a rien de compliqué. Abraham reçoit l’ordre de Dieu de sacrifier son fils, le fils donné par Dieu, promesse d’une longue descendance. Abraham s’exécute, emmène son fils sur une montagne désignée par Dieu, bâtit un autel et lie son fils qu’il place sur les bois destinés à l’holocauste. Un messager de Dieu intervient au moment crucial et retient la main du patriarche prêt à immoler le garçon. Abraham détourne alors son regard, et découvre l’animal qui deviendra la victime de l’holocauste, un bélier, pris par les cornes dans un fourré. S’en suit une longue et belle parole de bénédiction de la part du messager qui renouvelle la promesse de Dieu d’une descendance pour Abraham.

Si le récit est simple, l’exégèse, ainsi que l’interprétation du texte, sont ardues, et la littérature sur ce passage surabondante. Ce récit est en effet l’un des plus commentés de la bible (sûrement parce qu’il frappe l’imagination). J’ai donc parcouru un peu de cette abondante littérature. Etonnamment, ce sont les commentateurs juifs qui m’ont le plus aidée à comprendre un peu quelque chose de ce récit étrange. C’est eux qui, je trouve, comprennent le mieux cette histoire, qu’ils soient rabbins du Moyen-âge ou contemporains, ou encore professeurs de littérature.

Par exemple, grâce aux rabbins du Moyen-âge (qui le tenaient certainement de commentaires bien antérieurs), j’ai découvert que la demande que Dieu adresse à Abraham est ambigüe en hébreu. Au verset 2, Dieu dit à Abraham, en parlant d’Isaac, fais-le monter là en montée, qui est l’expression en usage pour désigner un holocauste (un sacrifice où l’ensemble de la victime est brûlé, où il ne reste rien). Or cette expression peut être comprise de deux façons : fais-le monter là POUR un holocauste (pour faire ensemble un sacrifice) ou fais-le monter là (en fumée) COMME holocauste (Isaac étant la victime). Même ambiguïté au verset 8 où Abraham explique à Isaac qui s’interroge sur quelle sera la victime de l’holocauste, qu’« Elohim verra pour lui l’agneau pour holocauste, mon fils». On peut comprendre l’expression en deux sens : soit il s’agit d’une apposition, et Abraham croit contre toute évidence que Dieu choisira un agneau à la place de son fils, soit, « mon fils » signifie la victime.

Il s’avère donc qu’Abraham ne sait pas bien ce que Dieu attend de lui et lui demande. Ni quelle sera la victime de l’holocauste. Ce n’est pas clair. Il doit décider. C’est là tout le problème. C’est peut-être même là que réside la nature du test que Dieu adresse à Abraham. Parce que Dieu, on l’oublie en général en racontant le récit, fait passer un test à Abraham : il est bien dit au verset 1 que Dieu met Abraham à l’épreuve. Ce récit n’est pas à proprement parler l’histoire du sacrifice d’Isaac (qui ne sera pas sacrifié) mais plutôt l’histoire de la mise à l’épreuve d’Abraham.

Pour le Rabin Pauline BEBE, personne ne sort indemne de la lecture de ce récit (je confirme), on y sacrifie tous quelque chose. Selon elle, Abraham a sacrifié son fanatisme religieux dans cette histoire.

J’aime bien cette idée. Je crois comme elle que Dieu n’aime pas ça, le fanatisme religieux. Qu’en pensez-vous ?

Bon temps de l’Avent à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

is

Jeudi 1er décembre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Mon mari m’a fait une sacrée surprise cette semaine. Il m’a annoncé qu’il partait à la retraite, non pas dans deux ans comme prévu mais dans deux mois ! Et heureusement qu’il y a les délais administratifs à respecter, sinon il partait dans deux jours…

Je ne m’attendais pas à un aussi rapide changement de situation. Bon, il n’y a rien de grave, ce n’est pas un licenciement, ou une mauvaise nouvelle comme l’annonce d’une maladie. C’est même plutôt une bonne nouvelle pour mon mari car les missions qui lui sont confiées actuellement ne lui conviennent pas, donc il est plutôt content de partir à la retraite. Il aurait bien continué à travailler encore deux ou trois ans, d’autant plus qu’on encourage actuellement les séniors à prolonger leur vie professionnelle mais finalement, il jette l’éponge. Joyeusement. C’est la quille…

Il bénéficie d’un dispositif dit « carrière longue » qui permet à ceux qui sont entrés dans la vie active très jeunes de bénéficier d’une retraite anticipée, c’est-à-dire à 60 ans au lieu de 62. Or mon mari a commencé à travailler très jeune (à 17 ans), pour reprendre par la suite ses études, sous forme de cours du soir. A l’époque, on parlait de promotion sociale.

