LES ETONNEMENTS DE CATHERINE

2014-2015

 

Lundi 13 juillet 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Mon plaisir, à cette saison, est de prendre le petit déjeuner au jardin. C’est le meilleur moment de la journée.

Mon jardin est un espace plein de vie qui est très animé en été. En ce moment, nous avons la visite quotidienne du pic épeiche qui vient inspecter  chaque matin le tronc du peuplier. La famille hérisson s’est installée sous la haie et apparaît en début de soirée pour une promenade familiale. Parents et petits s’interpellent en grognant. Surtout ne pas les séparer, car ils poussent alors de grands cris. Ma petite chatte borgne, elle, court après les papillons qui peuplent la pelouse depuis que nous l’arrosons pour qu’elle ne se transforme pas en paillasson.

Au fond du jardin, j’entretiens soigneusement un compost pour ne pas avoir à transporter trop de sacs de déchets verts à la déchetterie et pour récupérer un peu de bonne terre. Les fortes chaleurs ont accéléré la décomposition des herbes, ce qui est une bonne chose en prévision de l’automne où  mon compost devra absorber les nombreuses brouettées de feuilles mortes.

Mon compost aussi est bien vivant. En le retournant à la fourche hier matin, j’ai trouvé de nombreux champignons blancs, un peu comme des champignons de Paris, collés en grappe. Le soir, après le repas, j’ai emmené mon fils (et toute de la famille) auprès du compost, voir la champignonnière. Mon fils a  mis ses lunettes, a cueilli un champignon, l’a observé, l’a tâté, l’a reniflé – je sais maintenant pourquoi il a choisi des études de biologie, c’est parce ces études sollicitent tous les sens et pas seulement le cerveau- et m’a annoncé en souriant que mes champignons étaient en fait des œufs ( ?!).

- d’accord, mais des œufs de quoi ?

- de serpent !

Personne n’a cru mon fils évidemment. Alors il a écrasé le champignon-oeuf entre ses doigts. Il en est sorti un liquide et un embryon tout fin et de forme allongée. Il a bien fallu se rendre à l’évidence, il s’agissait bien d’un embryon de serpent. Ce ne sont pas les hérissons qui criaient au jardin hier soir, mais ma fille et ma « belle-fille ».

De retour à la table familiale, loin du nid de serpents, le débat s’est  enflammé autour de la question du devenir de ces grappes d’œufs.  Destruction immédiate ? Déplacement dans le pré voisin ? (autrement dit chez le voisin…) ? Enfouissement dans le compost ? Recyclage d’un aquarium devenu inutile en terrarium pour-suivre-l’évolution ?

J’ai calmé la discussion en disant que JE prendrai la décision lorsque je saurai précisément de quel animal il s’agit. Car nous avons, dans notre région, deux types de serpent : des couleuvres et des vipères. Renseignement pris, les vipères ne pondent pas d’œufs (ouf !). Donc c’est bien la couleuvre à collier qui se prélasse habituellement au bord du bassin qui a pondu ses œufs dans les feuilles en décomposition.

Les grappes d’œufs ont été ré-enfuies dans le compost ce matin, dans un endroit resté humide (et moi, je mettrai des bottes la prochaine fois que j’irai aérer le compost car d’après mon fils, les couleuvres mordent pour se défendre).

Qu’aurais-je fait si j’avais trouvé des bébés vipères ? Aurais-je pris leur défense comme le naturaliste protestant Théodore Monod le faisait pour le scorpion « qui n’est pas méchant comme le sont les hommes », le chacal voleur qu’ « il faut excuser de ses larcins probablement forcés par la nécessité » ou encore la hyène carnivore,  dans son livre pour enfants intitulé Un thé au clair de lune ? Franchement, je ne sais pas…

Prudence et charité dans nos jugements, préconisait le naturaliste…

A bientôt, début septembre.

Je vous souhaite de passer un bel été.

Catherine

 

Samedi 4 juillet 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Mes deux jeunes sont aux Eurockéennes.

Pour les lecteurs hors Franche-Comté : Les Eurockéennes, c’est LE festival de musique (rock) de la région. Il se déroule à Belfort et dure 3 jours. En plein air, sur une sorte d’île, sans ombre paraît-il. Or, il fait 39° à l’ombre à Belfort en ce moment. Donc aux soucis habituels que peut se faire un parent quand son enfant (même devenu adulte) se rend à ce type de festival, s’ajoutent cette année ceux liés à la canicule… Je me rassure en me disant que la fille ira  puiser dans ses acquis du scoutisme pour faire face à la situation et le fils du côté de ses connaissances en physiologie, à condition que la fatigue n’ait pas anéanti toute capacité de réflexion…

Alors, pour me dégager de ces préoccupations, je me plonge dans l’apprentissage de l’hébreu. Cette langue m’effrayait un peu au départ tellement elle est différente de la nôtre. Il faut lire de droite à gauche, s’habituer à la notation des voyelles sous forme de points et de traits qui se baladent parfois au- dessus de la consonne et parfois en dessous, et comprendre le fonctionnement un peu étrange des « mères de lecture ». Il faut apprendre à écrire les lettres bien-sûr. Là, ça va. J’ai été agréablement surprise car je me suis habituée assez vite à cette écriture dite « carrée ». Et puis il faut apprendre la prononciation. Heureusement pour nous les étudiants, les professeurs de la faculté de Strasbourg optent pour la prononciation moderne de l’hébreu qui est plus simple que la prononciation ancienne et surtout plus « occidentale » donc plus accessible pour nous.  Les professeurs ne veulent pas que l’on soit ridicule si un jour nous nous rendons en Israël parce que notre prononciation est archaïque. Oui, parce que l’hébreu est une langue bien vivante contrairement au grec ancien….

A propos de prononciation, j’ai appris que les anciens, au temps des Juges dans la Bible (ces chefs charismatiques de tribus, combattants et sauveurs tout à la fois) ne plaisantaient pas avec elle. Et qu’on pouvait mourir parce qu’on ne prononçait pas bien un mot. Cet épisode est raconté dans le livre des Juges au chapitre 12. On est au temps de Jephté, ce juge qui n’hésite pas à sacrifier sa fille à l’issue d’une victoire contre l’ennemi. Il guerroie alors contre les fils d’Ammon puis contre les Ephraïmites (les habitants de la cité d’Ephraïm) qu’il bat grâce aux hommes du Galaad. A l’issue de la bataille, ces derniers s’emparent des gués du Jourdain, vers la ville d’Ephraïm. Or, lorsqu’un Ephraïmite demandait à traverser le gué, les soldats lui  faisaient passer un test qui consistait à prononcer le mot « épi ». Si par malheur, il prononçait « sibboleth » au lieu de « shibboleth » (avec un « ch »), il était immédiatement égorgé. Quarante-deux mille hommes d’Ephraïm seraient tombés ainsi en ce temps-là. J’espère que ce récit, comme beaucoup d’autres dans la Bible, comprend des éléments d’exagération à propos de ce nombre…mais ce n’est pas certain hélas.

En ce qui me concerne, j’ai bien appris à distinguer le « sin » et le « samek » et je ne risque pas d’être égorgée en cas d’erreur (en principe). Au pire, j’aurai une mauvaise note au test de lecture qui m’attend à la rentrée prochaine. Et puis si je vais un jour en Israël, je me contenterai d’un peu d’anglais pour converser.

J’ai regardé la température à Jérusalem. Il fait 10 ° de moins qu’à Belfort !

Etonnant non ?

Vous êtes déjà allé en Israël ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

Mardi 23 juin 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Je me dépêche de vous écrire car mon amie Pascale attend derrière l’écran de son ordinateur la parution d’un nouveau billet…

Vous l’ai-je dit ? Je viens de passer (sans grand enthousiasme) une dizaine. J’ai eu 50 ans tout ronds il y a quelques semaines. Pour l’occasion, mon mari a organisé un (super) week-end familial et amical, qui m’a permis de retrouver un couple d’amis du temps de mes études (les premières, celles quand j’avais 20 ans). C’est simple, on s’est retrouvé comme si on s’était quitté la veille, et comme quand on était jeune. Après un repas festif à la terrasse d’un restaurant type bord de mer (en pleine ville franc-comtoise) mon amie (Pascale), qui dirige un institut pédagogique de renommée, a improvisé un discours évoquant notre jeunesse (en censurant bon nombre d’épisodes inénarrables en raison de la présence de la famille ), puis nous avons tiré un feu d’artifice dans le jardin, un peu tardif (1h du matin…) et particulièrement bruyant (ça, ce n’était pas prévu.  Les fusées partaient de manière automatique, impossible de les arrêter). Le problème est que j’habite dans une vallée et il y eut un phénomène d’écho qui amplifiait le bruit, et qui a réveillé tout le voisinage. Le petit voisin (17 ans) a  cru qu’on attaquait sa maison à la mitraillette…

J’ai offert un verre à mes collègues aussi, qui ont tenté de me convaincre que 50 ans était un bel âge. Je n’en doute pas, mais je pense que 10 ans de moins c’est mieux… A tout point de vue, et surtout physiquement.

Ma vieille maman, 92 ans (et toute sa tête), ne s’y trompe pas. Lorsque nous avons  porté un toast elle m’a dit clairement que 50 ans, c’était « un peu vieux ». Elle a entièrement raison. A 50 ans, on passe dans le camp des séniors, aux yeux de l’entourage et des  professionnels du markéting aussi.

Mon mari, qui était un jour à mes côtés dans la voiture lorsque je conduisais alors que nous partions en vacances, a fait le constat que j’avais la peau des avant-bras « comme celle de la mémé », parole qu’il a vite regrettée, mais c’était très justement dit. (Alors qu’il était enfant, il s’étonnait de l’aspect fripé de la peau de sa grand-mère, image qui lui est restée en mémoire). Depuis, je me mets de la crème hydratante sur les avant-bras en repensant aux paroles que ma belle-mère disait (alors qu’elle était âgée) : je suis toujours aussi jeune, mais ça prend une heure de plus chaque matin…

Et puis il y a ces publicités que je reçois du n°1 français de la cosmétique soit disant naturelle, qui me propose des crèmes anti-rides ou anti-taches, des soins raffermissants ou resculptants et aussi des sérums « contour des yeux ». Bref toute la gamme dite « anti-âge ». Il faut croire que l’âge est un problème pour le corps.

Les professionnels de santé ne vous oublient pas non plus. Le clou je crois, c’est cette lettre de couleur rose que j’ai reçue hier. Les lectrices (de 50 ans et plus) ont déjà compris de quoi il s’agissait : une invitation (c’est ainsi que ce nomme ce courrier) à faire une mammographie ! Le message est clair : c’est entre 50 et 74 ans que le risque d’avoir un cancer du sein est le plus important.

Si je résume, à 50 ans, fini l’insouciance. Il y a du boulot en « maintenance » (préventive et curative).

Bon, le moment est venu je crois d’appliquer ce que j’ai entendu dans mon entourage. Ces paroles de personnes âgées que je trouvais étonnantes (et que je commence à comprendre). Celle-ci, par exemple, qui émane d’une de mes tantes, une mennonite morte à quelques semaines de ses 100 ans, et qui disait à ceux qui s’étonnaient de son grand âge : «  je vis tranquillement » (malgré un cancer des intestins).

A vous aussi, je vous souhaite de vivre tranquillement.

Amicalement comme toujours.

Catherine

Mercredi 17 juin 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous 

A la demande de l’un d’entre vous, je vais vous communiquer l’exégèse d’Actes 3, 1-10 qui m’a valu une excellente note. Enfin, une petite partie, la toute dernière page du devoir (qui en compte 15), celle où, enfin, l’étudiant est autorisé à livrer sa propre interprétation du texte (qui n’est pas évaluée). Je vous fais grâce des 14 pages qui précèdent l’interprétation et qui sont faites d’une série d’exercices divers de critique textuelle, analyse littéraire, sémantique, et historique.

Le texte biblique pour commencer  (en français, mais nous on l’a étudié en grec) :

Pierre et Jean montaient au temple pour la prière de trois heures de l’après-midi.  On y portait un homme qui était infirme depuis sa naissance – chaque jour on l’installait à la porte du temple dite La Belle Porte pour demander l’aumône à ceux qui pénétraient dans le temple. Quand il vit Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, il les sollicita pour obtenir une aumône. Pierre alors, ainsi que Jean, le fixa et lui dit : « Regarde-nous ! » L’homme les observait, car il s’attendait à obtenir d’eux quelque chose. Pierre lui dit : « De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ, le Nazôréen, marche ! » Et, le prenant par la main droite, il le fit lever. A l’instant même les pieds et les chevilles de l’homme s’affermirent ; d’un bond il fut debout et marchait ; il entra avec eux dans le temple, marchant, bondissant et louant Dieu. Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c’était bien lui qui se tenait, pour mendier, à la Belle Porte du temple. Et les gens se trouvèrent complètement stupéfaits et désorientés par ce qui lui était arrivé.

Ma proposition d’interprétation (ou la synthèse des 14 pages d’analyse…).

Actes 3, 1-10 est le récit d’une rencontre. Une rencontre au seuil du Temple, entre d’un côté Pierre et Jean, deux figures de la jeune Eglise (et du Nouveau Testament) et de l’autre côté, un mendiant anonyme, figure d’une prophétie d’Esaïe (et donc de l’Ancien Testament) : le boiteux qui bondira comme un cerf (Esaïe 35,6).

Entre les deux, il y a l’évènement charnière de la résurrection et toute  la « puissance » qu’elle engendre : « le Nom de Jésus-Christ ». C’est cette force qui fait de l’homme exclu et marginalisé un homme debout, grâce à la parole et au geste de « relèvement » des apôtres. Car parler de Dieu guérit.

Les témoins du miracle ont de quoi être stupéfaits, bien plus encore peut-être par « la vision » du prophète qui s’actualise sous leurs yeux que par la guérison proprement dite. Les bondissements du boiteux agissent comme le signal que le moment est venu : le sauveur est là et toute la création s’en trouve renouvelée. Or, c’est bien l’Eglise qui se produit lorsque des hommes et des femmes sont « saisis » par La parole-évènement qui se manifeste devant (ou en) eux.

Guéri et réhabilité, le boiteux, accompagné des deux apôtres entre dans le Temple, en priant. Porté par le trio, « le Nom de Jésus-Christ » investit le lieu sacré. Mais pour être à nouveau rejeté. Les témoins (de la Parole) devront alors sortir du Temple, et aller plus loin (pour l’annoncer).

Amicalement comme toujours.

Catherine

Mardi 9 juin 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

J’ai eu 20/20 à mon devoir d’exégèse d’Actes 3, 1-10.

