LETTRE A MIREILLE

(du 1er au 15 mai 2012) 

Mardi 1er mai 2012 

Mireille, 

Nos contemporains européens sont toujours étonnés, et même scandalisés, en constatant le lien étroit qui existe entre politique et religion dans le monde musulman. Pas seulement chez les ultras qui veulent instaurer la charia, la loi islamique, dans tous les pays où ils prennent le pouvoir ; mais dans un état de fait qui est aussi vieux que l'islam lui-même. Existe une coexistence qui est parfois conflictuelle, soit que les religieux prétendent dicter leur loi aux hommes politiques, soit que les autorités civiles utilisent la religion pour se maintenir au pouvoir. Aujourd'hui par exemple, les oulémas, qui sont l'autorité religieuse indiscutable en Syrie, soutiennent sans défaillance le régime autoritaire, cruel, mais branlant du président Bachar el-Assad. Et des chefs d'Etat comme les rois de Jordanie, d'Arabie saoudite ou du Maroc sont en même temps chefs d'Etat et chefs religieux.

 Pas étonnant, ceci étant, que les musulmans vivant parmi nous aient du mal à accepter le principe de la séparation des religion et de l'Etat. Pour certains même, la laïcité est assimilée à l'athéisme, à l'incroyance ; elle doit donc être combattue.

 L'autre jour, j'en discutais avec un ami de passage. Celui-ci était profondément scandalisé de constater la confusion qui existe, un peu partout dans le monde musulman, entre autorité civile et spirituelle. Aussi, me disait-il, il craignait de voir imposer, dans tous les pays où les musulmans sont majoritaires, la loi "divine" de la charia. Je l'ai rassuré. Par mode de boutade d'abord, en lui rappelant que l'Islam, né au VIIe siècle de notre ère, a donc six siècles de retard sur nos sociétés judéo-chrétiennes ; et donc qu'il lui faudra du temps pour rattraper ce retard.

 Continuant ma démonstration, je lui ai ensuite expliqué que, chez nous, la séparation du politique et du religieux - la séparation des Eglises et de l'Etat -  n'était que très récente, à peine un siècle ; et qu'auparavant, tous les régimes avaient instauré des liens plus ou moins étroits avec la religion. Sans remonter à l'empereur Constantin, pensons à Charlemagne, à Louis XIV, "roi très chrétien", à Napoléon, pour ne parler que des plus célèbres.

 Alors, si nous sommes légèrement en avance sur les musulmans, n'en faisons pas un titre de gloire. Rappelons-nous qu'au XIXe siècle encore, le pape Pie IX condamnait, dans le Syllabus, tous les pouvoirs qui voulaient manifester leur indépendance par rapport à l'Eglise. Il est probable - et souhaitable - que l'islam, au contact du monde moderne, en vienne un jour prochain à une réelle séparation du politique et du religieux. C'est mon pronostic ; c'est surtout mon souhait.

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 Mercredi 2 mai 2012

 Mireille,

Il y a quelques jours, vous racontant que j'avais participé au repas fraternel qui réunissait les prêtres de la région à l'occasion du Jeudi Saint, j'avais ajouté : "De passage dans la région, un prêtre inconnu de moi. On a fait connaissance. Il était curé de Salins (Jura) et depuis qu'il est en retraite, il a formé le projet d'aller à pied à Jérusalem... avec son âne. Il vient de commencer son pèlerinage. Je n'ai pas vu l'âne qui, paraît-il, était fatigué, mais le pèlerin "vaut le détour". Plusieurs correspondants jurassiens m'ont apporté des précisions. En fait, "Lulu" (c'est le nom familier de ce prêtre) est célèbre dans le Jura. Je vous cite quelques lignes de l'un de ces correspondants :

     "Comme vous le dites dans votre lettre d'hier, Lulu (l'abbé Lucien Converset) "vaut le détour". Tout le Jura connaît et aime Lulu qui était à Salins depuis 1997....avec ses ânes. Je me rappelle en particulier une messe dans la belle église d'Aresches l'an dernier: Lulu y était monté avec les enfants du catéchisme et avec ses trois ânes depuis Salins (8 km). Là, comme en d'autres occasions où les enfants n'étaient pas calmés par une longue marche, j'avais admiré sa façon de capter leur écoute pendant l'office. J'ai entendu beaucoup de témoignages sur ses actions auprès des handicapés, des prisonniers et de gens se trouvant dans la misère matérielle ou affective. Un homme de Paix et d'Amour."

    Lulu a 75 ans. Il part donc pour la Terre Sainte. Il compte arriver à Bethléem pour Noël. En chemin, il prend le temps d'écrire sur son blog. Voici l'adresse : http://luluencampvolant.over-blog.com  Comme son auteur, le blog en question "vaut le détour". On y découvre un homme, un prêtre si proche des gens ! On sent qu'il les aime, tout naturellement, à commencer par les petits. Et sur sa route, les personnes qu'il rencontre le lui rendent bien. A commencer par les enfants. Car tout naturellement Lulu attire l'amitié, l'échange, le partage. Avec une simplicité étonnante. Et tout naturellement, avec lui, on en vient aux confidences les plus personnelles..