J’imaginais que, comme beaucoup de salariés, il suivrait un stage de préparation à la retraite (avec moi pourquoi pas) animé par des conseillers spécialisés dans la gestion des périodes de transition, qu’on envisagerait une nouvelle organisation quotidienne, qu’il aurait le temps de se projeter dans sa nouvelle vie de retraité. Enfin, qu’on parlerait ensemble de sa retraite future. Sauf que le futur lointain est devenu un futur tout proche, et dans quelques semaines ce sera le présent. Rien n’est fait en termes de préparation. C’est la grande improvisation.

En fait, c’est surtout moi qui suis perturbée. Pour mon mari, tout va bien. Il a une idée à la minute concernant ses futures occupations de jeune retraité. J’ai même ordre de ne pas ébruiter la nouvelle, car il ne veut pas recevoir trop de sollicitations sous prétexte qu’il sera disponible. Il est suffisamment accaparé par le monde associatif. Il vient d’accepter la présidence d’une association d’insertion employant de nombreux salariés. Du coup, c’est comme s’il avait un nouveau travail…

Moi par contre, il faudra que je change mes habitudes car je n’aurai plus mon chauffeur pour me conduire à mon travail. Du coup, j’envisage de prendre les transports en commun. Je partirai seule les matins et n’irai plus déjeuner à la cantine de mon mari. J’irai peut-être plus souvent déjeuner avec ma vieille maman. Elle sera gagnante dans l’affaire.

En fait, ce qui me trouble le plus, c’est que pour la première fois en 25 ans de vie commune, je perçois notre différence d’âge qui est de dix ans. En matière de passage à la retraite, nous ne sommes pas du tout en phase puisque j’ai encore 15 ans à travailler (à moins que je ne décide de partir plus tôt).

Les années qui s’accumulent en revanche ne me font pas (trop) peur. Je suis plongée actuellement dans l’histoire d’Abraham (il faudra que je vous reparle du sacrifice d’Isaac car j’arrive au bout de mon exégèse). Or Abraham avait 75 ans quand il a quitté son pays et sa famille pour partir sur un chemin totalement nouveau. Alors à 60 ans…

Amicalement comme toujours.

Catherine

fo

Samedi 19 novembre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Lors du week-end prolongé du 11 novembre, j’ai accompagné mon mari aux Rencontres du ciel et de l’espace qui se tenaient à Paris, à la Cité des sciences. Bien que n’étant pas passionnée d’Astronomie, j’ai trouvé les conférences souvent captivantes et de très grande qualité. On sort de ces rencontres avec une vision actualisée de l’univers et surtout la conviction que la vie sur terre relève d’un miracle.

Je me suis tout de même échappée des conférences d’astronomie à une ou deux reprises, lorsque le sujet devenait trop ardu pour moi, lorsqu’il était question d’astrophysique par exemple et que je ne comprenais pas le titre de l’intervention. Les opportunités ne manquaient pas à la Cité des sciences qui regorge d’expositions sur de nombreux thèmes grand public. En sortant de l’expo « Quoi de neuf au Moyen-Age », remarquable (dommage que je n’ai pas pu en bénéficier l’an passé lorsque j’étudiais le christianisme à cette période…), j’ai fait une pause dans un atelier d’enluminure. Il restait de la place, je me suis installée à une table avec deux enfants et leur grand-mère. Et là, je suis allée de surprise en surprise.

L’animatrice nous a tout d’abord appris à faire de la peinture avec les moyens utilisés au Moyen-Age. Pour fabriquer la peinture proprement dite, nous avons fait des mélanges à base de poudre d’oxyde de fer de différentes couleurs (je croyais que l’oxyde de fer était orange, mais il peut être vert, jaune, rouge…), d’eau et de poudre de gomme arabique (c’est le liant). Nous avons utilisé des cochenilles aussi (qui donnent une couleur lie de vin). Nous avions des pinceaux en poils naturels, de cochon, d’écureuil et de martre. L’animatrice nous a montré comment peindre des lettrines à la manière des enlumineurs. J’ai vite senti mes limites. La lettre, ça va. Je parviens assez bien à embellir le tracé d’une lettre. Pour ce qui est des dessins qui l’ornent, c’est autre chose. L’animatrice nous a expliqué que les enluminures étaient réalisées par des artistes, parfois très recherchés, qui passaient de monastère en monastère pour offrir leur service. Ils travaillaient une fois la copie du manuscrit achevée. Ils n’avaient pas droit à l’erreur. D’autant plus qu’à cette époque, le support en parchemin était de grande valeur.