Je n’en croyais pas mes yeux quand j’ai pris connaissance du relevé de notes de mon second semestre universitaire. Certes, j’ai beaucoup travaillé ce devoir, ai beaucoup lu et fait de recherches. J’ai suivi pas à pas la méthode de notre professeur, Christian GRAPPE, un monsieur très généreux (s’il pouvait faire don de tout son immense savoir à ses élèves, il le ferait) que j’appréciais beaucoup (et que vous pouvez découvrir sur YouTube  en recherchant « Pierre et Paul », une émission de KTO où il dialogue avec D. Marguerat, le professeur de Nouveau Testament de renommée internationale de l’université de Lausanne). Je n’ai manqué aucun de ses cours en ligne, mais je ne m’attendais pas à un tel résultat. Je le dois un peu  à Léon aussi qui un jour a glissé entre mes mains L’Aube du christianisme de Marguerat, car en matière d’exégèse, je n’ai rien inventé bien-sûr, mais j’ai butiné dans différentes sources, dont des sources catholiques (auprès de Léon Xavier Dufour par exemple) pour faire mon miel.  Déjà à l’école primaire où en Moselle l’instruction religieuse était obligatoire, je pratiquais cette méthode qui consistait à utiliser ce que j’entendais chez les catholiques pour répondre aux questions des protestants et vice versa. Ça marchait très bien à l’époque, ça marche aussi au niveau universitaire.

Seulement voilà, je n’étais pas au bout de mes surprises en matière de notation. Ça allait être la douche écossaise, car je n’avais que 11 de moyenne à l’unité d’introduction à l’exégèse, donc il y avait une catastrophe quelque part et une grosse car je n’avais en tout et pour tout que deux notes dans cette matière. Là non plus je n’en ai pas cru mes yeux quand j’ai vu apparaître la note d’oral d’Ancien Testament à l’écran qui était de 2/20. Une « bâche » en argot scolaire !

Je savais que je n’aurais pas une très bonne note car je n’avais pas fait d’hébreu. Or une partie du travail d’analyse des textes doit se faire à partir du texte original. C’est pourquoi j’avais pris la précaution de demander au professeur si je pouvais suivre ses cours sans avoir débuté l’hébreu. Réponse : oui. Seulement n’ayant pas de connaissance en hébreu, je n’ai pas pu réaliser la critique textuelle  du psaume 23 qui m’a été donné à l’examen, mais je connaissais la méthode et avais travaillé le texte. Le professeur nous donnait d’ailleurs le texte en français.  C’est curieux cet écart de résultat entre AT et NT (je n’ai eu que 10/20 au premier semestre déjà, contre 17/20 en NT), car j’aime bien l’Ancien Testament.

Un peu refroidie tout de même,  mais encouragée par l’excellente note en NT, plus d’autres bonnes notes en théologie pratique et grec, j’ai décidé de poursuivre les études l’an prochain et de débuter (courageusement) l’hébreu. Et dès à présent, car je pressens un apprentissage long et laborieux. Pour cela j’utilise un manuel et YouTube, où notre professeur (Mickael Langlois) a déposé ses cours d’initiation à l’hébreu, qui sont donc accessibles à tous. A vous, par exemple, si vous avez envie de découvrir cette langue ou de voir l’une des modalités de cours à distance pratiquées à l’université de Strasbourg.

L’hébreu, ça vous tente ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

Dimanche 31 mai 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Heureuse de vous retrouver après cette semaine de vacances (improvisées). J’ai pu en effet prolonger le week-end de la Pentecôte pour faire une escapade au bord de la mer avant de rejoindre ma Lorraine natale à l’occasion de la première communion de notre petite fille (qui vient de fêter ses douze ans).

Marion est scolarisée dans un collège catholique. Et c’est dans son établissement scolaire que la proposition lui a été faite de préparer sa première communion, proposition qu’elle a acceptée. C’est  elle seule qui a pris la décision de faire sa communion, nous a bien précisé sa maman.

Donc c’est avec joie que nous avons traversé la France vendredi pour être dès le lendemain matin à 10h30, à la Basilique de St Nicolas de Port (au sud de Nancy). Cette basilique, dédiée à Saint Nicolas, le saint patron de la Lorraine mais surtout des enfants (entre autres) est le lieu adapté pour une célébration familiale où les enfants sont à l’honneur. La Basilique, ancien lieu de pèlerinage (Jeanne d’Arc s’y est rendue), est en effet très claire et lumineuse à l’intérieur. Les tentures aux couleurs rouge et jaune de la Lorraine ainsi que les vitraux de couleurs vives égayent le lieu. Elle était comble samedi matin.

Ma fille (19 ans le jour même), s’est plainte de ne rien comprendre au déroulement de la célébration. Elle avait en référence sa première communion célébrée en paroisse, dans une petite église de campagne. Elle n’imaginait pas que le même jour, des dizaines d’enfants d’âges différents (venant des écoles catholiques de la région) pouvaient recevoir le baptême, communier pour la première fois et/ou faire leur profession de foi, tout cela au cours de la même célébration. Elle aurait préféré une cérémonie plus intime. Son frère (22 ans) lui a fait remarquer la beauté des chants et du lieu, l’intérêt d’être avec un grand nombre de jeunes, mais il ne l’a pas convaincue.

Mes enfants n’étaient pas au bout de leur surprise car ce jour de fête allait se prolonger après la célébration. Dès l’apéritif, ils ont appris, coup sur coup, que la communiante (leur nièce) allait avoir une petite sœur (en décembre) et qu’ils allaient être parrain et marraine du bébé. J’ai vu les yeux de mes enfants s’écarquiller d’étonnement. Passé l’effet de surprise, mon fils a été en capacité de dire qu’il était honoré d’être le parrain du bébé et ma fille qu’elle était étonnée de pouvoir devenir marraine si jeune. Et, de concert, ils se sont engagés à « assurer »…

J’ai apprécié la démarche de ma belle-fille qui n’a pas demandé à mes enfants s’ils voulaient ou pas être parrain et marraine. Elle leur a imposé (parce qu’elle a l’habitude de décider, et parce qu’elle n’imaginait pas la possibilité d’un refus…) sa décision. Et c’est très bien ainsi. Ça change mes enfants de toutes ces démarches d’orientation (après le Bac ou après la Licence) où il faut faire des vœux que l’on accepte ou refuse ensuite. Pour finalement ne plus savoir ce que l’on veut faire.

J’ai pensé aussi au bébé qui allait hériter non pas de « simples » parrain et marraine « juxtaposés » mais d’un « duo », jeune effectivement, complice, sportif, souvent drôle, parfois infernal… De quoi goûter avec lui, aux multiples facettes de la vie et de bien s’amuser aux réunions de famille (le futur parrain est capable de faire du trampoline en costume et la marraine en robe courte, comme ils l’ont fait samedi avec leur nièce).

La petite naîtra peut-être le 6 décembre, le jour de la Saint Nicolas. Ce serait amusant non ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Mardi 19 mai 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous.

 « Le Synode est soucieux à la fois de permettre que les couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie. Il ouvre la possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu. »  Telle est la décision qui a été prise par le synode de l’EPUdF (l’Eglise protestante unie de France, soit la réunion des luthériens et calvinistes) réuni à Sète dans l’Hérault ce dimanche 17 mai.

C’est donc fait. Les (500) pasteurs protestants pourront, s’ils sont  en accord avec la décision du synode, bénir les couples homosexuels à l’occasion de leur mariage. Cela faisait 18 mois que le processus de réflexion était lancé à partir d’une grande consultation de terrain et de débats en paroisse. Je m’attendais à cette décision sans totalement y croire. La bonne surprise a été la position des synodes régionaux préparatoires, qui, pour la plupart, étaient favorables à l’accès des couples homosexuels à la bénédiction religieuse.

Au cours des diverses consultations, c’est l’approche pastorale qui a été privilégiée et non l’approche morale sur le mariage pour tous. Isabelle GRELLIER (mon professeur de théologie pratique à l’Université de Strasbourg) qui était rapporteur au synode a bien expliqué qu’il ne s’agissait pas de se demander si « le mariage des personnes de même sexe c’est bien ou pas bien » mais de se poser la question : « que répondons-nous aux couples d’hommes et de femmes qui maintenant viennent vers nous ? »

A condition de penser que la bénédiction n’est pas « un satisfecit de Dieu sur nos actions, mais le signe que Dieu nous accueille tels que nous sommes », comme l’a rappelé Isabelle GRELLIER, la réponse pastorale ne pouvait être qu’un « oui » à l’accueil de ces couples. Il en allait de la volonté de témoigner de l’Evangile ou pas…

Cette décision s’imposait d’autant plus que des pasteurs en Amérique du Nord, en Europe mais aussi en France commençaient à pratiquer la bénédiction des couples de même sexe. Elle se pratique par exemple à la Maison verte, une paroisse parisienne de la Mission populaire évangélique de France, qui fait partie de ces paroisses dites « inclusives » et qui l’affiche.

A souligner également le fait que la décision a été prise à la quasi-unanimité puisque qu’il y aurait eu (d’après le journal Le Monde) 94 voix pour et seulement 3 voix contre ! Ce qui est étonnant pour un changement de cet ordre. Le président de l’EPUdF, Laurent SCHLUMBERGER, l’a rappelé à titre de comparaison,  l’ouverture du ministère pastoral aux femmes s’est faite il y a 50 ans, par une majorité de seulement 55 % !

Ç’est une bonne chose que les soucis pastoraux prennent le pas dans les décisions en Eglise.

Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

Lundi 11 mai 2015

Amis de Murmure, Bonjour à tous

J’ai fait le trail des Forts. Je parle de la célèbre course qui se déroule chaque année au mois de mai à Besançon et qui relie les différents forts qui se trouvent tout autour de la ville, en hauteur comme on peut s’en douter. Le parcours est donc tout en montées et descentes. Il existe 4 circuits différents : 3 pour les coureurs qui peuvent faire au choix 47km ( !) 28 km ou 19 km et un de 16km pour les randonneurs. Je me suis limitée à ce dernier parcours, les trois autres m’étant totalement inaccessibles. En fait, je me suis inscrite avec des proches pour accompagner deux membres de ma famille qui faisaient eux le fameux 47km…J’ai trouvé le parcours de la randonnée superbe et sportif bien-sûr. Pour ceux qui connaissent la ville : nous avons enchaîné, en partant du pré de Vaux (de la Rodia), le Fort de Bregille (un peu raide au début), les quais du Doubs (faciles) le Fort de Chaudanne (la montée la plus dure) et la Citadelle (la plus prestigieuse).

J’ai surtout découvert ce type de course (le trail) dont j’ignorais tout. J’ai été étonnée par la foule des coureurs (plus de 3000), le nombre de bénévoles, la logistique : douches dans un camion, ravitaillement, animations, la bonne ambiance, le niveau sportif (les meilleurs ont parcouru les 47 km en moins de 4 heures, tout de même !!) et le port de bas de contention (version sportive) par un grand nombre de coureurs…

En tout cas, je sais maintenant ce que font les gens le dimanche matin, ils courent. Et qu’on ne me dise plus qu’on ne trouve pas de bénévoles, il y en avait 300 ce jour-là. J’ai appris qu’il y avait plus fort encore : il existe des courses de nuit et en hiver, qui attirent des foules encore plus nombreuses de coureurs mais aussi de spectateurs. C’est ce que m’a expliqué un jeune collègue féru de ce type de course-évènement.

Le jeune collègue m’a aussi raconté ainsi qu’à tous les collègues présents à la cantine, que le problème cette année sur le circuit des 28km avait été la messe. Comme je ne voyais pas bien le rapport entre la course et la messe, je lui ai demandé de préciser. En fait, les coureurs et les personnes qui se rendaient à la messe à la Chapelle des Buis se sont retrouvés à la même heure sur la même route. Et se sont gênés apparemment mutuellement, au point qu’il y aurait eu des incidents entre coureurs et automobilistes, que les bénévoles chargés de la circulation n’auraient pas pu gérer. Le curé serait même sorti de l’Eglise pour tenter de calmer les choses. Bon, je n’étais pas présente, je ne peux pas juger de la situation…mais j’aurais tellement aimé entendre une autre histoire, du genre : tous ceux qui allaient à la messe ont laissé passer les coureurs (qui ne traînent pas croyez-moi…), les ont applaudis et encouragés voire ont prié pour eux.

Car vous ne le croirez peut-être pas mais il y a des coureurs qui prient pendant ce genre de course. C’est d’ailleurs le titre d’un article de l’Est républicain paru ce jour : « j’ai prié pour tenir », c’est ce qu’a déclaré le Belfortain Brice Donischal qui a parcouru le 28 km en 2 heures (et qui a dû passer à la Chapelle des Buis…), au journaliste qui l’interviewait. « Et ça a marché » aurait-il ajouté. La preuve, il a remporté la course. Car il faut souligner que ce type de course est très dur, et peu importe les motivations à courir, il faut le faire et arriver au bout. Et pour ceux qui ont le désir de gagner, l’engagement physique et mental dans l’épreuve est énorme. Que la prière soit un soutien ne m’étonne pas.

Donc les coureurs et les cathos qui se rendaient à la messe auraient presque pu prier ensemble plutôt que de bagarrer…

Vous ne croyez pas ?

 

 

Dimanche 3 mai 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Laure, ma petite cousine va épouser Toufik.

Elle a annoncé son mariage à ses parents à Pâques. Mais la noce n’aura lieu qu’à l’été 2016. Un an, il n’y a rien de trop pour organiser un mariage m’a expliqué Annie, sa maman. Il faut s’y prendre un an à l’avance pour la réservation de la salle. Et puis un an, ça laisse le temps de s’habituer à l’idée. Car bien que les jeunes gens vivent ensemble depuis trois ans, ce mariage est une surprise pour l’entourage. Nous, c’est nos parents, qui nous ont poussés à nous marier, ce n’était pas trop dans notre idée. Mais aujourd’hui, les jeune veulent se marier, c’est le contraire de nous…  m’a expliqué la maman.

Une rencontre a eu lieu entre les parents des futurs mariés. Qui s’est bien passée m’a dit Annie qui appréhendait un peu ce moment en raison de la différence de culture entre les deux familles. En effet, le jeune homme est d’origine algérienne. Heureusement m’a précisé Annie, les parents ne sont pas pratiquants, et étaient même favorables à un mariage catholique si la mariée et sa famille le souhaitaient. Finalement, il n’y aura qu’une simple cérémonie à la Mairie. Car c’est « neutre ».