Quelques extraits significatifs de ce journal :

" C’est bien rigolo de traverser la ville d’HUNINGUE. Mais un peu moins, d’essayer d’enjamber le RHIN par la Passerelle. Comme elle est en métal et que ça résonne, les oreilles de l’âne Isidore l’avertissent de ne pas s’embarquer pour une telle galère. Nous essayons de pallier au bruit par ce qui a du goût : carottes, fruits secs sont donnés par les enfants et nous-mêmes. L’âne croque mais ne rompt pas sa détermination. Refus absolu de passer la frontière par de tels agencements. Toute la petite troupe se replie en direction du pont PALMAÏNBRÜCKE. Passage impeccable de France en Allemagne, d’HUNINGUE pour WEIL AM RHEIN, puis LÖRRACH.  Il est un peu plus de 13H lorsque le passage est réalisé. Nous casserions bien la croûte, l’âne une belle herbe verte et nous, le repas apporté par les soins de Marie.

   Nous faisons un petit kilomètre et nous avisons un parterre d’HLM où manifestement habitent plusieurs familles turques...  Une maman s’évertue à nous parler en turc. Nous répondons en français, en anglais, mais surtout en allemand. Un papa a eu soucis de donner à boire à l’âne dans un seau d’eau : un beau seau rouge. Mais l’âne n’a pas soif… Marie dit : « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. » D’autres enfants arrivent qui veulent caresser l’âne... Nous nous souviendrons longtemps de ce moment de lumière en ce coin de la terre : Nous étions dans le quartier de KRIEDLINGEN. Nous venions d’entrer en Allemagne. Nous nous sentions y pousser et croître en Humanité. "

Cherchez dans ce blog : il y a tout plein de petites merveilles.

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Jeudi 3 mai 2012

Mireille,

Spécialiste reconnu de l'illettrisme en France, Alain Bentolila, professeur à la Sorbonne, poursuit sa lutte contre ce fléau qui touche, selon ses estimations, près de 10% de jeunes adultes, des personnes incapables de lire et écrire un texte simple, court, en rapport avec la vie quotidienne. Je viens de lire un article qu'il a publié la semaine dernière dans La Croix. Il y déclare que "certains citoyens qui n'ont pas les mots pour démonter les discours se laisseront facilement séduire par une habileté d'argumentation et d'explication." En somme, il crie, en cette période électorale, un "Attention ! Danger ! " qui ne me laisse pas indifférent, loin de là.

"Nous vivons dans un monde où l'on a de plus en plus tendance à accepter, sans les mettre en cause, les affirmations radicales et les explications définitives" Ainsi commence sa démonstration. Pour l'auteur, c'est le rôle de l'école - dès la maternelle - de permettre à tous les enfants, à commencer par ceux des "ghettos sociaux" où le langage est particulièrement rétréci et le vocabulaire exsangue, d'accéder à une pleine et entière maîtrise de notre langue. Il est essentiel d'avoir un vocabulaire étendu et une pleine intelligence de la signification des mots pour acquérir suffisamment d'esprit critique, pour ne pas "tout gober"

"L'éducation linguistique des classes populaires leur permettrait d'opposer une résistance intellectuelle aux discours de propagande... En France comme ailleurs, la vulnérabilité intellectuelle condamne ceux qui la subissent à suivre sans les remettre en cause les analyses les plus tordues, à croire dans les promesses les plus fausses, à accepter les explications les plus obscures. Comment peut-on espérer que vienne la démocratie si les peuples, débarrassés des dictateurs, n'ont pas été formés à résister à des totalitarismes plus dangereux encore ? " Voilà de quoi nous faire réfléchir, n'est-ce pas !

Ce n'est pas d'aujourd'hui ; ce ne sont pas seulement dans les ghettos sociaux visés par l'auteur, que le manque d'esprit critique existe. "On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups", précisait La Fontaine : et fréquemment il m'arrive de vous citer le "Dictionnaire des idées reçues" de Flaubert. Et ces déficiences ne dépendent pas uniquement, me semble-t-il, d'une pauvreté de vocabulaire. Ainsi je souffre encore, personnellement, en pensant à deux jeunes paroissiennes,  intellectuellement très douées (l'une d'elle était ingénieur), qui se sont laissée embarquer à vie dans l'Eglise de scientologie!

Etre des "penseurs libres" (ou le devenir) n'est-ce pas un idéal à atteindre, dès aujourd'hui ?