Comme je m’intéressais au sujet, l’animatrice nous a présenté de vrais parchemins, fabriqués en peaux de bête comme au Moyen-Age. Un en peau de porc et un en peau de chèvre (ou brebis). J’ai pu les toucher et j’ai été étonnée par leur couleur, très blanche et par leur aspect, beaucoup plus épais et rigide que je ne l’imaginais. C’est avec ces peaux qu’étaient fabriqués les codex, les ancêtres des livres, qui étaient vite volumineux et encombrants du fait de l’épaisseur et de la rigidité du support. Je comprends mieux pourquoi les anciens codex ne comprenaient en général qu’une partie de la Bible. A propos de la bible, l’animatrice nous a expliqué qu’il fallait 4 à 5 mois à un moine copiste pour faire une nouvelle copie. Le livre était donc coûteux à tous niveaux, du fait de son support et du temps de travail pour produire la copie.

J’ai appris auprès d’elle aussi ce qu’était à l’origine le Vélin. Pour moi, c’était un papier haut de gamme. C’est bien le cas, mais au départ, c’était du parchemin fait avec une peau extrême fine car provenant de veaux mort-nés ou avortés ( !). C’est finalement un bienfait que l’imprimerie soit apparue depuis, et maintenant le numérique. Dommage pour les enluminures qui ont disparu. Heureusement, les enlumineurs, eux existent toujours, on les appelle aujourd’hui « graphiste » ou « designer ». C’est le même métier d’art…

Amicalement comme toujours.

Catherine

vingt

Dimanche 6 novembre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je suis triste depuis que cette nouvelle totalement inattendue m’est parvenue. Je me suis endormie avec cette pensée et réveillée avec. Pour moi, ce n’est rien car ce n’est qu’une pensée justement. Pour mon amie Brigitte, c’est tout autre chose, car maintenant elle se lève, vit, s’endort avec la présence en elle de la maladie.

Il s’agit de la maladie de notre époque, le cancer. Chez mon amie, c’est le pancréas qui est touché. « C’est fulgurant », m’a dit notre ami commun qui m’a annoncé la nouvelle.

J’ai de la peine pour Brigitte et j’ai de la peine pour son époux également, avec qui elle forme un couple très uni. Lui aussi est atteint forcément, comme le sont tous leurs proches, enfants vivant en couple (dans des contrées parfois éloignées), petits-enfants encore tout petits, parents âgés devenus dépendants, frères et sœurs, amis…

En fait, j’aime beaucoup ce couple d’amis, un peu plus âgé que moi d’une dizaine d’années, car il est très uni, très croyant et toujours très engagé. Dans l’église mais pas que dans l’église. Leur maison est un vrai « foyer », où l’on se réchauffe (et où la table est bonne). Où l’on parle de la vie, des soucis du quotidien, de l’éducation des enfants, de la vie de couple. Où l’on est compris quand on évoque la vie professionnelle, ses satisfactions et ses difficultés. Où l’on discute, sans tabou, de ses engagements dans l’église, auprès des migrants, en préparation au mariage, en paroisse ou au diocèse. Où l’on évoque des engagements solidaires et associatifs : auprès des plus démunis, des illettrés, des étrangers, pour le commerce équitable et le développement durable. Où l’on élève le débat pour parler dialogue interreligieux, spiritualité ou théologie, de Christian de Chergé, de Maurice Zundel ou d’Albert Schweitzer. Bref, un foyer où l’on brasse des idées et des réalités concrètes, celles que donne l’expérience parce qu’on a vécu des choses et qu’on ne s’est pas contenté de bonnes paroles, mais qu’on est passé aux actes…

Voilà, alors je redoute que ce cancer n’entame leur joie de vivre et leur rayonnement en raison des soins qui j’imagine, vont être fréquents et éprouvants et des manifestations de la maladie. A la fois, je sais mon amie et son époux plein de ressources, d’espérance, de confiance en la médecine. Sans les connaître en détail, je sais les progrès médicaux dans le domaine de la chimiothérapie et l’existence de médecines alternatives qui peuvent être associées dans le traitement du cancer. Alors je n’ai pas (trop) peur.

