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  UNE PENSEE POUR LA SEMAINE.

"On a besoin de patience avec tout le monde,
mais particulièrement avec soi-même "

Saint François de Sales

LE SAINT DE LA SEMAINE - Saint OTHON de Bamberg - 2 juillet
né en Souabe ; mort à Bamberg  le 2 juillet 1139

On l'a surnommé l'Apôtre de la Poméranie pour avoir converti ce pays ; le père des moines pour avoir fondé une vingtaine de monastères. Il eut en outre l'immense méritre de mettre fin à la "querelle des investitures" où s'étaient affrontés six papes, cinq antipapes et deux empereurs d'Allemagne.
L'empereur Henri IV l'avait pris d'abord comme chapelain, puis comme chancelier. Tant il appréciait ses talents et révérait sa sainteté qu'il tolérait ses reproches, notamment celui de s'être vengé de Canossa (1077) en suscitant à Grégoine VII un antipape et en envoyant ledit Grégoire mourir en exil. Henri V, fils et successeur d'Henri IV, n'avait pas non plus consenti à se séparer d'Othon, en dépit de sa fidélité aux vrais pontifes romains. Pendant vingt ans Othon tenta de persuader les deux parties en conflit de rabattre de moitié leurs prétentions, le Sacerdoce se bornant à "investir par la crosse", l'Empire se contentant d"investir par le glaive". Toutes les diètes lui donnaient tort ; même un concile le condamna. Ce ne fut qu'en 1121, au congrès de Wurtzburg, qu'il parvint à imposer sa thèse de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Elle permit la conclusion du concordat de Worms, lequel mit fin à une situation qui avait si longtemps scandalisé la chrétienté.
En 1123, Boleslas IV, roi de Pologne, demanda des missionnaires pour évangéliser la Poméranie, qu'il venait d'annexer. Othon, qui avait alors 74 ans et était évêque de Bamberg, répondit à son appel. Il partit à la tête d'une troupe de volontaires et, en cinq ans, parvint à convertir les villes principales de cette province. Tout s'était bien passé, sauf à Julin où, trainé dans la boue, il avait failli succomber sous les coups de bâton des chefs païens mécontents. Il mourut à près de 80 ans, alors qu'il s'apprêtait à aller porter l'Evangile aux insulaires de Rugen, une île de la Baltique.

Le poème de la semaine

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.

La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.

Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !

Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

Mai 1830.
Victor Hugo.




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