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Vendredi 4 mai 2012

Mireille,

Peut-être avez-vous la curiosité de lire chaque mois, sur ce site Murmure, la page intitulée "Théologie pour les Nuls".  J'ai commencé cette série en 2000 - vous en trouverez la liste complète aux Archives - et cette année, j'essaie de présenter les enjeux d'un dialogue interreligieux. J'étais un peu à court d'idées, à la fin de l'an dernier, et c'est Catherine qui m'a suggéré ce thème. A vrai dire, de prime abord, l'idée ne me passionnait pas tellement. L'œcuménisme, d'accord, mais l'interreligieux ! C'est à la suite d'une rencontre avec un ami de passage que je me suis décidé : ses idées sur l'islam étaient tellement grossières et partisanes que je me suis persuadé de la  nécessité de faire une présentation juste et respectueuse des religions autres que les religions chrétiennes. Voilà comment est née la série que je poursuis depuis janvier : les mois impairs - janvier, mars, mai, etc. - la présentation d'un des aspects fondamentaux de telle religion (actuellement, l'islam) et les mois pairs (février, avril, juin, etc) une réponse chrétienne aux croyances et aux lois de la religion présentée le mois précédent.

Il s'agit bien de théologie ; ou plus exactement d'une vulgarisation de la pensée théologique islamique. Une pensée qui, bien sûr, conditionne des comportements. Des comportements qui, bien souvent, pour nous, paraissent étranges, sinon rétrogrades ou même barbares. Et puis, aujourd'hui, l'islam est chez nous, à notre porte. pour certains menaçant, dangereux. C'est pourquoi il nous faut essayer de comprendre, plutôt que de condamner.

Le dialogue interreligieux est donc une nécessité. Jean-Paul II et Benoît XVI en ont montré l'exemple en prenant l'initiative d'inviter à Assise des représentants de toutes les religions. Dans le même sens, les diocèses, les paroisses les mouvements chrétiens organisent des rencontres interreligieuses. Ce qui ne plait pas à tout le monde. Ainsi, à Paris, l'une des dernières rencontres de ce type, où se retrouvaient juifs, catholiques et musulmans, a été régulièrement  perturbée par des jeunes de la Fraternité intégriste Saint Pie X. "Inutile d'entendre ce qu'un rabbin ou un musulman va dire, nous le savons déjà", criait l'un d'eux. Ce qui prouve sa propre inaptitude à l'écoute.

"Ces derniers temps, plusieurs réunions ou conférences ont été troublées de la même façon par des groupes de la mouvance de Mgr Lefebvre. Il semble que l'on ait affaire à une stratégie d'intimidation, au moment où l'Eglise catholique fête le cinquantième anniversaire du concile Vatican II ", écrit une théologienne.

Il me semble que de pareilles attitudes d'intimidation démontrent surtout un manque d'ouverture d'esprit, et donc un manque d'intelligence.

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Samedi 5 mai 2012

Mireille,

Plusieurs fois dans ma vie, j'ai été invité à devenir parrain d'un petit garçon ou d'une petite fille. Ce  fut chaque fois un vrai bonheur et la source de liens particulièrement agréables avec mes filleuls, garçons ou filles, membres de ma famille ou enfants d'amis très proches.

L'expérience fut toujours étonnante. Souvent je me suis demandé pourquoi mes filleuls, dès leur plus jeune âge, manifestaient à mon égard un attachement particulier. Je n'ai pas de réponse à ma question : c'est ainsi, et voilà tout. Que de fois ces petits enfants se montraient particulièrement possessifs à mon égard, lorsqu'ils disaient d'un air revendicatif : "c'est MON parrain." Une autre de mes filleules me dit encore bien souvent : "Toi, je ne veux pas que tu meures" ! Il faut reconnaître que, de ma part, j'ai ressenti des sentiments très vifs à leur égard. Moi qui n'ai eu ni le bonheur ni la responsabilité d'être père, j'ai eu plaisir à éprouver ce sentiment d'une proximité assez particulière. Comme si j'avais été désigné par tel ou telle de mes filleul(les) pour être leur confident et, d'une certaine manière, leur tuteur.

Il me fut souvent difficile de ne pas manifester ma préférence, en présence de leurs frères et sœurs. "Pas de jaloux", surtout lorsque ces derniers me faisaient sentir une sorte de jalousie. Dans certains cas, j'y suis parvenu, et tout le monde finissait par m'appeler "parrain". Ce qui n'était pas pour me déplaire. Je ne sais pas si j'ai été un bon parrain, au sens où l'entend l'Eglise. Je n'ai fait ni le catéchisme ni la morale à mes filleuls, mais j'ai été souvent leur confident ou leur conseiller.