Mes amis sauront combiner toutes ces dimensions, les liens humains, le savoir-faire médical, le spirituel, pour affronter cette épreuve inattendue et dompter cette maladie qui s’est invitée dans leur vie sans s’annoncer.

Et Dieu dans tout ça ? Eh bien, je vais lui demander de se manifester auprès de ce couple parce que là, c’est vraiment LE moment… Je vais lui demander de lui adresser ses fulgurances. Les lumineuses, celles qui éclairent et réconfortent, pas celles qui frappent comme l’éclair. Les Siennes…

Amicalement comme toujours.

Catherine

vingt

Mercredi 26 octobre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Il faut que je me dépêche de vous écrire, car j’ai deux amies qui, depuis qu’elles sont en arrêt de maladie, attendent la publication de ce billet pour se distraire et s’étonnent de ne pas trouver un nouveau billet plus souvent.

Je vous écris depuis Bordeaux où je passe quelques jours en famille. J’aime séjourner dans cette ville superbe où je me sens totalement dépaysée, moi qui ai toujours vécu dans l’est de la France.

Vous l’avez compris, je bénéficie de quelques jours de congé mais sans être totalement en vacances… à cause de Genèse 22. J’ai en effet un devoir d’exégèse à rendre dans quelques semaines et j’ai choisi, parmi les diverses propositions du professeur d’Ancien Testament, ce monument de la Bible qu’est l’épisode du sacrifice d’Isaac. Depuis, il ne se passe pas une journée sans que j’ouvre la chemise qui contient le fameux texte, (en hébreu et en français). Ce texte m’habite, j’y pense tout le temps, même en me promenant le long de la Garonne ou du miroir d’eau, place de la bourse à Bordeaux. Même en haut de la grande roue de la foire qui s’est installée place des Quinconce.

Je ne sais pas ce qui m’a pris de choisir ce texte, un des plus connus et commentés de l’Ancien Testament, un de ceux qui a le plus d’emprise sur l’imagination, un des plus violents aussi. Enfin si, je sais pourquoi je l’ai choisi. Je l’ai étudié l’an passé en classe d’hébreu. J’avais déjà apprivoisé le texte donc, ce qui n’est pas rien, car 19 versets à traduire, à mon niveau d’étude, c’est beaucoup… Au passage le professeur d’hébreu nous avait livré quelques clés de lecture qui allaient m’aider à démarrer mon exégèse (sans aller puiser tout de suite dans la montagne de commentaires bibliques concernant ce passage biblique). Parmi les clés de lecture, il y avait le titre de l’épisode biblique que le professeur avait choisi, et qui est l’intitulé donné par les rabbins, dans la tradition juive à savoir « la ligature d’Isaac ». J’avais trouvé ce titre étonnant et décalé par rapport au titre donné dans la tradition chrétienne. Et s’il y avait quelque chose à comprendre dans cet intitulé m’étais-je dit à l’époque. Et si la tradition juive avait quelque chose à nous dire de ce passage biblique ? Ne l’aurait-elle pas mieux compris ? Parce qu’effectivement, à y regarder de plus près, il n’y a pas eu de sacrifice à proprement parler. On se demande alors pourquoi un tel titre ? Ne s’est-on pas trompé de théologie ?

J’ai choisi ce texte aussi parce qu’il y est question de violence justement. Une violence commise pour ou à cause de Dieu. Or, j’ai vu (à tort ou à raison), un lien avec l’actualité et les attentats commis en France au nom de Dieu. Et je me suis dit que ce texte qui mettait en scène un meurtre commandité par Dieu avait quelque chose à nous dire du fanatisme religieux actuel.

Enfin j’ai choisi ce texte car le rabbin Pauline BEBE en a fait un très beau commentaire dans son livre intitulé Saisir le merveilleux dans l’instant. Son interprétation très actuelle m’aidera à finaliser l’actualisation de ce passage biblique. La tradition juive a effectivement quelque chose d’important à nous dire de ce texte. De cela je vous reparlerai quand j’aurai achevé mon exégèse et qu’il n’y aura plus ces dizaines de post-it sur mon bureau (un post-it = une idée, le problème est qu’au fur et mesure que j’enlève des post-it, d’autres apparaissent !).

Vous connaissez cet épisode biblique je suppose ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

bo

Vendredi 14 octobre 2016

Amis de Murmure bonjour à tous,

Je me souviens que parfois (rarement heureusement) ma mère rentrait de son travail le soir, se couchait sur la banquette du salon, les bras croisés (c’est ce qui m’étonnait le plus), pleurait de surcroît, et se plaignait de son travail.