Les parents de la mariée et la mariée elle-même sont catholiques, mais ils ne sont pas pratiquants (seuls 15% des catholiques le sont). Ils n’apprécient pas le prêtre de leur paroisse, qu’ils connaissent malgré leur éloignement de l’Eglise locale (car ils vont à la messe à Noël et aux enterrements), et qu’ils trouvent trop « tradi ». Ils craignent surtout d’être jugés par lui et qu’il leur soit reproché de ne pas venir régulièrement à la messe (ce qui ne serait probablement pas le cas…).  J’ai glissé dans la conversation qu’il existait un rituel catholique pour les couples de religion différente (ce qu’ils ignoraient) mais la décision est entérinée à l’unanimité par les familles, il n’y aura pas de cérémonie religieuse.

Seulement Annie a un regret (et peut-être le jeune couple aussi…), il manquera « la dimension spirituelle »…

En écoutant Annie, je repensais à mes amis Denis et Brigitte, un couple qui fait depuis plusieurs années de la préparation au mariage. Ils aimeraient que l’Eglise invente et promeuve une nouvelle manière d’accueillir ces couples, non pratiquants, mixtes ou non, mariés civilement ou non, qui souhaitent un « geste » spirituel au moment de leur union. Mes amis pensent (et moi aussi) que la proposition du sacrement du mariage ne convient pas forcément à ces couples, mais qu’une « formule » moins exigeante (mais non moins « profonde » spirituellement) serait mieux adaptée, comme une bénédiction par exemple. 

Cette préoccupation ne concerne pas que l’Eglise catholique. L’EPUdF (l’Eglise protestante unie de France, soit les réformés et les luthériens réunis) réfléchit actuellement à « de nouveaux modes d’expression liturgique susceptibles de recevoir et de célébrer les alliances de vie », telles qu’elles se vivent dans notre société d’aujourd’hui. Elle est actuellement dans la phase de recueil des expériences de terrain.

L’invention de nouveaux rites adaptés aux formes d’alliance d’aujourd’hui est donc bien devenue une nécessité

Enfin je crois. Qu’en pensez-vous ?

Amicalement comme toujours.

 

Samedi 25 avril 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

La semaine dernière, j’ai fait la connaissance de Danielle.

Danielle est une petite dame brune, vive et jeune d’allure. Elle a 60 ans mais en paraît 50.

Nous nous étions vues une première fois à la fac de théologie lors du WE d’intégration. Puis, nous nous sommes retrouvées quelques fois en visioconf(érence) lors des cours à distance. Mais là, durant la semaine d’examen de ce mois d’avril, nous avons pu faire plus ample connaissance d’autant plus que  nous étions hébergées dans le même foyer. Nous nous sommes retrouvées en effet,  deux protestantes « exilées » chez les religieuses catholiques, sœurs de Marie réparatrice, car la communauté de diaconesses qui nous accueille habituellement affichait complet.

Danielle est très sociable et de tempérament extraverti. Spontanément, elle discute avec tout le monde. Avec les ouvriers peintres (deux polonais et un jeune ukrainien) qui rénovaient les cages d’escalier du foyer où nous étions logées. Avec les étudiants qui dînaient à notre table au restaurant universitaire (protestant). A la fac, avec les étudiants, les secrétaires, les professeurs.

Danielle m’a un peu raconté sa vie, un soir, lors d’une pause « tisane » entre deux séances de révision.

Elle m’a d’abord expliqué pourquoi elle entreprenait des études de théologie : c’est pour remercier Dieu ( ?!) tellement elle se sent heureuse d’être en vie et guérie d’un cancer du rein qui aurait pu l’emporter. Le médecin qui l’a opérée (et lui a retiré un rein) lui a dit qu’elle était une « ressuscitée ». Une expression qui ne l’a pas laissée indifférente. Elle étudie aussi pour ne pas rester inactive, elle qui a toujours travaillé tout en élevant cinq enfants. Elle n’a pas pu reprendre son emploi de directeur administratif suite à sa maladie, alors elle a décidé d’étudier à plein temps.

Elle réactive également un projet qu’elle n’a pu réaliser alors qu’elle était jeune : celui d’être pasteur. Elle a perdu ses parents alors qu’elle était encore lycéenne et son oncle, son tuteur à l’époque, ne l’a pas laissée s’orienter vers le pastorat et a préféré une orientation vers un métier plus « concret » : la finance. Danielle a donc fait de la comptabilité, du droit, de la fiscalité et est devenu commissaire aux comptes.

Elle a entamé l’année dernière  un DU (un diplôme universitaire) dans le domaine religieux qu’elle a réussi. Alors encouragée par sa réussite, par ses professeurs et son médecin, elle poursuit un cycle de licence à temps plein, en suivant de front toutes les unités dans les quatre domaines : dogmatique, biblique, historique, et langues anciennes (grec et hébreu) plus l’anglais que Danielle, en tant que fille d’ambassadeur, maîtrise parfaitement.

Tous les vendredis, Danielle, bien que déclarée guérie par son médecin, doit prendre une chimiothérapie médicamenteuse. Elle endure ensuite pendant plusieurs jours les effets secondaires du traitement, puis elle a quelques jours de répit et il faut recommencer le traitement.

Paradoxalement, et c’est ce qui m’a étonnée, c’est elle qui est toujours la première à encourager et réconforter les autres étudiants lorsqu’ils peinent ou n’obtiennent pas les résultats escomptés. Infatigable, Danielle ne se décourage pas (même quand les examens sont difficiles) et sa joie de vivre est communicative. Elle ne se plaint jamais, même lorsqu’elle ressent les effets secondaires de son traitement et qu’il faut enchaîner les épreuves écrites et orales à la faculté…

En tout cas, ce court chemin parcouru en sa compagnie au moment des examens m’a fait du bien.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

Dimanche 12 avril 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Il se passe des choses intéressantes du côté de la paroisse Saint Pie X de Besançon. C’est ce que j’ai appris en discutant il y a quelques jours avec mon amie Brigitte.

Cela faisait plusieurs mois qu’il n’y avait plus de prêtre résident à la paroisse. Cela ne veut pas dire qu’il n’y avait plus de prêtre du tout, mais simplement que le prêtre rattaché à la paroisse ne résidait pas sur place. Par conséquent le logement du presbytère était vide. Alors l’Equipe de coordination pastorale a pris l’initiative de proposer le logement à des familles de migrants.

Le projet est discret mais mobilisateur. Une trentaine de paroissiens participe en effet à ce service d’accueil. Car il ne s’agit pas simplement d’ouvrir les portes d’un local et de laisser les personnes livrées à elles-mêmes, mais il s’agit recevoir les étrangers et de se préoccuper d’eux. Et ce chaque jour. Car en effet, si  j’ai bien compris le fonctionnement, chaque soir, des paroissiens se relaient pour aider à la préparation d’un repas et dorment sur place pour que les accueillis ne restent pas seuls.

Cela peut être émouvant m’a raconté mon amie, car des paroissiens parfois âgés n’hésitent pas à dormir à même le sol pour laisser les lits disponibles aux gens accueillis. Qui, pour certains d’entre eux, ont connu des conditions de vie rudes, pour ne pas dire inhumaines comme dormir dans une voiture en hiver… C’est précisément une famille dans cette situation que mon amie a repérée lors d’un des cours de français qu’elle donne à des étrangers, à qui le logement vacant de la cure a été ensuite proposé.

Ce service d’hébergement des migrants est fédérateur pour la paroisse m’a expliqué Brigitte. Un vrai réseau s’est créé. Des personnes qui ne se parlaient pas jusqu’à présent, se téléphonent au sujet de l’organisation de l’hébergement, se réunissent, et sont heureux de l’action menée.

En fait, si je résume la situation, le « vide » provoqué par l’absence de prêtres résidents, et d’une manière générale la diminution du nombre de prêtres, si cela peut attrister au premier abord,  n’est  pas forcément dramatique. Il contraint à inventer de nouvelles façons de faire Eglise et de vivre l’Evangile, en lien avec les réalités locales, et les besoins de nos contemporains. En fait d’invention, il faudrait peut-être mieux parler, dans le cas présent de redécouverte. L’accueil de l’étranger et sa protection était un commandement biblique, et une prescription de Jésus : j’étais étranger, et vous m’avez accueilli… et existait aussi au temps où les presbytères étaient occupés par des prêtres en exercice. Je me souviens que le Père Paul accueillait discrètement, à la cure de mon village, des « migrants » de toutes sortes…

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je trouve que cette histoire d’accueil de migrants dans le logement vacant du presbytère est un beau témoignage et surtout une bonne nouvelle pour les étrangers en cette période où les demandes d’asile augmentent. C’est l’évangile en actes tout simplement.

Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

Samedi 4 avril 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Et joyeuses Pâques à tous !

Quand j’ai déposé le brochet au milieu de la table, l’oncle Jean est tout à coup ressuscité. Au moins dans le discours d’Anne, sa nièce (ma maman âgée de 91 ans) qui s’est mise à évoquer son ancêtre.

L’oncle Jean en question a été veuf prématurément. Or cet homme, qui vivait à la campagne, pêchait. S’il attrapait un brochet, il avait pour habitude de l’apporter à sa belle-sœur Elsa (ma grand-mère mennonite). Elle était chargée de la cuisson du poisson, de sa préparation et de tout le dîner qui l’accompagnait. Bien-sûr l’oncle Jean était invité au repas. Elsa appréciait beaucoup ce poisson mais lui reprochait ses longues arêtes fourchues. Elle craignait que l’une d’elles ne se plante dans la gorge de l’un de ses quatre enfants. Il fallait paraît-il, retirer toutes arêtes des portions de poisson des enfants avant de leur servir.

Comme au temps de ma grand-mère, le brochet, pêché par mon fils, a fait du dîner familial un repas de fête improvisé. Mon fils est arrivé à 19 h, un soir, avec son poisson sous le bras, accompagné de sa grand-mère qu’il avait prise au passage dans son foyer-logement pour-aller-manger-le-brochet-à-la-maison. Il fallut alors descendre à la cave chercher la poissonnière (et une bouteille de vin blanc), préparer un court-bouillon, régler soigneusement les plaques de cuisson pour que surtout l’eau du bouillon ne soit pas trop chaude, et faire pocher le poisson (de 60 cm de long). La grand-mère s’est chargée de confectionner une mayonnaise maison, à l’ancienne, pendant que je dressais la table.

Je n’ai que de vagues notions de pêche à la ligne, mais je m’étonne toujours des prises de mon fils, qui va soi-disant pêcher la truite et rapporte un carnassier. Pour moi, le brochet se pêche au vif, en eau calme type étang et nécessite de longues heures d’attente. Or, mon fils (qui est incapable de rester des heures assis à attendre) pêche au leurre, avec un lancer, dans l’Ognon (ça ne s’invente pas), une rivière dont le nom signifie « eau de torrent » (donc en eau agitée et claire)  avec des lignes à truite (donc pour « petit » poisson), et attrape des brochets qu’il-voit-arriver-de-loin,  et prend à la cuiller. Il prétend que ça marche parce qu’on est en début de saison. Bon, renseignements pris, les deux techniques de pêche existent pour le brochet. La technique de la cuiller convient pour attraper les jeunes brochets impatients. Elle convient aussi apparemment au jeune pêcheur tout aussi impatient.

Mais peu importe la technique de pêche. Une grosse demi-heure a suffi pour faire cuire le brochet (un poisson maigre qui convenait parfaitement au temps de carême) et nous avons pu le déguster tiède avec sa mayonnaise. Accompagné d’un petit Colombard d’Oléron (un vin blanc). Un délice. Je n’ai pas été obligée de retirer les arêtes du poisson car mes enfants sont grands. Et nous avons longuement évoqué l’Oncle Jean que tout le monde aimait beaucoup semble-t-il, et dont les visites dans l’ancienne maison familiale étaient source de réjouissances.

Puis nous sommes allés au Temple protestant pour célébrer le jeudi saint. Là, il y eut un autre repas que les protestants nomment la Cène, fait d’un simple morceau de pain trempé dans du vin. La Cène est le seul geste que Jésus a laissé « pour après » sa mort à ses proches. Parce qu’on n'a rien inventé de mieux qu’un repas pour faire advenir la Joie et la fraternité…Enfin, je crois.

Et vous, vous aimez le brochet ?

Amicalement, comme toujours.

Catherine

Vendredi 27 mars 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Les scouts sont venus à la maison le week-end dernier. Pour entretenir mon jardin.

Ce que je nomme « jardin » est en fait un très grand terrain (une trentaine d’ares), composé d’un potager, d’une pelouse, d’un verger et d’un petit  bois, auxquels s’ajoutent toutes sortes de plates-bandes et allées. Je me serais contentée d’un terrain bien plus petit, mais je n’ai pas eu le choix, c’était à prendre ou à laisser.

La terre composant ce terrain n’est pas de grande qualité, mais le terrain en lui-même est très bien situé : il surplombe la vallée de la Loue et offre un beau panorama sur la rivière, célèbre pour ses truites. On ne peut pas tout avoir…

La terre n’est pas formidable, mais la végétation pousse malgré tout,  favorisée en cela par les précipitations abondantes dans la région.  En fait, ce qu’on voudrait voir se développer (genre arbres fruitiers ou rosiers) végète et ce qui est moins intéressant ne cesse de grandir (genre thuyas). Mais ça, c’est une autre histoire… Le terrain comporte également des essences rares pour la région, qui épatent nos visiteurs, comme un cèdre du Liban, un if ou un encore un Désespoir des singes (araucaria du Chili) qui comme son nom le laisse à penser, a un  feuillage tel qu’il ne permet pas aux singes de grimper dans l’arbre. C’est sans importance chez nous puisque nous n’avons pas de singe (mais des écureuils et des loirs). Et je ne parle pas du liquidambar et du ginkgo biloba, qui eux poussent très lentement, heureusement.

Bref, je suis souvent débordée par les travaux d’entretien qu’exige ce terrain. Je ne suis pas maniaque, et j’apprécie les (abondantes) folles herbes, mais dans une certaine limite qui était franchie ces derniers temps.

Heureusement les scouts sont venus. Trois grands jeunes compagnons, deux filles et un gars. Ils cherchaient un extra-job pour  financer un projet à l’international.  J’ai compris qu’ils voulaient partir au Brésil mais la nature du projet m’échappe. En revanche, je connais le budget transport : 6000 euros pour 6 scouts (une somme !). Je les ai donc accueillis à bras ouverts.

Huit heures durant, ils ont taillé, coupé, ratissé. Brossé la mousse des murets, rangé du bois, débroussaillé les allées. Avec une grande efficacité, on voit qu’ils ont l’habitude de manier un outillage. Et avec une grande rapidité, car ils sont jeunes et pleins de ressources. Ils travaillent cinq heures de suite sans pause (mais à condition d’être réalimentés tout de même). Ils se sont littéralement éclatés en élaguant un catalpa. Ils montaient à trois dans l’arbre… comme des singes.