Un jour, j'ai participé à la Profession de Foi d'une de mes filleules, dans la région parisienne. A la fin de la célébration, celle-ci m'a déclaré : "Je te remercie. Tu as été un parrain merveilleux. Mais désormais je n'ai plus besoin de toi." Voilà ce que l'animateur de la "retraite" qu'elle venait de suivre  lui avait dit : le parrainage se termine lorsque le filleul est capable d'exprimer personnellement sa foi. C'est peut-être vrai en théorie, mais, à l'expérience, je n'en crois rien.

Un soir, je dinais chez des amis. On en vint à parler incidemment du baptême. L'une des enfants de la maison, qui avait alors treize ans, me dit : "Moi, je n'ai pas de parrain !" Effectivement, le parrain choisi par les parents pour le baptême avait quitté la région et ne s'était plus jamais manifesté. Alors, la petite m'a regardé et m'a demandé : "Toi, est-ce que tu veux être mon parrain ?" C'est avec grand plaisir que j'ai accepté. Et je vous assure que la relation qui s'est créée ce soir-la avec Agnès fut efficace et durable.

Aujourd'hui, tous mes filleuls ont entre cinquante et soixante ans. Faut-il vous le déclarer ? On a toujours le même plaisir à se rencontrer et à partager ce qui fait notre vie. Privilège de tout parrainage vrai.

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Lundi 7 mai 2012

Mireille,

Et voilà ! Nous en avons fini pour quelques semaines avec les élections. Hier, les Français ont choisi. Le nouveau Président n'aura pas le temps de se reposer, après une course harassante de plusieurs mois. J'admire toujours la force de caractère et la santé de tous les prétendants.  Et ce n'est pas fini, du moins pour le gagnant. Mon hebdomadaire titrait son numéro de la semaine par ces mots : "Bonjour les ennuis", et le dossier que ce titre annonçait s'intitulait : "Ce qui attend le vainqueur" : rien de très réjouissant (pour lui, comme pour nous d'ailleurs).

Et de citer Léon Blum qui, arrivant au pouvoir à la tête du Front Populaire en 1936, déclara avec un certain humour : "Enfin, les ennuis commencent !". Monsieur Mélanchon, lui, jouait les prophètes de malheur, il y a quelques semaines, en annonçant " Le lendemain de l'élection, la finance, quel que soit le gagnant, attaquera celui qui est en place en France". Et il ajoutait, en son style imagé : "Tous ceux qui arrivent avec leur petit tire-bouchon, leur petit Opinel, pour continuer leur politique à la papa seront rétamés." Ce qui me semble être un assez bon diagnostic : la situation est grave.

Je n'ai pas la mémoire des chiffres. J'en ai cependant retenu deux, qui m'ont fait peur. Premièrement, la France doit lever 180 milliards dans l'année pour financer ses dettes. Et deuxièmement, "il restera 500 millions PAR JOUR à emprunter, selon l'estimation de l'équipe économique de François Hollande. C'est d'ailleurs pourquoi Michel Sapin, qui s'y connaît, disait l'autre jour : "Nous n'aurons qu'une nuit d'état de grâce." Alors, bon courage !

C'est pourquoi j'en reviens une fois de plus à l'une de mes interrogations favorites : "Qu'est-ce qui les fait courir ? Comme les deux compétiteurs sont des hommes intelligents et courageux, ce dont je ne doute aucunement, pourquoi courent-ils au devant des ennuis, des critiques, des coups bas et autres turpitudes ? Alors qu'il leur serait infiniment plus agréable de mener une toute autre carrière. Qu'est-ce qui les fait courir ? L'argent ? Je ne le crois pas ! Le goût du pouvoir ? Peut-être. La célébrité ? Elle est bien passagère.

Ah, si seulement l'esprit de service, la volonté d'être utile à leur pays étaient leur véritable motivation ! Certes, ils l'annoncent, dans leurs discours et leurs professions de foi. Mais autre chose est de le proclamer, autre chose est d'en faire sa règle absolue. Hélas, "le pouvoir corrompt ! " En attendant, je présente sincèrement tous mes vœux de réussite au nouveau Président.

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Mardi 8 mai 2012

Mireille,

Je viens de lire et relire, ce matin, le texte de la lecture de ce jour. Un texte tiré du livre des Actes des Apôtres, qui nous relate quelques épisodes du premier voyage missionnaire de Paul et Barnabé en Turquie.

Antalya : tout le monde y débarque ou y réembarque. Du moins est-ce mon impression lorsque j'entends des amis me raconter leurs vacances ou leurs périples touristiques en Turquie. Il suffit d'ouvrir un catalogue de voyages pour s'en rendre compte. Que ce soit pour la visite de la Cappadoce ou pour un séjour du côté d'Ephèse, tous, même si c'est sans le savoir, débarquent "sur les pas de saint Paul" (comme disent les guides.)