Ce comportement inhabituel me laissait perplexe car elle aimait beaucoup son travail. Elle était puéricultrice. Un métier qu’on exerce par vocation. Elle avait tout d’abord travaillé en milieu hospitalier, dans un des premiers services de chirurgie infantile. Elle était IBODE comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire infirmière de bloc opératoire. Puis, quand je suis née, elle a démissionné de l’hôpital et recherché un emploi avec des horaires fixes de journée pour pouvoir s’occuper de moi. Elle s’est fait embaucher par le Conseil général (départemental aujourd’hui) où elle a fait de la PMI, de la Protection maternelle infantile. Cela consistait à faire des visites dans les familles où il y avait un bébé qui venait de naître ou de jeunes enfants qui avaient besoin d’un suivi médical. Elle faisait beaucoup de prévention médicale et aussi sociale. Quand elle soupçonnait qu’un enfant subissait de mauvais traitements, elle le faisait remarquer aux parents, démultipliait les visites, expliquait aux parents comment éduquer l’enfant, menaçait des gendarmes quand elle n’était pas entendue, faisait un signalement si la situation était trop grave (enfant, je connaissais déjà le genre de situations et toute la procédure à suivre…). Elle organisait aussi des consultations du nourrisson. J’ai assisté à quelques-unes. Plein de bébés arrivaient avec leur maman (et parfois leurs frères et sœurs) dans une grande pièce du centre de PMI. Ils étaient reçus les uns après les autres par un médecin, qui les vaccinait si besoin. Quand un se mettait à pleurer (au moment de la piqûre), il n’était pas rare que tous commencent à pleurer. Les enfants plus grands jouaient ensemble et parfois, c’était un beau bazar. Ma maman était chargée surtout des régimes alimentaires et de la bobologie comme on dit aujourd’hui. Elle jouait avec les bébés, les calmait quand ils pleuraient (un véritable don qu’elle avait), grondait les plus grands qui s’arrachaient les jouets. Le soir, elle rentrait « sonnée » comme elle disait, mais se changeait pour aller jardiner ou se rendre à l’une de ses nombreuses réunions, au CLI (Centre de loisirs intercommunal) ou à la Croix rouge dont elle était présidente (à la paroisse non, ce n’était pas trop son truc).

Elle travaillait en milieu rural. Elle sillonnait donc la campagne à longueur de journée pour visiter ses bébés. Elle avait pour cela une voiture de fonction, une 2 CV ou une 4L. Elle était très autonome. Mais il arrivait que le médecin chef se mêle du fonctionnement quotidien et qu’au cours d’une réunion de service, il ajoute des cailloux dans les chaussures de ses puéricultures : des communes supplémentaires ou plus éloignées à couvrir, un nombre d’enfants plus important à suivre, une voiture de fonction ou des bureaux inadaptés à partager à plusieurs etc… Alors ma maman rentrait toute énervée, se couchait sur la banquette et croisait les bras.

Comme je l’ai fait ce soir après une journée pénible au travail… jusqu’à ce que je vous écrive.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Dimanche 2 octobre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous,

Je ne suis pas en avance pour vous écrire cette semaine car je suis un peu débordée par les études. J’ai déjà beaucoup de devoirs. Je ne fais « que » trois unités ce semestre mais, parmi ces trois, deux sont dédoublées et comportent en fait deux matières (et donc deux professeurs) : les sciences bibliques, avec un cours d’exégèse d’ancien et de nouveau testament, et les langues anciennes avec un cours de grec et un d’hébreu. A ce programme s’ajoute le cours d’histoire du christianisme ancien.

Mon fils m’avait avertie : tu verras, la deuxième année à la fac est plus dure que la première. J’étais donc prévenue. En revanche, il ne m’avait pas prévenue que ce week-end nous déménagions toutes ses affaires à Dijon où il va dorénavant étudier…

Donc vous ne m’en voudrez pas si je passe la main cette fois-ci à un autre auteur. J’ai recopié un extrait d’une apologie de Justin Martyr, un auteur chrétien, philosophe, du IIème siècle. Cet extrait m’a intéressée car il décrit une assemblée chrétienne, dans les premiers temps de l’Eglise. J’ai été surprise par la grande proximité avec nos célébrations d’aujourd’hui…jusqu’à la toute dernière phrase de la description, où là, j’ai senti un écart important. Lisez plutôt :

