Tiens ta lampe allumée

                      tiens ta lampe allumée       EN VRAC

               

        UNE PENSEE POUR LA SEMAINE.

"Celui qui ne progresse pas chaque jour
recule chaque jour
."

Confucius.

LE SAINT DE LA SEMAINE - Sainte  ANASTASIE - 14 août
née et morte dans l'île d'Egine (Grèce) au IXe siècle

Elle passa toute sa vie dans la petite île d'Egine qui, était, au temps de Pindare et d'Eschyle, la rivale politique et commerciale d'Athènes. Elle se maria deux fois, elle qui aspirait depuis son enfance à la vie religieuse.

La première fois, elle fut  contrainte par ses parents d'épouser un jeune homme riche, avec lequel elle fit d'ailleurs bon ménage, jusqu'au jour où il fut tué en défendant le port d'Egine dont les Maures d'Espagne tentaient de s'emparer.

Anastasie avait perdu son mari à un moment où la loi obligeait les jeunes veuves éginètes à se remarier, tant l'île, par la guerre, avait été dépeuplée. Son nouvel époux, plus riche encore que le premier, était aussi bon et aimait les pauvres autant qu'elle. Le temps qu'ils ne consacraient pas à la prière, ils l'employèrent à soulager les indigents et les malades. Lui restait à la maison, distribuant nourriture, vêtements et médicaments à ceux qui se présentaient, "manichéens compris". Pour elle, chevauchant un âne, elle parcourait le pays à la recherche des pauvres honteux et des impotents.

Ils vécurent ainsi tant que l'âge et les forces le leur permirent. Puis ils s'embrassèrent une dernière fois et se séparèrent pour se préparer, chacun de son côté, à la mort. Anastasie demeura dans leur grande maison, convertie en couvent. Elle y vécut encore longtemps à la tête d'une communauté de religieuses qu'elle y avait installée. Quant à son vieil époux, il quitta l'île, entra dans un monastère et y mourut quelques mois plus tard.



LE POEME DU JOUR 

Bannières de mai

Aux branches claires des tilleuls
Meurt un maladif hallali.
Mais des chansons spirituelles
Voltigent parmi les groseilles.
Que notre sang rie en nos veines,
Voici s'enchevêtrer les vignes.
Le ciel est joli comme un ange.
L'azur et l'onde communient.
Je sors. Si un rayon me blesse
Je succomberai sur la mousse.

Qu'on patiente et qu'on s'ennuie
C'est trop simple. Fi de mes peines.
je veux que l'été dramatique
Me lie à son char de fortunes
Que par toi beaucoup, ô Nature,
- Ah moins seul et moins nul ! - je meure.
Au lieu que les Bergers, c'est drôle,
Meurent à peu près par le monde.

Je veux bien que les saisons m'usent.
A toi, Nature, je me rends ;
Et ma faim et toute ma soif.
Et, s'il te plaît, nourris, abreuve.
Rien de rien ne m'illusionne ;
C'est rire aux parents, qu'au soleil,
Mais moi je ne veux rire à rien ;
Et libre soit cette infortune.



Arthur RIMBAUD