Effectivement. Envoyés en mission par l'Eglise d'Antioche, Paul, Barnabé et Marc, leur jeune ami, ont commencé par Chypre, où l'accueil fut cordial, semble-t-il. De là, ils partirent pour la Turquie. C'est alors que Marc renonça à missionner avec Paul et Barnabé. Peut-être trouvait-il le service trop dur ? Paul lui en tiendra longtemps rigueur. Donc, sans Marc, l'aventure se poursuivit. Au début, "tout nouveau tout beau". Les gens étaient facilement séduits par leurs discours. Il s'agissait essentiellement d'immigrés juifs qui s'étaient installés en Turquie. Paul et Barnabé s'adressaient donc à des compatriotes. Mais bien vite, tout se gâta lorsque des Juifs venant de Jérusalem commencèrent à retourner les premiers auditeurs, accusant Paul et Barnabé d'hérésie. C'est alors que les deux apôtres, devant la réticence et l'hostilité des premiers auditeurs, décidèrent de s'adresser directement aux païens.

On imagine mal les risques qu'ils affrontèrent, la haine dont ils furent victimes. Paul, un jour, le racontera en écrivant à ses amis les chrétiens de Corinthe : cinq fois il dut subir le fouet, une fois il fut lapidé, etc. Dans l'extrait du livre des Actes que nous lisons aujourd'hui, il est fait mention de cette lapidation, à Lystres, "On lapida Paul, dit le texte, puis on le traîna hors de la ville, le laissant pour mort. Mais quand les disciples se furent rassemblés autour de lui, il se releva et rentra dans la ville". Comme les foules sont versatiles ! C'est dans la même ville qu'auparavant les païens, à la vue d'une guérison que Paul venait d'opérer, avaient pris Barnabé et Paul pour des dieux, Le prêtre du temple païen était arrivé avec des taureaux pour offrir un sacrifice à Barnabé, qu'ils prenaient pour Zeus, et à Paul, qu'ils croyaient être Hermès.

Avant de rentrer à Antioche, leur port d'attache, Paul et Barnabé font la même tournée missionnaire à l'envers, pour visiter les petites communautés qu'ils ont fondées et les structurer. Une structure très simple. Dans chaque communauté, ils désignent des "anciens" - aujourd'hui on dit "prêtres", mais c'est le même mot - et leur confient le service de la communauté.

Elle me fera toujours rêver, cette Eglise si dynamique et si fraîche des premiers temps !

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Mercredi 9 mai 2012

Mireille,

Ma voisine passait devant la maison lorsque j'ai ouvert les volets. Nous nous sommes dit bonjour, elle a ajouté la question machinale "Ca va ?" et elle a été certainement interloquée lorsque je lui ai répondu : "Non ! Rien ne va ce matin !"

Il m'a fallu lui expliquer : le réveil qui ne s'est pas déclenché à l'heure, le tube de dentifrice qui était vide, l'eau de la douche qui peinait à atteindre la température demandée et, comble d'ennui, la nouvelle lame de rasoir qui ne pouvait pas s'ajuster au manche habituel. De quoi perdre un temps qui m'est précieusement compté. Naturellement, elle s'est étonnée de m'entendre dire que le temps m'est précieusement compté, moi qui suis depuis bien longtemps en retraite ! Pourquoi ne pas "prendre le temps" de vivre en toute sérénité ?

L'étonnement de cette brave voisine rejoignait mes fréquentes réflexions et les reproches, même, que je me fais parfois. Pourquoi minuter ainsi des journées que je pourrais vivre en toute indépendance, puisque je ne dépends de rien ni de personne ? Mais voilà : les vieilles manies sont là, tenaces : lever, toilette, office des Laudes, eucharistie, petit déjeuner doivent se succéder selon un horaire inflexible, pour arriver ponctuellement à 8h30, heure à laquelle je vous adresse cette petite "Lettre" quotidienne. Vieille manie : je n'aime pas faire attendre, particulièrement celles et ceux de nos lecteurs qui ouvrent cette page, régulièrement, à l'heure précise.

Nombreux sont les anciens qui, comme moi, se fixent des horaires "obligatoires". Je me souviens de cet homme qui, à 18h30, tous les soirs, se mettait à table, et ronchonnait si sa chère et tendre épouse était en retard pour verser la soupe dans les assiettes. A sa décharge, il fallait se rappeler que, pendant toute une vie de travail à l'usine, il lui avait fallu "pointer" avec une régularité obligatoire.

J'en étais là dans mes réflexions lorsque j'ai commencé l'office de Laudes avec le psaume 89. S'adressant à Dieu, le psalmiste lui dit : "A tes yeux, mille ans sont comme hier, c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit. Apprends-nous la vraie mesure de nos jours, que nos cœurs pénètrent la sagesse... que nous passions nos jours dans la joie et les chants." Voilà une prière qui me convient. D'abord parce que je suis renvoyé à ma prime enfance, lorsque - je devais avoir six ou sept ans - j'ai entendu ma mère prononcer cette parole : "Pour Dieu, mille ans sont comme un jour." Ce fut certainement ma première leçon de philosophie : une réflexion sur la mesure du temps, qui n'est pas la même pour les uns et pour les autres.