J’ai estimé qu’il m’aurait fallu au moins une semaine de travail à plein temps pour faire ce qu’ils ont fait en deux demi-journées.

Depuis que les scouts sont venus, je suis réconciliée avec mon jardin. Il est beau mais encore un peu mort. Comme l’écrivait Saint-Exupéry, il ne suffit pas de tailler dans l’arbre pour qu’il fleurisse : il faut que le printemps s’en mêle.

Et que le renouveau advienne…

Bonne semaine sainte à toutes et à tous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

Vendredi 20 mars 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Avez-vous regardé l’éclipse ?

Moi, oui. En partant le matin, j’avais pris la précaution de glisser une paire de lunettes dans mon sac en me disant que cette éclipse tombait plutôt bien (à l’heure de la pause de la formation que j’allais animer) et que l’observation de ce phénomène allait constituer une petite animation sympa avec mes stagiaires.

Quand je leur ai proposé d’observer ensemble l’éclipse à la pause, ils n’ont pas manifesté un grand enthousiasme. A leur décharge, ils avaient d’autres préoccupations, dont celle d’achever pour midi leur rapport d’activités. Les douze participants à la formation que j’anime sont tous des personnels de l’université qui ont en commun de candidater à un concours ou à une liste d’avancement. Soit ils souhaitent être titularisés pour sortir de la précarité de la situation de contractuel, soit ils souhaitent être promus. Certains cherchent aussi à se réorienter professionnellement. Dans le passé, les concours comportaient des épreuves d’admissibilité « sur table ». Ces épreuves sont aujourd’hui remplacées par la rédaction d’un rapport d’activités de deux pages. La prise en compte des acquis de l’expérience remplace donc les épreuves de connaissances. A première vue, c’est plus simple. Mais à première vue seulement, car l’exercice se révèle en fait difficile. Il ne suffit pas de noircir deux pages, mais de décrire et d’analyser son expérience, de parler de soi donc et de son travail, le tout en répondant aux exigences de la fiche emploi-type du poste que l’on vise et en produisant le meilleur écrit possible car la sélectivité des concours est sévère (surtout en cette période de réduction de postes dans la fonction publique). Nous avons 7 demi-journées de 3h pour faire l’exercice. Il n’y a rien de trop, y compris pour des rédacteurs de haut niveau, type chargé de communication d’une école d’ingénieur ou chargé des relations internationales de l’université.

Ma pédagogie repose sur la combinaison d’apports en analyse du travail et de pratiques d’atelier d’écriture. Grâce à cette combinaison, je parviens (à de rares exceptions près) à ce que tous les participants produisent un écrit personnel, de  l’agent d’entretien des locaux au docteur en mécanique en passant par l’électricien d’entretien, le graphiste, la documentaliste, le biologiste, le comptable ou la secrétaire. Oui, parce que les groupes sont très hétérogènes en terme de niveau de qualification et de métiers. Ce matin, il y avait aussi Julian qui est adjoint administratif et qui se déplace en fauteuil. Et pour qui nous avons délocalisé la formation dans le plus gros lycée de la ville, afin qu’il puisse bénéficier des aménagements dont il a besoin : accès réservé pour son arrivée en véhicule adapté, plan incliné pour entrer dans l’établissement, ascenseur permettant l’accès aux salles.

L’exercice du rapport d’activité est exigeant pour moi aussi, non pas en terme d’écriture mais de lecture. Surtout à la fin de la formation car tous veulent que je relise leur rapport (et que je l’écrive un peu aussi parfois…), ils sont douze et je n’ai que trois heures de temps par séquence (sans pause pour moi).

 L’heure de l’éclipse est donc arrivée dans la matinée, et à mon grand étonnement, les stagiaires se sont pris au jeu et sont tous sortis pour observer le rendez-vous du soleil avec la lune et savourer ce moment (il faisait très bon au soleil ce premier matin du printemps). L’évènement a apporté de la détente, a suscité toutes sortes d’échanges entre les stagiaires qui, du coup, ont été très productifs en fin de matinée.

Contempler le ciel a donc du bon. J’ai remarqué que cela permettait de prendre un certain recul par rapport au vécu.

Amicalement comme toujours.

Catherine

Mardi 10 mars 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Je rentre de Strasbourg où j’ai passé deux jours à la faculté de Théologie dans le cadre de la semaine de regroupement des étudiants en EAD (enseignement à distance). Je n’ai pu rester que deux jours, mais j’ai l’impression d’avoir été partie une semaine tellement ces journées furent intenses.

Il y a eu les cours, déjà, de grec et de théologie pratique auxquels j’ai assisté. Je devais suivre celui d’Ancien Testament également, mais le professeur a reporté le cours car il était à l’institut des beaux-arts de New York pour parler de ces étonnantes figurines (datant du VIII/VIIème siècle av JC) découvertes à la citadelle de Rabbath-Ammon (en Jordanie) qui représentent des joueuses de tambour. Certaines de ces figurines ont été retrouvées à l’entrée d’un sanctuaire, et auraient un lien avec le culte du Dieu El (de l’AT). Des joueuses de tambour, il y en plein dans la Bible : la prophétesse Miryam (Ex 15, 20), la fille de Jephté (Jg 11, 34), les admiratrices du roi David (1S18 6).

Je n’ai pas eu cours d’AT, mais j’ai dormi à Mamré, un « accueil » tenu par des sœurs diaconesses et situé en plein cœur de Strasbourg, non loin du quai St Thomas. Du coup, j’ai relu ce passage haut en couleur de la Genèse (au chapitre 18) où Abraham, après avoir planté sa tente sous les chênes de Mamré,  reçoit la visite de trois « hommes » (le Seigneur en fait) qui vont annoncer au vieil homme et à son épouse Sara qu’il vont avoir un fils.

J’ai passé un oral de grec aussi pendant mon séjour. J’ai tiré au sort un extrait du Nouveau Testament. Je suis tombée sur Marc 1, 23-16. Mon Dieu ! J’ai identifié tout de suite le passage, cet épisode où Jésus est interpellé dans la synagogue de Capharnaüm par un homme possédé par un esprit impur. Je comprenais (presque) tout le vocabulaire et j’ai pu réussir l’analyse grammaticale des mots, mais je ne parvenais pas à traduire. Mon désarroi a amusé le professeur qui m’a rassurée et s’est empressée de traduire. Ce type de difficulté serait « normal » avec Marc.

J’ai exploré LA bibliothèque commune des facultés de théologie catholique et protestante. Un monde. Dont j’ai dû m’extraire de force le premier jour, car je papillonnais d’un livre à l’autre, d’une revue d’histoire à une d’archéologie biblique et ne travaillais pas mes cours.

Enfin, j’ai rencontré d’autres étudiants. Des tout jeunes comme ma fille, qui débutent leurs études  et qui sont plein de vie (ça fait du bien de les côtoyer) et des plus « mûrs », des recommençants (dans les études) comme moi. J’ai observé que toutes les tranches d’âges étaient représentées parmi les auditeurs des cours, tous les continents aussi. C’est rare d’être dans un lieu où la diversité est aussi importante. Ça aussi, ça fait du bien !

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

Lundi 2 mars 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous,

Bonne nouvelle, le travail n’est plus souffrance mais bonheur.

C’est ce qu’a tenté de montrer le reportage diffusé la semaine dernière sur Arte intitulé Le bonheur au travail (rediffusion le 18 mars à 9h ou en replay) : un reportage à la fois étonnant, rassurant sur les capacités de l’homme à innover pour un mieux vivre et dévoilant d’autres réalités plus positives que celles mises en avant actuellement par les médias (à juste titre parce que bien réelles aussi) comme les suicides au travail, le harcèlement ou le déclassement.

Le reportage présente une dizaine d’entreprises très diverses, par leur taille, leur localisation, leur activité : des entreprises privées et publiques (dont le ministère de la Sécurité sociale belge, le plus étonnant de toute l’émission), des entreprises européennes comme l’allemande Gore ou les françaises Chronoflex, Favi ou Poult, mais aussi indiennes avec HCL (une société de services informatiques), des entreprises qui démarrent et d’autres qui ont plusieurs décennies d’existence comme la célèbre société américaine Harley Davidson.

Toutes n’optent pas pour le même modèle d’organisation mais j’ai remarqué que toutes ont des points communs.

Pour commencer, toutes font confiance aux salariés. Qu’elles soient un service public ou une unité de production, elles partent du principe que l’employé est investi dans son activité et veut bien faire. Du coup, elles suppriment toutes les formes de contrôle (qui coûtent cher en hommes et en temps) et concentrent toute leur énergie à la production du service ou du bien.

Ensuite, elles suppriment le pointage, adoptent une hiérarchie plate et introduisent de la souplesse dans les horaires. Certaines, comme les ministères belges, pratiquent le télétravail : les employés peuvent au choix travailler au bureau ou chez eux (un quota maxi de 3h/jours), aux horaires qui leur conviennent. Cette souplesse qui permet d’aller chercher un enfant à la sortie de l’école ou de prendre un rendez-vous médical en journée est très appréciée.

Des systèmes de primes ou de participation motivent les salariés. L’investissement personnel et la conscience professionnelle sont systématiquement récompensés. Les « inaptes » au poste s’auto-éliminent ou sont poussés dehors par les équipes de travail elles-mêmes.

Ces entreprises veillent également à la sécurité de leur employé et à la qualité des conditions de travail. Elles modernisent les espaces de travail et optent pour les bureaux en libre-accès (l’employé n’a pas de poste de travail attitré mais occupe l’espace libre à son arrivée), et offrent des services de restauration ou cours de gymnastiques sur place.

Un syndicaliste témoigne de certains effets pervers qui surgissent dans ce type d’organisation comme la surveillance des salariés les uns par les autres favorisée par l’aménagement en open space. Une employée fait également remarquer que le remplacement des horaires fixes par des objectifs, comme cela se fait parfois (y compris dans les services publics !) exige que les objectifs soient négociés avec précision ce qui peut être un exercice délicat.

Même si ces organisations ne sont ni parfaites ni idéales, tous ceux qui en bénéficient (dirigeants comme employés) étaient unanimes pour dire que la confiance rapporte beaucoup plus à l’entreprise et à ses salariés que le contrôle, et que ces innovations (télétravail, horaires assouplis…) apportent une vraie qualité de vie au travail.

Et vous, êtes-vous heureux au travail ? Ou l’avez-vous été ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

Lundi 23 février 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous,

Heureuse de vous retrouver sur cette page après deux semaines d’interruption.  Une interruption qui s’est prolongée un peu plus longtemps que prévu en raison de la grippe, et des problèmes techniques de Murmure. Ça n’a l’air de rien de publier un billet sur un site internet, mais lorsqu’il faut harmoniser matériels et logiciels informatiques le tout à distance (pour prendre le relais de Léon dont l’ordinateur était en panne) et en utilisant l’anglais (parce que mon logiciel de publication est dans une version anglaise, ce qui ne me gêne pas à condition qu’il n’y ait pas trop de difficultés), cela peut prendre un temps fou, pour donner un résultat très moyen si j’en crois les changements de couleurs anarchiques sur les pages que j’ai retouchées sans parler des publications « écrasées » ou « amputées » malencontreusement. Depuis, je songe sérieusement à m’inscrire à un stage de conception et de publication de page html.

Et puis pour tout vous dire, les études à distance m’occupent bien, d’autant plus que j’ai voulu suivre 3 unités de front et que cela fait un peu beaucoup : du grec biblique, de l’exégèse du Nouveau Testament et de l’Ancien Testament, et de la théologie pratique.

La théologie pratique, ça va. C’est des choses (de l’ecclésiologie principalement) que j’ai déjà entendues en formation du côté catholique. Sauf que la « sauce » protestante est un peu différente, et il faut que je me familiarise avec ses nuances sans tout mélanger. Pour cette matière, je suis censée faire un stage de 3 semaines dans une Eglise. En vue de me « professionnaliser » ou de trouver ma vocation.  Impossible pour moi en raison de ma vie professionnelle déjà bien remplie. Alors j’ai demandé une dispense, qui m’a été accordée. En revanche, je dois faire un compte-rendu d’expérience équivalent à un rapport de stage à partir d’un sujet que je dois définir. J’ai proposé de faire mon compte-rendu sur mes activités de préparation au mariage (en milieu catholique). Le professeur (protestant) m’a donné son accord sans difficulté mais m’a demandé de développer la dimension œcuménique de mon intervention ( ?) et de faire une comparaison avec une préparation au mariage en milieu protestant ( ???). Ces deux derniers points m’inquiètent un peu car, pour le moment, l’œcuménisme, je le vis, je ne le pense pas, enfin très peu et là, on me demande d’y réfléchir (sérieusement).

Le grec, c’est dur car ça va très vite (une sorte de méthode accélérée). Mais c’est passionnant. Comme l’exégèse des textes bibliques. Une vraie découverte pour moi. Un nouveau « champ » de connaissances, que j’avais entrevu, mais dont je n’imaginais pas l’étendue et la diversité, avec toute l’histoire des textes, l’archéologie, les manuscrits anciens (les papyri, les manuscrits en majuscules, en minuscules, les versions, les lectionnaires etc.), les méthodes d’analyse littéraire, et la critique textuelle avec ses « lieux variant » et ses  « leçons ».

En parlant de manuscrit ancien (de la bible), vous en avez déjà vu ?

Pour les curieux parmi vous, sachez qu’il y en a un en ligne,  complet et de grande valeur : le codex Sinaiticus, qui comme son nom l’indique est un manuscrit qui a été retrouvé au mont Sinaï et qui est visible dorénavant à cette adresse : http://www.codexsinaiticus.org à l’onglet  see the manuscript. Il date du IVème siècle et comprend une grande partie de l’Ancien Testament et la totalité du Nouveau Testament. Il est numérisé entièrement depuis 2008, une prouesse car le manuscrit est dispersé dans 4 bibliothèques différentes dans le monde : à la British Library, à la bibliothèque nationale de Russie, dans celle de l’Université de Leipzig et celle du monastère du mont Sinaï. Il est en grec ancien,  tout en majuscules  sans séparation entre les mots et sans ponctuation (ce qui est très étrange pour un lecteur contemporain). Le site propose une transposition en minuscules (en grec toujours) et en mots séparés.

Pour la traduction en français (ou autre), il faut prendre sa bible…

Amicalement comme toujours.

Catherine


 

 

Dimanche, 18 janvier 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Je me demande si nous ne sommes pas en train de redevenir des nomades.

