Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau
  jo      EN VRAC                        
  

               

  UNE PENSEE POUR LA SEMAINE.

"Si vous ne voulez pas qu'on le sache
mieux vaut ne pas le faire."

Proverbe chinois

LE SAINT DE LA SEMAINE - Les MARTYRES d'Orange - 9 juillet
mises à mort à Oranage (Vaucluse) du 6 au 26 juillet 1794

Sous la Révolution française furent arrêtées et rassemblées à la prison d'Orange cinquante-deux religieuses du Vaucluse "pour avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition". On eut pu dire aussi bien "pour avoir tenté de voler les tours de Notre-Dame". L'ordre du jour qu'elles suivaient, en attendant d'être jugées, a été retrouvé : "5 heures : lever, méditation, prières de la messe ; 7 heures :déjeuner ; 8 heures : litanies des saints et autres prières ; 9 heures : plusieurs se rendent au tribunal ; on se dit un joyeux adieu ; celles qui restent prient pour celles qui partent et méditent les paroles de Jésus en croix...; 18 heures : le roulement de tambour annonce que les condamnées montent à l'échafaud ; les prisonnières disent pour elles les prières des agonisants ; quand le tambour se tait, elles chantent le Te Deum..." Aucune n'avait peur ; personne ne signa le serment qui leur eut épargné la mort ; elles chantaient un hymne dont le retrain disait : " Bien loin que la guillotine / Me cause quelque frayeur / Mon Dieu me fait voir en elle / Un moyen très précieux / Qui par une voie nouvelle /Me conduit droit aux cieux."
Trente-deux d'entre elles furent guillotinées ; les vingt autres sauvèrent leur tête, la Convention ayant ordonné d'arrêter les massacres. Parmi les martyres, nous citerons trois sacramentines dont le nom n'avait jamais été porté par une sainte : IPHIGENIE de Gaillard (33 ans) THEOTISTE Pélissier (53 ans) ANDREE Minutte (54 ans), et aussi cinq  MARIANNE : Marianne de Rocher (39 ans), M.A. de Guilhermier (61 ans) M.A Lambert (52 ans), M.A DuPeyre (36 ans), ursulines, et Marianne Béguin-Royal (58 ans), sacramentine elle aussi

Le poème de la semaine

Donc, ce sera par un clair jour d'été ;
Le grand soleil, complice de ma joie,
Fera, parmi le satin et la soie,
Plus belle encor votre chère beauté ;

Le ciel tout bleu, comme une haute tente,
Frissonnera somptueux à longs plis
Sur nos deux fronts heureux qu'auront pâlis
L'émotion du bonheur et l'attente ;

Et quand le soir viendra, l'air sera doux
Qui se jouera, caressant, dans vos voiles,
Et les regards paisibles des étoiles
Bienveillamment souriront aux époux.

Paul Verlaine.

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