S'il n'est pas trop tard, je vais désormais apprendre la vraie mesure de mes jours. J'y gagnerai certainement un certain esprit d'indépendance ; et, bien plus, je serai capable de "passer mes journées dans la joie et les chants."

Alléluia !

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Jeudi 10 mai 2012

Mireille,

Ce mois de mai débute bien. Pas en ce qui concerne le temps, mais parce que je ressens comme l'impression d'être en vacances. Voilà qu'à certaines heures, je me retrouve, dans mon bureau, à me dire que je n'ai rien d'urgent à faire. C'est vraiment inhabituel. Extrêmement rare. Et comme je ne suis pas habitué à éprouver de telles impressions, je tourne en rond. Le temps ne se prête pas à de longues marches, je n'ai pas de curiosités intellectuelles urgentes à satisfaire, et même pas de bricolage indispensable à effectuer. Je tourne en rond.

Mon regard se porte sur les livres qui peuplent tous les rayonnages de mon "laboratoire" (du latin laborare = travailler). Compagnons insuffisamment sollicités, bien trop délaissés, de ma solitude. Bien peu d'entre eux me sont indifférents. La plupart me sont chers et me rappellent des souvenirs. Certains même me sont un reproche. Je les regarde : il est bien loin, le temps où ils m'ont fait voyager en imagination, où ils m'ont fait rêver, où ils m'ont ouvert à d'autres perspectives.

Quand les gens entrent dans cette pièce, ils regardent tous les livres qui la peuplent et me demandent : "Vous les avez tous lus ?" Bien vite, je les rassure. Oh non, je ne les ai pas tous lus ; et je ne les lirai certainement jamais en leur totalité. Je me demande parfois si tous ces livres ne sont pas un peu jaloux de l'ordinateur qui m'est indispensable. Je les rassure. Rien ne remplacera jamais le plaisir que j'ai à les toucher, à les sentir, à les feuilleter.

Hier, c'est par hasard que je suis tombé sur un petit livre que m'avait offert Fritz Paepke à la Pentecôte de 1959. Fritz Paepke, professeur de français à l'Institut de langues d'Heidelberg, m'honorait de son amitié. Il venait de traduire et de publier Logik des Herzens,  en français Le coeur et ses raisons, larges extraits des Pensées de Pascal, en édition bilingue. Entre mes mains, le petit livre a repris vie et ce fut pour moi comme une Pentecôte lorsque j'y lus cette pensée de Pascal : "Il est dangereux de trop faire voir à l'homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l'un et l'autre;"

" Il faut faire vivre les bibliothèques... Je l'ai toujours fait sans afféterie. J'ai l'impression que les livres sont morts quand on ne les ravive pas en les lisant", écrit Jean Daniel, le fondateur du Nouvel Obs'

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Vendredi 11 mai 2012

Mireille,

Il y avait bien longtemps que je ne l'avais pas rencontré. Certainement plus de deux ans. Ce jeune ami - il a près de soixante ans - m'a abordé l'autre jour, dans la rue, alors que j'étais de passage dans la ville voisine. "Mais vous n'avez pas changé", m'a-t-il dit. "Toujours aussi jeune ! " Et il a ajouté : "Comme je voudrais avoir votre allure lorsque j'aurai votre âge !"

Sa réflexion m'a rappelé la dernière visite que j'ai faite au cardiologue. Vous l'ai-je déjà racontée ? Il a ouvert la porte de la salle d'attente, a appelé mon nom, et comme je me levais, il a consulté la fiche qu'il tenait en mains, m'a regardé, surpris, et m'a déclaré : "Vous, alors, vous ne  faites pas votre âge !" Je lui ai répondu du tac au tac : "Docteur, je ne suis pas venu pour la carrosserie, mais pour le moteur", ce qui l'a bien fait rire.

J'aurais pu lui rapporter la remarque qu'un jour Dieu fit à Samuel, chargé d'aller choisir un roi dans la famille de Jessé, un paysan de Bethléem. Alors que défilaient devant le prophète, par rang d'âge, les fils de Jessé et qu'à chaque présentation, Samuel se disait : "c'est celui-là qu'il faut choisir", Dieu déclarait au prophète : "Laisse-le passer. L'homme regarde le visage, mais le Seigneur regarde le coeur." Je ne sais pas si mon cardiologue aurait apprécié.

Quoi qu'il en soit, et même si les gens me disent encore fréquemment que je parais encore jeune, je sais bien, personnellement, que le "paraitre" n'est pas l'essentiel, que le grand âge est un combat, un combat sans cesse renouvelé pour légitimer ma longévité. "Il faut que j'en fasse plus pour prouver que je peux en faire assez", écrit Jean Daniel. Et il ajoute : "C'est François Mauriac qui m'a appris que c'était le lien avec les lecteurs qui maintient une présence, mais je reconnais que cette situation n'est pas confortable."