« Le jour du soleil, comme on l’appelle, tous ceux qui habitent les villes et les campagnes se réunissent dans un même lieu, et on lit les récits des apôtres ou les écrits des prophètes, selon le temps dont on peut disposer. Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour exhorter à l’imitation de ces sublimes enseignements. Ensuite nous nous levons tous et nous prions ; et, comme nous l’avons dit, la prière terminée, on apporte du pain, du vin et de l’eau, et celui qui préside fait les prières et les actions de grâces avec la plus grande ferveur. Le peuple répond : Amen, et la distribution et la communion générale des choses consacrées se font à toute l’assistance ; la part des absents leur est portée par les diacres. Ceux qui sont dans l’abondance et veulent donner, font leurs largesses, et ce qui est recueilli est remis à celui qui préside, et il assiste les veuves et les orphelins, les malades, les indigents, les prisonniers et les étrangers : en un mot, il prend soin de soulager tous les besoins. »

Soulager tous les besoins. Nous ne faisons plus cela à l’issue des assemblées. Si nous le faisions, il est clair qu’il y aurait plus de monde dans les églises le dimanche. Ce ne serait peut-être pas les mêmes besoins que ceux de la société du IIème siècle car aujourd’hui les veuves et orphelins sont soutenus (en principe) par la société civile, mais il reste des besoins actuels à soulager : trouver un travail, un stage en entreprise, un contrat d’apprentissage, une orientation scolaire, un système de garde ou un relai pour un parent dépendant ou un enfant handicapé, un conseil pour trouver un dispositif médical adapté, de l’aide au devoir etc.

Je crois que dans l’Eglise on pourrait mieux se rendre service et s’entraider qu’on ne le fait. Pourquoi pas un système d’appel à la fin des célébrations, où les besoins concrets seraient énoncés : un membre de notre communauté recherche un stage en entreprise dans l’agro-alimentaire par exemple… un autre un covoiturage pour se rendre à un nouveau travail, du matériel pour faire des travaux.

Qu’en dites-vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine


sep

Jeudi 22 septembre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous,

Ma maman a 93 ans aujourd’hui. Elle vit seule dans un foyer logement. Elle est ravie de cette formule qui lui permet d’être pleinement autonome dans son petit appartement (facile à entretenir) tout en se sentant en sécurité. J’irai lui souhaiter son anniversaire tout à l’heure et j’en profiterai pour participer depuis chez elle (qui est toujours connectée) à une classe virtuelle d’hébreu. Cette classe n’a de virtuel que le lieu. Le professeur et les élèves sont bien réels eux. Ils seront connectés tous à la même heure en visioconférence, pourront se parler et suivre le cours sur le tableau numérique du professeur.

Personnellement, j’apprécie beaucoup cette modalité d’enseignement. Si elle n’existait pas, je ne pourrais pas suivre ces cours de langues anciennes. Car il est tout simplement impossible d’apprendre une langue comme l’hébreu seul.

Je suis aussi des cours d’exégèse en visioconf(érence). De nouveau testament. Avec un professeur passionné et passionnant. Lui pratique une pédagogie innovante qui est la classe inversée. Le principe est le suivant : l’ensemble du cours ainsi que les exercices sont donnés sous forme de dossier. L’étudiant doit étudier le dossier et réaliser les exercices avant la classe. Lors de la classe virtuelle (le lundi de 20h à 22h) les étudiants posent à tour de rôle leurs questions et font part de leurs difficultés ou interrogations. Le professeur note toutes les questions et les traite ensuite une à une, puis nous faisons ensemble l’exégèse (le prologue de Marc, ce lundi).

La méthode est formidable. Elle permet d’aller vite et loin. Le cours (méthode de la critique textuelle, apports historiques etc.), on l’étudie à la maison, à son rythme. On peut relire autant de fois que l’on veut les explications, ou réécouter le cours enregistré si besoin. Par contre, l’exégèse proprement dite (l’analyse textuelle, littéraire, sémantique…) est réalisée avec le professeur.

Personnellement j’aime bien cette pédagogie. Elle demande beaucoup de préparation au professeur qui doit concevoir l’ensemble du cours par avance (et par écrit) et à l’élève qui doit se responsabiliser et travailler en autonomie. En revanche, elle permet au professeur de consacrer toute l’heure d’enseignement au soutien (individuel et collectif) des élèves dans leur progression. Tout son effort est concentré sur les apprentissages et non sur la transmission des connaissances (qui se fait grâce au dossier).