C’est la question que je me suis posée lors d’une réunion de famille en écoutant les plus jeunes parler et en faisant le constat qu’ils étaient sans arrêt sur les routes, dans des trains ou encore des avions, certains partageant leur vie entre deux logements.  Surtout les trentenaires mais les plus jeunes aussi maintenant sont concernés.

Autour de la table, il y avait Céline, une parisienne (une vraie, élégante, toujours à la mode, au fait des dernières nouveautés). Céline est ingénieur dans une grande entreprise française spécialisée dans le domaine des transports. Ne l’imaginez pas derrière un ordinateur toute la journée car c’est un ingénieur de « terrain », qui aime le concret et l’opérationnel. Elle n’apprécie guère le travail de « siège » (dans tous les sens du terme) comme elle dit et préfère être sur les chantiers. Alors elle se retrouve propulsée sur des « missions » qui durent le temps de la réalisation d’un « projet », comme l’installation d’un tramway par exemple dans une ville. En ce moment, elle conduit un chantier qui se déroule en Angleterre mais comme elle ne veut pas quitter Paris où elle réside avec son mari (et lui non plus), elle passe la moitié de la semaine en Angleterre et l’autre moitié à Paris. Son moyen de transport est l’avion.

Mathilde, trentenaire également, est inspectrice dans la fonction publique. Elle habite Nancy mais travaille à Reims car c’est là qu’elle a été nommée après son recrutement. Tous les dimanches soirs, elle quitte son conjoint et sa petite fille pour rejoindre, en voiture, son logement à Reims où elle restera jusqu’au vendredi soir.

Céline et Mathilde ont en commun de vouloir un enfant, lequel tarde semble-t-il…et pour cause.

Clémentine, elle, est étudiante en droit. Elle a obtenu sa licence l’année dernière. Mais comme elle trouve que sa faculté n’est pas assez bien cotée, elle est partie étudier à l’université de Bordeaux, laissant  à l’autre bout de la France (temporairement et sans rompre la relation) son compagnon avec qui elle partageait sa vie depuis un an, qui lui, poursuit d’autres études. Elle rentre chez ses parents lors des vacances scolaires, parfois en avion, parfois en voiture.

Quant à la plus jeune qui est aussi étudiante, elle fréquente un garçon qui fait des études dans une ville éloignée de plusieurs centaines de kilomètres. Ils sont tous les deux inscrits sur un site de covoiturage et « naviguent » grâce à ce service d’une ville à l’autre le week-end ou pendant les vacances scolaires. Sachant qu’un trajet en covoiturage n’est pas toujours très direct… 5 heures de route leur paraît un trajet « rapide ». Tout est relatif en ce domaine.

Je parlais de nomadisme au départ, mais ce n’est pas tout à fait juste. Car les nomades eux, se déplacent avec leurs proches. Ils ne vivent pas écartelés de cette manière.

En les écoutant je m’interrogeais : l’Eglise, dans son approche des jeunes et des familles et dans ses  propositions et services,  tient-elle compte (sans juger !) de ces modes de vie contemporains ? Connaît-elle ces situations actuelles ?

Qu’en pensez-vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine


 

Samedi 10 janvier 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Je viens d’avoir des nouvelles de nos cousins espagnols avec qui nous avons échangé nos vœux par téléphone et évoqué Charlie, actualité oblige.

Je vous ai déjà parlé, dans le passé, de ce couple de français qui vit dans la région de Barcelone depuis 35 ans, qui a adopté deux enfants « à l’international » comme on dit, enfants qui sont parvenus à l’âge adulte aujourd’hui et qui sont parents à leur tour. J’ai évoqué aussi l’une de leur petite fille qui subissait des agressions racistes dans son école primaire pour l’unique raison qu’elle a une couleur de peau légèrement plus foncée que la population locale. Un fait de racisme, qui renseignement pris, serait loin d’être un fait isolé, malheureusement, en Catalogne.

En appelant nos cousins, je pensais que, comme chez nous, les fêtes étaient finies depuis longtemps et que les enfants étaient retournés  à l’école.  Mais pas du tout. Cette semaine encore, ils étaient en pleine festivité, pour l’Epiphanie, qui, comme ils me l’ont expliqué, est une grande fête traditionnelle en Espagne, une fête bien plus importante que Noël. En Espagne, ce sont les rois qui apportent les cadeaux aux enfants, et pas le Père Noël, même s’il arrive que les enfants reçoivent des cadeaux à deux reprises, comme chez moi en Lorraine, où Saint Nicolas passe avant le Père Noël, distribue des friandises et est toujours très fêté. La ville de Nancy par exemple (une ville laïque comme il se doit) réserve son grand feu d’artifice annuel pour la venue de Saint Nicolas et organise un grand corso et de multiples animations dans la ville.

Mais revenons-en à L’Espagne. Nos cousins donc, nous ont raconté qu’ils avaient attendu le passage des Rois mages avec leurs petites filles. En Espagne, les rois se présentent à pied ou sur un char, éventuellement avec des animaux, cela dépend des traditions et des possibilités de la commune.  Le choix des espagnols de faire porter les cadeaux par les rois est assez logique finalement si on se réfère au récit biblique, selon lequel ce sont les mages qui ont apporté des présents à l’enfant Jésus. Le problème en Espagne, c’est que l’école reprend dès le lendemain, ce qui fait que les enfants ont peu le loisir de profiter de leurs jouets.

Notre cousin nous a expliqué que l’un des rois était particulièrement attendu. Il y a une vedette parmi eux. Il s’agit de Balthazar ! Celui qui est noir ! Autrefois on « peignait » le visage d’un homme, mais aujourd’hui, cela n’est plus nécessaire, on recrute un « vrai » noir de peau. Qui sera adulé par la foule.

Tant mieux pour lui ! Mais aduler un homme, fut-il roi le temps d’une fête, pour l’unique raison qu’il a la peau noire est un fait troublant je trouve. Ce comportement est  tout aussi choquant que les actes de racisme. Et que doit penser la petite en assistant à la scène ? C'est à n'y rien comprendre.

La foule est versatile. Elle acclame un homme noir un jour de fête, puis c’est la même « foule » qui  « lynche » une gamine de couleur dans la cour d’école le lendemain. Ça me rappelle une histoire…

En cette période de manifestation du mal, ne pourrions-nous pas faire nôtres les paroles de l’apôtre Paul (Romains 12,21*) et puiser dans nos réserves de bonté, de beauté et de bienveillance (les trois formes du "bien") pour le combattre ?

Qu’en pensez-vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 * Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.

 

Samedi 3 janvier 2015

Amis de Murmure, bonjour à tous

Heureuse de vous retrouver sur cette page de Murmure en ce début d’année, une année toute neuve qui nous est donnée de parcourir. Un nouvel an, pour lequel je vous souhaite le meilleur, pour vous-même et votre entourage.

Heureuse aussi de poursuivre nos conversations pour partager quelques étonnements glanés dans le quotidien de la vie.

Après le tourbillon des fêtes, j’aspirais à un peu de tranquillité (vous aussi je suppose). Un programme du type : réveil tardif, petit-déjeuner-lecture, promenade de remise en forme, et quelques lessives (qui s’imposent après les réunions de famille). Puis je pensais rouvrir mes cours de Bible et de grec ancien. C’était sans compter sur la présence de la taupe.

Car j’ai une taupe à la maison. Pas dans le jardin, dans la maison. Depuis le mois de septembre. Qui réapparaît chaque week-end et pendant les vacances scolaires. Je parle de ma taupine (ma fille) qui est en première année de ce qu’on appelle aujourd’hui les classes prépas (préparatoires à différents concours) et qu’on appelait autrefois « maths sup ».

Si elle ne faisait que des maths, je pense que ça irait. Seulement, on lui impose (ce qui normal) d’autres matières comme la philosophie et les langues vivantes. C’est pour ces matières que je suis sollicitée. Alors je me retrouve à débattre avec elle de  l’économie allemande ( !), de l’Allemagne qui (d’après un certain Marcel Fratzscher, économiste allemand) s’illusionne sur ses ressources, surestime ses forces, se replie sur elle-même alors qu’elle a besoin de l’Europe. Débattre de ce sujet n’est déjà pas simple en soi et exige un socle de connaissances que nous n’avons ni ma fille ni moi  mais surtout, ce débat doit être transcrit en allemand ! Alors pour cela, nous puisons directement dans des articles allemands traitant d’économie, articles qu’il faut trouver, traduire puis comprendre (merci Google).

Après l’allemand, nous enchaînons sur de la philosophie pour traiter la question suivante : la guerre est-elle naturelle ?

?!?!

Six heures de recherche sur le sujet à deux. J’ai ressorti mes cours de terminale. Nous avons lu Henri Bergson, Carl Von Clausewitz, un prussien, théoricien de la guerre (passionnant), « Les Perses » d’Eschyle, « le Feu » d’Henri Barbusse et contempler (avec horreur) « La Guerre » du peintre Otto Dix à propos de qui j’avais vu un reportage diffusé sur France 2 dans l’émission Présence protestante dimanche dernier. Emission qui m’avait un peu répugnée sur le coup et que je trouvais décalée par rapport à la période de Noël que nous venions de vivre mais qui tombait bien finalement ! Car elle m’a permis de retrouver quelques références sur le sujet de la guerre (merci à Présence protestante). De toutes nos élucubrations sur la guerre, nous avons déduit que quelle que soit son origine, naturelle, culturelle ou politique, la guerre est toujours une monstruosité dont l’humanité se dispenserait bien, à commencer par ceux qui sont contraints de la faire…

A l’heure où je vous écris, la taupine rédige sa dissertation (le stylo dans une main, le téléphone portable dans l’autre et l’ordinateur devant elle). Elle est de (relative) bonne humeur, ce qui n’est pas toujours le cas depuis qu’elle a intégré sa prépa.

D’ici demain, elle aura à nouveau disparu. Me laissant avec le souci permanent de la savoir souvent « en souffrance » dans cette classe de très haut niveau mais aux méthodes parfois assez surprenantes…

Amicalement comme toujours et bon début d’année à vous tous.

Catherine

 

 

Samedi 20 décembre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous,

L’Ancien Testament m’a donné du fil à retordre hier soir lors de mon examen (15 minutes d’oral par Skype avec un éminent professeur d’ancien testament, depuis peu professeur d’hébreu à Oxford). Le professeur attendait un niveau de précision que je n’avais pas atteint. Mes réponses, justes mais trop imprécises, ne le satisfaisaient pas (voire l’agaçaient). Il m’a questionné par exemple sur le prophète Néhémie. J’ai pu resituer la période durant laquelle ce prophète avait œuvré : la domination perse ; j’ai pu redire qui il était : un échanson du roi Cyrus ; j’ai pu décrire son action, plus politique que religieuse : la construction du mur d’enceinte de Jérusalem, le repeuplement de la ville, et j’ai évoqué l’opposition du prophète aux mariages mixtes. Malheureusement, je n’ai pas su dire à quelles dates précises avaient eu lieu ces évènements. Je les ai situés « après » le retour d’exil alors qu’ils ont eu lieu plus tard au 5ème siècle (avant JC).

J’ai été questionnée aussi sur le prophétisme en général : sa définition et son évolution. Puis sur les prophètes écrivains que j’ai su tous nommer à commencer par le plus ancien : Amos, puis Osée, Esaïe et Michée. Enfin sur les circonstances de l’écriture des prophéties : la concrétisation des prophéties (la chute de Samarie), les nouvelles idées (éthiques) qui apparaissent et enfin l’écriture qui se démocratisait. Et là, ce fut la colle : le professeur m’a demandé des exemples de démocratisation de l’écriture, or je ne m’en souvenais plus. Il fallait répondre que : « c’est à partir du 8ème siècle, qu’on trouve des documents et des inscriptions d’une certaine longueur (plus que de simples graffiti) qui émanent de simples particuliers : une inscription funéraire, une inscription commémorative dans le tunnel de Siloé, des lettres… ». Extrait du cours que j’ai retrouvé par la suite…

A défaut de pouvoir parler des formes « démocratiques » d’écriture, j’ai parlé des formes « aristocratiques » et des stèles. Et, là, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai mentionné la stèle de MESHA roi de MOAB qui date du 9ème siècle (et pas du 8ème… en fait, j’ai un problème avec les dates et la mention des siècles quand il faut « remonter » dans le temps…). J’ai retenu ce nom de stèle car, quand je l’ai découvert en suivant le  cours, mes deux chatons (mes chats) faisaient le bazar à la maison et je devais m’interrompre sans arrêt pour les sortir, mais ça je ne l’ai pas dit au professeur. Par contre, j’ai dit tout ce que j’avais retenu à propos de cette stèle qui se trouve au Louvre et dont j’avais trouvé mention dans le livre de Lucas Mazzinghi (un prêtre de Florence en Italie, professeur d’Histoire sainte) : c’est une stèle qui comporte 34 lignes attribuées à Mesha, roi de Moab, qui date des années 840 et qui évoque l’oppression des moabites par un certain Omri roi d’Israël, leur libération et enfin l’opposition entre YHWH et Kamosh (le dieu des moabites). En fait, cette stèle permet aux historiens de confirmer certaines dates figurant dans l’AT.

Cette référence a plu au professeur qui, malgré une nouvelle imprécision temporelle, m’a validé mon unité d’enseignement en me précisant que Mesha  m’avait sauvée ( !).

Si je résume, je dois ma réussite à l’examen d’Ancien Testament, aux moabites, à un prêtre catholique et à mes chats.  Etonnant, non ?

Soyons claire : la lecture de « l’Histoire d’Israël » par le catholique Lucas Mazzinghi nous a été recommandée par le professeur protestant. C’est ce que j’apprécie dans les études bibliques, elles sont œcuméniques.

Mais dans quelques heures, c’est Noël. C’est bien plus précieux que la stèle de Mesha, aussi importante soit-elle au plan historique.

Il me reste donc à vous souhaiter un très Bon Noël. Que Dieu vienne crécher dans votre cœur à tous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

 

Mercredi 10 décembre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

J’ai laissé mon dernier billet quelques jours de plus sur ma page car, visiblement, il vous a plu si j’en crois les commentaires reçus. Ce qui m’a un peu surprise car le sujet est plutôt triste.  Mais apparemment, il vous a intéressé.

Le sujet d’aujourd’hui sera triste à nouveau et grave. Je suis désolée, mais je traverse une période où les mauvaises nouvelles se succèdent. Il  ne sera plus question de décès mais de racisme.  