J'ai apprécié à leur juste valeur la remarque de François Mauriac et le commentaire du fondateur du Nouvel Obs'. En effet, et même si ce n'est pas toujours facile, le fait d'avoir à vous écrire chaque matin m'est un stimulant bien efficace. Ainsi aujourd'hui, une fois de plus, je me demandais de quoi j'allais vous entretenir lorsque j'ai lu la remarque pleine d'expérience de ces deux écrivains qui, jusqu'à leur très grand âge, ont tenu ou tiennent à écrire leur billet régulier. Un billet qu'attendent avec convoitise des milliers de lecteurs. Bruno Frappat, de beaucoup plus jeune que nous, en sait quelque chose, depuis que, jeune retraité, il écrit un billet attendu, chaque week-end, dansLa Croix !

Donc, modeste auteur de la Lettre à Mireille, je dois vous dire merci. C'est grâce à vous, amis connus, reconnus ou inconnus, que je peux "poursuivre un combat sans cesse renouvelé pour légitimer ma longévité".

A demain, sans doute !

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Samedi 12 mai 2012

Mireille,

"Que les temps sont changés", dirait Racine ! Certes, notre belle langue évolue, et c'est ,normal, puisqu'elle est une langue vivante. Mais elle n'évolue pas toujours en bien. Jésus me recommande, dans le passage d'évangile que je lisais ce matin : "Que votre 'oui' soit 'oui' et que votre 'non' soit 'non' ". Autrement dit : appelons un chat un chat. Et voilà qu'on remplace couramment des mots très clairs par des mots ou des expressions qui, à mon sens, visent bien souvent à "noyer le poisson".

Il peut s'agir d'euphémismes, nés de la meilleure intention du monde. On parlera ainsi de "non voyants" et de "malentendants", plutôt que de dire "aveugle" et "sourds" ! Bien. De même, la "bonne de cure" est devenue une "aide aux prêtres" Mais je ne vois pas l'intérêt qu'on peut avoir à remplacer le "balayeur" par un "technicien de surface". Il paraît même que dans un hôpital de Montréal on ne parle plus de "malades", mais de "non-handicapés". Mais alors : les handicapés, va-t-on les appeler des "non-malades" ? Et va-t-on, un jour, dire de moi que je suis "malentendant comme un pot" ?

A propos du commandement de Jésus - "que votre oui soit oui" - je remarque qu'il existe actuellement des expressions, trop souvent utilisées à mon gré, pour remplacer ce petit mot qui en trois voyelles, dit tout. Je me demande si ce ne sont pas les militaires qui ont commencé en employant, bien souvent, l'expression "affirmatif"  ! Plus souvent, on entend un tout-à-fait particulièrement ridicule. Il n'est pas loin, le temps où l'on se moquait de commentateurs sportifs et de leur répétitive remarque - souvenez-vous : "tout-à-fait Roland "! Aujourd'hui, c'est communément admis.

Cependant, j'ai été passablement surpris d'apprendre que l'expression "tout-à-fait" est presque aussi ancienne que notre langue française. Au Moyen-Age : "à fait"signifiait "à mesure, progressivement" et donc tout à fait correspondait à complètement ; de même, on disait, et on dit toujours : au bout du compte ; quant à mesure, et même au fur et à mesure, voila  des expression d'usage très ancien qui sont toujours utilisées.

"Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué " ?  disait l'autre ! Les petits enfants, eux, savent bien dire non, avant de dire oui. Leurs parents peinent à leur apprendre à dire oui. Pourtant, que c'est beau de pouvoir dire oui, au soleil, au printemps, à la vie. Le oui est le plus beau mot de la langue française. C'est le mot de l'amour.

Ne le laissons pas se perdre.

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Lundi 14 mai 2012

Mireille,

Je me permets de vous citer, une fois encore, le fondateur du Nouvel Observateur, Jean Daniel. Ce journaliste, qui a mon âge, exprime des sentiments qui, parfois sont les miens. Voici ce qu'il disait, il y a quelques semaines, au cours d'un entretien :

"- J'ai naguère accompagné jusqu'au bout la vieillesse d'un ami médecin, pour qui j'éprouvais une sorte de vénération. Dans sa résidence médicalisée, je n'allais pas le voir pour lui tenir compagnie, mais pour mettre en commun nos notions sur la musique et nos idées sur la religion. Chaque fois que les médecins venaient le voir, ils parlaient devant lui de son cas comme s'il n'était pas là, alors qu'il avait été l'un des plus grands spécialistes des pathologies qu'ils évoquaient. Ils étaient déférents, affables et même respectueux, mais ils l'avaient effacé.