La classe inversée n’est pas réservée à l’enseignement supérieur. Elle se pratique dès l’école primaire. On l’appelle « inversée », vous l’avez compris, car ce qui était fait habituellement en classe (le cours) se fait dorénavant à la maison (à l’aide d’une vidéo, ou autre support numérique) et ce qui se faisait à la maison (les devoirs) se fait en classe avec le professeur. Etonnant non ?

Vous connaissiez la classe inversée ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

cours

Jeudi 15 septembre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous,

Un message rapide cette semaine, car j’ai dû travailler à 100% et non à 80% comme d’habitude. Je n’ai pas eu mon mercredi (de libre), ce jour précieux, que, une fois les enfants partis de la maison, j’ai conservé pour pouvoir faire autre chose que travailler, comme étudier, jardiner ou encore vous écrire.

L’étonnement auquel je voulais vous associer cette semaine concerne le voile. Encore lui, allez-vous penser. Il est vrai qu’il est envahissant ces derniers temps (surtout dans les médias). Personnellement, il ne cesse de m’interpeller : que ce soit dans la rue lorsque je découvre un nouveau modèle, ou une nouvelle façon de le porter, ou dans le discours de mon fils qui rentre d’un séjour à l’étranger et qui redécouvre l’actualité de son pays au travers des différentes affaires concernant le voile, comme les arrêtés anti-burkini, pris par certaines communes (puis suspendus…) et qui en parle beaucoup parce que ça le préoccupe visiblement, et ça l’énerve même me dit-il !?

Mais ce qui m’a le plus étonnée, c’est ce que j’ai découvert en lisant le dernier numéro du Monde des religions consacré au voile justement.

De tout temps, les chrétiennes ont porté un voile lors des assemblées (et parfois en dehors lorsque c’était la coutume dans leur pays). Dans certaines régions du monde, elles le portent encore comme en Russie, dans certains pays de l’Est, du pourtour méditerranéen, ou encore en Afrique. Ça, je le savais. Ce que j’ai découvert, c’est que c’est l’Apôtre Paul, qui a été l’un des initiateurs de cette pratique. C’est lui qui a donné (donc bien avant l’Islam) un sens religieux au voile dans le christianisme. On a trace de cet état de fait dans la Lettre aux corinthiens (1 co 11, 12-16) : dans ce passage, il prend le contre pied des pratiques juives et demande aux hommes de retirer tout voile lorsqu’ils prient et prophétisent dans les assemblées, et à l’inverse, il demande aux femmes de se couvrir la tête si elles prient ou prophétisent. Ce qui est « révolutionnaire », ce n’est pas tant le port du voile que le fait d’autoriser, à cette époque, les femmes à prier et à prophétiser en public, alors que dans la religion juive, elles se cantonnaient dans l’espace privé des maisons. Or, le fait de porter un voile, signe de vertu dans la société de Corinthe de l’époque, donnait certainement un poids à la parole des femmes, celles ne portant pas de voile étant soupçonnées d’être des femmes de mauvaises vies.

Ceci dit, à peine a-t-il énoncé ce principe, l’Apôtre, confronté à certaines réalités pastorales, se contredira (toujours dans la même lettre 1 co 14, 34-35) et imposera aux femmes (de Corinthe) de se taire dans les églises. J’imagine que par leurs bavardages, des femmes peu instruites perturbaient la liturgie et que les hommes se plaignaient auprès de l’Apôtre de leur comportement.

Le fait est que le port du voile dans les églises perdure encore aujourd’hui et a perduré longtemps dans nos contrées, jusque dans les années 1960 !

Comme je l’ai expliqué à mon fils, le voile n’est pas une invention de l’Islam…

Amicalement comme toujours.

Catherine

cours

Jeudi 8 septembre 2016

Amis de Murmure, bonjour à tous,

L’assemblée générale de Murmure s’est tenue la veille de la reprise du site. N’imaginez pas une grande assemblée. Nous n’étions que quatre, quatre contributeurs réguliers sur les cinq que compte le site, la cinquième rédactrice résidant trop loin pour se joindre à nous. Autour d’un apéritif dînatoire composé de charcuteries italiennes, tomates-cerises du jardin, tarte aux framboises et… champagne ! (un repas d’agape si vous préférez), nous avons fait notre bilan d’activité, un selfie, aussi, pour actualiser le trombinoscope (vous l’avez vu ?) et envisager la suite.

Nos interrogations sont toujours les mêmes : poursuit-on ? Est-ce utile ? De quoi allons-nous bien pouvoir parler ?