Quand j’ai lu le dernier mail de nos cousins d’Espagne (des français qui vivent en Catalogne depuis 35 ans) avec qui nous entretenons une correspondance régulière,  mon ventre s’est vrillé. Car, en nous donnant des nouvelles de leur famille, ils nous annonçaient tout à coup que leur petite fille Inès, âgée de 8 ans, subissait des agressions racistes à l’école primaire où elle est scolarisée. Inès ayant une sœur de deux ans plus jeune, je me dis que la cadette ne devrait pas tarder à subir le même sort…

Ces deux petites sont de magnifiques enfants, éveillées, sociables, un peu délurées et surtout polyglottes (elles parlent couramment le catalan, l’espagnol, le français et quelques mots d’anglais…). En plus, elles sont ravissantes, et la maman a pour habitude de les habiller avec les mêmes vêtements les jours de fêtes, alors le duo fait craquer l’entourage.

Seulement voilà, si le papa, lui, est (apparemment) un catalan de « pure » souche (cheveux noirs et peau claire, comme notre premier ministre français), la maman, elle, est originaire de Sri Lanka. Le cheveu est tout aussi noir que celui des espagnols, de ce côté, pas de différence, reste la peau, qui elle, est légèrement plus colorée… Et c’est cette nuance foncée dont ont hérité les petites qui les différencie et provoque les réactions racistes de la part de leur entourage. Pourtant, la maman (une très belle jeune femme) est espagnole et est parfaitement intégrée. Elle a été adoptée tout bébé par nos cousins qui ne pouvaient pas avoir d’enfant.

Lorsqu’Inès fréquentait les classes maternelles, elle ne subissait pas ce genre de problème. Ça commence maintenant qu’elle grandit. J’en conclus que le racisme (mais ça je le savais déjà) s’apprend. Pas à l’école, tout du moins pas en classe, mais surtout en famille. Ou éventuellement dans la rue. Ou encore dans les stades où les gestes racistes sont paraît-il devenu tendance en Espagne,  lors des rencontres sportives, des gestes qui émanent non pas uniquement d’hommes ou de jeunes comme on pourrait le penser mais de femmes aussi. Pour exemple, l’incident qui s’est produit au printemps dernier à Llagostera (en Catalogne), où lors d’une rencontre de football, une supportrice a pris à parti un joueur ivoirien en mimant un singe, la scène se déroulant dans les tribunes devant de très jeunes enfants… A cela s’ajoute l’agression (violente) d'une jeune équatorienne par un  jeune homme de 21 ans survenue dans le métro de Barcelone en octobre dernier.  Il ne faut donc pas s’étonner si ensuite des comportements racistes surgissent dans les cours de récréation.

Tout cela est consternant. La Catalogne ne doit pas aller trop bien en ce moment, socialement parlant…

Pour ce qui est de l'avènement du monde nouveau, "un monde de justice, de paix et d'amour", un monde fraternel dont nous parle Léon ce matin,  ce n’est donc pas gagné… Il y a vraiment BEAUCOUP de travail. Et pas qu’en Catalogne…

Pour commencer, et dans l’idée de soutenir leur petite, les parents d’Inès ont décidé de consulter un psychologue (consultations qui seront entièrement à leur charge alors qu’ils ont peu de revenus car ils subissent l’autre fléau espagnol qu’est le chômage) pour que le professionnel mette déjà des mots sur les maux dont souffre leur enfant. Et qu’il l’aide à comprendre ce qui lui arrive.

Je prie pour que la petite trouve dans son entourage les paroles réconfortantes et bienveillantes qui la soutiendront (et la défendront…).

Bon temps de l’avent à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine


 


 


 

Jeudi 27 novembre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

Grand fut mon étonnement lorsque j’appris pas SMS que les funérailles de ma tante seraient mennonites.

Mennonite, ma tante l’était effectivement, mais cela faisait des années (depuis son mariage juste après-guerre…) qu’elle fréquentait l’Eglise réformée. Donc je m’attendais à ce qu’un pasteur réformé officie le jour de ses obsèques.  Seulement son fils (mon parrain) a eu une autre idée : celle de présider lui-même en tant que « patriarche » ou ancien de la famille les funérailles, comme le font les mennonites donc, et comme il avait vu faire lorsqu’il était enfant. En fait, en raison de l’éloignement et du grand âge de ma tante, la famille a perdu le contact avec la paroisse réformée (ce qui est un peu surprenant d’ailleurs). Je crois aussi que mon parrain ne voulait pas imposer un rite auquel aucun de ses quatre enfants n’était habitué puisqu'aucun n’a été catéchisé,  sans parler des conjoints qui eux, sont tous soit catholiques soit musulman pour l’un d’entre eux.

Donc, nous nous sommes tous retrouvés directement au cimetière (à Bois-le-roi en forêt de Fontainebleau) après la mise en bière. Pas directement à la tombe comme ça aurait pu être le cas, mais d’abord sous une petite halle, nettoyée et aménagée par mon parrain pour la circonstance. C’est sous cette halle, où était réunie une trentaine de personnes, que le cercueil a été déposé et que  mon parrain a donc officié.

Il a fait ça très bien.

Il a d’abord retracé la vie de la défunte soit 99 années tout de même : l’enfance en Lorraine dans une famille paysanne mennonite, l’opération chirurgicale à l’âge de 20 ans qui a failli l’emporter, son mariage avec un officier qui a failli mourir en captivité pendant la guerre,  le frère résistant qui a failli mourir dans la prison de Toulouse en 1945, la naissance de l’enfant resté unique alors qu’elle voulait  une fratrie de quatre enfants au moins (ce qu’aura mon parrain lui…), l’accueil des petits enfants lorsque leur maman est morte prématurément à 43 ans, la longue vieillesse et enfin son départ survenu après qu’elle fut « rassasiée de jours » comme il est écrit dans la bible.

Puis mon parrain, un peu ému tout de même, a passé la parole à son fils aîné pour un discours « au nom des petits enfants ». Un discours de normalien (de la rue d’Ulm) devenu aujourd’hui avocat. C’était simple et beau. Et bien prononcé par un jeune homme qui enfant était devenu bègue après le décès de sa maman. J’ai senti que certains membres de l’assistance ont retenu un applaudissement qui leur venait spontanément mais qui  n’était pas de circonstance.

Ensuite, mon parrain, après un court préambule sur le thème du rapport direct des mennonites à Dieu et sur le thème de la mort, a lu la bible. Il a fait très fort car il a attaqué par la lettre de St Paul aux romains, ce passage où il est question de la justification par la foi. On ne pouvait pas faire plus protestant. Mais  ça, j’ai été la seule dans l’assistance à le relever.  Puis il a lu un passage de Matthieu et enfin un psaume.

Puis nous (disons, la moitié de l’assistance) avons prié un Notre Père.  C’est tout.

Ce fut donc bref, dense et largement suffisant. Et effectivement très direct pour ce qui est de la relation à Dieu, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Nous sommes tous partis ensuite en cortège jusqu’à la tombe. Chacun a déposé une rose sur le cercueil. J’aurais bien jeté un peu de terre sur le cercueil (selon le rite des familles protestantes) mais je n’ai pas voulu faire la maligne devant  les parisiens…

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

 

Dimanche 16 novembre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous,

Nous voici à nouveau endeuillés et projetés d’ici quelques jours sur les routes lorsqu’il faudra nous rendre aux obsèques de ma tante, morte aujourd’hui à 12h30, étouffée suite à une fausse route.

Trois décès successifs de parents proches en 6 mois de temps, ça commence à faire un peu beaucoup…Certes, cette parente était très âgée (presque centenaire) mais le grand âge n’enlève rien à toute la peine que l’on ressent quand on se sent définitivement séparé de la personne aimée.

Car j’aimais beaucoup cette sœur aînée de ma maman qui, avec son mari (un général de l’armée française) m’accueillait chez elle très souvent alors que j’étais enfant, pour des séjours de vacances, soit à Paris où elle avait un appartement dans le 13ème arrondissement ou encore à Bois-le-Roi, en forêt de Fontainebleau.

J’appréciais les séjours dans la capitale qui étaient un vrai dépaysement pour moi qui vivais alors en milieu rural. Ma tante prenait en charge le quotidien et c’est mon oncle qui avait pour mission l’organisation des activités. Parisien d’origine, il connaissait la ville comme sa poche et n’était jamais en peine pour trouver une occupation. Je me souviens en particulier de la visite de l’aéroport d’Orly (où mon oncle avait tenté de négocier sans succès avec la police l’accès aux terrasses alors fermées en raison des risques d’attentat), de l’exposition consacrée au peintre Salvator Dali à Beaubourg où nous avons été pris d’un fou-rire devant une installation surréaliste de l’artiste, avant de nous rendre sur la terrasse (c’était une manie, les terrasses…) du Centre Pompidou, accessible celle-là, pour prendre de la hauteur et contempler les toits de la capitale.

Pendant nos escapades, ma tante partait de son côté visiter des personnes âgées ou malades ou se rendait à différentes réunions pour des œuvres. Elle était animatrice dans un club de l’âge d’or où elle s’occupait de « ses petites vieilles » comme elle disait… Elle devait être une excellente animatrice car elle était pleine d’allant et avait beaucoup d’attention pour les autres. Elle avait surtout ce dynamisme propre à ceux qui sont passés tout près de la mort et qui ensuite abordent l’existence comme étant un « surcroît » ou une grâce qui leur est donnée. A l’âge de 20 ans, elle avait failli mourir des suites d’une opération chirurgicale. La religieuse qui la veillait lui avait demandé de « se préparer » sous-entendu à mourir. Ma tante a beaucoup prié paraît-il. Pour vivre (pas pour mourir). De cette expérience, elle avait conservé une réserve de courage  qui lui permettait d’aborder les difficultés de l’existence avec toujours beaucoup de sérénité. Dont la mort, qu’elle abordait, en vraie chrétienne qu’elle était, sans peur. Attitude qui forçait plus jeune, mon admiration.

Devenue veuve et âgée, elle vécut de longues années seule dans sa maison de Bois-le-roi. Je la sentais parfois isolée mais elle ne se plaignait jamais. Quand je lui demandais comment elle occupait ses journées, elle évoquait ses lectures, la musique, des émissions de télévision et de radio, et sa curiosité qui la poussait à décrypter le monde qui l’entourait et avec lequel elle voulait toujours resté en contact.

Et puis il y avait cette bible posée sur sa table de nuit, qu’elle lisait tous les soirs m’avait-elle expliqué, et qui avait été sa vie durant, sa compagne.

J’ignore si ce midi elle a eu le temps et la conscience suffisante pour prier encore une fois. Ni si elle a pu se préparer…

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

 

Mercredi 5 novembre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

J’ai visité quatre cimetières pendant le week-end de Toussaint : celui du village de Solgne en Moselle,  le cimetière dit « de l’Est » de la ville de Metz, celui de la commune de Laxou en Meurthe-et-Moselle et enfin le cimetière dit  « du Sud » de la ville de Nancy.

C’est à Solgne que sont enterrés mes ancêtres mennonites. Quatre tombe, dont une immense (la plus grande et la plus haute du cimetière), composent ce qui était appelé autrefois le « carré » protestant. Ces tombent racontent à leur manière deux cents ans d’histoire familiale. Elles disent les unions entre familles mennonites, les décès nombreux d’enfants en bas âge, la longévité de certains parents nonagénaires et parfois centenaires ( !). En parcourant les noms des défunts, je m’étonne toujours du peu de diversité dans le choix des prénoms. De génération en génération, mes ancêtres se prénomment tous, côté hommes, Pierre, Jacques, Jean et Paul. Et côté femmes : Anna, Elsa, et…Catherine. Ce dernier prénom est le plus fréquent, ce qui est assez surprenant car il n’est pas biblique contrairement à tous les autres.

La tombe familiale du cimetière de l’Est à Metz est plus compliquée à retrouver que le carré protestant du village de campagne. Il faut faire appel à sa mémoire, entrer du bon côté du cimetière, identifier la bonne allée. Une fois ce repérage effectué, on est sauvé car la tombe familiale est facilement identifiable grâce à  sa grande croix et à son crucifix. Une tombe visiblement catholique cette fois-ci, mais qui accueille plusieurs protestants en son sein.

Puis il faut reprendre la voiture pour parcourir les 60 km qui séparent les deux villes rivales de la Lorraine et rejoindre la capitale régionale (vue du côté meurthe-et-mosellan),  à savoir Nancy. Arrêt en chemin au cimetière de Laxou, une commune de la banlieue de Nancy, où le cimetière situé à flanc de coteau conserve une taille humaine. Là, la tombe familiale est très sobre, ne comporte aucun signe religieux et ne porte qu’un nom, celui de la famille, sans identification particulière des défunts. A nouveau, un effort de mémoire est nécessaire, cette fois-ci pour se souvenir du nom des défunts…

Dernière étape : le cimetière du Sud de la ville de Nancy. Immense cimetière. Le plus grand que je connaisse. On y circule en voiture, c’est dire. Le passage à la loge est quasi obligatoire lorsqu’on n’a pas en mémoire le numéro de l’allée. Un personnel nombreux et accueillant est d’ailleurs mobilisé le jour de la Toussaint pour renseigner les visiteurs, ce qui est très appréciable. C’est dans ce cimetière, que nous avons cherché nos parents décédés récemment. Et en particulier notre mamie, celle qui a fait don de son corps à « la science ». Nous étions confrontés tout à coup à un problème pratico-pratique auquel nous n’avions pas forcément pensé : où déposer notre pot de chrysanthème ? Sur la tombe familiale où sera gravé prochainement le nom de la défunte mais où elle ne repose pas ? Ou au « jardin du souvenir » (qui se trouve à l’opposé de la tombe familiale) où sont enfouies les cendres des corps incinérés des défunts qui, comme elle, ont fait don de leur corps ? La question peut paraître anecdotique, mais elle a suscité une discussion. Sans conviction, nous avons déposé le pot sur la tombe familiale avant de nous recueillir au jardin du souvenir où rien n’identifiait la présence de notre maman.

Je n’aime pas trop ces plaques (je parle de l’objet pas du geste) comportant un message, que l’on pose sur les tombes, mais je comprends que les familles déposent une plaque avec nom et photo du défunt dans ce jardin du souvenir. Les plaques sont d’ailleurs placées serrées les unes contre les autres sur une dalle (carrée elle aussi) à même le sol. L’ensemble était joliment fleuri à l’occasion de la Toussaint. C’était émouvant.

Encore une fois, notre maman nous aura dé-routés dans nos habitudes…

Amicalement, comme toujours.

Catherine

 

Mercredi 29 octobre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

Allons voir un peu ce qui se passe à la périphérie, du côté du Maroc, à Rabbat précisément, où vient d’être inauguré Al Mowafaqa.