- Vous ressentez la même chose aujourd'hui ?

- Par moments. Quand je connais bien un sujet et que les gens indélicats ou oublieux en parlent comme si je n'étais pas dans la même pièce qu'eux, je ne vis pas ça très bien, que voulez-vous que je vous dise.

- Voulez-vous dire que vous vous sentez retranché du monde ?

- Non au contraire : Je veux dire que l'on prétend souvent m'en retrancher."

***

"Ils l'avaient effacé !" Un brillant médecin, ses confrères l'avaient effacé. Et de même, Jean Daniel a l'impression que souvent, ses collègues font tout pour le retrancher du monde. Eh bien, cette impression, je la ressens, moi aussi, à certains jours. L'impression d'avoir été mis au rebut, sur la touche. Les Anglais ont un mot pour décrire cela : "has been", ce qui se traduit littéralement par : "il a été". il est dépassé, il est vieux... !

Eh bien non ! Je ne me sens ni dépassé, ni retranché du monde. Même si, comme le dit Jean Daniel, "l'on prétend m'en retrancher". Bien au contraire. Est-ce orgueil de ma part ? Je ne sais ; mais bien souvent, j'ai l'impression que ce sont les plus jeunes qui ne sont pas "dans le coup" et qui abordent le monde d'aujourd'hui et son avenir avec une certaine peur. Je n'irai pas jusqu'à manifester la prétention de vouloir donner des leçons à plus jeune que moi, mais je suis heureux de constater que, bien souvent, des hommes de ma génération, penseurs, artistes, prêtres ou même évêques (émérites) se présentent comme des lumières capables d'éclairer le présent et de lui donner sens et valeur.

Oh non, nous ne sommes pas "effacés". Nous, les anciens, nous avons beaucoup à apporter à notre époque. A commencer par l'humour et le bonheur de vivre.  Comme cet admirable prêtre martiniquais, centenaire, que Philippe Jeannin nous présenta hier dans l'émission Le Jour du Seigneur

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Mardi 15 mai 2012

Mireille,

On en parlait justement l'autre jour. Une émission de télévision a présenté une femme qui, obligée de travailler à la suite d'une rupture d'avec son mari, a décidé de devenir "consultante" par Internet. Un peu de pub' et elle a démarré. Un peu de psychologie et beaucoup d'à-propos, ajoutés au sens de la répartie : bien vite les clients ont afflué. Sans doute des gens qui, pour la plupart, désirent entendre de la bouche de leur interlocutrice, moyennant paiement, exactement ce qu'ils souhaitent entendre. C'est bien connu : les voyantes, tireuses de tarots et autres diseuses de bonne aventure gagnent bien facilement leur vie en abusant de la crédulité humaine.

Je pensais ce matin à cette corporation en relisant, dans le livre des Actes des Apôtres (16, 16-40), les circonstances dans lesquelles Paul et son compagnon Silas, séjournant à Philippes, chez Lydie -  une femme chef d'entreprise qu'ils venaient de convertir ainsi que tout son personnel - furent interpellés, dans la rue, par une jeune esclave qui s'était mise à crier sur leur passage : "Ces hommes sont les serviteurs de Dieu : ils vous annoncent la voie du salut." Cette jeune esclave était manifestement possédée ; aussi Paul la libéra de son démon. Ce qui ne fut pas du goût de ses maîtres, pour qui la jeune esclave était source de revenus considérables en prédisant l'avenir à tous les clients qui se présentaient. Traduits devant les autorités de la cité, Paul et Silas furent battus de verges, roués de coups et jetés en prison. Là, surveillés de près, ils furent enfermés dans le cachot le plus retiré et on leur bloqua les pieds dans des entraves.

Ce qu'il y a de plus étonnant dans l'affaire, c'est que, nous dit le récit des Actes, "aux environs de minuit, Paul et Silas... chantaient les louanges de Dieu, et les autres prisonniers les écoutaient".  Un concert en prison ? Bien plus, une fois miraculeusement libérés, accueillis par le gardien-chef dans sa famille, tous manifestent leur joie. Sans doute en chantant ! Et quand, le matin venu, les autorités de la ville ordonnent de relâcher Paul et Silas, ceux-ci refusent et exigent que ces mêmes autorités qui les ont fait battre et emprisonner viennent en personne leur faire des excuses !

Tous les ans, au printemps, pendant les semaines qui suivent Pâques, la liturgie de chaque jour nous invite à relire le livre des Actes des Apôtres ; c'est-à-dire le récit du printemps de l'Eglise. Si seulement nous pouvions manifester, aujourd'hui encore, nous gens des vieilles chrétientés, la joie, la liberté d'allure et la confiance en l'avenir qui étaient celles des premiers temps du christianisme ! Et chanter, jour et nuit, cette joie de vivre.

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