La réponse est toujours la même aussi : nous poursuivons malgré tout. Malgré les pannes informatiques et l’incompatibilité des matériels et logiciels, malgré une baisse de fréquentation du site (alors que Murmure comptera très bientôt son millionième visiteur !) et malgré le manque d’inspiration. Ce qui m’étonne toujours, c’est qu’on ne sait jamais d’avance ce que l’on va écrire (surtout moi), c’est dans la discussion et en écrivant que les idées viennent…

En fait, nous écrivons sous la contrainte, parce qu’il le FAUT. Si on veut que Murmure vive et continue à dire quelque chose de l’évangile (sous différentes formes), il faut alimenter le site.

Nous écrivons aussi, je crois, parce que de tout temps les chrétiens ont écrit. Il faut croire que c’est important. Dès les premiers temps de l’Eglise, alors que l’oralité et les traditions orales prévalaient et que les lettrés étaient rares, les chrétiens ont produit des écrits (pour la catéchèse, le culte) et se sont écrits aussi, pour communiquer entre communautés ou entre fidèles. Les lettres de Paul en sont l’exemple le plus ancien et le plus connu (mais il y en a eu bien d’autres, celles de Clément de Rome, d’Ignace d’Antioche etc…).

Sans prétendre avoir le charisme, l’inspiration ou l’intelligence de ces « grands » témoins, nous apportons chacun notre (plus ou moins) modeste contribution à Murmure dans le seul but de partager quelque chose de l’évangile et nourrir VOTRE LECTURE. Que vous accomplirez en silence devant votre écran selon les pratiques modernes et non à haute voix comme le faisaient les lecteurs de l’antiquité pour la lecture individuelle.

D’après Augustin d’Hippone (Saint Augustin), Ambroise, l’évêque de Milan (de 374 à 397) auprès de qui il s’est converti, se faisait remarquer par le simple fait qu’il lisait en silence.

Etonnant non ?

Amicalement comme toujours,

Catherine

lire

Jeudi 1er septembre 2016


Amis de Murmure, bonjour à tous,

J’espère que vous avez pu vous ressourcer durant ce bel été.
Peut-être avez-vous opté pour l’une de ces propositions originales qui foisonnent actuellement comme ces stages jeûnes-randonnées qui promettent de revitaliser et rajeunir votre corps et votre esprit. Ou encore ces stages de technique de vie primitive, de gastronomie sauvage que fréquentent les cadres d’entreprises. Peut-être avez-vous médité ? Ou encore participé à une retraite spirituelle ?
En ce qui me concerne, j’ai choisi la formule vacances-avec-bébé-de-8-mois, pendant deux semaines, en camping. La formule s’est révélée excellente pour se vider la tête des soucis et adopter une vie saine. Quand bébé est là, il devient l’occupation centrale de la journée et l’unique (ou presque) préoccupation.
Tout d’abord, il faut réapprendre tous les gestes oubliés de puériculture : doser un biberon, le donner, effectuer ce que les professionnels nomment une « toilette partielle » ou « toilette complète », faire un change, donner un bain, soigner les bobos. Il faut improviser un parc et un tapis d’éveil dans un coin de l'auvent pour que bébé puisse faire de l’exercice à sa guise. Il faut le porter, jouer avec lui, chanter (bébé apprécie) le consoler lorsqu’il pleure (rarement), laver les bodies souillés pour qu’il y en ait toujours un d’avance, ne pas oublier de commander la boîte de lait maternisé « formule épaisse ». Trouver au supermarché ces petits pots Carotte-Dinde-Semoule dont bébé raffole.
Avec bébé, on adopte vite une vie saine : lever, coucher et repas à heure régulière, deux siestes par jour (matin et après-midi), promenades à l’ombre, expositions limitées au soleil, au grand vent ou à la chaleur, déplacements en voiture réduits au strict nécessaire.
Bébé demande peu de choses en fait, mais des choses essentielles : une présence aimante et attentive, quelques soins adaptés…et tout va bien.
Je ne sais pas si bébé a rajeuni mon esprit, en tout cas, il l’a vidé de beaucoup de préoccupations, ruminations et pensées stériles. Quant au corps, il l’a beaucoup sollicité (un bébé peut être lourd à porter…) mais à un rythme calme, lent parfois (il est inutile de courir quand on se promène avec une poussette…) ce qui se révèle être reposant.
Conclusion : la formule est revitalisante, elle est gratuite et laisse de bons souvenirs (bébé peut être très drôle), elle rend service à de jeunes parents et permet de tisser des liens forts… Je vous la recommande.
Bonne « rentrée » à toutes et tous.
Amicalement comme toujours.
Catherine

Doubs

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