Al Mowafaqa (une idée folle selon l’un de ses fondateurs) est un nouvel institut théologique, créé conjointement l’année passée par l’Eglise catholique et l’Eglise évangélique du Maroc, deux communautés chrétiennes bien différentes mais confrontées au même besoin : celui de former des ministres en capacité d’accueillir les nouveaux membres de leurs églises respectives venus en nombre depuis l’Afrique subsaharienne pour travailler ou étudier au Maroc. Les élèves de l’institut, qui sont originaires de pays comme la Guinée ou le Congo, sont souvent déjà en charge de paroisses (marocaines) en tant que stagiaire et viennent se former à Rabbat une ou deux fois par mois pendant plusieurs jours.

Le nouvel institut dispense des cours de niveau universitaire et propose tout un parcours de formation en théologie systématique mais aussi pratique, sciences bibliques, histoire, langues anciennes et arabe.  Je ne connais pas le détail du programme mais j’ai bien compris, en visionnant la vidéo de présentation diffusée sur Youtubehttps://www.youtube.com/watch?v=-d20AcLM7OA (durée : 7 minutes, sympa à regarder), que la parole de Dieu était au centre des apprentissages (comme dans notre cycle local de formation ThéoFor) et que le défi était d’apprendre à vivre en bonne intelligence avec ceux qui sont issus d’une autre religion. Cet apprentissage débute auprès de ceux qui, tout en étant différents, sont de la même « famille » (chrétienne) pour s’étendre ensuite à ceux qui sont profondément différents car appartenant à une autre religion, l’islam en l’occurrence. D’où la programmation d'un cours en histoire du fait religieux en Afrique et d’un autre sur les sources de l’Islam (dans le contexte marocain). Un enseignement qui devrait encourager et faciliter un dialogue interreligieux (plus que nécessaire en cette période de tension) de terrain avec les musulmans.

L’équipe enseignante est francophone mais pour moitié d’origine africaine et pour moitié d’origine européenne. L’enseignement est donc non seulement pluriconfessionnel mais aussi pluriculturel. Une vraie richesse pour les apprenants.

J’ai trouvé le projet, d’un lieu de partage œcuménique en terre musulmane, particulièrement novateur et audacieux. On sent qu’il a du Souffle. Et c’est rassurant pour l’avenir de l’Eglise, de l’œcuménisme et surtout du dialogue interreligieux (entre chrétiens et musulmans) qui constitue, selon l’Archevêque de Rabat, Monseigneur Vincent Landel, « le nœud de l’existence du futur »...

C’est plutôt une bonne nouvelle, vous ne croyez pas ?

Belle fête de Toussaint à vous tous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 


 

Mercredi  22 octobre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

Revenons un instant sur le synode de la famille qui s’est tenu à Rome. Notre Pape, dans son discours de clôture, a établi un lien entre les diverses attitudes des acteurs du synode et ce qu’il a appelé des tentations dont celles du Christ au désert.

En tant que chrétienne de base concernée par le sujet et simple observatrice, je me suis immédiatement reconnue dans la seconde, « La tentation d’un angélisme destructeur, qui au nom d’une miséricorde traîtresse met un pansement sur les blessures sans d’abord les soigner, qui traite les symptômes et non les causes et les racines. C’est la tentation des timorés, et aussi de ceux qu’on nomme les progressistes et les libéraux. » Dans la troisième aussi : « La tentation de transformer la pierre en pain pour rompre un long jeûne, pesant et douloureux (Lc 4, 1-4) et enfin dans la quatrième, la pire peut-être, celle « de descendre de la Croix, pour contenter les gens, de ne pas rester à accomplir la volonté du Père, de se plier à l’esprit mondain au lieu de le purifier et de le plier à l’Esprit de Dieu ». Trois tentations, c’est beaucoup et ça fait peur. Mais c’est fait pour, et en tout cas ça fait réfléchir…

Toutefois, c’est un autre passage de l’Evangile (que celui des tentations par le diable) qui m’est venu à l’esprit en écoutant (les échos) des débats du synode, celui qui se trouve au chapitre 14 de l’épître aux Romains, verset 17. Comme nous l’a expliqué l’historien Michael Langlois lors du culte de rentrée des étudiants, les chapitres 14 et 15 de la fameuse Epître évoque, je le cite,  des tensions parmi les communautés chrétiennes de Rome. Ces tensions sont liées à des désaccords d’ordre doctrinal ou liturgique : faut-il respecter les règles alimentaires du Pentateuque, ou peut-on manger de tout ?  Faut-il respecter les règles concernant le sabbat et d’autres jours sacrés, ou peut-on considérer tous les jours comme étant égaux ? On imagine aisément que ces désaccords puissent être exacerbés entre croyants juifs et non-juifs (…).  Comme quoi, les tensions dans l’Eglise ne datent pas d’aujourd’hui…Mais venons-en à la réponse de l’Apôtre Paul qui figure au verset 17 : le Règne de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par l'Esprit saint. Autrement dit, élevons le débat, ce qui est important n’est pas ce qu’on a le droit de faire ou pas, ce qui est pur ou impur, mais ce qu’on fait pour la justice, la paix et la joie, PAR l’Esprit saint, donc pas tout seul avec nos prescriptions (et restrictions)… Si l’Apôtre Paul avait été au synode, il aurait dit quelque chose du genre : le Règne de Dieu, ce n’est pas les mariés et non mariés, les divorcés non remariés et les divorcés remariés, mais la justice, la paix et la joie, par l’Esprit saint. Dit autrement encore, revenons-en (vite si possible) aux principes essentiels de l’Evangile que nous sommes censés incarner et diffuser.

Bon, c’est ce que j’imagine, ces réflexions n’engagent que moi bien-sûr. Ceci dit, je crois qu’il est grand temps de montrer en quoi on est acteur de ces grands principes du Royaume de Dieu si on veut être crédibles auprès de nos contemporains.

Vous ne croyez pas ?

Et vous, quelle tentation vous guette, l’intégrisme, l’angélisme, le laisser aller, la compromission ou encore le byzantinisme (assez répandu chez certains Evêques qui communiquent dans les média françaises en ce moment à propos du synode) ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 




Mercredi 15 octobre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

Heureuse de vous retrouver sur cette page après une courte interruption due à divers évènements familiaux qui m’ont éloignée temporairement de mes activités dont celle de vous écrire… Mais ça y est, c’est reparti.

Je voulais partager avec vous une découverte que j’ai faite récemment, à savoir que l’Eglise pouvait licencier ses salariés, y compris les membres du clergé. C’est ce qui est arrivé récemment à un ami prêtre qui vient de se faire remercier par son diocèse.

Ce prêtre de bientôt 50 ans, nombreux étaient ceux qui le voyaient un jour Evêque, ou au moins vicaire général. Seulement voilà, il était trop atypique, pas dans les clous, trop progressiste. Il innovait au plan pastoral et liturgique. Il pensait l’Eglise de demain, une Eglise au service des hommes et des femmes de la société actuelle (et pas de la « boutique »), une Eglise directement inspirée par la Parole, qui diffuse la Bonne nouvelle et pas des règles de conduite, et surtout qui accueille de manière inconditionnelle, sans jamais juger, celui ou celle qui se présente à sa porte. Il a formé dans cet esprit des cohortes de chrétiens et d’acteurs pastoraux qui ont ensuite mis en œuvre (quand ils étaient autorisés à le faire…) ces dispositions.

Puis il a voulu aller plus loin encore lorsqu’il a perçu les besoins de nos contemporains dans le domaine de l’accompagnement spirituel, un domaine d’intervention et des pratiques auxquels il s’est  formé chez nos voisins en Suisse. Seulement lorsqu’il a proposé de déployer ce ministère dans l’Eglise, les portes se sont refermées. Cette mission ne peut correspondre à un « temps plein » pour un prêtre.

A ces aspirations innovantes, s’ajoute un mode de vie hors norme pour un prêtre (mais parfaitement normal pour un homme) : celui de partager sa vie, au grand jour,  avec une compagne. Je sais, c’est rédhibitoire dans l’Eglise catholique. On ne peut pas être prêtre et vivre avec une femme. C’est bien dommage ! Il serait grand temps que l’Eglise catholique ouvre ce « dossier » de la vie affective des prêtres. Le célibat et la chasteté (toute une vie durant) ne conviennent qu’à  peu de personnes. On le sait et l’imposer systématiquement à des hommes est inhumain.

Ceci dit, admettons qu’en l’état actuel des choses mon ami ne puisse plus exercer son métier de prêtre, est-ce une raison suffisante pour être renvoyé de l’Eglise et perdre son emploi ? Parce que là, c’est la double peine : perte de son ministère et perte de l’emploi et donc de son revenu. Or, il me semble que l’Eglise emploie toutes sortes de laïcs pour toutes sortes de missions, dans les mouvements, dans l’enseignement ou au niveau diocésain. Aucune proposition de reconversion en interne (à ma connaissance) n’a été étudiée avec mon ami. Il faut souligner ici que les entreprises privées ou publiques (celles de la dimension de l’Eglise en nombre de salariés en tout cas) recherchent toujours des solutions de reconversion lorsqu’elles sont face à un problème d’incompatibilité entre l’emploi occupé et la situation d’un salarié et ce surtout lorsqu’il s’agit d’un « sénior ».

Aujourd’hui je me pose la question suivante : l’Eglise remplit-elle sa mission de bienfaitrice ? A-t-elle vraiment le souci du bien-être de ses membres, et pour commencer de ses membres qui lui sont le plus dévoués ?

Qu’en dites-vous ?

Amicalement comme toujours

Catherine


 

Mercredi 1er octobre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

Luis a surgi dans mon bureau un vendredi soir à 17h. Il avait un smartphone à la main, un des tous premiers modèles, alors que ce type de téléphone était encore peu répandu. Dans un  français très approximatif,  il m’a expliqué qu’il voulait un diplôme, sans me préciser lequel (il y en a plus de 600 rien qu’à l’Education nationale…). J’ai entamé une discussion pour clarifier sa demande mais Luis s’est impatienté, consultait son portable sans arrêt, trouvait que je ne comprenais pas assez vite sa demande. Il a su me dire néanmoins et très explicitement : « j’ai DROIT à la VAE » (ce que je ne contestais nullement d’ailleurs…).

En tant que fonctionnaire face à un citoyen qui exerce un droit,  je n’avais pas à discuter mais à m’exécuter, je lui ai donc remis le dossier de demande de VAE. Point. Et Luis est parti.

La semaine suivante, même jour même heure, le voilà de retour dans mon bureau son livret sous le bras et son smartphone à la main. Il n’arrivait pas à compléter son dossier. Il a bien voulu s’assoir à mes côtés et prendre le temps de « remplir les cases » du document. C’est là que j’ai découvert à la fois ses difficultés à l’écrit et son parcours de vie peu ordinaire. Luis était né en France de parents portugais. Il  avait été scolarisé à l’école primaire en France  jusqu’à ce que ses parents décident de repartir au Portugal, où il a poursuivi sa scolarité jusqu’au collège, collège qu’il a quitté assez jeune pour entamer un apprentissage en électricité. Après son apprentissage, il a travaillé dans différentes entreprises au Portugal. En Espagne aussi. D’où sa pratique courante de 3 langues vivantes. Le français, le portugais et l’espagnol. Au moins me suis-je dis, ce candidat-là n’aura pas de souci avec les langues vivantes qui posent tant de problème aux autres candidats…

Les conditions de travail dans son pays ne le satisfaisant pas, il a recherché un emploi en France. Il s’est fait embaucher sur le chantier d’agrandissement d’un  CHU par l’intermédiaire d’une entreprise de travail temporaire françaises qui louait ses services à une entreprise du bâtiment espagnole qui travaillait en sous-traitance pour une entreprise française (vous me suivez ?). Le chantier en question a duré 2 ans. Luis est donc venu s’installer en France avec sa famille. Tout en sachant que cet emploi était temporaire.

Il a été un des derniers électriciens à quitter le chantier. Il a participé aux tous derniers travaux de contrôle des installations avant la livraison. A la fin, il encadrait une petite équipe d’ouvriers. Sa pratique de 3 langues vivante a été un atout. Il était l’intermédiaire entre l’encadrement français et les ouvriers espagnols ou portugais. Mais lorsqu’il a entrepris sa recherche d’emploi, il s’est heurté à l’absence de diplôme qui le pénalisait, en France tout du moins.

Son expérience étant  suffisante pour l’obtention d’un CAP (diplôme dont il a découvert et l’existence et le nom en faisant la démarche de VAE…), sa demande de VAE a été acceptée. Luis s’est donc vu remettre un second livret dans lequel il devait rédiger un rapport d’activités qui serait présenté au jury du diplôme. Luis est donc une fois de plus réapparu dans mon bureau un vendredi soir et m’a clairement demandé de l’aide pour la rédaction de son dossier. Nous nous comprenions alors de mieux en mieux.

Il est venu plusieurs vendredis soir de suite. Pendant  deux heures, nous travaillions ensemble : il lisait les questions du dossier, je les lui expliquais, il me décrivait oralement comment il travaillait sur le chantier de l’hôpital, je prenais des notes puis Luis recopiait ce que j’avais écrit. Au début, il écrivait en majuscule, puis il a retrouvé l’écriture cursive, en minuscules, à la fin il me disait « c’est bon, j’y arrive » et il a pu rédiger une fiche d’activité seul. Une victoire.

Son dossier a été transmis au jury. Restait à préparer l’entretien. Luis craignait de ne pas parvenir à se faire bien comprendre surtout pour les termes techniques. C’est là qu’il a eu une idée lumineuse. Il m’a dit tout à coup en montrant son smartphone : « je vais prendre des photos du chantier et du matériel avec lequel je travaille et je leur montrerai… ». C’est ce qu’il a fait. Il a pris des photos, les a imprimées et les a emportées au jury.

Quand je lui ai demandé quelles questions lui avaient été posées lors de l’entretien, Luis m’a expliqué que le jury ne lui avait posé aucune question, qu’il s’était présenté et que c’est lui qui leur avait tout expliqué à l’aide des photos. C’est le premier (et dernier) jury à ma connaissance qui n’ait posé aucune question à un candidat…

Luis a été admis au CAP Préparation et réalisation d’ouvrages électriques. Son premier diplôme à 40 ans.

Aujourd’hui, il travaille en Suisse en production industrielle. Le CAP ne lui a pas permis de gagner plus (ce qu’il regrette) mais les suisses ont tout de même photocopié son diplôme pour le mettre dans son dossier m’a-t-il expliqué…

Luis est revenu me voir, un vendredi soir toujours, avec son épouse. Sa préoccupation était alors que son épouse, ne parlant pas le français, avait des difficultés à trouver un travail en France. Alors je l’ai adressée à mon amie Brigitte qui donne des cours de français aux étrangers dans une association de quartier.

Aux dernières nouvelles le couple recherchait un logement en zone frontalière et un lycée pour leur fille aînée.

Quel étonnant parcours n’est-ce pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

Mercredi 24 septembre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

Les lecteurs de La Croix parmi vous ont peut-être lu, la semaine dernière  (le 15 sept), l’article que le journal a consacré à la VAE, la Validation des Acquis de l’Expérience.

La VAE est ce qu’on appelle la 4ème voie pour accéder à un diplôme, après la voie scolaire, l’apprentissage, et la formation continue. Elle permet à une personne engagée dans la vie active depuis au moins 3 ans, d’obtenir un diplôme professionnel grâce aux acquis de son expérience (professionnelle ou bénévole).  Un CAP de boulanger par exemple, un Bac Pro de logistique, un BTS de maintenance industrielle ou un DCG (diplôme de comptabilité générale de niveau Bac + 3) ou encore un diplôme d’ingénieur ou un doctorat !

La VAE, c’est aussi mon travail. Au quotidien, j’accompagne les candidats dans leur démarche de VAE. Obtenir un diplôme par cette voie n’est pas chose facile contrairement aux apparences. Car, pour être diplômé, un candidat doit apporter la preuve au jury (qui prend la décision) qu’il a les connaissances exigées par le référentiel du diplôme. Pour ce faire, il doit constituer un dossier comportant différentes attestations d’emploi et de formation et surtout un rapport d’activités. Lequel fait en moyenne 30 pages. Suite à quoi, le candidat sera auditionné par le jury pendant une durée d’environ 45 minutes.

Or, on peut être un excellent professionnel, mais n’avoir jamais rédigé un quelconque rapport d’activités, ni n’avoir jamais parlé de son travail à quiconque… Ni n’être jamais passé devant un jury de diplôme. C’est là que j’interviens, pour que les candidats ne soient pas seuls devant une telle démarche.  Ensemble, patiemment, on évoque le travail, les tâches du quotidien, les résultats, les difficultés rencontrées. On décortique le parcours professionnel et les emplois occupés pour trouver des activités qui soient en lien avec le diplôme et qui soient convaincantes pour un jury. On décrit les activités, oralement puis par écrit. On met en forme le document, qui sera manuscrit ou élaboré avec un traitement de texte. On améliore la production écrite, on l’illustre d’exemples et de documents. On soigne la mise en page et la présentation du dossier. Puis on prépare l’entretien avec le jury. On s’entraîne à ce moment crucial où les enjeux pour ces adultes sont parfois énormes, au plan personnel, professionnel et ou encore familial. Il arrive par exemple qu’un parent passe un diplôme en même temps qu’un de ses enfants. Ou qu’une entreprise engage ses salariés collectivement ce qui peut être un soutien mais aussi une source de stress pour un professionnel : que penseront ses collègues s’il échoue.... Pour d’autres, il s’agit d’avoir plus de chance de retrouver un emploi. La démarche n’est donc jamais anodine.

Grâce à ce travail, j’ai pu faire des rencontres formidables avec des candidats parfois étonnants. Il y a eu par exemple Evelyne, qui a 50 ans a obtenu un BTS Management des unités commerciales alors qu’elle n’avait au départ que le certificat d’études primaires et un CAP d’employée de bureau. Ou encore Luiz, un franco-portugais qui a obtenu à 40 ans son tout premier diplôme : un CAP d’électricien. Il parlait 3 langues couramment (le français, le portugais et l’espagnol) mais avait un peu de mal d’écrire un français lisible…Il y a eu Nathalie aussi, qui a obtenu un Bac pro Logistique après avoir été la première femme dans son entreprise qui ait conduit un fenwick (un chariot élévateur). Ou encore Martine qui occupait un emploi de bureau peu valorisant car elle était en CUI (un contrat unique d’insertion, c’est-à-dire un emploi « aidé », à mi-temps et à durée limitée) mais grâce auquel elle a pu obtenir un bac pro car elle a su tirer parti de son expérience.

Je vous parlerai de temps à autre de ses rencontres avec les candidats VAE. Des gens courageux et entreprenants.

A la semaine prochaine.

Amicalement comme toujours.

Catherine


 


 

 

Mercredi  17 septembre

Amis de Murmure, bonjour à tous

Contrairement à Léon, j’aime beaucoup les chats et en côtoie depuis mon enfance.  J’ai déjà évoqué, sur cette page,  mon vieux matou sidaïque. Avec lui, j’ai découvert que les chats pouvaient être atteints, comme les humains, non seulement de cette affreuse maladie qu’est le SIDA, mais également de maladies neurologiques dégénératives. Maladies qui les rendent « dépendants », comme nous pouvons le devenir également.

En raison du SIDA et de l’immunodéficience qu’il engendre,  mon chat a  en effet été atteint tout à coup d’une paralysie molle ( !) due à une atteinte neurologique, probablement du cervelet. En clair, il se paralysait de plus en plus, d’abord une patte, puis les deux pattes du même côté, puis trois pattes sur quatre. A la fin, il ne tenait plus debout et maigrissait. Lorsque j’ai constaté qu’il ne pouvait plus franchir le seuil de la porte sans rouler sur lui-même en se cognant la tête, j’ai pris la décision de l’emmener chez le véto pour l’euthanasier (une délivrance pour la pauvre bête visiblement à bout).

Je m’étais dit qu’après le « départ » de mon chat,  je ferais une pause sans animaux pendant une année. Seulement c’était sans compter sur un séjour en camping au bord de la mer, à l’île d’Oléron précisément. Séjour durant lequel nous avons vu apparaître deux petits chats sur notre terrain. Un duo improbable et attendrissant,  composé d’un chaton de race thaï (une sorte de siamois) aux yeux tout bleus, qui louche quand il vous fixe. Et un chaton, plus petit, de type européen, tigré brun, et borgne ( !). Deux sauvageons, qui n’avaient jamais été caressés visiblement, et qui étaient inséparables.

Ce qui devait arriver arriva. Les enfants ont joué avec les chatons,  les ont nourris et leur ont donné un nom. Les chatons ont apprécié et se sont installés auprès de nous. Seulement la date du départ approchait et s’est posée la question d’une éventuelle adoption.  J’ai été désignée d’office comme « famille d’accueil », ce qui ne m’enchantait guère, car les chatons n’étaient pas apprivoisés et un vieux chat malade m’attendait à la maison.

Jusqu’au dernier moment j’ai hésité à les emmener. Mais une voisine est passée et nous a prévenus que les chasseurs tuaient à l’automne les chats qui traînaient car ils les accusent de décimer les lapins ( ?). Puis au moment de partir, les chatons se sont couchés sur notre sac de voyage (avec un regard qu’on a perçu comme implorant). Bref, j’ai craqué et est bricolé une caisse de transport en plastique pour les attraper et les ramener en Franche-Comté. 

Pendant le trajet et les premiers jours à la maison, j’ai regretté ma décision d’adoption car les chatons étaient effarouchés et se cachaient partout. La cohabitation avec  le chat malade n’a pas posé de problème en soi car le vieux matou ne pouvait quasiment plus se mouvoir (sa seule présence néanmoins suffisait à calmer les deux petits chats).  Mais l’ambiance, avec une bête malade et deux autres incontrôlables, était un peu alourdie.

Un mois est passé. Le vieux chat est enterré dans le jardin. Les petits ont conquis la maison, le jardin et ses propriétaires.  Mon salon est transformé : mes banquettes sont recouvertes de housses, la terre des plantes vertes, de pierres, en guise de protection, et un grand morceau de bois sec trône dans l’entrée (pour les griffes). Les chatons, devenus TRÈS affectueux entre temps,  animent nos soirées avec leurs facéties.

Enfin, c’est la vie… qui resurgit plus vite qu’on ne l’imaginait et qui s’impose.

Vous avez des animaux chez vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

PS : le siamois est un mâle et le tigré une femelle, promesse d’une descendance « abondante »…

 

 

Mercredi 10 septembre 2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

Je rentre de Strasbourg où j’ai participé au week-end de rentrée des étudiants en EAD  (Enseignement à Distance) de la faculté de théologie (protestante).

Depuis le palais universitaire, j’ai découvert un autre monde : celui de l’ENT, l’environnement numérique de travail, avec ses classes virtuelles, ses didacticiels, ses forums. Et ses professeurs aussi, en chair et en os, bien vivants et surtout passionnés tant par leur discipline que par cette modalité d’enseignement particulière qui s’adresse à des adultes engagés, parfois depuis longtemps, dans la vie active ; des adultes qui ne peuvent étudier sur place et dont les motivations sont très diverses : se cultiver, étudier, devenir pasteur…

J’ai été agréablement surprise par le soin que les professeurs ont apporté à l’accueil des nouveaux étudiants. Non seulement tout était parfaitement organisé au plan administratif et pédagogique mais ils avaient inséré en plus, dans l’emploi du temps, de nombreux moments de convivialité pour qu’enseignants et nouveaux élèves se rencontrent. Des rencontres pour certaines étonnantes car le public en EAD est pour le moins divers, que ce soit au  niveau de l’origine (belge, allemande, africaine, roumaine…) des participants, ou des activités professionnelles exercées (médecine, ingénierie, enseignement, interprétariat, éducation…). Autre bonne surprise : la gratuité de tous les repas et  collations, à laquelle s’ajoute le remboursement des frais de déplacement par l’Université !  Formidable non ?

J’ai découvert qu’en théologie protestante, l’EAD devenait LA modalité d’enseignement principale, tout du moins en terme d’effectif puisqu’elle compte une centaine d’étudiants. Alors que les étudiants en présence se comptent sur les doigts de la main et que leur nombre diminue d’année en année, en raison, je pense, de la diminution des vocations pour le pastorat.

Je me suis rendue à ce WE pour « voir ».  J’ai apprécié l’état d’esprit, un « mix » entre formation initiale et formation continue, ainsi que l’approche pédagogique et la compétence des enseignants. A l’issue, je me suis inscrite à des unités d’enseignement en Sciences bibliques. Je n’ai pas de projet précis ni d’ambition en terme de diplôme (je suis déjà diplômée en sciences humaines) ;  j’ai simplement le souhait d’étudier une discipline qui a priori m’intéresse.

Le tout maintenant est donc de commencer….

Commencer, commencement est le premier mot de la Bible, je crois.

En tout cas, ce WE m’a fortement donné envie de me mettre en route.

Amicalement, comme toujours.

Catherine

Mercredi 3 septembre  2014

Amis de Murmure, bonjour à tous

Heureuse de vous retrouver sur cette page de Murmure, pour vous livrer, chaque semaine (en principe) quelques étonnements, ou en tout cas, quelque chose de vivant et de frais.  Un "message" ou encore une pensée, tirés de mon quotidien fait d'occupations familiales, professionnelles et ecclésiales, de mes rencontres aussi, ou encore de mes lectures.

A l’heure où je vous écris, ma fille rentre de son camp scout.  Elle fait partie d’un groupe de compas (ou compagnons). Les compas sont des « grands » scouts, ce sont ceux qui portent une chemise verte, et qui, comme me l’a précisé ma fille, « n’ont pas de chef ».

Mi-août, elle s’est rendue avec son groupe (3 gars + 3 filles) à la célèbre l’Abbaye de Solesmes, au bord de la Sarthe. Le groupe s’est complètement autogéré pendant toute la durée du camp (15 jours). Ils ont tout organisé : les préparatifs, le trajet en Trafic,  l’installation du camp selon les règles imposées par Jeunesse et Sport, le planning d’activités, les « services », l’intendance, la cuisine, etc. Ils ont pris aussi quelques libertés par rapport à l’organisation habituelle d’un camp scout : ils ont supprimé la corvée de lessive et ajouter quelques grasses matinées.

En découvrant l’Abbaye, ma fille a été impressionnée par le caractère imposant de l’édifice religieux,  et par la hauteur de ses murs aussi, dont elle a été chargée, avec son groupe, de retirer la mousse. Elle découvrait par la même occasion l’existence des cloîtres. Mais plus que la présence et la hauteur des murs, c’est l’attitude qu’elle a qualifiée de « sexiste » (certains diraient « discriminatoire ») des moines qui l’a surprise et dont elle m’a beaucoup parlé. Elle découvrait la vie monastique certes, mais surtout un lieu dont l’accès est interdit aux femmes. J’ai bien tenté d’apporter quelques explications (pas des justifications…), aucun argument n’a trouvé grâce à ses yeux. Elle ne digère pas le fait que les gars scouts aient pu dîner à la table des moines, et que les filles, elles, n’aient pas été invitées (elles se sont fait un resto en ville à la place) alors qu’elles avaient fait le même travail (ingrat) de grattage des murs. Sans parler du lavage des vitraux (sans dégraissant, uniquement à l’eau…) qui leur avait été confié parce-que-c’est-une-activité-de-fille. Là, elle n’a absolument rien compris à l’affaire car à la maison, elle voit son père nettoyer les vitres.

« Enervée » par le comportement des moines, elle s’est autorisée à transgresser un interdit : celui de monter à l’échelle qui, elle aussi, était réservée aux garçons. Du haut de l’échelle, elle a expliqué aux moines que un, elle était sapeur-pompier et que deux, elle avait eu 20 au bac en escalade, donc qu’elle ne voyait pas au nom de quel principe elle ne montrait pas en haut d’une échelle. Je pense que ce jour-là, les moines de Solesmes ont fait deux grandes découvertes : qu’il y avait des filles chez les pompiers et que l’escalade pouvait être une épreuve du baccalauréat… Pour adoucir les choses,  un moine qui a assisté à la scène lui a offert des prunes et lui a fait la causette (depuis le cloître) mais pendant le même temps d’autres se plaignaient aux garçons scouts que les filles étaient à califourchon sur le mur du jardin et qu’une de leur jambe pendait du côté du cloître. Je pense qu’elles étaient en short…J’ai mieux compris tout à coup pourquoi les moines les avaient fait camper sur une l’île au milieu de la Sarthe et pas dans un des jardins de l’Abbaye.

Elle n’a rien compris non plus à la messe en latin, qui-dure-deux-heures, et au cours de laquelle elle a fait un malaise. Elle m’a demandé « si on était obligé de se mettre à genoux » au moment de la communion. J’ai dit « non », même si toute l’assistance le faisait…

Quand tout à coup elle a employé le mot « secte » pour désigner l’Abbaye, là je ne l’ai pas laissé dire même si je comprenais son malaise. Je lui ai parlé du rayonnement dans le monde de ce lieu, de la tradition du chant grégorien tout en doutant intérieurement que ce lieu soit vraiment adapté à l’accueil d’un groupe de jeunes compas, mixte de surcroît…

Qu’en dites-vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

 

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